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Archives de Tag: droit

Une argumentation philosophique contre la prohibition des armes à feu

Le droit de légitime défense et l’impossible application des lois
Deux problèmes liés à la prohibition des armes.

Traduction, précédée d’une introduction au lecteur français, par Damien Theillier et Qi Log

4670223-ne-signe-pas-interdit-de-boire-et-de-fumer-armes-illustrationIntroduction au lecteur français

Le débat sur les armes à feu est tabou en France. Si vous défendez le droit de posséder une arme on invoquera immanquablement la violence et les tueries de masse aux États-Unis, qu’on attribuera toujours à la libre circulation des armes. Mais les faits sont complexes et les données ne semblent pas aller en ce sens. De plus, face aux récents attentats en France, l’émotion et la compassion pour les victimes ne suffisent plus. Les citoyens demandent des comptes, ils veulent comprendre pourquoi ils ne sont pas en sécurité. Face au discours officiel de la République, ils sont également nombreux à vouloir réfléchir aux causes de cette violence et aux solutions alternatives qui existent. Lire la Suite →

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Bac de philo 2016 : comment parler de la liberté en philosophie ?

applicoursdephiloPar Damien Theillier, professeur de philosophie, auteur du blog : nicomaque.com

Le bac de philo approche. Chaque année, sont donnés au programme un certain nombre de notions ainsi qu’une liste d’auteurs académiques, de Platon à Sartre, pour résumer.

C’est un programme éclectique, qui laisse au professeur une grande marge de manœuvre pour faire les choix qui conviennent à son cours. La contrainte étant de donner aux élèves un aperçu suffisamment complet des grandes écoles de pensée, afin qu’ils puissent traiter les sujets du bac sans faire de récitation, mais en exerçant leur jugement et leur raisonnement.

Plutôt que de confiner le libéralisme dans l’étude de quelques auteurs canoniques, anciens ou modernes, il m’a toujours semblé plus utile de montrer que des philosophies comme celles d’Aristote, de S. Thomas, de Descartes, de Spinoza, de Schopenhauer, d’Alain, de Nietzsche ou même de Freud, comportent de nombreuses affinités avec la pensée libérale, telle qu’on la trouve formulée chez les auteurs estampillés « officiellement » comme libéraux dans les manuels, comme Smith, Locke, Tocqueville, ou Constant. Lire la Suite →

Qu’est-ce que le juste et l’injuste ? (Vidéo)

conférence SFLConférence donnée en septembre 2014 dans le cadre d’une réunion régionale de Students for Liberty Europe à Paris.

« Si on veut atteindre la liberté, c’est la justice, et non la règle molle de la seule utilité, qui doit constituer notre force motrice. » – Murray N. Rothbard, La stratégie de la liberté, in Ethique de la liberté.

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Tout pouvoir aime la guerre

alain marsVoici un très beau texte d’Alain (Émile Chartier) sur la guerre. 

« Dis-moi, qu’as-tu appris à la guerre ? – A mieux compter sur mon corps, que je croyais fragile, et que la crainte d’être malade est la cause principale des maladies. Encore, qu’as-tu appris à la guerre ? Lire la Suite →

Doit-on obéissance aux lois de son pays ? Par Christian Michel

christian michel

(video sur youtube ici et lien pour télécharger le mp3 ici)

Christian Michel est un philosophe et un économiste d’une grande sagesse mais c’est aussi un remarquable pédagogue. Je le remercie de m’avoir autorisé à publier son texte. Merci aussi à SFL France (en particulier Marc Lassort) pour la vidéo.

Doit-on obéir à la législation de son pays ? Il y a quelques années, ma réponse à cette question était très indulgente : Si obéir à la législation vous fait plaisir, si vous avez l’impression que cette soumission favorise votre épanouissement personnel, il ne faut pas vous priver, mon ami. Respectez la loi.

Je dois ajouter qu’en ce qui me concerne, cette obéissance ne m’apporte aucune satisfaction. Au contraire. La législation des pays où j’ai résidé m’a toujours paru arbitraire, stupide, contradictoire, humiliante pour ceux auxquels elle s’appliquait et singulièrement partiale en faveur de ceux qui la faisaient. Lire la Suite →

schopenhauer
L’injustice, ou l’injuste, consiste par suite à faire du tort à autrui. Donc la notion d’injustice est positive, et celle du juste, qui vient après, est négative, et s’applique seulement aux actes qu’on peut se permettre sans faire tort aux autres, sans leur faire injustice. […] Déjà, on voit assez combien la notion de droit est négative, et celle de tort, qui lui fait pendant, positive, par l’explication que donne de cette notion Hugo Grotius, le père de la philosophie du droit, au début de son ouvrage : « […] Le mot droit ici signifie simplement ce qui est juste, et a un sens plutôt négatif que positif : en sorte que le droit, c’est ce qui n’est pas injuste ».
Une autre preuve du caractère négatif qui, malgré l’apparence, est celui de la justice, c’est cette définition triviale : « Donner à chacun ce qui lui appartient. » Si cela lui appartient, on n’a pas besoin de le lui donner ; le sens est donc : «  Ne prendre à personne ce qui lui appartient.  » — La justice ne commandant rien que de négatif, on peut l’imposer : tous en effet peuvent également pratiquer le « neminem laede (ne nuis pas) ». (1)
Arthur SCHOPENHAUER, Le Fondement de la morale, Première vertu : la justice (éditions poche p. 166-167)

(1)  Pour Schopenhauer le meilleur principe moral est Neminem laede, imo omnes, quantum potes, juva : Ne fais de tort à personne, et quand tu peux, aide.

Une approche libérale et aristotélicienne de la théorie des droits

douglas-rasmussenPar Douglas B. Rasmussen et Douglas J. Den Uyl

Douglas Den Uyl et Douglas Rasmussen sont tous deux professeurs de philosophie à l’université aux États-Unis. Il sont les auteurs de « Liberty and Nature : An Aristotelian Defense of Liberal Order » (LaSalle, Illinois : Open Court, 1991). Le texte qui est ici traduit est issu d’une conférence présentée par Douglas Rasmussen à l’Université d’Eté d’Aix en Provence en Septembre 1995. La traduction est de Jacob Arfvedsson et Henri Lepage. Petite précision, le préfixe méta veut dire « au-dessus et englobant tout ce qu’il y a en dessous ». Ainsi, un principe métanormatif est un principe gouvernant la sélection des normes.

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L’HOMME A-T-IL DES DROITS ?

Si nous voulons sauver les institutions de liberté que nous avons héritées de l’âge des lumières, si nous voulons que les sociétés libérales occidentales d’aujourd’hui réussissent à surmonter leur malaise actuel, il nous faut absolument nous doter d’une vision morale irréprochable et incontestable. Quels que soient les facteurs qui permettent à un système politique de survivre aux aléas du monde quotidien, ce n’est en effet que la conviction qu’un ordre social est vraiment légitime qui détermine son destin. La vision morale qui caractérise de la manière la plus évidente notre sens de la légitimité politique est toute entière contenu dans la référence que la Constitution américaine fait au concept de « droits individuels ». Lire la Suite →

Démocratie et liberté sont incompatibles. Par Bruno Leoni.

Liberté et droit. « Parmi les croyances politiques profondément ancrées de notre époque, il y a toujours celle selon laquelle, parce que la législation est adoptée par les parlements et parce que ces derniers sont élus par le peuple, celui-ci serait la source du processus législatif et que la volonté populaire, ou du moins cette partie de la population qui constitue l’électorat, prévaudra en dernier ressort sur tous les sujets que doit déterminer le gouvernement, comme aurait pu le dire Dicey.

J’ignore dans quelle mesure cette doctrine a toujours une quelconque validité si nous la soumettons à des critiques telles que celles émises, au début du siècle, par mes célèbres concitoyens Mosca et Pareto, dans leurs célèbres théories sur les minorités dirigeantes, ou bien, comme l’aurait dit Pareto, sur les élites (…). En dépit de la conclusion que nous pouvons tirer de ces théories, le « peuple » ou l’ « électorat » est un concept qui n’est pas facilement réductible, ou même compatible avec celui de la personne individuelle en tant que citoyen particulier agissant selon sa propre volonté et étant donc « libéré » de la contrainte, au sens que nous avons accepté ici. La liberté et la démocratie ont été des idéaux concomitants pour les pays occidentaux depuis les époques des Athéniens de l’antiquité. Mais plusieurs penseurs ont souligné par le passé, tels que Tocqueville ou lord Acton, que la liberté individuelle et la démocratie peuvent devenir incompatibles à chaque fois que des majorités sont intolérantes ou que des minorités sont insubordonnées et, en général, à chaque fois qu’il y a au sein de la société politique ce que Lawrence Lowell aurait appelé des groupes « irréconciliables ». Rousseau était conscient de cela quand il a souligné que tous les systèmes majoritaires doivent être fondés sur l’unanimité si l’on veut pouvoir dire qu’ils reflètent la « volonté générale », du moins en ce qui concerne l’acceptation de la loi de la majorité.

Si cette unanimité n’est pas seulement une invention des philosophes politiques, mais qu’elle doit avoir également une signification réelle dans la vie politique, nous devons admettre qu’à chaque fois qu’une décision prise par une majorité n’est pas librement acceptée, mais seulement subie par une minorité, tout comme des individus peuvent subir des actes coercitifs pour éviter quelque chose de pire de la part d’autres personnes tels que des voleurs, la liberté individuelle, au sens de l’absence de contrainte exercée par d’autres personnes, n’est pas compatible avec la démocratie conçue comme étant le pouvoir hégémonique du plus grand nombre.

Si nous considérons qu’aucun processus législatif ne se produit au sein d’une société démocratique sans dépendre du pouvoir du pouvoir du plus grand nombre, nous devons en conclure que ce processus est probablement incompatible avec la liberté individuelle dans de nombreux cas. »

 

LEONI Bruno, La liberté et le droit, Les belles lettres, 2006, ch. V, page 167-168.

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