Qu’est-ce que le pouvoir ?

Toutes les sociétés humaines ont été en proie au pouvoir et aux luttes qu’il fait naître entre groupes sociaux rivaux et/ou alliés. Mais il y a différents types de pouvoirs qu’il faut se garder de confondre, en particulier le pouvoir économique et le pouvoir politique. A ce duo, il faut ajouter le pouvoir culturel car le savoir, c’est aussi le pouvoir (Francis Bacon).

I.  Définitions

Le pouvoir économique et social

C’est la capacité de la société à agir sur la nature (afin de se l’approprier) ainsi que sur elle-même (afin de reproduire son ordre propre). C’est donc la capacité de la société de produire, d’échanger et de se produire elle-même, de s’auto-instituer, c’est-à-dire :

  • de s’auto-déterminer : se fixer à elle-même ses fins et ses valeurs ;
  • de s’auto-organiser : se fixer à elle-même ses règles d’organisation et de fonctionnement.

Dans une économie libre, dans laquelle nul individu ou groupe ne peut faire usage de la coercition, le pouvoir économique ne peut être atteint que par des accords volontaires donc sans contrainte, accords de ceux qui participent au processus de production et de commercialisation. Sur un marché libre tous les prix, les salaires et les profits sont déterminés, non par le caprice arbitraire des riches ou des pauvres, non par la cupidité de certains ou par le besoin de qui que ce soit, mais par la loi de l’offre et de la demande.

Le pouvoir politique

C’est la monopolisation, toujours réversible, de la puissance sociale, au profit d’une partie des membres de la société (constituant selon le cas un clan, une caste, un ordre, une classe, une nationalité, une race, un sexe) et au détriment des autres (clans, castes, ordres, etc.). Dès lors, celle-ci détient le double pouvoir de :

  • mettre en œuvre la puissance sociale, donc diriger, organiser, contrôler, transformer la société ;
  • imposer sa volonté (et par conséquent ses intérêts) au restant de la société : s’instituant en direction de la société, elle se place dans un rapport de commandement/subordination à l’égard du restant de la société.

Tout pouvoir politique contient donc une contradiction qui le marque profondément :

  • d’une part, il est censé représenter toute la société dont il administre la puissance en veillant à son intérêt général (global et à long terme) ;
  • d’autre part, il est le représentant d’une partie seulement de la société dont il assure et préserve les intérêts particuliers.

Différence entre le pouvoir économique et le pouvoir politique :

L’État est détenteur du monopole légal de la force physique. La nature de l’action étatique est l’action coercitive. La nature du pouvoir politique est d’obtenir l’obéissance sous menace de contraintes physiques, que ce soit la menace d’amende, d’expropriation, d’emprisonnement ou de mort.

Par contre sur un marché libre, aucun individu, aucun groupe privé ne dispose du pouvoir d’imposer à d’autres individus ou groupes d’agir contre leurs propres choix. Les individus commercialisent leurs biens et services selon leurs avantages mutuels, selon leur propre jugement exercé sans contrainte. On ne peut s’enrichir qu’en proposant des biens ou des services d’une plus grande valeur ou à prix moindre que ce que les autres sont capables d’offrir.

Il en résulte que :

  • le pouvoir économique s’exerce par des moyens positifs, il offre à chacun une récompense, une incitation, un paiement, une valeur ;
  • le pouvoir politique s’exerce par des moyens négatifs, par la menace de la punition, de l’emprisonnement, de la destruction.

L’outil de l’entrepreneur est la création de valeur, celle du bureaucrate est la création de la peur.

Comment expliquer la soumission des peuples au pouvoir politique ?

La violence

Tout pouvoir politique repose d’abord sur la violence physique, celle qui s’en prend au corps. Elle constitue à la fois son premier et son dernier recours : ce par quoi il s’établit initialement et ce par quoi il cherche à se rétablir chaque fois qu’il est contesté par ses sujets.

L’administration de la vie sociale

Dans l’ordinaire de son exercice le pouvoir politique consiste à administrer la vie sociale, c’est-à-dire :

  • à la diriger (lui fixer des finalités ou des orientations) ;
  • à l’organiser : lui fixer des règles, des normes ;
  • à la contrôler de l’extérieur.

Ce faisant, le pouvoir politique prétend pallier l’éventuelle incapacité de la société à s’administrer elle-même. Dans cette mesure, et bien qu’il procède fondamentalement d’une aliénation de la société à l’égard de sa propre puissance, le pouvoir politique peut prendre une apparence rationnelle.

Une capacité de séduction

Tout pouvoir politique cherche enfin à se faire aimer de ses sujets, en jouant sur certains sentiments inconscients :

  • l’angoisse d’abandon et le sentiment de culpabilité, racines de tout conditionnement à l’autorité ; d’où la nécessité pour tout pouvoir de s’entourer d’un nimbe de mystères et d’obscurité ;
  • le désir d’être aimé (reconnu et valorisé) par autrui ; d’où la nécessité pour le pouvoir de fournir à ses sujets une image valorisante d’eux-mêmes, qui leur permette de vivre leur propre obéissance comme un acte héroïque ;
  • les sentiments agressifs, qui ne peuvent pas manquer de se développer dans toute situation d’oppression et que le pouvoir doit pouvoir détourner et canaliser en proposant à ses sujets des « boucs émissaires » extérieurs au corps social (la haine des autres comme ciment de l’identité sociale).
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