Les réflexions de Madame de Staël sur le suicide

staelLa petite collection éditée chez Berg International vient de rééditer Les réflexions sur le suicide de Germaine de Staël avec une postface de Damien Theillier.

Face à un destin cruel, faut-il se résigner ou bien se révolter ? Peut-on moralement quitter la vie par un geste d’adieu définitif comme ce fut le cas récemment de l’historien Dominique Venner qui s’est tiré une balle devant l’autel à Notre Dame ?

En 1788, dans son premier livre, les Lettres sur les écrits et le caractère de J.-J. Rousseau, Madame de Staël se dit convaincue que Rousseau s’est suicidé à cause de sa solitude. Elle écrit : « Rousseau s’est peut-être permis le suicide sans remords, parce qu’il se trouvait trop seul dans l’immensité de l’univers […]. Un jour, dans ces sombres forêts, il s’est dit : “Je suis isolé sur la terre, je souffre, je suis malheureux, sans que mon existence serve à personne : je puis mourir” ». Lire la suite →

Benjamin Constant et Germaine de Staël, la vie et l’oeuvre

Les droits de l’homme : protection des libertés ou menace ?

BenjaminConstant-272x300Par Damien Theillier

Les droits de l’homme protègent-ils nos libertés ou au contraire les menacent-ils ? Une telle question peut paraître surprenante. Comment les droits de l’homme pourraient-il constituer une menace ? Ne trouve-t-on pas au contraire, dès l’article 2 de la Déclaration de 1789, cette idée que le but de toute association politique est la conservation des droits imprescriptibles de l’homme, dont le droit à la propriété ? Et ne lit-on pas également à l’article 17 que « la propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé » ?

Où est donc le problème ? C’est Benjamin Constant qui nous a appris à y voir plus clair, comme nous allons le montrer. Le problème, dit-il, est qu’il ne suffit pas de garantir les libertés individuelle conte les empiétements d’autrui. Il faut aussi les garantir contre les empiétements de la législation, c’est-à-dire des décisions collectives qui peuvent résulter d’un vote à la majorité. Or, quand on regarde de près la Déclaration de 1789, elle est truffée d’articles qui conditionnent le respect des libertés individuelles au bon vouloir de la loi. Lire la suite →

Le Groupe de Coppet : une aventure intellectuelle d’une quinzaine d’années

CoppetLE GROUPE DE COPPET : UNE AVENTURE INTELLECTUELLE D’UNE QUINZAINE D’ANNÉES [1]

« Quand même on aurait longtemps à souffrir de l’injustice, je ne conçois pas de meilleur asile contre elle que la méditation de la philosophie et l’émotion de l’éloquence. »

Mme de Staël, Dix années d’exil

 « Ce talent de conversation merveilleux, unique, ce talent que tous les pouvoirs qui ont médité l’injustice ont toujours redouté comme un adversaire et comme un juge, semblait alors n’avoir été donné à Mme de Staël que pour revêtir l’intimité d’une magie indéfinissable et pour remplacer, dans la retraite la plus uniforme, le mouvement vif et varié de la société la plus animée et la plus brillante. »

B. Constant, Mélanges de littérature et de politique Lire la suite →

Anne Louise Germaine Necker, baronne de Staël (1766-1817).

stael0Par Damien Theillier

Romancière, essayiste, philosophe, théoricienne politique, critique littéraire, Mme de Staël représente le dernier éclat de l’esprit encyclopédique des Lumières. Elle naît à Paris, fille unique de parents protestants genevois. En 1777, alors qu’elle a dix ans, son père Jacques Necker, l’un des banquiers les plus fortunés d’Europe, est nommé par Louis XVI contrôleur général des Finances de la France. Il prend l’initiative sans précédent en 1781 de rendre public le budget du pays, une nouveauté dans une monarchie absolue, où l’état des finances avait toujours été gardé secret.

Au cours de son adolescence, Germaine côtoie des personnalités célèbres comme Voltaire, Denis Diderot, Jean d’Alembert, Georges-Louis Leclerc de Buffon, Jean-François Marmontel, Edward Gibbon, l’abbé de Raynal ou Jean-François de La Harpe. En 1786, elle épouse l’ambassadeur de Suède, Erik Baron de Staël-Holstein, un noble désargenté dont elle se sépare très vite mais dont elle gardera toujours le nom : Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein. Lire la suite →

Le libéralisme est-il contre la communauté ? Par Douglas B. Rasmussen

Rasmussen DouglasPar Douglas B. Rasmussen

Acton Institute, Religion & Liberty, Volume 9, Number 1

Traduit par Alexis Jouhannet, Institut Coppet

« Toutes les remarques des communautariens sur l’échec supposé du libéralisme à engendrer des concepts moraux assez forts pour guider la vie humaine sont simplement hors de propos. Elles présument – sans argumenter – que l’objectif de l’État est de créer une citoyenneté vertueuse. » Lire la suite →

La Grève, un roman philosophique (3). La recherche du profit est-elle immorale ?

Hank ReardenPoursuivons notre exploration philosophique du roman-fleuve d’Ayn Rand, La Grève. Un thème fondamental du livre est l’esprit humain comme moyen de création et de survie. (Voir les 2 articles précédents ici et ici)

La richesse est une création de l’esprit Lire la suite →

Deux prêtres jésuites s’opposent sur le capitalisme et le rôle de l’État

sirico giraudSolène Tadié, journaliste à Aleteia, une agence de presse catholique à Rome, vient de publier un article sur deux pères  jésuites dont l’un, le père Sirico, est l’auteur d’un livre que j’ai présenté sur mon blog il y a quelques semaines.

Si le père Gaël Giraud et le père Robert Sirico font tous deux les mêmes constats, les conclusions qu’ils en tirent sont pour le moins divergentes.

A lire ici :

http://www.aleteia.org/fr/economie/article/deux-pretres-jesuites-sopposent-sur-le-capitalisme-et-le-role-de-letat-5845544207384576

Citation du père Sirico :

« Les pauvres sont les plus vulnérables dans toute société. Le meilleur remède à la pauvreté est une économie en croissance. Une telle économie fournit des emplois, des rémunérations plus élevées, de meilleures possibilités de carrières ou de réussite personnelle. Or une économie ne peut être en croissance que si le marché peut fonctionner de façon suffisamment efficace.
[…] La solution n’est pas alors d’entraver ou de détruire les institutions qui sont à la source du développement économique, mais plutôt de favoriser une éthique où ceux qui possèdent devront se pencher sur le sort de ceux qui n’ont pu bénéficier de ce développement et les aider. »

La Grève, un roman philosophique (2). L’aristocratie du piston

francisco d'anconiaVoir le premier article : La Grève, un roman philosophique (1)

« Nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle, déclara James Taggart, le nez dans sa coupe de champagne. Nous sommes en train de mettre fin à la dictature du pouvoir économique. Nous allons libérer les hommes de la tyrannie du dollar. Nous ne laisserons plus les puissances de l’argent étouffer nos ambitions spirituelles. Nous allons libérer notre culture des assoiffés du profit. Lire la suite →

Father Robert Sirico à propos de son livre "Defending the free market"

SiricoL’économie est trop importante pour être laissée aux économistes. La théorie économique est remplie d’hypothèses philosophiques et morales sur la nature humaine et sur la société. C’est pourquoi elle intéresse également le philosophe et le théologien moraliste.

Or si beaucoup de penseurs se contentent de préconiser la régulation étatique de la cupidité, le père Sirico insiste sur l’impératif moral du marché libre. Vous voulez aider les pauvres ? Démarrez une entreprise. Voilà en substance ce que nous dit le père Sirico, jésuite américain, auteur d’un livre sur ce sujet. (chapitre 1 en pdf). Le père Sirico est également co-fondateur et président de l’Institut Acton, qui comprend de nombreuses pages en français. Lire la suite →

La finalité de l’intelligence et le réalisme. R. Garrigou-Lagrange, 1932

garrigou réalisme principe finaliteLa finalité de l’intelligence et le réalisme

R. Garrigou-Lagrange

 Le réalisme du principe de finalité, Desclée de Brouwer, 1932

IIème partie, chapitre premier

Télécharger le fichier pdf 

« Le principe de contradiction est peut-être nécessaire comme loi de la pensée, mais le réel n’y obéit pas forcément ». Tel est l’un des préjugés les mieux enracinés dans la pensée moderne. Mais si l’on met en doute les premiers principes de la raison, tout particulièrement le principe de contradiction, les mots, l’expression de la pensée, perdent toute signification. On aboutit à une confusion généralisée, aucun être n’a plus de nature, ou de manière d’être précise et concevable, la diversité des choses entre elles s’évanouit. Lire la suite →

Le primat de l’être sur le devenir. R. Garrigou-Lagrange, 1932

garrigou réalisme principe finaliteLe primat de l’être sur le devenir

R. Garrigou-Lagrange

Le réalisme du principe de finalité, Desclée de Brouwer, 1932

Ière partie. Chapitre premier

 Télécharger le fichier pdf

La philosophie traditionnelle a trouvé sa formule la plus parfaite, parmi les anciens chez Aristote, au moyen-âge chez saint Thomas d’Aquin et ses successeurs. Elle s’élève au-dessus des systèmes extrêmes et d’un éclectisme sans caractère, pour mettre dans tout son relief la loi fondamentale de la pensée et de l’être, le principe d’identité ou de non-contradiction, loi réalisée dans tous les êtres, mais de la façon la plus haute et la plus pure dans l’Être premier, en qui l’essence et l’existence sont identiques. Lire la suite →

Le sens du mot liberté. Par Ludwig von Mises

394px-Ludwig_von_Mises_3Le sens du mot liberté

Ludwig von Mises

Extraits de L’Action humaine, ch. VIII, XV, XXVII, XXXVIII, 1949, PUF, 1985.

Les adversaires de la liberté au XIXe et au XXe siècle, ont eu recours à une révolution sémantique. Ils ont falsifié le sens du mot. Ils ont défini la liberté comme la faculté de faire ce qui est « légitime », et se sont arrogé le droit exclusif de déterminer ce qui l’est ou ne l’est pas. La liberté économique a ainsi été déclarée illégitime.

Télécharger le fichier pdf

Table des matières Lire la suite →

L’économie politique selon les libertariens. Par Walter Block

blockL’ECONOMIE POLITIQUE SELON LES LIBERTARIENS

Walter Block*

Source : Journal des Économistes et des Études Humaines, vol.3 n°1, mars 1995.

Télécharger le fichier pdf

* Walter Block est professeur d’économie à Loyola University, New Orleans et au Mises Institute, Alabama.

Table des matières Lire la suite →

« Hayek : le gardien de la tradition libérale ». Par Pierre-Amaury Monard, TS5

f-a-von-hayekPierre-Amaury Monard Tale 5
Exposé en classe le lundi 13 janvier 2014

 

INTRODUCTION

       Friedrich August von Hayek (1899-1992) fut un économiste autrichien et un philosophe qui fréquenta le Cercle de Vienne mais qui s’inscrivit résolument dans la tradition libérale. Son œuvre entière fut une critique du socialisme. Selon lui le socialisme est la nostalgie de la société tribale où tous les biens acquis par les individus étaient mis en commun et partagés équitablement.

Tout d’abord, voici quelques points de repère qui permettront au lecteur de bien situer la doctrine de Hayek, d’un point de vue théorique. Il s’agit des grandes lignes directrices de sa pensée . Lire la suite →

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 2  013 followers

%d bloggers like this: