Les droits individuels

La nature du droit

Le droit se définit indépendamment de la société politique. Ce n’est pas la société qui institue le droit, c’est le droit qui institue la société. La nature de l’homme, notamment celle de son esprit, est la seule source du droit. Quelle que soit la forme de l’organisation sociale, le droit de posséder des biens ne résulte pas de la loi mais de l’autonomie de la volonté qui a produit ces biens.

Selon Ayn Rand, « Un Droit est un principe moral qui définit et sanctionne la liberté qu’une personne a d’agir dans un contexte social. Il n’existe en ce sens qu’un Droit fondamental (tous les autres ne sont que ses conséquences ou ses corollaires) : le Droit d’un homme de posséder sa propre vie. (…) Ce qui signifie : le Droit de faire tout ce qui est nécessité par la nature d’un être rationnel pour le maintien, la promotion, l’accomplissement et la réussite de sa propre vie. »

La déclaration d’Indépendance américaine affirme que les hommes sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables. Ici encore, on peut penser de deux manières différentes : soit l’homme est le produit d’un Créateur soit il est le produit de la nature. Mais cela ne change rien au fait que l’homme est une entité d’un genre spécifique, un être rationnel, qu’il ne peut agir avec succès sous la contrainte.

C’est pourquoi les droits sont une condition nécessaire de son mode particulier de survie. Les droits individuels codifient la protection de l’homme contre l’agression, requise par sa nature rationnelle. Les droits ne sont donc pas arbitraires ou négociables. Ce sont des exigences absolues pour la vie en société. Les droits sont absolus quelle que soit l’idée qu’on se fait de l’origine de l’homme. Or il y a un droit fondamental, à la source de tous les autres : le droit d’un homme à sa propre vie. Tous les autres sont des conséquences ou des corollaires de ce droit premier.

Le droit à la vie établi que vous possédez votre propre personne. Nul ne peut vous forcer à faire quoi que ce soit sans votre consentement, nul ne peut vous nuire en aucune façon, et surtout, nul ne peut vous ôter la vie. Le contraire du droit à la vie est l’esclavage.

Le droit à la liberté est une partie du droit à la vie, se référant spécifiquement à la liberté d’action. Pour vivre, il faut être capable de prendre des mesures, par son propre choix, à l’appui de sa vie, c’est le droit à la liberté.

Les droits de propriété sont aussi une extension du droit à la vie. Puisque l’homme doit maintenir sa vie par son propre effort, l’homme qui n’a aucun droit au produit de son effort n’a aucun moyen de maintenir sa vie. Afin d’exercer votre raison et de rester en vie, vous devez être capable de posséder et d’utiliser le produit de votre travail.  Si les outils de votre survie sont soumis à confiscation, alors votre vie est soumise de façon aléatoire à la destruction.

Selon Locke, « Tout homme possède une propriété sur sa propre personne. A cela personne n’a aucun droit que lui-même. Le travail de son corps et l’ouvrage de ses mains, nous pouvons dire qu’ils lui appartiennent en propre. Tout ce qu’il tire de l’état où la nature l’avait mis, il y a mêlé son travail et ajouté quelque chose qui lui est propre, ce qui en fait par là-même sa propriété. Comme elle a été tirée de la situation commune où la nature l’avait placé, elle a du fait de ce travail quelque chose qui exclut le droit des autres hommes. En effet, ce travail étant la propriété indiscutable de celui qui l’a exécuté, nul autre que lui ne peut avoir de droit sur ce qui lui est associé [1]. »

La propriété est indissociable de la liberté. Le meilleur moyen de priver l’homme de sa liberté est de lui retirer ce qui lui appartient en propre. L’homme qui produit alors que d’autres disposent du fruit de son effort est un esclave.

Le droit à la poursuite du bonheur est encore une conséquence du droit à la vie. Nous vivons par nous-mêmes, pour nous-mêmes, si nous avons le droit de poursuivre notre propre bonheur.

Il convient de noter que les droits sont des garanties pour la liberté d’action. Ils ne fournissent rien d’autre qu’une liberté d’action. Il n’existe aucun droit à l’alimentation, par exemple, seulement le droit de travailler et de conserver le produit de votre travail.

Il faut encore ajouter le droit à la liberté d’expression. C’est la reconnaissance que la parole en elle-même n’est pas une agression et ne justifie donc pas la rétorsion ou la censure. Ce droit est nécessaire parce que sans la liberté de parole, vous ne pouvez pas convaincre les autres de ce qui est juste et ce qui est faux. Sans la liberté de persuader les autres, seule la force peut conduire les gens à agir d’une manière particulière.

Les faux droits

Le droit à la vie, à la liberté, à la propriété, et à la poursuite du bonheur sont des droits inscrits dans la plupart des constitutions. Mais beaucoup de gens ne comprennent pas ce que signifie exactement le respect des droits. Ces droits sont expressément défini comme des droits à l’action, pas à des résultats spécifiques. Ainsi les obligations créées par les droits sont de nature négative : chaque personne doit s’abstenir de violer les droits d’autrui. Certains pensent que tout ce qu’ils désirent intensément et dont on ils peuvent justifier le besoin auprès des autres, est susceptible de devenir un droit fondamental, garanti par le pouvoir politique. Si les droits sont déconnectés d’une compréhension rationnelle et objective de la nature humaine, la liste peut s’allonger sans limite. Chacun peut s’autoriser à énoncer ses désirs et à les considérer comme des droits.

L’éthique affirmant qu’un individu ne peut sacrifier la vie d’autrui (c’est-à-dire de s’en servir comme un moyen) pour satisfaire ses propres intérêts (c’est-à-dire ses propres fins), il est par conséquent abusif de parler de « droits à l’éducation » ou « à la santé » car cela sous-entend l’abolition du droit de propriété (ici en l’occurrence, de ses ressources) via l’impôt afin de financer les soins ou l’éducation d’autrui et des enfants d’autrui. Les droits individuels sont universels d’où le fait que c’est un non-sens de parler de “droit” à l’égard d’un avantage acquis sur la base du viol d’un autre droit.


[1] John Locke, Second Traité du Gouvernement Civil.

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