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Principe 2 : Le Principe de non-contradiction

Ten-Universal-PrincipesLes théories ou propositions valides ne renferment pas de contradictions.

En termes classiques : un être réel ne peut pas être et ne pas être la même chose, au même égard, au même moment et au même endroit.

Ce principe date de l’époque de Platon et fut formulé de façon formelle par Aristote. C’est le principe essentiel de la logique (et donc, le plus important pour toute démonstration). Il peut se comprendre comme suit : « Un être X ne peut pas être A et non-A au même égard, en même temps et au même endroit. » Par exemple, je ne peux mesurer 1m80 et pas 1m80, du même point de vue, en même temps et au même endroit. Cet ordinateur ne peut pas être et ne pas être de forme carrée, vu sous le même angle, en même temps et au même endroit. Mieux encore, je ne peux pas concevoir qu’un ordinateur puisse être et ne pas être de forme carrée, au même égard, en même temps et au même endroit.

Puisque les contradictions ne peuvent jamais être réelles ni être pensées, il va de soi que nous cherchons à les éviter dans tout bon argument logique car nous savons que quand elles se produisent, elles doivent être fausses. Ainsi, nous ne dirons pas qu’un cercle carré existe parce qu’un cercle est un non-carré (il n’a pas quatre angles droits inscrits). Si je disais qu’un cercle carré existe, cela reviendrait à dire qu’un carré non-carré existe, ce qui ne viendrait à l’esprit de personne. De même, il serait absurde d’affirmer l’existence d’un proton-électron parce qu’un électron, étant donné sa charge, agit à l’opposé du proton (là où les protons attirent, les électrons repoussent et là où les protons repoussent, les électrons attirent). Donc, affirmer l’existence d’un proton-électron revient à affirmer l’existence d’un proton non-proton au même égard, en même temps et au même endroit. Ce que nous reconnaissons tous comme une proposition fausse.

Parfois, un étudiant se risque à demander : « Comment savez-vous que le principe de non-contradiction est juste ? » Je lui donne la réponse d’Aristote au livre 4 (chap. 3 et 4) de la Métaphysique. Dans cet ouvrage, Aristote se joue des gens qui mettent en doute le principe de non-contradiction en les poussant dans leurs retranchements et en les réduisant au silence, au statut de légume en fait, puisque tout ce qu’ils pourraient affirmer n’aurait aucun sens. Son raisonnement est simple : si deux propositions contradictoires ont même validité, alors paroles ou propositions n’ont aucun sens.

Nier le principe de non-contradiction conduit à cette absurdité : tout est X et non-X au même égard, en même temps : il n’est pas non plus X et non-X en même temps et au même lieu. Ce qui revient à dire que phrases et mots n’ont aucun sens. On ne peut plus rien penser de sensé. Cela réduit tout opposant au principe de non-contradiction au statut de légume.

Ce principe est souvent invoqué quand on parle des questions relatives à la vie et à la mort. Par exemple, certaines cours de justice soutiennent qu’un embryon a des droits d’héritage et peut, après la naissance, poursuivre en justice pour des blessures d’avant la naissance (les embryons étant donc considérés comme des personnes avec les mêmes droits). D’autres cours déclarent que les embryons ne sont pas des personnes et n’ont donc aucun droit, pas même le droit à la vie, ce qui est une évidente contradiction. Ou encore, certains biologistes soutiennent qu’un zygote humain d’une seule cellule possède le génome complet (et ne peut être considéré autrement que comme un être humain) mais que si ce zygote monocellulaire n’est pas implanté, ce n’est pas encore un être humain, ce qui, de nouveau est une contradiction.

Autre exemple : certains estiment que la liberté c’est « obtenir ce que je veux, quand je veux » mais aussi « pouvoir vivre pour ce qui est le plus fort, le plus durable, le plus profond ». La première définition de la liberté est généralement antinomique de l’engagement (qui sous-entend remettre à plus tard ou refuser ce que je veux maintenant) alors que la seconde peut inclure l’engagement (vivre le plus fort… peut exiger de la ténacité à long terme). Il serait donc contradictoire d’affirmer que ces deux définitions peuvent être vraies, au même égard, en même temps et au même endroit.

Source : d’après Robert Spitzer, Ten Universal Principles: A Brief Philosophy of the Life Issues

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