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Archives de Tag: Murray Rothbard

15 livres à lire pour se cultiver cet été

Je vais diviser mon choix en trois catégories :

5 grands classiques incontournables + 5 livres récents à découvrir + 5 livres majeurs de la bibliothèque numérique de l’Institut Coppet (téléchargeables gratuitement ou achetables en version papier)

A] Cinq grands classiques des 100 dernières années à relire

Ces cinq livres sont parmi les livres les plus éclairants que j’ai pu lire en version français (je laisse de côté les livres non traduits). Sauf exception, ils ne sont pas connus en France, en dehors d’un petit cercle d’initiés.

Vous pouvez cliquer sur l’image de chaque livre pour accéder directement à Amazon.fr

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Entretien avec Jérémie Rostan sur l’Éthique de la liberté de Murray Rothbard

ethique-de-la-liberteEntretien avec Jérémie Rostan**, auteur d’une préface à la réédition française de l’Éthique de la liberté de Murray Rothbard, aux Belles Lettres dans la collection Bibliothèque classique de la liberté, dirigée par Alain Laurent.

Lorsque The Ethics of Liberty est publié en 1982, Murray Rothbard (1926-1995) n’en est pourtant pas à son coup d’essai: dans une veine semblable, cet émule de Ludwig von Mises s’est fait connaître en 1973 avec For a New Liberty: The Libertarian Manifesto. Mais dans son nouvel opus et en partant d’une décapante « robinsonnade », il radicalise le libertarianisme en prônant une liberté individuelle maximale, l’État zéro et une société totalement privatisée fondée sur l’échange volontaire et le capitalisme de laissez-faire, eux-mêmes légitimés par une réinterprétation rationaliste rigoureuse de la tradition du droit naturel, du droit de propriété et de la morale qui en découle.

Dans cet entretien, Jérémie Rostan décrypte les principales thèses philosophiques contenues dans L’Éthique de la liberté et répond aux objections qui lui sont couramment adressées. Lire la Suite →

Théorie de la propriété : droit naturel contre utilitarisme. Par Murray Rothbard

rothbard éthique libertéThéorie de la propriété : droit naturel contre utilitarisme

Murray Rothbard, L’éthique de la liberté, chapitre 9.  La propriété et l’agression

Résumé : Le droit de propriété n’est pas seulement un principe de liberté, c’est un principe fondamental de justice. Mais aucune propriété privée n’est juste en soi et par soi. Seule la propriété naturelle est légitime. C’est précisément ce que l’utilitarisme est incapable d’établir correctement.

Il n’est tout simplement pas possible de poser que le grand axiome normatif de la société libertarienne est la protection des Droits de propriété, point final. Car le voleur n’a absolument aucun Droit naturel de conserver la propriété qu’il a volée ; l’agresseur n’a aucun Droit de revendiquer la propriété acquise par voie d’agression. Nous devons donc modifier ou, à proprement parler, clarifier la règle fondamentale de la société libertarienne, pour dire : personne n’a le Droit de commettre une agression contre la juste ou légitime propriété d’autrui. Lire la Suite →

Les « biens collectifs » et les « externalités ». Par Murray Newton Rothbard

eco et charlatans rothbardChapître 5 de « Economistes et Charlatans »

Traduit par François Guillaumat. 

Une des plus importantes questions philosophiques posées au cours des derniers siècles consiste à savoir si l’éthique est une discipline rationnelle, ou au contraire un ensemble purement arbitraire et non scientifique de jugements de valeur subjectifs (1). Quel que soit le bord que l’on est amené à choisir dans ce débat, on peut généralement se mettre d’accord sur le fait que la théorie économique ou praxéologie – ne peut pas en elle-même suffire à fonder une doctrine normative, ni personnelle ni politique. La théorie économique en tant que telleest donc une science wertfrei, qui ne se permet pas de prononcer des jugements de valeur. Alors que les économistes sont généralement d’accords pour soutenir cette dernière proposition en ces termes mêmes, on peut néanmoins admirer l’énergie qu’ils ont dépensée pour tenter de justifier – d’une manière tortueuse, prétendument scientifique et wertfrei -nombre d’activités et de dépenses Etatiques. La conséquence est que, dans des exposés de théorie économique ostensiblement wertfrei, on voit introduire, en fraude et en masse, des jugements normatifs acceptés sans examen ni justification.

Ceux qui veulent voir les hommes de l’Etat intervenir et fournir certains services ont deux arguments favoris, d’apparence scientifique : a) celui des « externalités positives » ; et b) celui des « biens collectifs » ou des « besoins collectifs ».

Débarrassé de ses colifichets aux allures scientifiques, ou mathématiques, le premier argument se réduit à l’affirmation que Untel, Trucmuche et Chose ne semblent pas pouvoir faire certaines choses sans qu’elles profitent à Tartempion, qui risque de vouloir échapper à « sa juste part » du paiement. Nous allons discuter cet argument, avec d’autres également liés aux « externalités positives ». L’argument des « biens collectifs » semble encore plus scientifique; l’économiste suppose purement et simplement qu’il existe des biens ou des services qui, par nature, doivent être fournis « collectivement », et que par conséquent « l’Etat » doit les fournir avec l’argent des impôts.

Cette affirmation, simple et purement descriptive en apparence, recèle en fait un grand nombre de présuppositions politico-éthiques. Tout d’abord, même s’il existait des « biens collectifs », cela ne prouverait en rien 1) qu’ils doivent être fournis par une organisation unique ; et 2) que tous les membres de la collectivité doivent être forcés de les payer. En d’autres termes, si X est un « bien collectif » , dont presque tout le monde a besoin, et qu’on ne peut fournir qu’à tout le monde à la fois, cela n’implique pas que tous ceux qui le reçoivent doivent être forcés de financer sa production dont, incidemment, il se peut qu’ils n’aient même pas envie. En fait, nous sommes carrément revenus au problème des externalités positives, dont nous allons discuter plus loin. On découvre finalement à l’analyse que l’argument des « biens collectifs » se réduit à celui des « externalités positives ». Enfin, même s’il ne devait y avoir qu’une seule organisation pour assurer cette production, on n’a pas prouvé que ce soient les hommes de l’Etat qui devraient le faire, et non une organisation volontaire ou même une entreprise privée.

Deuxièmement, le concept de « biens collectifs » est en lui-même éminemment suspect. Comment, tout d’abord, peut-il exister des besoins, des pensées, des actes d’un « collectif  » ? Il n’existe dans la réalité aucun référent qui corresponde à ce « collectif », censé d’abord désirer, et ensuite recevoir, les biens en question. De nombreuses tentatives ont néanmoins été faites pour sauver le concept d’un bien « collectif » , et fournir aux actions des hommes de l’Etat des rationalisations en apparence solides et « scientifiques ». Molinari, par exemple, essayant de faire passer la défense pour un bien collectif, affirmait : « Une force de police sert tous les habitants du quartier où elle opère, alors que le simple établissement d’une boulangerie ne suffit pas à apaiser leur faim. » Mais c’est tout simplement faux : rien n’oblige une force de police à défendre chacun des habitants dans une zone, ni même à leur fournir le même degré de protection. De plus, un pacifiste, un partisan de la non-violence absolue, ne jugerait pas du tout que la police le protège, ni lui offre des services de défense. Au contraire, il évalue les opérations de la police dans sa région comme un tort qui lui est fait. Par conséquent, la défense ne peut pas être considérée comme un « bien collectif » ni comme un « besoin collectif ». II en est de même pour de grands projets tels que les barrages, dont on n’a tout simplement pas le droit de supposer qu’ils profitent à tout le monde dans la région.

Antonio De Viti Di Marco distinguait deux catégories de « besoins collectifs » : ceux qui naissent quand un individu n’est pas isolé, et ceux qui résultent d’un conflit d’intérêts. Pourtant, la première catégorie est si vaste qu’elle risque d’englober la plupart des produits du marché. Cela n’aurait aucun sens, par exemple, de monter des pièces de théâtre, à moins d’attendre la venue d’un certain nombre de spectateurs, ou de publier des journaux s’il n’y a pas assez de lecteurs. Est-ce une raison pour que les hommes de l’Etat nationalisent ou monopolisent toutes ces activités ? La deuxième catégorie est censée s’appliquer à la défense. Cela aussi, cependant, est incorrect. La défense en elle-même ne reflète pas un conflit d’intérêts mais une menace d’invasion, contre laquelle il est nécessaire de se défendre. En plus, il est assez déraisonnable d’appeler « collectif »  un besoin qui a précisément le moins de chances d’être commun, puisque les agresseurs sont les derniers à le désirer. D’autres économistes écrivent comme si la défense était nécessairement collective, parce que c’est un service immatériel, alors que le pain, les autos, peuvent être matériellement divisés et vendus à des individus; mais les services immatériels surabondent dans une économie de marché. Faut-il que les hommes de l’Etat monopolisent la tenue de concerts parce qu’il s’agit de services immatériels ?

Le professeur Samuelson nous a offert sa propre définition des « biens de consommation collective » dans une prétendue théorie « pure » des dépenses publiques. Les biens de consommation collective, à en croire Samuelson, seraient ceux « dont tout le monde jouit en commun, de telle manière que la consommation de ce bien par chaque individu ne conduit pas à retrancher quoi que ce soit de la consommation du même bien par un autre individu ».

Pour une raison ou pour une autre, ce sont là (au moins) les biens que les hommes de l’Etat devraient fournir à la place des producteurs honnêtes. Le concept de Samuelson a été mal reçu, à juste titre. Le professeur Enke, par exemple, a fait remarquer que la plupart des services monopolisés par les hommes de l’Etat n’entrent tout simplement pas dans sa catégorie: les routes, les bibliothèques, la justice, la police, les pompiers, les hôpitaux, et la protection militaire. On pourrait en fait aller plus loin et faire remarquer qu’il n’y a en réalité aucunproduit qui puisse jamais entrer dans la définition des « biens de consommation collective » que donne Samuelson. Par exemple, Margolis, tout en critiquant ce dernier, accepte d’y inclure la défense nationale et les phares. Mais la « défense nationale » n’est en aucun cas un « bien » indivisible, qui ne pourrait être offert qu’en bloc. Elle consiste en des ressources spécifiques affectées d’une manière particulière et concrète. Un réseau de défense autour de New York, par exemple, réduit le nombre de bases possibles autour de San Francisco. D’un autre côté, un phare ne brille que sur une zone délimitée. Non seulement l’entrée d’un bateau dans cette zone peut en empêcher d’autres d’y entrer, mais la construction d’un phare restreint les ressources disponibles pour en construire un ailleurs. La réalité est que si un bien était « collectif » au sens de Samuelson, il ne s’agirait pas d’un bien du tout, mais d’une condition générale de l’existence humaine, comme l’air l’est aujourd’hui, et qui surabonde au point que personne ne ressent la nécessité d’en marquer la possession. En fait, ce n’est pas lephare mais l’Océan lui-même, lorsque les routes maritimes ne sont pas encombrées, qui est le « bien de consommation collective » et quipar conséquent demeure sans propriétaire. On n’a pas normalement besoin de quiconque pour produire ni posséder l’Océan.

Tiebout, concédant qu’il n’y a pas de manière « pure » de définir un niveau optimum de dépenses publiques, essaie de sauver la théorie en la limitant à l’administration locale.

Se rendant bien compte que l’impôt et même le vote majoritaire interdisent toute démonstration d’un choix volontaire dans le domaine de l’action publique, il avance que la décentralisation et la liberté de migration interne rendent les dépenses publiques locales plus ou moins proches de l’optimum – du moins dans la mesure où l’on peut dire que les dépenses des entrepreneurs sur un marché libre sont « optimales » -, puisque les résidents peuvent entrer et sortir comme ils veulent. Il est certainement vrai que les gens s’en trouveront mieux s’ils peuvent quitter facilement une communauté lourdement taxée pour une autre où les impôts sont bas. Cependant, le consommateur n’améliore son sort que partiellement; cela ne résout pas le problème des dépenses publiques, qui à part cela demeure inchangé. Dans le choix par une personne de son lieu de résidence, il entre bien d’autres facteurs que l’Etat, et il est bien possible que, pour une raison ou pour une autre, suffisamment de gens soient attachés à une région donnée pour y permettre aux hommes de l’Etat d’y commettre de grandes déprédations avant qu’ils n’émigrent. En outre, un problème majeur est que la surface de la Terre est fixe, que les hommes des Etats s’en sont universellement emparés, et c’est donc universellement qu’ils s’imposent à ses habitants.

Nous en venons maintenant au problème des externalités positives – pour les économistes, la rationalisation majeure des actes des hommes de l’Etat. Là où les gens ne profitent qu’à eux-mêmes par leurs actions, un grand nombre d’auteurs sont prêts à admettre qu’on peut laisser le marché fonctionner tranquillement. Cependant, il arrive souvent que l’action productive des hommes profite aux autres, même sans qu’ils le fassent exprès. Quoiqu’on puisse plutôt y voir une raison de se réjouir, les critiques accusent ce fait de produire des maux en abondance. Un échange libre, où Tartempion et Trucmuche y gagnent tous les deux, c’est bien joli, disent ces économistes; mais si Tartempion décide de faire quelque chose qui profite à Trucmuche, sans que Trucmuche paie rien en échange (3)?

A partir de cette position partent deux lignes d’attaque contre le marché libre. Pris ensemble, ces arguments contre l’action volontaire et pour l’intervention des hommes de l’Etat s’annulent l’un l’autre, mais on peut, pour être accommodant, les traiter séparément. Le premier type de critique consiste à dénoncer Tartempion parce qu’il n’en ferait pas assez pour Trucmuche. On reproche en fait au bienfaiteur de ne tenir compte que de ses propres intérêts égoïstes, et de négliger ainsi le bénéficiaire indirect potentiel qui espère silencieusement dans la coulisse. La deuxième ligne d’attaque contre le marché libre dénonce Trucmuche parce qu’il profite de Tartempion sans le payer de retour. Le bénéficiaire est taxé d’ingratitude et quasiment traité de voleur pour avoir reçu l’avantage gratuit. Ainsi le marché libre est-il accusé de fausser la justice par ces deux groupes d’adversaires: les uns estiment que l’égoïsme de Tartempion est tel qu’il n’en fera jamais assez pour Trucmuche, les autres pensent que Trucmuche recevra trop d’ »avantages indus » sans les payer. Dans un cas comme dans l’autre, naturellement, ce sont les hommes de l’Etat qu’ils appellent à la rescousse pour mettre fin au scandale: qu’ils usent donc de violence, dans le premier cas pour forcer ou inciter Tartempion à adopter une conduite qui profite davantage à Trucmuche, dans le second pour forcer Trucmuche à payer Tartempion!

En général, ces jugements de valeur sont drapés dans l’idée « scientifique » que dans ces cas-là, n’est-ce pas, l’action sur un marché libre n’est plus « optimale », mais doit être ramenée sur le droit chemin de l’ »optimalité » par une action correctrice des hommes de l’Etat. Cette conception ne comprend absolument pas au nom de quoi la science économique peut se permettre d’affirmer que le marché libre est optimal. Il l’est bel et bien, mais ce n’est pas du point de vue des jugements de valeur personnels de l’économiste; c’est parce qu’il consiste dans les actions libres et volontaires des personnes, et qu’il satisfait les besoins que les consommateurs ont librement exprimés par leurs choix effectifs. L’ingérence des hommes de l’Etat, par conséquent et par nécessité, éloignera toujours de l’optimum ainsi défini (4).

On peut trouver amusant que, alors que chacun de ces genres de critiques est assez répandu, il est tout à fait possible de réfuter l’un à partir des principes de l’autre. Prenons par exemple le procès fait au bienfaiteur : dénoncer le bienfaiteur et appeler sur lui les punitions de l’Etat pour n’avoir pas assez fait le Bien implique d’affirmer que le bénéficiaire aurait des « droits » sur son bienfaiteur. Ce n’est pas le propos de ce livre que de débattre des valeurs ultimes (5), mais il faut bien comprendre qu’adopter cette position revient à dire que Trucmuche a un droit absolu à exiger de Tartempion qu’il le serve sans rien recevoir en retour. Nous n’avons pas besoin d’aller aussi loin dans la démonstration pour le second type de critique (le « passager clandestin »), mais nous pouvons peut-être dire que c’est une grande présomption de la part du passager clandestin que de réclamer un « droit » à ce pouvoir de domination. En effet, ce que le premier argumentaire affirme, c’est purement et simplement le droit moral de Trucmuche d’exiger des cadeaux de Tartempion, par la force si nécessaire.

L’apologie de l’épargne forcée, ou les reproches faits aux épargnants potentiels parce qu’ils n’épargnent et n’investissent pas davantage, sont des exemples de ce type d’attaque. Une autre consiste à s’en prendre à l’utilisateur d’une ressource naturelle susceptible d’épuisement. Quiconque fait le moindre usage d’une telle ressource « prive » de son utilisation quelque descendant à venir. Par conséquent, les « conservationnistes » appellent à faire aujourd’hui un moindre usage de ces ressources, en vue d’une plus grande utilisation ultérieure. Non seulement ce cadeau, en général forcé, est un exemple du premier type d’argumentaire, mais si on l’adopte, on ne devrait logiquement jamais se servir d’une ressource capable de s’épuiser. En effet, lorsque la génération à venir atteint sa majorité, elle aussi doit tenir compte d’une autre génération à venir. C’est dire l’absurdité totale de l’approche toute entière.

Comme on l’a vu, le deuxième type d’attaque va dans l’autre sens : il consiste à dénoncer celui qui « bénéficie de l’avantage ». Il est dénoncé comme un « passager clandestin », dont le vice consiste à jouir des « avantages indus » que lui vaut l’action productive d’autrui. C’est une forme de critique tout aussi bizarre. En fait, l’argument ne tient vraiment que contre la première critique, à savoir contre le passager clandestin qui veut forcer les autres à le prendre à bord. Mais là, nous avons une situation où les actions de Tartempion, qu’il a choisies uniquement parce que lui-même y trouve son avantage, ont aussi l’heureux effet de profiter à quelqu’un d’autre. Faut-il nous indigner parce que le bonheur se propage dans l’ensemble de la société? Devons-nous nous renfrogner parce qu’il y a plus d’une personne à profiter des actions de quelqu’un? Après tout, ce « passager clandestin »-là n’a même pas demandé à monter à bord. On l’a reçu sans qu’il le demande, parce que Tartempion est content de ce qu’il a décidé de faire. Si l’on croit au deuxième type d’ »externalités positives », il faut appeler les gendarmes avec un gros bâton parce qu’il y a trop de gens heureux dans la société. En d’autres termes, faut-il que je paie un impôt pour profiter du jardin bien tenu de mon voisin?

Un exemple du second argumentaire assez répandu aux Etats-Unis constitue l’essentiel du message de l’économiste Henry George: c’est une critique de l' »avantage indu » obtenu lors de l’accroissement de la valeur capitalisée d’un terrain. A mesure que l’économie progresse, la rente du sol augmente en même temps que les salaires réels, conduisant à un accroissement de la valeur capitalisée des terrains. Le développement de la structure du capital, de la division du travail et de la population conduit à augmenter la rareté relative du terrain, et par conséquent, à accroître sa valeur. L’argument des partisans de Henry George est que le propriétaire terrien n’est pas moralement responsable de cet accroissement, qui lui vient d’événements indépendants de sa gestion de la terre; et pourtant, c’est lui qui en profite. Le propriétaire terrien serait donc un « passager clandestin » et sa « plus-value indue » appartiendrait de droit à « la société ». Laissant de côté la réalité de la « société » et la question de savoir si « elle » peut posséder quoi que ce soit, nous avons là une attaque de nature morale contre une situation de passager clandestin.

La difficulté de cette argumentation est qu’elle en met beaucoup trop en cause. Existe-t-il en effet un seul d’entre nous dont le revenu pourrait ressembler à ce qu’il est aujourd’hui, n’étaient les avantages « indus » que nous devons à l’activité d’autrui? En particulier, la masse des biens de capital accumulés aujourd’hui est un héritage de l’épargne nette de nos ancêtres. En leur absence, nous vivrions dans une jungle primitive, quelles que soient nos qualités morales. Le capital financier hérité de nos ancêtres n’est, bien sûr, fait que de parts de propriété sur cette structure de capital. Nous sommes tous, par conséquent, des passagers clandestins sur la production du passé. Nous sommes aussi des passagers clandestins de la production présente, puisque nous profitons continuellement du capital que nos congénères maintiennent en circulation, ainsi que des talents particuliers qu’ils offrent sur le marché. I1 est certain que si une telle imputation pouvait être faite, la plus grande partie de nos salaires réels serait attribuée à cet héritage dont nous profitons sans l’avoir payé. Le propriétaire terrien n’en tire pas plus d’ »avantages indus » que n’importe lequel d’entre nous. Faudra-t-il donc que nous soyons tous victimes de confiscations, et qu’on impose une taxe sur notre bien-être commun? Et qui donc recevra le butin? Nos ancêtres peut-être, dans leurs tombes, puisque ce sont eux qui ont investi le capital dont nous profitons aujourd’hui?

Un cas important d’externalités positives consiste dans les « économies externes » que l’on pourrait obtenir en développant certaines industries, alors qu’elles ne se traduiraient pas par un gain pour les entrepreneurs. I1 n’est pas nécessaire de s’attarder sur les nombreuses discussions qu’on trouve dans les textes scientifiques, sur la portée réelle des économies externes en question, quoiqu’elles paraissent finalement négligeables. On a surtout mis en avant l’idée que les hommes de l’Etat devraient subventionner en permanence ces activités de manière que « la société » puisse profiter des économies externes en question. C’est l’argument de Pigou pour la subvention aux économies externes, aussi bien que le bon vieil argument toujours triomphant des « industries naissantes », pour justifier les tarifs protectionnistes.

L’appel à la subvention des hommes de l’Etat pour la promotion des économies externes constitue une troisième colonne d’assaut contre la liberté des contrats. Elle consiste à dire qu’on doit forcer les Trucmuche, les bénéficiaires potentiels, à payer une subvention aux bienfaiteurs Tartempion, pour les inciter à leur fournir les avantages en question. C’est l’antienne favorite de tous les économistes qui voudraient des barrages ou des terrains subventionnés par les hommes de l’Etat (les bénéficiaires étant taxés pour payer les avantages qu’ils reçoivent), ou l’enseignement obligatoire (« les contribuables finiront par bénéficier de l’éducation donnée à autrui »), etc. Encore une fois, ce sont les bénéficiaires qui paient les impôts pour financer la politique imposée; mais là, on ne les critique plus pour des avantages indus. Désormais on les « sauve » d’une situation où ils n’auraient pas profité des avantages en question. Comme ces avantages, ils n’auraient pas été prêts à les payer, on a de la peine à comprendre au juste à quoi on les fait échapper. La troisième colonne rejoint donc la première dans ses attaques contre le marché libre en ce qu’elle le juge également incapable, du fait de l’égoïsme des hommes, de produire suffisamment d’externalités positives; mais elle fait aussi jonction avec la deuxième en ce qu’elle fait porter l’obligation sur les bénéficiaires, étrangement réticents. Si la subvention est versée, alors il est clair que les bénéficiaires ne sont plus des passagers clandestins : en fait, on les force tout simplement à payer des services qu’ils n’auraient pas payés si on leur avait laissé le choix.

On peut rendre patente l’absurdité de cette troisième approche en se bornant à demander qui profite de la politique proposée. Le bienfaiteur, Tartempion, reçoit une subvention, cela est vrai; mais on peut souvent douter qu’il en profite, parce qu’il aurait gagné autant d’argent à investir ailleurs en son absence. Les hommes de l’Etat n’ont fait que compenser les pertes qu’il aurait subies, et ont ajusté ses recettes pour lui permettre de recevoir le manque à gagner. Par conséquent, Tartempion ne fait pas de profit. Quant aux « bénéficiaires », ils sont forcés par les hommes de l’Etat à payer des services dont ils n’auraient pas voulu. Comment peut-on dire qu’ils en « bénéficient » ?

On répond en général que ceux qui reçoivent le service « n’auraient pas pu » en bénéficier s’ils avaient voulu le financer volontairement. Le premier problème en l’occurrence est d’identifier par quel procédé mystérieux les critiques « savent » qu’ils auraient voulu acheter ce « service »-là. Le seul moyen que nous ayons de connaître le contenu des échelles de préférences est de les voir s’exprimer dans les choix concrets. Puisque le choix était concrètement de ne pas acheter le service, aucun observateur extérieur n’a la moindre justification pour prétendre que les préférences de Trucmuche étaient en fait différentes de celles révélées par son action.

Deuxièmement, on ne voit pas pourquoi les bénéficiaires supposés n’auraient pas pu acheter le service. Un service peut toujours être vendu à la valeur marchande que lui attribuent ses acheteurs. Le fait que la production du service n’aurait pas profité à son producteur indique que les consommateurs ne lui attribuent pas autant de valeur qu’ils en donnent à d’autres manières d’utiliser les facteurs non spécifiques de production. Si les coûts de production sont plus élevés que les prix de vente envisagés, cela signifie que les facteurs non spécifiques rapportent davantage quand on les affecte à d’autres formes de production. En outre, au cas où certains consommateurs trouveraient insuffisante la production du service pour le marché, ils ont parfaitement la possibilité de la subventionner eux-mêmes volontairement. Une telle subvention volontaire équivaudrait à payer un prix plus élevé pour le service, et révélerait qu’ils sont prêts à payer ce prix. Le fait que cette subvention n’a pas eu lieu élimine toute justification pour une subvention forcée, imposée par les hommes de l’Etat. Loin de fournir un avantage aux « bénéficiaires » qu’elle taxe, la subvention forcée leur impose en fait une perte, puisqu’ils auraient pu dépenser l’argent eux-mêmes pour des biens et des services auxquels ils donnaient plus de valeur.

Notes de François Guillaumat

(1) Pages 883-890 de Man, Economy and State. Titre original : Collective Goods and External Benefits : Two Arguments for Government Activity.

La théorie des « biens publics » présente la caractéristique intéressante d’avoir été immédiatement réfutée, notamment par ce texte, et d’êtrenéanmoins enseignée comme « scientifique » dans la plupart des facultés d’économie aujourd’hui, c’est-à-dire vingt-cinq ans après que son auteur l’avait lui-même explicitement abandonnée. La théorie des « biens publics » n’est en fait qu’un avatar de la théorie des « externalités positives », qui est elle-même contradictoire, comme Rothbard le démontre brillamment.

(2) C’est au moins une indication du fait que l’expression « biens collectifs » est dans tous les cas incorrecte, puisqu’il n’y a que certainsservices qui posent ce problème, de ne pouvoir être fournis aux uns sans être offerts aux autres.

(3) L’incohérence de ce raisonnement est exposée en annexe, à propos de la différence entre valeur à la marge et services rendus par des « classes » de produits.

(4) Notons ici la contradiction essentielle des économistes mathématiciens qui prétendent fonder leurs rationalisations de l’Etatisme sur le critère d’optimalité de Pareto. L’intervention de l’Etat est censée rapprocher des conditions de 1″`équilibre général », lequel serait conforme au critère de Pareto (s’il était seulement réalisable). Or, il suffit d’appliquer directement le critère de Pareto à l’intervention de l’Etat pour constater qu’elle ne peut jamais se conformer au critère parétien. En effet, ce critère indique qu’un changement améliore l’utilité sociale si une personne au moins s’en trouve mieux, les autres ne s’en trouvant pas plus mal. Or, l’intervention de l’Etat implique toujours une agression (fiscale ou réglementaire), dont la victime au moins se trouvera plus mal. L’intervention de l Etat est donc en toutes circonstances contraire à l’optimum de Pareto.

(5) Cf. Murray N. Rothbard, L’éthique de la liberté, Paris, Les Belles Lettres, 1991. Traduction en français de The Ethics of Liberty,Humanities Press, Atlantic Highlands, N.J., 1982.

Listes de lectures en français

Textes mis en ligne par VJ sur google docs :

Ludwig von Mises :  Le Socialisme

Hans-Hermann Hoppe : L’alibi intellectuel du socialisme

Murray Rothbard :  Au-delà de l’être et du devoir être

Nathaniel Branden :  Le vol de concepts

Leonard Peikoff : La dichotomie analytique-synthétique

Ayn Rand : L’‘extrémisme’ ou l’art de la délation

Introduction à l’épistémologie objectiviste (chapitres 1 à 5)

Introduction à l’épistémologie objectiviste (chapitre 6 à la fin)

Sur le site du Québécois Libre :

Ludwig von Mises: Le socialisme – Conclusion  (no 300 – 15 mai 2012)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La lutte contre le destructionnisme  (no 299 – 15 avril 2012)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Les méthodes du destructionnisme – 2  (no 298 – 15 mars 2012)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Les méthodes du destructionnisme – 1  (no 297 – 15 février 2012)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Les facteurs du destructionnisme  (no 296 – 15 janvier 2012)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La morale capitaliste  (no 295 – 15 décembre 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La démocratie économique  (no 294 – 15 novembre 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Du socialisme moral, et du néo-criticisme en particulier  (no 293 – 15 octobre 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Christianisme et socialisme  (no 292 – 15 septembre 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Le socialisme comme émanation de l’ascétisme  (no 291 – 15 août 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Le socialisme et la morale  (no 290 – 15 juin 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Les monopoles et leurs effets  (no 289 – 15 mai 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La concentration des fortunes  (no 288 – 15 avril 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La doctrine de l’inéluctabilité du socialisme  (no 287 – 15 mars 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Le matérialisme historique  (no 286 – 15 février 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Opposition de classes et lutte de classes  (no 285 – 15 janvier 2011)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La lutte comme facteur de l’évolution sociale  (no 284 – 15 décembre 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La société  (no 283 – 15 novembre 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Le chiliasme socialiste  (no 282 – 15 octobre 2010)
Où s’en va votre argent? (9) La recherche  (no 282 – 15 octobre 2010)
Frédéric Bastiat:
Les deux haches  (no 281 – 15 septembre 2010)
Ludwig von Mises: Le socialisme – Les conceptions pseudo-socialistes  (no 281 – 15 septembre 2010)
Frédéric Bastiat:
Il n’y a pas de principes absolus  (no 280 – 15 août 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Les diverses conceptions de l’idéal socialiste  (no 280 – 15 août 2010)
Frédéric Bastiat:
La protection élève-t-elle le taux des salaires?  (no 279 – 15 juin 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La politique commerciale étrangère des communautés socialistes  (no 279 – 15 juin 2010)
Frédéric Bastiat:
Nos produits sont grevés de taxes  (no 278 – 15 mai 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Le problème des migrations et le socialisme  (no 278 – 15 mai 2010)
Frédéric Bastiat:
Un profit contre deux pertes  (no 277 – 15 avril 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Socialisme mondial et socialisme national  (no 277 – 15 avril 2010)
Frédéric Bastiat:
La peur d’un mot  (no 276 – 15 mars 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – L’impraticabilité du socialisme  (no 276 – 15 mars 2010)
Un géologue canadien contre le GIEC  (no 275 – 15 février 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – L’économie collective dynamique  (no 275 – 15 février 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – L’insertion de l’individu dans la communauté sociale du travail  (no 274 – 15 janvier 2010)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – L’État socialiste isolé  (no 273 – 15 décembre 2009)
Frédéric Bastiat:
Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas: Restriction  (no 272 – 15 novembre 2009)
Ludwig von Mises: Le socialisme – La répartition des revenus  (no 272 – 15 novembre 2009)
Où s’en va votre argent? (9): les subventions aux artistes  (no 271 – 15 octobre 2009)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Les caractéristiques du mode de production socialiste  (no 271 – 15 octobre 2009)
Frédéric Bastiat:
Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas: le licenciement  (no 271 – 15 octobre 2009)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Nature de l’économie  (no 270 – 15 septembre 2009)
Frédéric Bastiat:
Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas: les intermédiaires  (no 270 – 15 septembre 2009)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Ordre social et constitution familiale  (no 269 – 15 août 2009)
Frédéric Bastiat:
Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas: Épargne et luxe  (no 269 – 15 août 2009)
Où s’en va votre argent? (8): la santé et les services sociaux  (no 269 – 15 août 2009)
Frédéric Bastiat:
Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas: l’impôt  (no 268 – 15 juin 2009)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Ordre social et constitution politique  (no 268 – 15 juin 2009)
Frédéric Bastiat:
Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas: le crédit  (no 267 – 15 mai 2009)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – Le socialisme  (no 267 – 15 mai 2009)
Ludwig von Mises
: Le socialisme – La propriété  (no 266 – 15 avril 2009)
Ludwig von Mises
: Le Socialisme (Introduction)  (no 265 – 15 mars 2009)
Où s’en va votre argent? (7): les programmes & services  (no 264 – 15 février 2009)
Ludwig von Mises: L’avenir du libéralisme  (no 264 – 15 février 2009)
Milton Friedman est-il keynésien?  (no 263 – 15 janvier 2009)
Is Milton Friedman a Keynesian?  (no 263 – January 15, 2009)
Ludwig von Mises
: Le libéralisme et les partis politiques (3)  (no 263 – 15 janvier 2009)
Ludwig von Mises
: Le libéralisme et les partis politiques (2)  (no 262 – 15 décembre 2008)
Ludwig von Mises: Le libéralisme et les partis politiques (1)  (no 261 – 15 novembre 2008)
Frédéric Bastiat:
Prendre cinq et rendre quatre ce n’est pas donner  (no 260 – 15 octobre 2008)
Ludwig von Mises: La politique étrangère libérale (5)  (no 260 – 15 octobre 2008)
Molinari:
De la production de la sécurité  (no 259 – 15 septembre 2008)
Ludwig von Mises
: La politique étrangère libérale (4)  (no 259 – 15 septembre 2008)
Frédéric Bastiat:
La Loi  (no 258 – 15 août 2008)
A hollow victory  (no 258 – August 15, 2008)
Ludwig von Mises: La politique étrangère libérale (3)  (no 258 – 15 août 2008)
L’héritage intellectuel de Bastiat  (no 257 – 15 juin 2008)
Ludwig von Mises
: La politique étrangère libérale (2)  (no 257 – 15 juin 2008)
Frédéric Bastiat:
Égaliser les conditions de production  (no 257 – 15 juin 2008)
Entretien avec Serge Schweitzer  (no 256 – 15 mai 2008)
Entretien avec Pascal Salin  (no 256 – 15 mai 2008)
Ludwig von Mises: La politique étrangère libérale (1)  (no 256 – 15 mai 2008)
Bastiat:
La main droite et la main gauche (Rapport au roi)  (no 256 – 15 mai 2008)
Ludwig von Mises
: Les conditions du libéralisme  (4)  (no 255 – 15 avril 2008)
Ludwig von Mises
: Les conditions du libéralisme  (3)  (no 254 – 15 mars 2008)
Ludwig von Mises
: Les conditions du libéralisme  (2)  (no 253 – 17 février 2008)
Ludwig von Mises
: Les conditions du libéralisme  (1)  (no 251 – 3 février 2008)
Ludwig von Mises
: Les fondements du libéralisme  (no 249 – 20 janvier 2008)
‘Human Rights’ Vs. Magna Carta  (no 249 – January 20, 2008)
Ludwig von Mises
: Le libéralisme  (no 247 – 6 janvier 2008)
Ludwig von Mises
: « Anticommunisme » contre capitalisme  (no 246 – 16 décembre 2007)
Ludwig von Mises
: La caractéristique sociale du capitalisme et les causes psychologiques de sa diabolisation  (no 244 – 2 décembre 2007)
Ludwig von Mises
: La philosophie sociale de l’homme ordinaire  (no 242 – 18 novembre 2007)
Ludwig von Mises: Les objections non économiques au capitalisme  (no 239 – 28 octobre 2007)
Ludwig von Mises
: La littérature dans un régime capitaliste  (no 235 – 30 septembre 2007)
Murray Rothbard
: Herbert Hoover and the Myth of Laissez-Faire  (no 233 – September 16 2007)
Hazlitt
: L’économie politique en une leçon: Le crédit fait dévier la production  (no 233 – 16 sept. 2007)
Gustave de Molinari
: Les Soirées de la rue Saint-Lazare  (no 231 –  24  juin 2007)
Les Français et l’économie  (no 218 – 25 mars 2007)
Où s’en va votre argent (6): les groupes de femmes  (no 215 – 4 mars 2007)
Hazlitt
: L’économie politique en une leçon: Quels sont ceux que protègent les droits de douane?
(no 214 – 25 février 2007)
Murray Rothbard
: Les syndicats: restreindre le prix du travail  (no 213 – 18 février 2007)
Ludwig von Mises
: L’action humaine et la raison  (no 211 – 4 février 2007)
Ludwig von Mises: L’action humaine et le bonheur  (no 209 – 21 janvier 2007)
Lawrence Reed
: La Grande Dépression démystifiée (2)  (no 209 – 21 janvier 2007)
Lawrence Reed
: La Grande Dépression démystifiée (1)  (no 208 – 14 janvier 2007)
Bastiat
: Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas – Les machines  (no 204  –  3 décembre 2006)
Sir John Cowperthwaite, the man who brought freedom to Hong Kong  (no 199  –  October 29, 2006)
Hans-Hermann Hoppe
over Oorlog, Terrorisme en de Wereldstaat  (no 199  –  29 octobre 2006)
Ludwig von Mises
: L’action humaine et le temps  (no 197  –  15 octobre 2006)
Ludwig von Mises: Les débuts historiques de l’École économique autrichienne (3)  (no 194  –  24 septembre 2006)
Ludwig von Mises
: Les débuts historiques de l’École économique autrichienne (2)  (no 193  –  17 septembre 2006)
Ludwig von Mises
: Les débuts historiques de l’École économique autrichienne (1)  (no 192  –  10 septembre 2006)
Où s’en va votre argent? (5)  (no 189  –  20 août 2006)
Ludwig von Mises
: The “Social” Novels and Plays  (no 187  –  August 6, 2006)
Frédéric Bastiat: Autre chose  (no 177  –  30 avril 2006)
Murray Rothbard
: Les libéraux étatistes  (no 175  –  16 avril 2006)
Murray Rothbard
: Brevets et droits d’auteur  (no 173  –  2 avril 2006)
Ludwig von Mises
: Le capitalisme  (no 171  –  19 mars 2006)
Roger de Fontenay
: Notice sur les écrits et la vie de Frédéric Bastiat  (no 170 –  12 mars 2006)
Ludwig von Mises
: Capitalisme contre socialisme  (no 165 –  5 février 2006)
Murray Rothbard: Les statistiques: le talon d’Achille du gouvernement  (no 164  –  29  janvier 2006)
Ludwig von Mises: Le capitalisme a-t-il fait faillite?  (no 163  –  22  janvier 2006)
Jean-Louis Caccomo: L’épopée de l’innovation  (no 154  –  15 mai 2005)
Lysander Spooner
: « La Constitution n’a nulle autorité »  (no 152  –  15 mars 2005)
Pascal Salin: L’immigration dans une société libre  (no 151 –  15 février 2005)
Hayek:
La politique détrônée  (no 150  –  15 janvier 2005)
André Gosselin
: Lettre ouverte aux investisseurs irréponsables  (no 150 –  15 janvier 2005)
Ludwig von Mises
: L’École autrichienne  (no 150  –  15 janvier 2005)
Pascal Salin
: Immorale et nuisible: la taxation de l’héritage  (no 147  –  15 octobre 2004)
Michael Badnarik’s Plans for America  (no 147  –  October 15, 2004)
Où s’en va votre argent (4): les magazines  (no 146  –  15 septembre 2004)
Christoph Blocher: Suisse: le combat pour la liberté est un constant recommencement  (no 145  –
15 août 2004)
CRTC vs CHOI-FM: les plaintes  (no 145  –  15 août 2004)
Entretien avec Georges Lane sur le libéralisme, l’immigration, la Sécu, la social-démocratie, l’Éducation nationale…  (no 145  –  15 août 2004)
Pascal Salin: Les thèses d’ATTAC réfutées  (no 143 –  15 juin 2004)
Jacques de Guénin: Savez-vous vraiment ce qu’est le libéralisme?  (no 143 –  15 juin 2004)
Ron Paul: The Lessons of 9/11  (no 142  –  May 15, 2004)
Ron Paul: Iraq One Year Later  (no 141  –  April 15, 2004)
Ron Paul: A Wise Consistency  (no 138  –  February 21, 2004)
Mises: Réflexions pour aujourd’hui et pour demain: politiques et idées  (no 137  –  7 février 2004)
Pourquoi les économistes et les gouvernants se trompent-ils si souvents?  (no 136  –  17 janvier 2004)
L’art contempourien à la rescousse de l’art contemporain  (no 135  –  20 décembre 2003)
Mises: Transformer les pierres en pain ou le miracle keynésien  (no 134  –  6 décembre 2003)
Ludwig von Mises: L’interventionnisme est voué à l’échec  (no 132  –  8 novembre 2003)
Ron Paul: Borrowing Billions to Fund a Failed Policy in Iraq  (no 132  –  November 8, 2003)
Henri Lepage: La valeur économique du temps, selon Gary Becker  (no 128  –  13 septembre 2003)
Ron Paul: Paper Money and Tyranny  (no 128  –  September 13, 2003)
Ludwig von Mises: Or et inflation  (no 127  –  16 août 2003)
Ron Paul: Neo-Conned!  (no 126  –  July 19, 2003)
A conversation with James Sadowsky, S.J., philosopher of freedom  (no 125  –  June 7, 2003)
James Sadowsky, S.J.: Private property and collective ownership  (no 125  –  June 7, 2003)
Les belles promesses de Jean Charest  (no 125  –  7 juin 2003)
Johan Norberg: Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste: Les droits de propriété profitent aux pauvres  (no 124  –  10 mai 2003)
Ludwig von Mises: Mises on War  (no 122  –  March 29, 2003)
France: trente-quatre auteurs dénoncent la bien-pensance  (no 121  –  15 mars 2003)
Ron Paul: Sorry, Mr. Franklin, « We’re all Democrats now! »  (no 121  –  March 15, 2003)
The parable of the ant and the grasshopper  (no 120  –  March 1st, 2003)
Big Brother habite à Ottawa  (no 118  –  1er février 2003)
Big Brother lives in Ottawa  (no 118  –  February 1st, 2003)
Ron Paul: Tax cuts and class war  (no 118  –  February 1st, 2003)
Hans Hermann-Hoppe on war, terrorism, and the World state  (no 115  –  December 7, 2002)
Hans Hermann-Hoppe sur la guerre, le terrorisme et l’État mondial  (no 115  –  7 décembre 2002)
Gustave de Molinari: Le commerce, rempart contre la guerre  (no 115  –  7 décembre 2002)
Hazlitt: L’économie politique en une leçon: le partage des emplois  (no 114  –  23 novembre 2002)
Ron Paul: Unintended consequences  (no 114  –  November 23, 2002)
Ron Paul: Can we afford this war?  (no 111  –  October 12, 2002)
Que le véritable libéral se lève (III)  (no 110  –  28 septembre 2002)
Mario Dumont: A new patriotism of responsibility for Quebec  (no 110  –  September 28, 2002)
Stephen Harper: How to get Canada back on track  (no 110  –  September 28, 2002)
Mises: La théorie dite autrichienne du cycle économique  (no 110  –  28 septembre 2002)
Ron Paul: A foreign policy for peace, prosperity and liberty  (no 109  –  September 14, 2002)
Que le véritable libéral se lève (II)  (no 108  –  31 août 2002)
Ron Paul: Has capitalism failed?  (no 107  –  August 3, 2002)
Pierre Lemieux: Police, tribunaux et défense nationale privée  (no 106  –  6 juillet 2002)
Le Pen est-il un nazi?  (no 103  –  27 avril 2002)
Canada: la vision fédéraliste de Stephen Harper  (no 101  –  30 mars 2002)
Murray Rothbard: Des relations entre États  (no 99  –  2 mars 2002)
Bastiat: Pétition des fabricants de chandelles, etc.  (no 98  –  16 février 2002)
Pierre Lemieux: La théorie des droits individuels de Robert Nozick  (no 97  –  2 février 2002)
Ron Paul: Keep your eye on the target  (no 94  –  December 8, 2001)
The Quiet Beatle… and the Taxman  (no 94  –  December 8, 2001)
Les économies libres sont les plus prospères  (no 93  –  24 novembre 2001)
Ron Paul: A non-interventionist foreign policy would help prevent terrorism  (no 92  –  Nov. 10, 2001)
Le Québec, royaume du B.S. en Amérique du nord  (no 91  –  27 octobre 2001)
Shut up those dissidents…  (no 90  –  October 13, 2001)
The economics of war  (no 89  –  September 29, 2001)
L’État meurtrier  (no 86  –  4 août 2001)
La liberté religieuse menacée en France  (no 85  –  7 juillet 2001)
Frédéric Bastiat: L’État doit-il subventionner l’art?  (no 84  –  9 juin 2001)
Frédéric Bastiat: La vitre cassée, ou comment créer de la richesse en détruisant  (no 83  –  12 mai 2001)
Murray Rothbard: Les causes de la récession – 4  (no 82  –  28 avril 2001)
Murray Rothbard: Les causes de la récession – 3  (no 81  –  14 avril 2001)
Murray Rothbard: Les causes de la récession – 2  (no 80  –  31 mars 2001)
Murray Rothbard: Les causes de la récession – 1  (no 79  –  17 mars 2001)
La tyrannie du médiatiquement correct  (no 78  –  3 mars 2001)
Les riches paient trop d’impôts  (no 77  –  17 février 2001)
Frédéric Bastiat: L’État  (no 74  –  6 janvier 2001)
Le bon vieux temps… dans le Bas-Canada libertarien  (no 73  –  9 décembre 2000)
La révolte des banlieues  (no 72  –  25 novembre 2000)
La richesse des nations libres  (no 71  –  11 novembre 2000)
Frédéric Bastiat: Abondance, disette  (no 70  –  28 octobre 2000)
Le bon sens économique de l’Alliance canadienne  (no 69  –  14 octobre 2000)
Jesús Huerta de Soto: Les différences essentielles entre les théories économiques autrichienne et néoclassique  (no 68  – 30 septembre 2000)
Harry Browne, candidat libertarien à la présidence des É.-U.  (no 67  –  16 septembre 2000)
Alfred D. Decelles: Libertés anglo-américaines vs libertés françaises  (no 66  –  2 septembre 2000)
Étienne Parent, un libéral classique canadien-français  (no 65  –  5 août 2000)
Ludwig von Mises: Les fondements économiques de la liberté  (no 64  –  8 juillet 2000)
Le conservatisme social et fiscal de Stockwell Day  (no 64  –  8 juillet 2000)
Où s’en va votre argent (3)  (no 63  –  10 juin 2000)
Où s’en va votre argent (2)  (no 62  –  13 mai 2000)
Frédéric Bastiat: Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas  (no 61  –  29 avril 2000)
Où s’en va votre argent?  (no 60  –  15 avril 2000)
L’implosion étatique et l’avenir du libéralisme en France • entrevue Bertrand Lemennicier  (no 59  –  1er avril 2000)
L’Alliance canadienne entre en scène  (no 58  –  18 mars 2000)
Big government means slower growth • interview Robert Lawson  (no 57  –  March 4, 2000)
Haider sans filtre  (no 56  –  19 février 2000)
Les artistes veulent devenir des bureaucrates  (no 55  –  5 février 2000)
Solidarité organisée  (no 54  –  22 janvier 2000)
Tout appartient au gouvernement  (no 53  –  8 janvier 2000)
Pas maître chez soi  (no 51  –  4 décembre 1999)
Des féministes pas comme les autres  (no 50  –  20 novembre 1999)
Assujettis au fisc à 46%  (no 49  –  6 novembre 1999)
Permanence syndicale vs qualité de l’éducation  (no 48  –  23 octobre 1999)
« Dénormaliser » le tabagisme  (no 47  –  9 octobre 1999)
La signification de « laissez faire »  (no 46  –  25 septembre 1999)
La collectivité n’a pas d’existence propre  (no 45  –  11 septembre 1999)
Les excuses des politiciens  (no 44  –  28 août 1999)
Mencken avait déjà compris  (no 43  –  14 août 1999)
L’État croupier  (no 42  –  31 juillet 1999)
Les nouveaux raisins de Gérald Tremblay  (no 40  –  26 juin 1999)
Recherchées: crapules étatiques  (no 39  –  12 juin 1999)
André Arthur et la liberté d’écouter  (no 37  –  15 mai 1999)
Exploiter son car wash en français  (no 36  –  1er mai 1999)
Folies millénaristes  (no 35  –  17 avril 1999)
Le bogue de l’an zéro  (no 34  –  3 avril 1999)
Le plus important développement du millénaire  (no 33  –  20 mars 1999)
La valse des millions  (no 32  –  6 mars 1999)
Principes alternatifs  (no 31  –  20 février 1999)
Télé-Propagande  (no 29  –  23 janvier 1999)
Clinton mis en accusation  (no 28  –  9 janvier 1999)
Fausse déclaration  (no 27  –  19 décembre 1998)
La troisième voie de l’ADQ  (no 26  –  5 décembre 1998)
Que le véritable libéral se lève  (no 25  –  21 novembre 1998)
Lucien McCarthy  (no 24  –  7 novembre 1998)
Dr Jean Jekyll et M. Jean Hyde  (no 23  –  24 octobre 1998)
La ministre de la justice et le poivre de Cayenne  (no 22  –  10 octobre 1998)
Pour une culture non subventionnée  (no 21  –  26 septembre 1998)
Les X-Files de Clément Godbout  (no 20  –  12 septembre 1998)
Bill of Rights Day  (no 19  –  29 août 1998)
La politique des bouts de route  (no 18  –  15 août 1998)
Vive la salade libre!  (no 17  –  1er août 1998)
Wouf wouf électronique  (no 16  –  18 juillet 1998)
La salade indigeste du fisc  (no 15  –  4 juillet 1998)
Retour d’ascenseur  (no 14  –  20 juin 1998)
Preston Manning propose une « alternative unie »  (no 13  –  6 juin 1998)
Le projet de manifeste du RAP  (no 12  –  23 mai 1998)
Ron Paul et le Liberty Amendment  (no 11  –  15 mai 1998)
Québec et le développement social  (no 10  –  9 mai 1998)
Silicon Valley dit non au B.S. pour entreprises  (no 9  –  2 mai 1998)
Séparatisme vs nationalisme  (no 8  –  25 avril 1998)
La Régie doit…  (no 7  –  18 avril 1998)
Bouchard se dissocie de Bouthillier  (no 6  –  11 avril 1998)
Les bonnes résolutions de Bernard Landry  (no 5  –  4 avril 1998)
La Fédération autonome du collégial dénonce le néolibéralisme  (no 4  –  28 mars 1998)
Le retour sur terre de Richard le Hir  (no 3  –  21 mars 1998)
Bourgault libertarien?  (no 2  –  14 mars 1998)
Le lait déréglementé  (no 1  –  7 mars 1998)
Le parasitisme beauceron  (no 0  –  21 février 1998)

 

 

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