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La liberté. Par Edmond About (1868)

10456384_10152509875744784_824644666_nEdmond About, La liberté, aux éditions Berg International, juin 2014. Postface de Damien Theillier

Extrait de la postface :

Ecrivain, journaliste et critique d’art français, membre de l’Académie française, Edmond François Valentin About est né le 14 février 1828 en Lorraine, à Dieuze. Il fait ses études à Paris au lycée Charlemagne et remporte le prix d’honneur de philosophie au Concours Général.

En 1868, About publie un essai sur l’organisation économique et sociale : A.B.C. du Travailleur. C’est de ce livre que nous avons extrait un chapitre, La liberté, que nous reproduisons ici dans la première partie de cette édition. A l’origine, cet ABC est un petit traité d’économie écrit par Edmond About à la demande d’un syndicat de travailleurs. Plus précisément, il s’agit d’un exposé simplifié du Catéchisme d’économie politique de Jean-Baptiste Say, écrit en 1815 et sous-titré : ou instruction familière qui montre de quelle façon les richesses sont produites, distribuées et consommées dans la société.

Dès l’introduction, Edmond About écrit : « Le seul livre réellement élémentaire est le catéchis­me de Jean-Baptiste Say : un chef-d’œuvre de bon sens et de bonne foi ». Et il pose la question : pourquoi la grande majorité d’un peu­ple comme le nôtre ignore-t-il encore les lois écono­miques, « lois éternelles, immuables, dérivées fatalement de la nature elle-même » ? Autre question : pourquoi les pauvres haïssent-ils généralement les riches ? Il répond : « vous ne savez donc pas que vous seriez cent fois plus pauvres, c’est-à-dire travaillant plus pour gagner moins, s’il n’y avait que des pauvres autour de vous ? »

Trois principes se dégagent de cet exposé :

  • Le caractère sacré du droit de propriété
  • La liberté du travail et le libre-échange (c’est l’objet de notre texte)
  • L’association, qu’il considère un remède à toutes les difficultés sociales.

About rejette tout antagonisme entre le travail et le capital. D’où sa formule : « C’est le travail qui produit le capital et le capital, à son tour, travaille et nourrit son créateur ».

Il commence par faire une petite histoire de la liberté en France, évoquant d’abord l’Ancien régime et la Révolution française. A la manière d’un Constant ou d’un Tocqueville, il ne manque pas de souligner l’ambiguïté de 89. En voulant instaurer la liberté politique on a sacrifié toutes les autres libertés, en particulier la liberté économique.

Ses critiques vont ensuite contre deux grandes tendances qui divisent la société française : les conservateurs et les socialistes. Les premiers sont protectionnistes, les seconds sont utopistes mais tous sont des ennemis de la concurrence et de la liberté économique.

L’État doit se charger des services indispensables à la sécurité, dit About. Il doit protéger les citoyens. Mais il ne doit pas se faire l’administrateur du travail et des échanges. « Le gouvernement, écrit-il, est insti­tué pour protéger la sécurité collective et individuelle des citoyens contre les ennemis du dehors et les mal­faiteurs du dedans : voilà son rôle. Mais les princes ont cru longtemps, trop longtemps, qu’ils étaient tenus de descendre aux moindres détails et d’abaisser leur pro­tection sur nos petits intérêts de cuisine et de boutique ».

Quant aux socialistes, selon lui, ce sont des « charlatans de l’économie poli­tique », des « vendeurs de pierre philosophale » qui promet­tent le paradis sur terre. Mais avec moins de clairvoyance, il pense que le socialisme « a livré son dernier combat » en 1848, « non seulement vaincu, mais désarmé par le progrès des lumières et le redressement des esprits ». Contrairement à la Grèce, l’histoire ne lui donnera pas raison sur ce point.

Edmond About entre en 1884, à l’académie Française, mais il meurt le 16 janvier 1885, quelques jours avant de prononcer son discours de réception.

Un dernier mot concernant l’hommage à Michel Chevalier, mis en exergue. Ce dernier, né à Limoges en 1806, obtient brillamment son diplôme d’ingénieur à l’École polytechnique en 1830. Après avoir voyagé pendant deux ans aux États-Unis, étudiant le nouveau pays, il est nommé conseiller d’État en 1838 et professeur d’économie au Collège de France deux ans plus tard. Député en 1845 et académicien en 1851, il est l’assesseur de Napoléon III et beaucoup le considèrent comme l’authentique éminence grise de la politique économique du Second Empire. Son nom est surtout lié au traité de commerce franco-anglais de 1860, connu également sous le nom de traité Cobden-Chevalier, en l’honneur des deux hommes qui le négocièrent et réussirent à le mettre en œuvre. Cet accord commercial fut une rupture avec la longue tradition protectionniste de la France et un pas décisif vers le libre-échange à travers tout le continent.

A consulter également : https://nicomaque.com/mes-livres/la-petite-collection-chez-berg-international/

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