« La liberté de penser », par Paul Janet

Paul JanetLes éditions Berg International republient un petit opuscule du philosophe Paul Janet (1823-1899). Ce dernier, brillant élève de Victor Cousin, fut également son secrétaire en 1845-1846 avant d’enseigner la philosophie morale à Bourges (1845-1848), à Strasbourg (1848-1857), puis la logique au lycée Louis-le-Grand à Paris (1857-1864). À partir de 1864, il occupe la chaire d’histoire de la philosophie à la Sorbonne et la même année, il est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques. « Si un peu de philosophie, dit-il, mène au scepticisme, beaucoup de philosophie en éloigne et assoit l’esprit dans un dogmatisme limité, mais inébranlable. »  Lire la Suite →

Que s’est-il passé à Las Vegas pour la FreedomFest 2014 ?

Las-Vegas-Strip-7884-TS-S1Du 9 au 12 juillet avait lieu à Las Vegas, la FreedomFest, la convention nationale annuelle des libertariens et des conservateurs fiscaux américains. Après « Are weRome ? » (Sommes-nous Rome ?) en 2013, le thème retenu pour 2014 était : « Is BigBrother here? » (Big Brother est-il parmi nous ?).

La FreedomFest est une occasion unique de célébrer les grands livres, les grandes idées et les grands penseurs, dans la cadre d’un forum indépendant et non partisan où se succèdent les tables rondes, les conférences et les rencontres autour d’une centaine d’exposants issus de tous les horizons de la sphère libertarienne, dans le décor baroque d’un grand hôtel-casino du Strip : le Planet Hollywood. Lire la Suite →

Edmond About et la crise de la Grèce

Edmond AboutLa liberté suivi de la Grèce contemporaine (extrait)
Berg International, juin 2014
Postface de Damien Theillier

Edmond About est un romancier du XIXe siècle, connu pour son livre L’homme à l’oreille cassée qui inspira Hergé. Aujourd’hui tombé dans l’oubli, il est néanmoins revenu sur le devant de la scène avec les déboires de la Grèce en 2010.

En effet, en 1855, dans La Grèce contemporaine, qui est à la fois un récit de voyage et un redoutable pamphlet, il décrivait la Grèce comme un pays qui « vit en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance ». Et il ajoutait : « si la France et l’Angleterre se trouvaient seulement une année dans cette situation, on verrait des catastrophes terribles ».

Ces propos n’ont pas été complètement oubliés. En 2011, c’est un journal Allemand,Die Zeit, qui avait publié un chapitre de La Grèce contemporaine sur les finances, au moment où les instances bruxelloises tentaient de sauver la Grèce. Die Zeit expliquait que les plans de sauvetage et les réformes resteraient vains et inefficaces tant que la Grèce n’aurait pas adopté des institutions moderne et réduit le nombre de ses fonctionnaires. Lire la Suite →

Pourquoi la propriété est-elle le fondement d’un ordre social juste ?

cousin société idéaleVictor Cousin, La société idéale
Berg International, juin 2014
Postface de Damien Theillier

« La propriété est sacrée parce qu’elle représente le droit de la personne elle-même. »
Victor Cousin, La société idéale

La société idéale, est un petit livre admirable de Victor Cousin, qui vient d’être réédité par l’éditeur Berg International.

Victor Cousin est un philosophe et homme politique français, né à Paris le 28 novembre 1792 et mort à Cannes le 14 janvier 1867. Il est connu pour être le penseur de l’ « éclectisme », sa théorie des quatre systèmes élémentaires qui renferment l’histoire entière de la philosophie : le sensualisme, l’idéalisme, le scepticisme et le mysticisme. Chaque système, selon lui, renferme sa part de vérité. Lire la Suite →

Who is John Galt?

Atlas S. part IIILe festival du film libertarien Anthem, qui a lieu au cours de la FreedomFest à Las Vegas, m’a permis de visionner en avant-première la troisième partie du film Atlas Shrugged, sous-titrée « Qui est John Galt ? »

Le présentateur de Fox Business, John Stossel, a animé une série d’entretiens après la projection. Étaient présent : Kristopher Polaha, l’acteur qui interprète John Galt dans le film, ainsi que le producteur Harmon Kaslow, le producteur exécutif John Aglialoro et le conseiller David Kelley de la Fondation Atlas.

Ayn Rand est largement considérée comme l’un des auteurs les plus influents et les plus controversés du XXe siècle. L’opus magnum de Rand, Atlas Shrugged, a été publié en 1957[1]. Trente-cinq ans plus tard, une enquête de la bibliothèque du Congrès a révélé qu’Atlas Shrugged était le deuxième livre le plus influent jamais écrit – après la Bible.

Pendant des décennies, les livres d’Ayn Rand ont inspiré des millions de gens tout en suscitant des débats vigoureux sur la vie sociale et politique.

Ce qui a fait qu’Atlas Shrugged résiste à l’épreuve du temps et continue à se vendre chaque année, c’est que le message du livre rejoint ce que vivent les gens aujourd’hui. Étonnamment, il semble décrire notre XXIe siècle.

Atlas Shrugged raconte l’histoire fascinante d’un pays dont le système économique est sur le point de s’effondrer. Alors que l’économie passe de plus en plus sous le contrôle des bureaucrates, des hommes et des femmes brillants et intègres, des artistes, des savants, des industriels, disparaissent mystérieusement.

Après sa publication initiale, Ayn Rand aspirait à mettre en scène Atlas Shrugged dans un film. Par peur de l’échec ou par manque de courage, Hollywood n’a jamais été intéressé. Jusqu’en 2010, date à laquelle John Aglialoro et Harmon Kaslow ont commencé la production de la trilogie.

Ce troisième épisode du film reprend là où le deuxième épisode s’était arrêté, avec un plan sur le crash en avion de Dagny Taggart et l’arrivée imminente de John Galt pour lui porter secours. Le spectateur voit Dagny gisante sur le sol jouée par une troisième actrice. Le changement d’acteurs et d’actrices dans les trois films est un peu perturbant. Les producteurs ont tenté d’en atténuer l’impact en écrivant le nom et le rôle de chaque personnage sur l’écran, depuis le début de l’histoire.

Lorsqu’on a demandé à Aglialoro, pourquoi les acteurs avaient changé, il a tout simplement répondu qu’après avoir fait le premier film, il ne savait pas s’il y aurait un deuxième. De même, après le second, il ne savait pas s’il y en aurait un troisième.

Il était donc impossible de retrouver la même distribution pour les trois films, à la différence d’une série comme Le Seigneur des Anneaux, qui a été tournée en une seule fois. La bonne nouvelle est que Laura Regan, l’actrice qui joue Dagny Taggart est nettement plus jolie et joue mieux que l’actrice qui tenait le rôle dans le second épisode. Hank Rearden apparait au second plan. Il est supplanté par John Galt, joué par Kristoffer Polaha, qui crève littéralement l’écran dans cette dernière partie.

Aglialoro a personnellement financé une partie de ce troisième épisode. Le film a été également financé par une campagne Kickstarter qui a permis de lever 446.907 $ contre un objectif initial de 250.000 $. Alors que la série arrive au seuil de rentabilité, Aglialoro a précisé qu’il avait l’espoir de faire une série télévisée qui permettrait de raconter l’histoire plus en détail et serait susceptible de générer davantage de revenus.

David Kelley, philosophe et spécialiste d’Ayn Rand, a donné un aperçu du célèbre discours de John Galt. Dans le livre d’Ayn Rand, le discours fait 33 000 mots, de la taille d’un petit roman. Pour le film, il fallait le réduire à 600 mots.

Le public a aimé le nouveau film et en particulier l’acteur qui joue John Galt. Après la projection il y avait une longue file d’attente pour faire signer les affiches du film.

Alors finalement, qui est John Galt ? La sortie du film en salle est prévue pour le 12 septembre 2014 aux États-Unis. Il ne sortira pas en France mais sera disponible très vite à la vente en DVD. Patience donc… (publié sur 24hGold)

http://www.atlasshruggedmovie.com/

L’État policier en Amérique, mythe ou réalité ? par Damien Theillier

Le mythe de la maladie mentale. Par Thomas Szasz

SzaszTHOMAS SZASZ

Le mythe de la maladie mentale

Traduit de l’anglais par Denise Berger, PAYOT, PARIS, 1975

Préface à l’édition française

Le titre de cet ouvrage en exprime exactement la thèse : il dit que la maladie mentale est, en tant que concept, un mythe et que, en tant qu’événement particulier et concret, le phénomène qualifié de maladie mentale est une maladie métaphorique. En d’autres termes, la maladie mentale est un langage et non pas une lésion ; la pratique psychiatrique fait quelque chose avec ce langage ou à ce langage, elle fait quelque chose avec les gens qui utilisent ce langage (en abusent) ou à ces gens – elle n’opère ni diagnostic ni traitement d’une maladie.

Nous pourrions donc dire très simplement, et à mon avis à juste titre, que le malade mental s’exprime dans l’énigme du « symptôme psychiatrique », et que le psychiatre répond dans la contre-énigme du « diagnostic psychiatrique » et du « traitement psychiatrique ». Lire la Suite →

Contre l’économie d’État. Par Frédéric Bastiat

BASTIATContre l’économie d’État. Par Frédéric Bastiat, Paris, juin 2014, Berg International.

Postface de Damien Theillier

L’éditeur parisien Berg International vient de rééditer une série de textes de Frédéric Bastiat sous le titre : Contre l’économie d’État. Ces textes font partie d’un recueil de petits pamphlets de Bastiat intitulé : Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, datant de 1850 [1].

Frédéric Bastiat (1801-1850) est un économiste et homme politique français, fort méconnu en France, bien que reconnu comme un auteur de première importance dans de nombreux autres pays. Il fut le contemporain d’Alexis de Tocqueville, auprès de qui il siégea à l’Assemblée nationale. Lire la Suite →

La liberté de penser. Paul Janet (1866)

10467478_10152514646889784_1292853872_o (1)Paul Janet (1823-1899), brillant élève de Victor Cousin, fut également son secrétaire en 1845-1846 avant d’enseigner la philosophie morale. « La Liberté de penser » est un article paru en 1866 dans la Revue des Deux Mondes. L’auteur rend compte d’un ouvrage d Emile Beaussire, De la liberté intellectuelle et morale, paru la même année.

Beaussire est l’un des fondateurs, avec Émile Boutmy, de l’École libre des sciences politiques en 1871, l’ancêtre de l’Institut d’études politiques de Paris, dit familièrement Sciences Po. Paul Janet y donna lui-même une série de cours.

Dans cette recension, l’auteur se propose d’exposer les principes du droit naturel touchant la liberté de pen­ser et d’examiner les objections qu’elle peut soulever.

La liberté de penser ou d’écrire, dit Janet, a pour fondement ce principe de Descartes : « Ne reconnaître pour vrai que ce qui paraîtra évidemment être tel. » Puisque c’est un devoir pour l’esprit de ne se soumettre qu’à l’évidence, il faut que ce soit en même temps un droit ; car comment pourrions-nous obéir au devoir, si on nous refuse le droit ? Il découle de ceci que l’État n’est pas juge du vrai et du faux, et qu’il est seulement garant des droits de chacun. La liberté de penser n’est donc susceptible de répression qu’en tant qu’elle porte atteinte aux droits des individus.

On prétend que Paul Janet ne serait pas un philosophe original. C’est peut-être vrai mais c’est tout à son honneur. Il appartient à la catégorie des grands pédagogues de la philosophie. Comme son maître Victor Cousin, c’est un génie de la synthèse, de l’exposé clair et rigoureux, du style limpide et sans fioritures. On regrette de ne pas trouver d’équivalent au XXe siècle, comme si la capacité à penser dans un langage clair s’était perdue dans les brumes de la nouveauté, de l’originalité à tout prix. Disponible sur amazon.fr au prix de 5,7 euros

Mandeville : l’homme du diable ?

mandevilleL’éditeur Berg International réédite, dans sa petite collection, la célèbre Fables des abeilles de Bernard Mandeville, avec une postface de Damien Theillier. Présentation :

« Man Devil », tel fut le surnom donné ironiquement à cet écrivain d’origine française, né en 1670 à Rotterdam. Ses parents étaient huguenots et s’étaient réfugiés en Hollande, fuyant les persécutions religieuses. Par la suite, Mandeville s’installa comme médecin à Londres et y écrivit ses livres en anglais. Il traduisit d’abord les fables de La Fontaine en anglais. Et en 1705 il publia lui-même une fable, La Ruche mécontente, ou les coquins honnêtes gens. En 1714, la fable fut rééditée, mais accompagnée de vingt Remarques.

La page de titre de cette édition de 1714 est la suivante : « La Fable des Abeilles ou les vices privés font le bien public contenant plusieurs discours qui montrent que les défauts des hommes, dans l’humanité dépravée, peuvent être utilisés à l’avantage de la société civile, et qu’on peut leur faire tenir la place des vertus morales ». Lire la Suite →

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Conseils au débutant réaliste. Par Etienne Gilson (1935)

gilsonVADE MECUM en 30 points – Par Etienne Gilson[1]

Télécharger le pdf ici.

 

1. — Le premier pas sur la voie du réalisme est de s’apercevoir qu’on a toujours été réaliste ; le deuxième est de s’apercevoir que, quoi que l’on fasse pour penser autrement, on n’y arrivera jamais ; le troisième est de constater que ceux qui prétendent penser autrement, pensent en réalistes dès qu’ils oublient de jouer un rôle. Si l’on se demande alors pourquoi, la conversion est presque achevée. Lire la Suite →

On en parle

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Révise ton bac d’abord

Le langage n’est-il qu’un outil ? L’histoire ne serait-elle qu’une suite d’événements? Que pouvons-nous savoir des autres ? Peut-on désirer sans souffrir ? Est-il plus facile de connaître autrui que de se connaître soi-même ? ou encore Toutes les inégalités sont-elles des injustices ? Vous vous rappelez forcément du sujet que vous avez eu au bac de philo. La reine des sciences qui donne traditionnellement le coup d’envoi des épreuves du baccalauréat, soit dans 3 jours, est expliquée dans une application pour vous aider dans vos révisions, et pour les inconditionnels fans de la matière ou encore ceux qui veulent reprendre les bases de la discipline. Lire la Suite →

Playlist Deezer printemps 2014

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Une petite sélection de morceaux smooth jazz écoutés ces dernières semaines sur Deezer au fil de mes travaux.

A écouter ici : http://www.deezer.com/playlist/848428631 Lire la Suite →

Le capitalisme pour tous

de soto mysèreHernando de Soto est un économiste péruvien, président de l’Institut pour la liberté et la démocratie (Lima, Pérou). Il s’est fait connaître avec la parution en 2000 du livre The Mystery of Capital. Cet ouvrage a fait l’objet d’une traduction française, sous le titre : Le Mystère du capital. Pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout ailleurs, réédité en poche chez Flammarion en 2010. Avec son institut, il se consacre, par le biais d’un travail sur le terrain, à la compréhension des causes juridiques de l’exclusion économique et à la présentation aux gouvernements et aux institutions civiles des moyens permettant de mettre en place une politique économique et sociale susceptible d’assurer progrès et prospérité à tous les agents économiques. Lire la Suite →

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