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Archives de Tag: Friedrich Hayek

Friedrich Hayek et le cerveau collectif, par Matt Ridley


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Matt Ridley, le 23 Mars 2017

Source : https://capx.co/friedrich-hayek-and-the-collective-brain/

Traduction par Damien Theillier

On croit souvent qu’Hayek défend l’égoïsme et l’individualisme. Cela est faux. Ce que Hayek défend, c’est que la collaboration humaine est nécessaire pour le développement de la société ; que la grande caractéristique du marché est de nous permettre de travailler les uns pour les autres, non seulement pour nous-mêmes ; et la gouvernance autoritaire de haut en bas, n’est pas la source de l’ordre ni des progrès, mais son obstacle.

Je vais plus loin, et j’ajoute qu’il n’y a rien de plus antisocial (ou appauvrissant) que la recherche de l’autosuffisance.

Ces idées de Hayek ne sont pas des idées conservatrices ou réactionnaires : au contraire la société fonctionne mieux grâce au partage égalitaire et au service mutuel, plutôt que par contrôle de l’État, la hiérarchie et la planification.

Le point de vue de Hayek dans son célèbre essai de 1945, « L’utilisation de la connaissance dans la société », est que la planification centrale ne peut pas fonctionner, car elle tente de substituer une intelligence omnisciente à un système distribué et fragmenté avec des connaissances localisées mais reliées.

C’est par essence de l’anti-élitisme, et – oserais-je dire – du populisme, que d’accuser Internet d’appauvrir la société humaine.

Selon les termes de Hayek, « c’est un avantage considérable de connaître les hommes, les conditions locales et les circonstances particulières… mais la méthode par laquelle une telle connaissance peut être mise à disposition de manière aussi étendue que possible est précisément le problème auquel nous devons trouver une solution. » (Note du traducteur, voir ici : http://www.revue-lebanquet.com/lutilisation-de-la-connaissance-dans-la-societe/)

Sa réponse, bien sûr, était le mécanisme des prix. (Note du traducteur : j’ajouterais aussi le Droit en complément des prix, comme le dit souvent Hayek)

En revanche, le commerce crée un cerveau de résolution collective des problèmes aussi grand que le réseau commercial lui-même. Il se fonde sur la connaissance dispersée et fragmentée pour créer des choses que personne ne peut même comprendre, des totalités plus complexes que la somme de leurs parties individuelles.

Aucun autre animal ne présente cette qualité. Il y a échange et spécialisation au sein des familles, même les familles énormes telles que les colonies de fourmis, ce qui donne une colonie de fourmis, intelligence collective considérable. Mais au sein d’une parenté. Les échanges entre les étrangers est une caractéristique unique des hominidés modernes. Comme Adam Smith le dit :

« aucun homme n’a jamais vu un chien faire délibérément l’échange d’un os avec un autre chien ».

L’échange, tel qu’il est pratiqué par des personnes pour environ les 100.000 dernières années (mais peut-être pas par les Néandertaliens) est un surgénérateur, une réaction en chaîne. Plus vous échangez, plus il est payant de se spécialiser, et plus vous vous spécialisez, plus il est payant d’’échanger. Il y a une boucle de rétroaction positive.

Comme Hayek l’a dit (note du traducteur : il s’agit d’une citation de La Route de la Servitude),

« si la division du travail a atteint le degré qui rend la civilisation moderne possible, c’est parce qu’on n’a pas eu besoin de la créer consciemment, et parce que l’homme a rencontré par hasard une méthode qui permet de porter la division du travail beaucoup plus loin qu’on n’aurait pu le faire de propos délibéré ».

L’invention de l’échange a eu le même impact sur la culture humaine que le sexe a eu sur l’évolution biologique, elle l’a rendue cumulative. Ainsi, le progrès technologique humain ne dépend pas de l’intelligence individuelle, mais de l’échange collectif des idées.

Le « Cloud », le crowd-sourced, n’est pas une idée nouvelle du tout. C’est la source de toute invention humaine au long de l’histoire. Voilà pourquoi toutes les technologies auxquelles vous pouvez penser sont des combinaisons d’autres technologies.

C’est pourquoi le développement d’Internet est passionnant. Pour la première fois, l’humanité n’a pas seulement quelques grands cerveaux collectifs (appelés réseaux commerciaux), mais un espace très vaste où presque tout le monde peut échanger et où la distance est pas un obstacle.

En outre, contrairement au système industriel, Internet nous permet de contribuer en tant que producteurs plutôt que simplement comme consommateurs. L’Internet est à la radio ce qu’une conversation est à une conférence.

Hayek nous a appris à nous méfier de l’idée de mettre les gens à la charge d’autres personnes. Si le gouvernement a été le moyen par lequel les gens ont commis des horreurs indescriptibles encore et encore et encore, de Néron et Attila à Hitler et Mao, pourquoi les gens sont-ils si indulgents envers l’État et sont-ils méfiant envers le marché ?

Nous vivons dans un monde rempli de merveilles technologiques et culturelles, parce que nous avons mis en réseau nos esprits en tant que cerveau collectif. C’est l’échange et la spécialisation qui nous ont permis de le faire. C’est la grande découverte de Hayek.

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Hayek vs Keynes. Par mes élèves de l’Isep

keynes-hayek-the-clash-that-defined-modern-economics3 élèves de l’Isep présentent en classe l’opposition entre Keynes et Hayek sous forme d’un dialogue.

Anne-Louis

Bonjour à tous, je me présente, Anne Louis Pinon.

Aujourd’hui je serais l’arbitre d’une opposition entre deux représentants d’économistes qui ont laissé leurs empreintes sur le XXe siècle : John Maynard Keynes et Friedrich Hayek. A ma droite Romain Desazars qui défendra l’Ecole Autrichienne, et de l’autre côté, Andrew Philippick partisan du Keynésianisme.

Nous allons commencer avec Hayek, né en 1899 et mort en 1992. Docteur en Droit et en Sciences politiques, il obtient un prix Nobel d’économie en 1974. Pouvez-vous nous dire deux mots sur sa vie s’il vous plaît Romain ? Lire la Suite →

Esclandre à Stockholm. Quand Hayek recevait son prix Nobel il y a 40 ans.

Nobel prizeFriedrich Hayek et Gunnar Myrdal ont reçu leur prix Nobel d’économie en 1974, il y a tout juste 40 ans. Chez eux, tout s’opposait : leurs personnalités et leurs convictions.

Source : Jean-Philippe Bidault, Si l’argent m’était conté…, 2012.

A Stockholm, la nuit est descendue depuis plusieurs heures. Le personnel s’affaire encore dans la salle bleue de l’Hôtel de ville alors qu’arrivent les premiers invités.

Un homme à l’allure juvénile — on lui donne moins de trente ans — les accueille. Grand, droit, en habit, l’ordre du Séraphin en écharpe, et à la boutonnière celui de l’Etoile polaire, il s’apprête à serrer mille trois cents mains. Il se livre à l’exercice pour la deuxième fois. Un an plus tôt, sans entraînement, il lui avait fallu près d’une heure et demie. Cette fois, le chambellan lui a demandé d’essayer de tenir en une heure. Une poignée toutes les trois secondes. Pas facile, surtout avec ces femmes qui, se croyant à Londres, pensent bien faire en esquissant une révérence à leur façon. Mais Charles Gustave, sportif passionné, veut relever le défi. Lire la Suite →

La crise de 1929 et la leçon de Hayek face à Keynes

PRE-keynes-manyard.jpg_2033098437Jean-Marc Paturle*, Le libéralisme raconté. Pour que nos enfants vivent libres. Editions Roguet, 2013. Préface de Pascal Salin, professeur émérite d’économie à l’Université Paris-Dauphine. Extrait p. 132 et suivantes :

Les États-Unis n’avaient pas été directement touchés par la guerre de 14-18. L’aide qu’ils avaient apportée à la France et à l’Angleterre en équipements d’abord, puis en troupes à partir de 1917, avait été décisive pour obtenir la victoire. Leur économie en avait plutôt bien profité.

Après-guerre, cette phase de prospérité se prolonge, apparemment sans devoir jamais s’arrêter. Pour analyser sur place les raisons de cette excellente santé économique, Friedrich Hayek, qui vient d’achever ses études à Vienne, part aux États-Unis au milieu des années 1920 (1). À son retour en Autriche, il publie plusieurs articles où il exprime son inquiétude sur les perspectives de continuation de cette merveilleuse expansion économique dans la stabilité des prix qui, dit-il, crée aux États-Unis un dangereux sentiment d’euphorie. Lire la Suite →

Hayek et La route de la servitude : histoire d’un best-seller

La-route-de-la-servitude-193x300Dr. George Nash*, Indianapolis.

Ce petit ouvrage – La Route de la servitude de Friedrich Hayek – est à présent universellement salué comme un classique qui transcende les vicissitudes du temps. Il y a quelques années, au tournant du millénaire, il fut largement classé par les universitaires parmi les 100 livres politiques les plus influents du vingtième siècle. Certains commentateurs le placèrent dans les 10 premiers. Il fut nommé comme le « plus influent livre politique publié en Grande-Bretagne » au vingtième siècle. Ce livre fut traduit en plusieurs douzaines de langues, y compris, plus récemment, en hébreu. Pendant la Guerre froide, il circula au sein de l’underground anti-communiste d’Europe de l’Est et d’Union soviétique (voir la vidéo ci-dessous).

Depuis sa mort en 1992, à presque 93 ans, Friedrich Hayek a été acclamé comme le meilleur philosophe de la liberté du vingtième siècle. Certains l’ont comparé à Adam Smith. Il y a quatre ans, un commentateur est allé jusqu’à déclarer dans le New Yorker que « sur la question la plus importante de toutes, la vitalité du capitalisme, il avait tellement raison que ce n’est guère une exagération d’appeler le vingtième siècle, le siècle de Hayek. » Lire la Suite →

L’école autrichienne : l’économie sans équation

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Le vendredi 31 janvier 2014

L’Institut Coppet vous invite à son séminaire sur l’école autrichienne d’économie Lire la Suite →

Friedrich A. Hayek : Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d’économie et d’histoire des idées

Hayek nouveaux essaisFriedrich A. Hayek : Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d’économie et d’histoire des idées

Par Damien Theillier

Les Nouveaux Essais [1], publiés dans la collection que dirige Alain Laurent aux Belles Lettres, font suite aux Essais, déjà traduits par Christophe Piton dans la même collection en 2007 [2].

Ce volume contient un ensemble de 25 articles de Hayek datant pour l’essentiel du début des années 70 et qui ont formé la base de son grand ouvrage de synthèse Droit Législation et Liberté, publié en trois tomes dans les années 80. Il s’agit souvent de textes de conférences prononcées à diverses occasions. Le propos y est concis, pédagogique. Rien de tel pour s’initier à la pensée de l’un des plus grands et des plus originaux penseurs du libéralisme contemporain. Un penseur original, en effet, capable de surprendre son lecteur, de le conduire à ses conclusions par des chemins insoupçonnés, prenant toujours à revers la pensée dominante. Parmi les nombreux thèmes qui composent l’ouvrage, nous en retiendrons trois principaux : la critique du rationalisme constructiviste, la critique de la justice sociale et la critique de Keynes. Lire la Suite →

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