Principe 1 : le principe de l’explication la plus complète

Ten-Universal-PrincipesLa meilleure opinion est celle qui explique le plus grand nombre de données.

Le principe de base est le suivant : les propositions qui expliquent le plus de données et sont vérifiées par le plus d’évidence sont meilleures que les autres. La plupart des gens considèrent que ce principe va de soi car si une plus grande capacité d’explication et un champ d’évidence plus large ne sont pas des critères de qualité, alors toute évidence ou explication supplémentaire n’ajoute rien, ce qui revient à dire que toute évidence et faculté d’explication n’ont aucune valeur. Nous nous retrouvons face à nos affirmations subjectives, ce qui pour beaucoup n’est pas suffisant.

Par exemple, comme nous l’avons dit précédemment, la théorie d’Einstein concernant l’univers est meilleure que celle de Newton parce qu’elle explique plus de données. (Newton ne connaissait pas la plupart des données dont les théories de la relativité, spécifiques et générales, rendent compte.) Le calcul intégral présente plus de capacité d’explication que l’algèbre et la trigonométrie car il s’applique aux courbes par voies de dérivées et d’intégrales, ce que l’algèbre et la trigonométrie ne font pas. Ce principe est valable pour pratiquement toutes les sciences et même les sciences sociales.

Pour en venir aux questions essentielles concernant la vie, ce principe est important car toute théorie de la personne humaine qui considère la personne comme un simple individu physique (le matérialisme) n’explique pas que cet individu soit conscient d’exister ni qu’il ait des aspirations transcendantales (désir de Vérité complète et inconditionnelle, d’Amour, de Bonté, de Beauté et d’Etre). Par conséquent, l’explication que donne le matérialisme de nombreuses facultés et activités humaines telles que l’empathie, l’amour désintéressé (agapè), la conscience de soi, le désir d’intégrité et de vertu, le sens du spirituel, le désir de transcendance est, au mieux, d’une grande pauvreté. Les théories qui essaient et parviennent à expliquer ces données telles que l’hylémorphisme ou le transmatérialisme doivent être préférées à celles qui ne le font pas : le réductionnisme biologique, le matérialisme et le behaviorisme. La sous-estimation de la personne humaine peut conduire à vivre incomplètement sa vie car, si on ne pense pas être doué de dimension spirituelle, on peut ignorer ses désirs de spiritualité. Si on ne se pense pas doué de conscience, on ne fera pas l’effort d’y prêter attention. Si on pense que l’amour n’est rien d’autre qu’une réaction chimique, on n’en fera pas sa priorité, en particulier là où il requiert une dose d’abnégation. Il est clair que ce simple prémisse matérialiste (la sous-estimation de la personne humaine), peut transformer la qualité de la vie, des relations et des buts à poursuivre. Autre conséquence encore plus sérieuse de cette sous-estimation, c’est la sous-évaluation des êtres réels. Si nous considérons les êtres humains comme de simples agrégats de matière, dénués de la possession de soi nécessaire à la liberté et à l’amour, sans cette qualité unique qui provoque l’amour et dépourvus de toute aspiration spirituelle ou transcendantale, nous pourrions considérer les êtres humains comme de simples objets. Auquel cas, ils peuvent être traités en objets ; au cours de l’histoire, cette théorie a conduit à toutes les formes de tragédies. Des êtres humains ont été considérés comme des esclaves, de la chair à canon, des outils utilisés pour le confort des autres ; parfois même, ils ont servi de matière à expérimentation et ont été soumis à toutes sortes d’ignominies et de cruautés : c’est le résultat de la « chosification » de l’être humain.

Le principe de l’explication complète a un corollaire célèbre, à savoir qu’ « il y a plus d’erreurs commises par omission que par intention ». En effet, laisser passer des données est aussi préjudiciable à la recherche de la vérité que s’appuyer sur les mauvaises données ou commettre une erreur de raisonnement. Cet adage reflète le proverbe moral selon lequel « plus de péchés sont commis par omission que par intention ». Dans le cas de la sous-estimation de la personne humaine, l’histoire nous a montré qu’il n’y avait pas loin de l’erreur au péché.

Source : d’après Robert Spitzer, Ten Universal Principles: A Brief Philosophy of the Life Issues

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :