Publicités

Archives de Tag: Benjamin Constant

Bac de philo 2016 : comment parler de la liberté en philosophie ?

applicoursdephiloPar Damien Theillier, professeur de philosophie, auteur du blog : nicomaque.com

Le bac de philo approche. Chaque année, sont donnés au programme un certain nombre de notions ainsi qu’une liste d’auteurs académiques, de Platon à Sartre, pour résumer.

C’est un programme éclectique, qui laisse au professeur une grande marge de manœuvre pour faire les choix qui conviennent à son cours. La contrainte étant de donner aux élèves un aperçu suffisamment complet des grandes écoles de pensée, afin qu’ils puissent traiter les sujets du bac sans faire de récitation, mais en exerçant leur jugement et leur raisonnement.

Plutôt que de confiner le libéralisme dans l’étude de quelques auteurs canoniques, anciens ou modernes, il m’a toujours semblé plus utile de montrer que des philosophies comme celles d’Aristote, de S. Thomas, de Descartes, de Spinoza, de Schopenhauer, d’Alain, de Nietzsche ou même de Freud, comportent de nombreuses affinités avec la pensée libérale, telle qu’on la trouve formulée chez les auteurs estampillés « officiellement » comme libéraux dans les manuels, comme Smith, Locke, Tocqueville, ou Constant. Lire la Suite →

Publicités

La guerre, prépas scientifiques, concours 2014-2015

liberte-constant

Y a-t-il des guerres justes ? Faut-il toujours condamner la guerre ? La paix n’est-elle qu’absence de guerre ? Faut-il vouloir la paix à tout prix ?

Éléments de problématisation

La guerre peut paraître une bonne chose, à cause des traits nombreux d’héroïsme qu’elle suscite. Un professeur de philosophie, Paul Mabille, écrivait en 1884 que « la guerre améliore les peuples, élimine les faibles et fortifie les caractères. Ainsi donc, la fin de toute guerre serait la fin du monde et désormais régnerait sur l’univers l’immobilité funeste du néant ».

Mais, en définitive, n’est-elle pas simplement l’assassinat en grand d’un peuple par un autre peuple ? En quoi serait-elle moins un crime que n’importe quel assassinat ? Lire la Suite →

La théorie libérale de la lutte des classes

constantLa vraie inégalité sociale en France n’est pas entre les riches et les pauvres ou entre les hommes et les femmes, mais entre la classe politique, issue de la fonction publique, et les autres. 

Par Damien Theillier

Tout le monde connaît aujourd’hui la théorie marxiste de l’exploitation et de la lutte des classes. Mais on a oublié qu’elle fut d’abord développée par des libéraux tels que Jean-Baptiste Say, Benjamin Constant et leurs disciples, dans un sens tout à fait différent et d’une grande actualité pour nous aujourd’hui.

Marx lui-même écrivait :

« En ce qui me concerne, ce n’est pas à moi que revient le mérite d’avoir découvert ni l’existence des classes dans la société moderne, ni leur lutte entre elles. Longtemps avant moi des historiens bourgeois avaient décrit le développement historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient exprimé l’anatomie économique. Ce que je fis de nouveau, ce fut : 1. de démontrer que l’existence des classes n’est liée qu’à des phases de développement historique déterminé de la production ; 2. que la lutte des classes conduit nécessairement à la dictature du prolétariat ; 3. que cette dictature elle-même ne constitue que la transition à l’abolition de toutes les classes, et à une société sans classes »[1]. Lire la Suite →

Benjamin Constant et Germaine de Staël, la vie et l’oeuvre

Les droits de l’homme : protection des libertés ou menace ?

BenjaminConstant-272x300Par Damien Theillier

Les droits de l’homme protègent-ils nos libertés ou au contraire les menacent-ils ? Une telle question peut paraître surprenante. Comment les droits de l’homme pourraient-il constituer une menace ? Ne trouve-t-on pas au contraire, dès l’article 2 de la Déclaration de 1789, cette idée que le but de toute association politique est la conservation des droits imprescriptibles de l’homme, dont le droit à la propriété ? Et ne lit-on pas également à l’article 17 que « la propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé » ?

Où est donc le problème ? C’est Benjamin Constant qui nous a appris à y voir plus clair, comme nous allons le montrer. Le problème, dit-il, est qu’il ne suffit pas de garantir les libertés individuelle conte les empiétements d’autrui. Il faut aussi les garantir contre les empiétements de la législation, c’est-à-dire des décisions collectives qui peuvent résulter d’un vote à la majorité. Or, quand on regarde de près la Déclaration de 1789, elle est truffée d’articles qui conditionnent le respect des libertés individuelles au bon vouloir de la loi. Lire la Suite →

Le Groupe de Coppet : une aventure intellectuelle d’une quinzaine d’années

CoppetLE GROUPE DE COPPET : UNE AVENTURE INTELLECTUELLE D’UNE QUINZAINE D’ANNÉES [1]

« Quand même on aurait longtemps à souffrir de l’injustice, je ne conçois pas de meilleur asile contre elle que la méditation de la philosophie et l’émotion de l’éloquence. »

Mme de Staël, Dix années d’exil

 « Ce talent de conversation merveilleux, unique, ce talent que tous les pouvoirs qui ont médité l’injustice ont toujours redouté comme un adversaire et comme un juge, semblait alors n’avoir été donné à Mme de Staël que pour revêtir l’intimité d’une magie indéfinissable et pour remplacer, dans la retraite la plus uniforme, le mouvement vif et varié de la société la plus animée et la plus brillante. »

B. Constant, Mélanges de littérature et de politique Lire la Suite →

Anne Louise Germaine Necker, baronne de Staël (1766-1817).

stael0Par Damien Theillier

Romancière, essayiste, philosophe, théoricienne politique, critique littéraire, Mme de Staël représente le dernier éclat de l’esprit encyclopédique des Lumières. Elle naît à Paris, fille unique de parents protestants genevois. En 1777, alors qu’elle a dix ans, son père Jacques Necker, l’un des banquiers les plus fortunés d’Europe, est nommé par Louis XVI contrôleur général des Finances de la France. Il prend l’initiative sans précédent en 1781 de rendre public le budget du pays, une nouveauté dans une monarchie absolue, où l’état des finances avait toujours été gardé secret.

Au cours de son adolescence, Germaine côtoie des personnalités célèbres comme Voltaire, Denis Diderot, Jean d’Alembert, Georges-Louis Leclerc de Buffon, Jean-François Marmontel, Edward Gibbon, l’abbé de Raynal ou Jean-François de La Harpe. En 1786, elle épouse l’ambassadeur de Suède, Erik Baron de Staël-Holstein, un noble désargenté dont elle se sépare très vite mais dont elle gardera toujours le nom : Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein. Lire la Suite →

%d blogueurs aiment cette page :