La crise de la démocratie

La démocratie est née à une époque où l’État était relativement faible. Un siècle et demi de démocratie a néanmoins conduit à une expansion considérable de l’État dans tous les pays démocratiques. Elle a également conduit à la situation dans laquelle nous ne devons pas seulement craindre l’État, mais aussi nos concitoyens, qui sont en mesure de nous asservir par les urnes. Bien entendu, si la démocratie consistait à garantir les libertés individuelles, elle serait une chose souhaitable. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Il semble bien que la démocratie ne produise pas le maximum de liberté compatible avec l’ordre social mais tout au contraire le maximum de servitude compatible avec l’ordre social.

En effet, un système de choix collectifs fondé sur des votes à la majorité des voix ne permettra jamais de dégager des solutions à long terme aux problèmes soulevés par la vie en société. Au contraire, il produira de plus en plus de dépenses publiques et de contrôles sur les individus. En effet, la démocratie est un système politique dans lequel les candidats achètent des voix au moyen de promesses de biens publics et de subventions. Ils cherchent à maximiser le nombre de leurs électeurs en adaptant l’offre de biens publics à la demande des groupes de pression. « Ce qui règne en démocratie n’est pas la volonté du peuple mais la volonté des hommes politiques, elle-même guidée par les groupes de lobbyistes professionnels, les groupes d’intérêts et les activistes. » (Dépasser la démocratie)

Il y a une véritable foi dans le dieu de la démocratie parlementaire. Comme toute religion, la démocratie a son ensemble de croyances — des dogmes qui semblent être des faits indiscutables pour tout le monde.  Pourtant les penseurs libéraux du passé ont toujours reconnu la démocratie comme une forme — très subtile — de socialisme. Et ce qu’il reste de notre liberté est due à la tradition libérale, qui est toujours vivante en Occident, non à la démocratie. Celle-ci est souvent assimilée à la paix, à la prospérité, à la tolérance, à la solidarité et à la liberté, mais dans les faits elle apporte au contraire mécontentement, tensions sociales, hausse des impôts et de la dette, et de moins en moins de liberté économique et personnelle.

On entend souvent dire que l’éducation, la santé, la finance, l’assurance sociale, doivent être coordonnées et réglementées par le pouvoir politique : « L’immigration illégale ne peut être résolue que dans un contexte européen », ou : « La crise de la dette ne peut être combattue qu’au niveau international. » Ou encore : « Le terrorisme ne peut être combattu que par une agence centrale puissante »…

Première réponse : les gens croient souvent que si l’État ne fournit pas quelque chose (par exemple, des soins aux personnes âgées), ces services ne seront pas produits. C’est la mentalité des gens de l’ancienne Union soviétique, qui disaient : que ferions-nous si l’État ne prenait plus soin de nous ? Ce n’est pas la grande taille d’un pays ni la centralisation qui apportent la prospérité et la stabilité. La Suisse, qui n’est ni membre de l’UE ni de l’OTAN, prouve le contraire. Elle montre que la décentralisation peut fonctionner correctement.

Seconde réponse : le monopole territorial de la production des services publics n’incite pas à produire le meilleur service public au plus bas prix. Sans compétition, les gouvernants deviennent vite irresponsables. Au contraire, quand les citoyens mécontents peuvent déménager vers une autre zone géographique, les dirigeants sont fortement incités à améliorer leurs politiques. Lorsqu’il y a beaucoup de petites unités administratives, les gens peuvent toujours se déplacer s’ils n’aiment pas leur situation et les dirigeants sont bien conscients de cela. Leurs habitants ne sont pas simplement des citoyens qui sont parfois autorisés à voter, mais des clients qu’ils doivent bien servir afin de les conserver.

Le système politique que Benjamin Constant, Jean-Baptiste Say et Frédéric Bastiat appelaient de leurs vœux était une république constitutionnelle limitée, restreinte à la protection des droits individuels. Dans un tel système, la règle de la majorité s’applique uniquement à la sélection des représentants. Mais la majorité n’a rien à dire sur les principes fondamentaux régissant la société comme le gouvernement. Elle n’a pas le pouvoir de demander ou d’obtenir la violation des droits individuels.

A lire :

Les mythes de la démocratie

Vers un nouvel idéal politique

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Une Réponse

  1. Rév. MUHIGIRWA N. Bonane | Répondre

    La démocratie est réellement en Afrique. Beaucoup de présidents à la proche de fin mandat aiment changer certains articles de la constitution pour se pereniser au pouvoir. Qui les avait empêché de proposer au peuple une monarchie constitutionnelle [comme au Maroc, Swaziland, Belgique, Angleterre, …] que le peuple pouvait voter « OUI » avec garantie de la securité, emploi, salaire, bonnes routes, … Les rebelles seraient matés, la course au pouvoir présidentiel cesserait, les députés au compte du peuple et non se tailler des fortunes colossales au moment où le peuple qui avait investi leur dernière énergie dans l’élu gît dans la misère. Donc, allons à la monarchie et donnons le peuple la paix et le progrès: Le malheur en est que certains leaders africains ne savent pas partager avec le peuple rendu malheureux par leur système de gestion cupide et avare!

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