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Archives de Tag: Ayn Rand

15 livres à lire pour se cultiver cet été

Je vais diviser mon choix en trois catégories :

5 grands classiques incontournables + 5 livres récents à découvrir + 5 livres majeurs de la bibliothèque numérique de l’Institut Coppet (téléchargeables gratuitement ou achetables en version papier)

A] Cinq grands classiques des 100 dernières années à relire

Ces cinq livres sont parmi les livres les plus éclairants que j’ai pu lire en version français (je laisse de côté les livres non traduits). Sauf exception, ils ne sont pas connus en France, en dehors d’un petit cercle d’initiés.

Vous pouvez cliquer sur l’image de chaque livre pour accéder directement à Amazon.fr

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Atlas, Prométhée, Etienne de la Boétie et Ayn Rand

discours-de-la-servitude-volontaire-412Voici un passage clé du roman d’Ayn Rand : Atlas Shrugged (traduit en français La Grève par Sophie Bastide-Foltz, aux éditions des Belles Lettres, 2011). 10 millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis sa parution en 1957.

La thèse de l’auteur dans ce passage fait immédiatement penser à celle d’Etienne de la Boétie dans le Discours de la servitude volontaire : Le système étatique et prédateur ne tient que parce que les gens consentent volontairement à se laisser opprimer et exploiter. Pourquoi cela ? L’arme du pouvoir pour obtenir le consentement des gens c’est la fausse culpabilité, c’est-à-dire la culpabilité imméritée.

Ayn Rand et l'Etat minimal

 

L’un des héros du roman, Francisco d’Anconia, s’adresse à l’entrepreneur Hank Rearden :

« Ce ne sont pas vos échecs qui vous valent d’être détesté, mais vos succès. On vous méprise pour ces qualités qui sont les vôtres et dont vous tirez la plus grande fierté. On vous a traité d’égoïste parce que vous aviez le courage d’agir selon votre jugement et d’en accepter toute la responsabilité. On vous a accusé d’arrogance en raison de votre indépendance d’esprit. On vous a taxé de cruauté parce que vous avez témoigné d’une totale intégrité. On a qualifié votre conduite d’antisociale parce que vous regardiez loin devant vous et que vous vous aventuriez sur des routes inconnues. On vous dit sans pitié à cause de l’énergie et de la discipline personnelle dont vous avez fait preuve pour atteindre votre objectif. On vous a traité de requin parce que vous avez la merveilleuse faculté de créer des richesses.

Francisco d'Anconia

(Image tirée du film Atlas Shrugged, part I)

Vous qui avez toujours déployé une incroyable énergie, on vous a traité de parasite. Vous qui avez créé l’abondance, là où, auparavant, il n’y avait rien que déserts et famine, on vous a traité de voleur. Vous qui avez procuré à tant d’individus de quoi subsister, on vous a traité d’exploiteur. Vous, l’être le plus droit, le plus pur, vous avez été méprisé comme un “vulgaire matérialisteˮ. Leur avez-vous demandé : de quel droit ? En vertu de quelles règles, de quels critères ? (You, who’ve expended an inconceivable flow of energy, have been called a parasite. You, who’ve created abundance where there had been nothing but wastelands and helpless, starving men before you, have been called a robber. You, who’ve kept them all alive, have been called an exploiter. You, the purest and most moral man among them, have been sneered at as a ‘vulgar materialist.’ Have you stopped to ask them: by what right?—by what code?—by what standard?)

Non, vous avez tout enduré en silence. Vous avez subi leurs lois sans même essayer de défendre vos principes. Vous aviez ce qu’il fallait de droiture pour produire le moindre clou, mais vous les avez laissés vous taxer d’immoral. Vous savez que l’homme, dans ses rapports avec la nature, doit impérativement respecter certaines règles, mais vous les avez crues inutiles dans vos rapports avec les hommes. Vous avez laissé les armes les plus dangereuses aux mains de vos ennemis, des armes dont vous ne connaissiez même pas l’existence, auxquelles vous ne compreniez rien. Ces armes, c’est leur code moral. Réfléchissez à tout ce que vous avez accepté. Réfléchissez au rôle des principes dans la vie d’un homme. Demandez-vous s’il peut vivre sans principes moraux. Et demandez-vous ce qu’il advient de lui s’il accepte de faire fausse route, au point de confondre le bien et le mal. Voulez-vous savoir pourquoi je vous attire, même si vous pensez que vous auriez dû m’envoyer au diable ? Parce que je suis le premier à vous avoir donné ce que le monde entier vous doit, ce que vous auriez dû exiger de tous les hommes avant d’entrer en relation avec eux ! La reconnaissance de votre valeur morale. »

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Rearden leva son regard vers lui, puis resta ainsi, parfaitement immobile, comme paralysé. Tel un pilote se préparant à un atterrissage délicat, Francisco se pencha vers lui. Ses yeux ne cillaient pas, mais son regard brûlait d’intensité.

« Vous êtes coupable d’une grande faute. Bien plus coupable qu’ils ne le disent, mais pas de la faute dont ils vous accusent. Votre plus grande faute est d’endosser une faute que vous n’avez pas commise ! Vous l’avez fait toute votre vie. Vous avez cédé à un chantage, non à cause de vos défauts, mais au contraire de vos qualités. Vous avez accepté de porter le fardeau d’un châtiment que vous ne méritiez pas, et ce fardeau s’est alourdi à mesure que vos qualités se sont affirmées. Mais vos qualités sont de celles qui maintiennent les hommes en vie. Votre propre code moral, celui qui guide toute votre vie, celui que vous n’avez jamais formulé, reconnu ou défendu, est un code qui préserve l’existence de l’individu. S’il vous a valu d’être mis au ban, qui sont ces gens qui vous ont puni ? Si votre code des valeurs est celui de la vie, quel est le leur ? Sur quoi repose-t-il ? Pensez-vous qu’il ne s’agit que d’une conspiration pour s’emparer de votre fortune ? Vous qui savez comment se bâtit une fortune, vous devriez savoir qu’il s’agit de bien plus et de bien pire que cela. Demandez-vous où mène leur code moral et quel en est le but ultime ? Il n’y a pas crime plus grand que de faire croire à un individu que le suicide est une vertu, un acte de courage. Jeter un homme dans les flammes du bûcher sacrificiel est un crime. Mais c’est un crime plus grand encore que d’exiger qu’il se jette lui-même au feu, après avoir en prime construit le bûcher. Ils ont besoin de vous, mais n’ont absolument rien à vous offrir en retour, vous devez les nourrir parce qu’ils ne peuvent pas survivre sans vous. Pensez à ce qu’il y a d’obscène dans l’idée qu’ils puissent offrir leur impuissance, leur besoin – leur besoin de vous – comme justification à votre tourment. Allez-vous accepter cela ? Voulez-vous vraiment continuer – au prix de votre incroyable résistance, au prix d’une grande souffrance – à satisfaire les besoins de ceux qui vous détruisent ?

– Non !

477543– Monsieur Rearden, continua Francisco, solennel et calme, si vous voyiez Atlas, le géant qui porte le monde sur ses épaules, si vous le voyiez devant vous, du sang coulant sur sa poitrine, ployant sous son fardeau, les bras tremblants, mais essayant encore de porter le globe avec ses dernières forces, que lui diriez-vous ? (If you saw Atlas, the giant who holds the world on his shoulders, if you saw that he stood, blood running down his chest, his knees buckling, his arms trembling but still trying to hold the world aloft with the last of his strength, and the greater his effort the heavier the world bore down on his shoulders – what would you tell him to do?)

– Je… je ne sais pas. Qu’est-ce… qu’il pourrait faire ? Et vous, que lui diriez-vous ?

– De se libérer de son fardeau. » (en anglais dans le texte : to shrug)

Et cette citation de Francisco d’Anconia (en anglais) :

John Galt is Prometheus who changed his mind. After centuries of being torn by vultures in payment for having brought to men the fire of the gods, he broke his chains-and he withdrew his fire-until the days when men withdraw their vultures.

Pour conclure, citons de La Boétie : « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ». Ou encore :

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Ayn Rand présentée par Jennifer Burns

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Jennifer Burns est professeur d’histoire des idées à Stanford et auteur de Goddess of the Market : Ayn Rand and the American Right. C’est l’universitaire aux USA qui connaît sans doute le mieux la vie et la pensée d’Ayn Rand et qui sait en parler remarquablement bien.

Les romans d’Ayn Rand, dont La Grève (Atlas Shrugged) et La Source Vive (The Fountainhead), mettent en avant l’individualisme, le rejet de la centralisation du pouvoir et l’importance des marchés libres.

La Grève (titre original : Atlas Shrugged) est le chef d’œuvre de fiction d’Ayn Rand. Dans cette vidéo, Jennifer Burns montre comment l’intrigue et les personnages de Rand illustrent le capitalisme idéal (libre marché), par opposition au capitalisme historique (crony capitalism). On peut y voir l’action d’entrepreneurs compétitifs et innovants qui sont peu à peu étranglés par des lois et des règlements, mis en place par leurs concurrents jaloux, avec la complicité des politiciens. Dans le monde de La Grève, les marchés libres et la liberté individuelle ont été échangés contre l’égalité et la sécurité, appliquées par le gouvernement. Burns termine en posant la question centrale de Rand : voulez-vous vivre dans ce genre de monde ? (vostfr) :

Jennifer Burns

Voici un entretien avec Jennifer Burns dans le Colbert Report.  L’entretien date un peu, mais j’ai retenu dans la transcription ci-dessous les éléments qui concernent spécifiquement Ayn Rand. (ouvrir la vidéo dans un nouvel onglet)

http://media.mtvnservices.com/embed/mgid:arc:video:colbertnation.com:ebf9b6cd-9f2c-4c05-8f09-f180f83a8d8c

First things first, I always stumble on her name. What is the correct pronunciation of Ayn?

Here’s a good trick to remember it. In keeping with her philosophy of selfishness, “Ayn” rhymes with the word “mine.”

She was never required reading for me, but recent events underscore her influence. Is Rand someone we need to read to be culturally informed?

I do think she is someone worth familiarizing yourself with if you want to understand current political currents.

She has been sort of under the radar in American literary history. She has never been a critical favorite. She is now assigned in high schools and in some colleges, but she has never been loved by the literary establishment. People kind of discover her on their own. And one group that has always discovered her and become fascinated and even obsessed with her ideas are conservatives, particularly young conservatives.

Her discussion of the morality of capitalism comes, for many people, as this eye-opening, earth-shattering revelation that this is the way things should be. And that’s a long-running trend since the ’60s. What you saw happen in 2008 with the Tea Party was a new audience seizing upon her.

Would you recommend one particular work to get someone up to speed on Rand?

That is a tricky question because Rand was not a concise writer. Her major novels are all 500 to 1,200 pages. I think Atlas Shrugged is the most influential of her novels at this political moment, but it’s 1,200 pages long.

The shortest book of hers is called Anthem. It’s about 100 pages long but it’s a very abstract sort of science fiction story. It will give you little flavor of her but not too much.

Another one I would recommend is called The Virtue of Selfishness. This is a collection of essays along with excerpts from her fiction.

Why is the media so fascinated with Rep. As you said, conservatives have been reading her books for generations.

Rand has always been a kind of subterranean current in the conservative movement and in conservative thought.

Very few contenders for national office have made her an explicit part of their political identity because she’s very controversial in a number of ways.

Such as?

Modern-day Republicans emphasize her view on limited government and the morality of capitalism, but she was also an atheist. She was pro-abortion rights. She was antiwar. She was [for the] legalization of drugs. She staked out a lot of positions that a wise and careful politician would want to stay away from. And her fiction has some very racy, very controversial sexual passages and some pretty harsh writing.

She is very hard for politicians to embrace because not only is she not religious, she’s antireligious. The fact that Ryan gave Atlas Shrugged as a Christmas gift [to staffers] is a tremendous irony because Rand was a fire-breathing atheist. She did not believe in God. She called religion a psychological disorder. She truly believed you needed to use reason and logic and no faith whatsoever.

So what does Rand’s philosophy of objectivism boil down to?

Here is how Rand summed it up in ten words or less: “metaphysics: objective reality; epistemology: reason; ethics: self-interest; politics: capitalism.”

If I was going to break that down a little bit, metaphysics is objective reality, which means we can only rely on our mind and on reason. It’s our only guide to thought and action. Epistemology, reason. The only way we can know anything is through the reasoning mind. Ethics, self-interest. Rand claimed that selfishness was a virtue. It was virtuous to pursue your own interests and defend your own interests. And politics is capitalism because laissez-faire capitalism for her was the only system that allowed the individual to realize his or her full potential and to keep the fruits of his or her labor and not be obligated to others or punished for success.

Was she concerned about the less fortunate?

That was not a big part of her ethics. Her ethics were based on the individual and on the individual’s right to pursue his or her goals. The individual was not obligated to other people. If you chose, because of your own values, to help other people or to engage in charity, that was fine, but that did not make you a moral person. What made you a moral person is relying on yourself, pursuing your own interests, and not being a burden on others.

Some of the characters she depicts the most negatively in her novels are people like social workers. She thought social workers were [about] the most evil people possible because they made their lives on the misery of others. Morality and ethics, for her, had nothing to do with helping other people.

You wrote in the New York Times recently that she wouldn’t have approved of Paul Ryan. Why?

You have to understand how deeply Rand disliked religion and how fundamental atheism was to her thought and to her personal identity. She thought those who endorsed capitalism yet also tied it to religion were extremely dangerous. She denounced Ronald Reagan for doing that.

She almost would have preferred to deal with a politician who was very liberal or very socialist. At least you understood where that person was coming from. Someone who claimed to be a capitalist but also embraced religious conservatism or wanted to restrict certain rights because they clashed with religious beliefs—such as the right to abortion—that would be, for her, a more dangerous person, because they’re like a false friend.

What is the value of bringing Ryan’s fondness for Rand to light?

I think it is illustrative to take the social policies—and values—he’s proposed and look at their root. Their philosophical root comes from a world view that doesn’t really stop to consider the less fortunate and doesn’t really have a social vision or even a sense of anything remotely like the common good. That wasn’t a concept that Rand understood or accepted.

And so it’s absolutely worth examining. As Paul Ryan has said, Atlas Shrugged depicts the kind of world or points to the kind of vision that he wants his policies to enact. I think it’s absolutely legitimate to look and say, “What did she say, what did she believe, and where did her ideas come from,” and ask, “Is it tenable to hold these types of economic and social ideas and yet also lay claim to a Christian ethic that Rand opposed?”

jonA voir également, un entretien avec Jon Stewart (Comedy Central) :

http://media.mtvnservices.com/embed/mgid:arc:video:comedycentral.com:216d0424-ed01-11e0-aca6-0026b9414f30

Découvrir Ayn Rand dans Philosophie Magazine

Ayn Rand 2Philosophie Magazine n°94 offre ce mois de novembre un très bon dossier spécial intitulé : Ayn Rand et l’égoïsme, avec des articles d’Alain Laurent, Dominique Lecourt (ancien professeur de philo à la Sorbonne) et Peter Thiel (cofondateur de PayPal).

Également dans ce numéro, le discours de John Galt (le héros d’Ayn Rand dans son roman de 1957 Atlas Shrugged) en version abrégée et dans la traduction  de Sophie Bastide-Foltz (La Grève, les Belles Lettres, 2012) est offert dans un feuillet détachable.

Sommaire du dossier de Philosophie Magazine :
Le parti de soi. Par Dominique Lecourt
Une passion américaine. Par Martin Duru
Un pessimisme visionnaire. Par Peter Thiel
Une morale fondée en raison. Par Alain Laurent
Ayn Rand, une vie. Par Martin Duru
Ayn Rand, une œuvre. Par Martin Duru

A lire en complément, cet article d’Alain Laurent dans L’Opinion du 26 octobre.

Voir également une présentation de l’objectivisme, la philosophie d’Ayn Rand, dans cette vidéo

Ayn Rand en 3 minutes chrono

  • Ayn-Rand-Famous-QuotesSi vous voulez vous faire votre propre jugement sur l’auteur.
  • Si vous n’avez pas le temps ni le courage de vous plonger dans les 1800 pages d’Atlas Shrugged en anglais ou de La Grève en français.
  • Si La vertu d’égoïsme vous donne mal au crâne et que rien que le titre vous donne des boutons.
  • Et si vous n’arrivez même pas à prononcer son nom (Hène Rand ? Aïne Rand ? Hène Wende ? ou Aïne Wend ?..)

RIEN N’EST PERDU ! Lire la Suite →

Présentations ppt dans le cours de philo en 2014

slideshare

Présentations 2014http://fr.slideshare.net/damienth/presentations

En ligne :

Liberté positive et liberté négative selon I. Berlin
L’épicurisme – TS4 2014
Le cynisme, pyrrhon et le scepticisme – TS4 2014
Ayn Rand Isep 2014
Le stoicisme – TS4 2014
L’art d’avoir toujours raison ou dialectique eristique
Exposé Platon Menon
Comte-sponville synthèse capitalisme et philo
Synthèse philo morale et politique
Hobbes vs Locke
Constant et Mme de Staël
Tocqueville
Ayn Rand
De la liberté, Mill
Benjamin Constant et le rôle de la loi
Le bouc émissaire par rené girard
Joseph de Maistre
Karl Popper
Isaiah Berlin
Tocqueville et le despotisme doux
Ludwig von Mises
John Stuart Mill, De la liberté
Arendt et le système totalitaire
Hayek
Claude henri de rouvroy comte de Saint Simon
Saint Simon entre matérialisme et idéalisme
Von Mises politique économique
Rousseau liberté
Rousseau et ses deux valeurs absolues
Mises et le polylogisme
Lévinas
Leibniz
Arendt
Fichte
Jean jacques rousseau
Joseph de Maistre
Helvétius

et bien d’autres…

Who is John Galt?

Atlas S. part IIILe festival du film libertarien Anthem, qui a lieu au cours de la FreedomFest à Las Vegas, m’a permis de visionner en avant-première la troisième partie du film Atlas Shrugged, sous-titrée « Qui est John Galt ? »

Le présentateur de Fox Business, John Stossel, a animé une série d’entretiens après la projection. Étaient présent : Kristopher Polaha, l’acteur qui interprète John Galt dans le film, ainsi que le producteur Harmon Kaslow, le producteur exécutif John Aglialoro et le conseiller David Kelley de la Fondation Atlas.

Ayn Rand est largement considérée comme l’un des auteurs les plus influents et les plus controversés du XXe siècle. L’opus magnum de Rand, Atlas Shrugged, a été publié en 1957[1]. Trente-cinq ans plus tard, une enquête de la bibliothèque du Congrès a révélé qu’Atlas Shrugged était le deuxième livre le plus influent jamais écrit – après la Bible.

Pendant des décennies, les livres d’Ayn Rand ont inspiré des millions de gens tout en suscitant des débats vigoureux sur la vie sociale et politique.

Ce qui a fait qu’Atlas Shrugged résiste à l’épreuve du temps et continue à se vendre chaque année, c’est que le message du livre rejoint ce que vivent les gens aujourd’hui. Étonnamment, il semble décrire notre XXIe siècle.

Atlas Shrugged raconte l’histoire fascinante d’un pays dont le système économique est sur le point de s’effondrer. Alors que l’économie passe de plus en plus sous le contrôle des bureaucrates, des hommes et des femmes brillants et intègres, des artistes, des savants, des industriels, disparaissent mystérieusement.

Après sa publication initiale, Ayn Rand aspirait à mettre en scène Atlas Shrugged dans un film. Par peur de l’échec ou par manque de courage, Hollywood n’a jamais été intéressé. Jusqu’en 2010, date à laquelle John Aglialoro et Harmon Kaslow ont commencé la production de la trilogie.

Ce troisième épisode du film reprend là où le deuxième épisode s’était arrêté, avec un plan sur le crash en avion de Dagny Taggart et l’arrivée imminente de John Galt pour lui porter secours. Le spectateur voit Dagny gisante sur le sol jouée par une troisième actrice. Le changement d’acteurs et d’actrices dans les trois films est un peu perturbant. Les producteurs ont tenté d’en atténuer l’impact en écrivant le nom et le rôle de chaque personnage sur l’écran, depuis le début de l’histoire.

Lorsqu’on a demandé à Aglialoro, pourquoi les acteurs avaient changé, il a tout simplement répondu qu’après avoir fait le premier film, il ne savait pas s’il y aurait un deuxième. De même, après le second, il ne savait pas s’il y en aurait un troisième.

Il était donc impossible de retrouver la même distribution pour les trois films, à la différence d’une série comme Le Seigneur des Anneaux, qui a été tournée en une seule fois. La bonne nouvelle est que Laura Regan, l’actrice qui joue Dagny Taggart est nettement plus jolie et joue mieux que l’actrice qui tenait le rôle dans le second épisode. Hank Rearden apparait au second plan. Il est supplanté par John Galt, joué par Kristoffer Polaha, qui crève littéralement l’écran dans cette dernière partie.

Aglialoro a personnellement financé une partie de ce troisième épisode. Le film a été également financé par une campagne Kickstarter qui a permis de lever 446.907 $ contre un objectif initial de 250.000 $. Alors que la série arrive au seuil de rentabilité, Aglialoro a précisé qu’il avait l’espoir de faire une série télévisée qui permettrait de raconter l’histoire plus en détail et serait susceptible de générer davantage de revenus.

David Kelley, philosophe et spécialiste d’Ayn Rand, a donné un aperçu du célèbre discours de John Galt. Dans le livre d’Ayn Rand, le discours fait 33 000 mots, de la taille d’un petit roman. Pour le film, il fallait le réduire à 600 mots.

Le public a aimé le nouveau film et en particulier l’acteur qui joue John Galt. Après la projection il y avait une longue file d’attente pour faire signer les affiches du film.

Alors finalement, qui est John Galt ? La sortie du film en salle est prévue pour le 12 septembre 2014 aux États-Unis. Il ne sortira pas en France mais sera disponible très vite à la vente en DVD. Patience donc… (publié sur 24hGold)

http://www.atlasshruggedmovie.com/

Autres articles :

Articles sur la partie I et II :

https://nicomaque.com/2011/04/13/atlas-shrugged-au-cinema-partie-i/

https://nicomaque.com/2012/10/13/atlas-shrugged-part-ii/

La Grève, un roman philosophique (3). La recherche du profit est-elle immorale ?

Hank ReardenPoursuivons notre exploration philosophique du roman-fleuve d’Ayn Rand, La Grève. Un thème fondamental du livre est l’esprit humain comme moyen de création et de survie. (Voir les 2 articles précédents ici et ici)

La richesse est une création de l’esprit Lire la Suite →

Ayn Rand, le nouveau fascisme, le règne du consensus

Ayn Rand le nouveau-fascisme, par Matthieu et Camille (TES1)

Télécharger le texte d’Ayn Rand ici.

I)                    Mise en place de l’étatisme : dictature du consensus
II)                  Encadrement de la société
III)                Socialisme ou fascisme ?

Lire la Suite →

La Grève, un roman philosophique (1)

atlas-shrugged-part-2-movie-poster_250Atlas Shrugged est un roman d’Ayn Rand de 1957, disponible en version française sous le titre La Grève, Édité aux Belles Lettres, traduit par Sophie Bastide-Foltz, C’est aussi un film dont les deux premières parties sont sorties sur les écrans américains en 2011 et 2012. La 3e partie est en tournage.

Résumons l’intrigue de ce roman fleuve de plus de 1000 pages : John Galt tente secrètement de convaincre les principaux créateurs et producteurs,  pressurés par un gouvernement qui veut les spolier, insultés par les médias et haïs par les bien-pensants en tous genres, de se mettre en grève pour démontrer au monde que la civilisation ne peut survivre sans eux. Lire la Suite →

En 2014, la France sera-t-elle le pays de La Grève ?

atlas shruggedDemandez-vous : que se passera-t-il en 2014 si nos entrepreneurs disparaissent, si leur génie créateur n’alimente plus l’économie ? La réponse réside dans La Grève.

Dans ce roman prophétique, (Atlas Shrugged, 1957, La Grève en français, traduit par Sophie Bastide-Foltz aux éditions Les Belles Lettres en 2011) Ayn Rand montre le prix à payer, par l’individu et par la société, lorsque la réussite individuelle dans la société est discréditée, punie et diabolisée. Après une crise majeure, la société menace de s’effondrer. Mais le plus grave c’est moins la situation économique que la folie collectiviste qui s’empare des politiciens. Lire la Suite →

Altruisme sacrificiel et tribalisme selon Ayn Rand

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Ayn Rand

« L’homme doit vivre pour son propre intérêt, ne sacrifiant ni lui-même aux autres, ni les autres à lui-même.
Vivre pour son propre intérêt signifie que l’accomplissement de son propre bonheur est le plus haut but moral de l’homme. » Lire la Suite →

Lire Ayn Rand : La source vive.

ayn rand source viveLa Source Vive (epub et mobi)

La Source vive est un roman de l’écrivain américaine Ayn Rand publié en 1943 sous le titre The Fountainhead. Ce sera son premier grand succès, adapté par la suite au cinéma par King Vidor en 1949 (Le Rebelle, voir ici mon article sur Ayn Rand et le cinéma, ainsi que cet article sur 3 films randiens).

Le récit décrit  la lutte d’un architecte, Howard Roark (joué par Gary Cooper dans le film), pour la défense de ses créations dans le New-York des années 1920. Son refus des compromissions et sa liberté fascine ou inquiète les personnages qui le croisent.

Le titre du livre fait référence à une déclaration de Ayn Rand selon laquelle « l’ego de l’Homme est la source vive du progrès humain ». À travers cette histoire, c’est un plaidoyer pour l’individualisme radical auquel se livre Ayn Rand.

Faillite de Detroit : le cauchemar d’Ayn Rand devient réalité

f1746-atlas-shrugged-ii-the-strikePar Daniel Hannan*, Oxford.

Vous pensiez que La Grève (Atlas Shrugged) d’Ayn Rand était une fiction ?

Voici la description que The Observer fait de Detroit :

Tout ce qui n’est pas jeté est volé. Les usines et maisons ont été dépouillées de quasiment tout objet de valeur. Les voleurs s’en prennent désormais aux pots d’échappement de voitures. L’analphabétisme atteint les 47%. La moitié des adultes de certaines zones sont au chômage. Dans de nombreux quartiers, le seul signe d’activité est une personne marchant lentement vers le magasin de spiritueux.

Maintenant, voici la description étrangement prophétique de Starnesville, une ville du centre-ouest des États-Unis dans le roman dystopique d’Ayn Rand, La Grève (Atlas Shrugged). Cette ville avait été le foyer de la grande Twentieth Century Motor Company, mais avait décliné à cause du socialisme. Lire la Suite →

Ayn Rand: everywhere, now! Par Alain Laurent

AYN RAND : EVERYWHERE, NOW !

Par Alain Laurent

Suite à la publication en septembre 2011 et aux Belles lettres de La Grève (traduction de Atlas Shrugged par Sophie Bastide-Foltz) et de la biographie Ayn Rand, la passion de l’égoïsme rationnel signée de votre serviteur, la formidable percée puis l’enracinement durable d’Ayn Rand dans le paysage intellectuel et éditorial français se confirment sans cesse davantage alors qu’elle y était totalement ignorée auparavant. Rien que ces dernières semaines, son nom a été mentionné à deux reprises, dès la première page puis en page 41, dans Les mystères de la gauche (Climats) du philosophe viscéralement antilibéral Jean-Claude Michéa ; un autre philosophe, Dominique Lecourt, y fait une allusion insistante à la fin d’ un article publié dans la livraison de printemps de la revue « Commentaire » ; une subtile recension de La Grève se glisse dans les pages de la « Revue française de socio-économie » de mars, tandis qu’un billet de « Bourse Hebdo » relie Rand à l’actualité brûlante.

Mais le plus spectaculaire et révélateur est certainement l’irruption d’Ayn Rand dans un domaine des plus inattendus : le polar. Ne voilà-t-il pas en effet que dans le plus récemment paru des volumes de l’excellente collection « Robert Pépin présente » (Calmann-Lévy), Fin de course (1) signé du bien connu C.J. Box, son nom surgit d’abord au bas de la page 235 au cours de ce dialogue:

–          « Pour ce qui est de Justin, c’est un grand admirateur de l’écrivain Ayn Rand. Vous la connaissez ?

–          J’ai lu Atlas Shrugged à l’université, répondit Joe. C’était assez bon jusqu’au dernier discours. Je n’ai jamais pu le finir à cause de ce laïus de quatre-vingt-dix pages.

–          Justin se disait objectiviste. Vous savez, l’apologie du capitalisme, l’opposition à l’État fort… Beaucoup de jeunes passent par là. »

Puis à nouveau presque à la fin, p.349 : « Je suis objectiviste, dit-elle. Vous savez, Ayn Rand… C’est la seule bonne chose que m’a donnée Justin », déclare Diane, un autre personnage-clé du récit.

Ce que vient faire Rand dans ce roman policier haletant aux allures de western, vous ne pourrez bien sûr vraiment le savoir qu’en vous plongeant dedans. Quelques indices vous mettront cependant sans trop tarder un peu sur la piste. L’intrigue met aux prises un garde-chasse, Joe, et non pas une… émule de Lady Chatterley mais deux frères jumeaux spoliés par une conjuration associant un grand propriétaire terrien cupide et l’appareil d’État. Mettant par-dessus tout leur indépendance et leur fierté (vertus randiennes s’il en est) et préférant la pauvreté à la soumission, ces deux rebelles se sont retranchés aux fins fonds des montagnes sauvages et désertes du Wyoming pour résister aux « agents de l’État » qu’ils exècrent. Et ils professent un credo aux accents typiquement libertariens : « Nos droits : la vie, la liberté, et la quête du bonheur, merde,  c’est l’État qui est censé les protéger ! Au lieu de ça, il nous a pris les deux derniers […] Tout ce qu’on veut, c’est qu’on nous fiche la paix » – (p. 329)…

Bonne lecture – sans garantie de happy end !

(1)   Titre original : Nowhere to Run (2010). Traduit de l’anglais par Aline Weill.

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