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Archives de Tag: Marx

Bac de philo 2016 : comment parler de la liberté en philosophie ?

applicoursdephiloPar Damien Theillier, professeur de philosophie, auteur du blog : nicomaque.com

Le bac de philo approche. Chaque année, sont donnés au programme un certain nombre de notions ainsi qu’une liste d’auteurs académiques, de Platon à Sartre, pour résumer.

C’est un programme éclectique, qui laisse au professeur une grande marge de manœuvre pour faire les choix qui conviennent à son cours. La contrainte étant de donner aux élèves un aperçu suffisamment complet des grandes écoles de pensée, afin qu’ils puissent traiter les sujets du bac sans faire de récitation, mais en exerçant leur jugement et leur raisonnement.

Plutôt que de confiner le libéralisme dans l’étude de quelques auteurs canoniques, anciens ou modernes, il m’a toujours semblé plus utile de montrer que des philosophies comme celles d’Aristote, de S. Thomas, de Descartes, de Spinoza, de Schopenhauer, d’Alain, de Nietzsche ou même de Freud, comportent de nombreuses affinités avec la pensée libérale, telle qu’on la trouve formulée chez les auteurs estampillés « officiellement » comme libéraux dans les manuels, comme Smith, Locke, Tocqueville, ou Constant. Lire la Suite →

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LA MALADIE ÉTATISTE DU PEUPLE PRÉDITE ET ANALYSÉE PAR BASTIAT IL Y A 150 ANS

178570_422701024440255_901340338_o (2)Jacob SHER *

« Examinons ce que vaut, d’où vient et où aboutit cette aspiration populaire qui prétend réaliser le Bien général par la Spoliation générale. » Frédéric Bastiat La Loi, 1850

L’Humanité tire des leçons de certaines expériences, moins des autres, se débarrasse de certaines maladies, mais en contracte de nouvelles… Une vieille maladie persiste, semble inguérissable… Elle secoue certains États démocratiques et empêche les États ex-socialistes de retrouver leur santé. Cette maladie se manifeste, par exemple, en France, par de périodiques convulsions de la société, par des grèves quasi-révolutionnaires, par des manifestations de masse, où des foules exigent de l’État-patron, de l’État-caissier des cadeaux, des faveurs et la réduction des prélèvements. Car le Grand, le Puissant, l’Omniprésent, l’Obèse État-Providence s’y occupe de tout, est responsable de tout, et le peuple en attend tout, le rend responsable de toute misère, de tout dysfonctionnement ou déficit. Croyant en l’État, le peuple demande tout de lui, et cette demande même rend l’État de plus en plus envahissant. On pourrait nommer cette maladie – maladie étatiste du peuple. Si elle ne touche pas tout le peuple, elle contamine fortement ce que les socialistes appellent « le peuple de gauche », et donc, en général, rend malades les nations où la gauche est forte. Quant au monde socialiste, les masses y ont été, par la terreur d’État, privées de responsabilité pendant des décennies, et, habitué à la passivité, le peuple immobile attend à présent, au milieu des ruines de la société collectiviste, des solutions de l’État. Lire la Suite →

La philosophie de Marx vue à travers Kierkegaard

Retrouvez les travaux de mes élèves ici : http://fr.slideshare.net/damienth/presentations

http://fr.slideshare.net/damienth/slideshelf

Fiche de lecture sur la philosophie de l’histoire (terminales)

strauss La philosophie politique et l’histoireFiche de lecture sur la philosophie de l’histoire (à destination de mes élèves de terminale)

Par Damien Theillier

Leo Strauss (1899-1973), La philosophie politique et l’histoire (de l’utilité et des inconvénients de l’histoire pour la philosophie), traduction et présentation d’un ensemble de textes choisis de Strauss sur l’idée d’histoire, le Livre de Poche, 2008.

Extrait étudié : début de l’introduction du traducteur, Olivier Sedeyn, spécialiste de la pensée de Leo Strauss : Le sens de l’histoire.

L’ouvrage

Ce livre est une anthologie des meilleurs textes de Leo Strauss, dont certains extraits de Droit naturel et histoire, son grand livre de 1953. Il montre comment, dès sa naissance, la modernité change radicalement la philosophie en substituant l’Histoire à la nature (le Cosmos) et en introduisant le relativisme historique. Le texte intitulé « Définir la Modernité : Modernité et historicisme » (ou « Les trois vagues de la Modernité »), est une excellente introduction à la crise de la philosophie politique moderne.

L’auteur Lire la Suite →

Relativisme et polylogisme selon Ludwig von Mises

ludwig-von-mises-john-lLe polylogisme s’oppose à l’universalisme c’est-à-dire à l’idée qu’il existe des vérités universelles que la raison peut reconnaître.  Or, selon Mises :

« Au cours du XIXe siècle, ce fait indéniable a pourtant été contesté. Marx et les marxistes (…) ont enseigné que la pensée est déterminée par la situation de classe de celui qui pense. Ce que la pensée produit n’est pas la vérité, mais des idéologies. Ce mot signifie, dans le contexte de la philosophie marxiste, un déguisement de l’intérêt égoïste de classe à laquelle appartient l’individu qui pense. C’est pourquoi il est inutile de discuter quoi que ce soit avec des personnes d’une autre classe sociale. Les idéologies n’ont pas besoin d’être réfutées par un raisonnement déductif ; elles doivent être démasquées en dénonçant la situation de classe, l’arrière-plan social de leurs auteurs. Ainsi les marxistes ne discutent pas les mérites des théories physiques ; ils dévoilent simplement l’origine bourgeoise des physiciens. »

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La redécouverte de la nature humaine par la biologie évolutionniste (1)

comprendre-la-nature-humaineCertains scientifiques aujourd’hui avancent que des comportements culturels complexes comme la famille, le langage ou les normes morales ne seraient pas des constructions sociales arbitraires mais des réponses biologiques adaptatives qui ont émergées lentement au cours du temps au point de constituer des invariants naturels et universels. Une accumulation de preuves empiriques tous azimuts vient désormais à l’appui de cette idée que tout n’est pas acquis et que la part de l’inné serait bien plus grande qu’on ne pensait.

Pour de nombreux philosophes et chercheurs, pourtant, tout comportement humain est compris comme « socialement construit », c’est-à-dire déterminé par des normes culturelles modelant le comportement après la naissance. Selon eux, l’esprit au départ serait semblable à une feuille blanche ou à une « table rase » et ne se construirait ensuite qu’à travers l’expérience, l’histoire, le vécu. Qui considère encore aujourd’hui le comportement comme fondé sur la nature plutôt que sur la culture ?

Pourtant, s’il n’existe pas quelque chose comme une nature humaine stable pour sous-tendre le comportement social, alors peut-il exister un quelconque critère permettant de juger une politique donnée ? Certaines institutions sont adaptées à la nature humaine et d’autres non. Pour en juger il faut disposer d’un concept de nature humaine. Pour fonder un ordre social juste et durable, il faut être capable de déterminer un certain nombre de traits universels et intrinsèques propres à l’homme. Lire la Suite →

Raymond Boudon sur Marx, Nietzsche et Freud

Extrait de la conclusion de, RENOUVELER LA DÉMOCRATIE, Paris, Odile Jacob, 2006.

Science et sens commun

Les certitudes de la connaissance ordinaire sont, comme celles de la connaissance scientifique, le produit de systèmes de raisons visant à être acceptés par tout être de bon sens. « La science n’est que le prolongement du sens commun », a écrit l’historien des sciences James Conant (1951). Seul à vrai dire Gaston Bachelard tranche sur ce consensus et a prétendu voir dans la science une rupture avec le sens commun. Mais c’est surtout par la version instrumentalisée de ses thèses que les sociologues français appartenant à la « pensée 68 » ont mise sur le marché qu’il a connu quelque influence. C’est qu’il leur fallait discréditer le sens commun, de façon à fonder, dans le meilleur style léniniste de l’intellectuel guide et éclaireur des masses aveugles, leur vision selon laquelle la sociologie aurait pour fonction de restituer le sens de leurs croyances et de leurs actes à des êtres humains supposés aveugles sur eux-mêmes et sur le monde. Ils avaient compris qu’il était habile de rechercher un garant du côté de la philosophie des sciences plutôt que du marxisme. Par un mystère de l’histoire des idées qui n’a pas encore à mon sens donné lieu à une analyse sérieuse, la dénégation du bon sens et de son corrélat, le sens commun, l’idée que la connaissance ordinaire s’opposerait à la connaissance scientifique, que la pensée ordinaire serait irrationnelle tandis que la pensée scientifique serait rationnelle, que l’être humain serait fondamentalement soumis à des forces psychologiques, culturelles, sociales ou biologiques sont apparues pour la première fois dans l’histoire sous l’influence des « maîtres du soupçon ». Lire la Suite →

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