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Les mythes de la démocratie

Dans notre société, la croyance aveugle en la démocratie n’a pas toujours existé. Il s’agit en fait d’un phénomène assez récent. Les pères fondateurs des États-Unis — des hommes comme Benjamin Franklin, Thomas Jefferson et John Adams — étaient sans exception opposés à la démocratie. De même, le système politique que Benjamin Constant, Jean-Baptiste Say et Frédéric Bastiat appelaient de leurs vœux était une république constitutionnelle limitée, restreinte à la protection des droits individuels. Dans un tel système, la règle de la majorité s’applique uniquement à la sélection des représentants. Mais la majorité n’a rien à dire sur les principes fondamentaux régissant la société comme le gouvernement. Elle n’a pas le pouvoir de demander ou d’obtenir la violation des droits individuels.

L’un des plus grands mythes au sujet de notre démocratie actuelle est qu’elle serait synonyme de liberté. Or, l’idéal démocratique, c’est avant tout que chacun puisse décider de tout et l’imposer aux autres. L’idée de la liberté, au contraire, c’est que chacun puisse décider pour lui-même, sans rien imposer aux autres.

En réalité la démocratie est une forme de collectivisme : « une seule taille pour tous ». Dans une démocratie, chacun de nous peut prescrire aux autres comment vivre leur vie, faire fonctionner leurs entreprises, qui ils peuvent embaucher, quel salaire ils peuvent payer, où, quand, et comment ils peuvent acheter ou vendre, ce qu’ils peuvent enseigner, fumer, boire et manger, quels médicaments ils peuvent prendre, quelles maisons ils peuvent construire et où ils peuvent construire, ce qu’ils peuvent dire et écrire, comment et où ils peuvent pratiquer leur religion, avec qui ils peuvent se marier, avec qui ils peuvent s’associer…

Si la démocratie échoue ce n’est pas tant par désintérêt des citoyens que du fait des idées erronées qui circulent à son sujet. La démocratie souffre des mêmes maux que le socialisme parce que dans les deux cas l’individu est subordonné au collectif. Chaque décision est une décision collective et cette décision devient la norme pour tous. Fondamentalement, aucune liberté individuelle n’est en sécurité dans une démocratie. Aucune propriété n’est réellement privée. Des groupes minoritaires bien organisés peuvent piller ou asservir les autres à travers les urnes.

L’argument décisif en démocratie est la supériorité numérique. Il s’agit de maximiser l’armée des électeurs pour l’emporter à tous les coups. Par ailleurs, elle conduit à une politique de court terme. Un élu n’a aucune incitation à penser à l’avenir de la nation. Il n’est que locataire pendant un terme électoral fixé à l’avance, et son objectif est de maximiser les bénéfices qu’il retire (lui ou son entourage) de son passage au pouvoir. C’est pourquoi les politiciens se soucient peu des dettes qu’ils laissent à leurs successeurs. Pratiquement tous les pays démocratiques souffrent d’énormes dettes. Dans l’ensemble des pays démocratiques, les impôts sont passée de 10% du PIB en 1910 à environ 50% en 2010. L’homme politique dans une démocratie doit promettre toutes sortes de choses irréalistes pour arriver au pouvoir, tout en restant très discret sur leurs coûts réels et les conséquences à long terme de telles dépenses. Les décisions difficiles qu’il faut ensuite prendre pour remédier à tous les effets pervers d’un tel système sont toujours laissées aux successeurs.

Cela conduit à la servitude, à la bureaucratie, aux monopoles, à la médiocrité, au parasitisme, à la centralisation et à la stagnation économique. La démocratie, c’est cette grande fiction dans laquelle les gens peuvent vivre aux dépens des autres, pour paraphraser Frédéric Bastiat.

L’usage de la démocratie pour la prise de décision est utile dans certains contextes, par exemple dans les petites communautés ou au sein d’associations. Mais la démocratie parlementaire nationale, telle qu’elle existe dans quasiment tous les pays occidentaux a largement fait la preuve de son échec. Le Liechtenstein (160 km2), Monaco (2 km2), Dubaï, Hong Kong (1100 km2) et Singapour (710 km2) ne sont pas des démocraties parlementaires. Pourtant, ces pays prospèrent.

En fait, les gens devraient être libres de déterminer sous quelle forme de gouvernement ils veulent vivre : la démocratie, le capitalisme, le socialisme, la dictature ou la monarchie. La règle principale est de ne commettre ni fraude, ni violence, ni vol. Tant que les gens s’en tiennent à cette règle, ils peuvent offrir tous les services, y compris ceux qui sont aujourd’hui considérés comme des « services publics ». Ils peuvent également créer comme ils l’entendent leurs propres communautés — monarchiste, communiste, conservatrice, religieuse ou même autoritaire, pour peu que leurs « clients » adhérent volontairement et pour peu qu’ils laissent les autres communautés tranquilles.

Cela dit, il est certain que la Suisse avec sa démocratie décentralisée est une meilleure forme de gouvernement que la démocratie parlementaire française. Car il y est possible de voter avec ses pieds et d’aller voir ailleurs. L’alternative est de mettre un bulletin dans l’urne tous les cinq ans t de rester esclave. En Suisse, il y a concurrence entre les unités administratives, il y a un vrai marché de la gouvernance. Puisque les communautés et les cantons suisses sont petits, les gens peuvent non seulement voter, mais ils peuvent aussi se déplacer facilement s’ils sont mécontents du mode de gouvernement. De cette façon, les mauvaises mesures politiques sont chassées par les bonnes.

Source : d’après Frank Karsten et Karel Beckman, Dépasser la démocratie, traduction Institut Coppet, 2013

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