Publicités

Logique

Ten-Universal-PrincipesLes principes de raison

Aucun préjugé, ostracisme, marginalisation ou persécution n’est entré en vigueur sans que quelqu’un proclame que ses préjugés étaient les seuls « vrais ». La propagande nazi a débuté par l’affirmation de l’infériorité des Juifs, des Gitans et autres groupes ethniques. La propagande stalinienne a débuté par l’affirmation que les non-communistes étaient des dissidents et des fauteurs de troubles. La propagande des Khmers Rouges a débuté par l’affirmation que les citoyens éduqués des villes agissaient contre le bien commun. Même notre Cour Suprême, en son temps, a soutenu que les noirs étaient réellement inférieurs aux blancs et a subordonné leur accès à la liberté au droit de propriété des blancs. Le mot « réellement » sous-entend « en vérité ». Nous entourons ce mot d’une auréole de sainteté, ce qui nous permet de fouler aux pieds nos croyances fondamentales quant au but et à la signification de la vie, la dignité des êtres humains et les bienfaits de la culture. Ce mot a tant d’impact implicite que nous devons faire très attention à l’emploi que nous en faisons et nous montrer extrêmement scrupuleux dans les critères qui détermineront sa présence effective dans nos raisonnements.

Les trois principes suivants ont été formellement établis par Socrate, Platon et Aristote, il y a de cela deux mille quatre cents ans, en réponse aux arguments formulés par les Sophistes. Ils sont encore d’actualité aujourd’hui car les ignorer conduit au sophisme, au scepticisme et au cynisme, trois points de vue qui ne prennent pas la vérité en compte et ont, à maintes reprises, contribué à saper les bases de la dignité humaine et de la communauté.

Examinons rapidement le Scepticisme qui, de façon incongrue, s’est tout d’abord manifesté à l’Académie de Platon. Cette théorie mettait en avant l’un des aspects de la pensée sophiste, à savoir, la valeur intrinsèque de toute affirmation, idée contestable et infondée. Pour rappel : les Sophistes prônaient la relativité de la vérité (toutes les opinions sont de même valeur), ce qui revenait à donner plus de force à des arguments faibles (ainsi, des arguments douteux semblaient relativement valables) tandis que des arguments forts perdaient de leur crédibilité (des assertions relativement prouvées paraissaient douteuses). Les Sceptiques firent de ce dernier point leur ligne de conduite, ce qui, plus tard, entacha toute affirmation de vérité, d’un caractère douteux ou contraire à la raison.

Bien que, a priori, toute affirmation de vérité soit contestable, cela ne signifie pas pour autant qu’elle soit douteuse ou contraire à la raison. Si l’on rejette la validité de toute affirmation de vérité, cela mène à désespérer de la vérité, ce qui signifie que ses auteurs ne sont responsables d’aucune validation d’assertion. Une fois débarrassé de la responsabilité de la validation d’une assertion (puisque cette validation n’a aucune valeur), on peut soutenir impunément n’importe quelle thèse : « la vie est cruelle, laide et brève » est tout aussi vrai que « la vie recèle un potentiel de buts à atteindre, de bonté et d’amour ». « Les êtres humains ne sont que de simples composés chimiques » est tout aussi vrai que : « les êtres humains sont capables de comportements qui vont bien au-delà des lois de la physique et de la chimie ». Si on pose en principe qu’on ne peut jamais atteindre la vérité, tout devient imparfait et arbitraire (subjectif) et des affirmations parfaitement illogiques paraissent tout aussi vraies que d’autres, logiques, celles-là, fondées sur une évidence objective (non-arbitraire) et plus complètes (qui expliquent un plus grand nombre de données). Cette théorie pourrait amener à sous-estimer la dignité et le potentiel humain et, par voie de conséquence, induire le déclin des idéaux culturels, ce qui ne manquerait pas de décourager tout effort visant à créer un monde meilleur.

Nous avons tous entendu dire : « affirmé sans preuves », « rejeté sans preuves »; si vous affirmez quelque chose sans preuves à l’appui, ce peut être aussi aisément rejeté sans fournir de preuves. Platon et Aristote reconnaissaient que toutes les opinions ne sont pas d’égale valeur. La théorie de l’univers d’Einstein est supérieure à celle de Newton. Les mathématiques modernes sont supérieures aux mathématiques euclidiennes. La philosophie politique de Jefferson est supérieure à la philosophie fasciste. Les pratiques éthiques de Martin Luther King étaient supérieures à celles d’Hitler. Même si ces affirmations semblent évidentes, nous devons être capables de prouver leur validité, faute de quoi, elles ne sont qu’ arbitraires et peuvent donc être arbitrairement rejetées.

Pour illustrer ces principes, permettez-moi de vous faire partager la méthode que j’emploie comme introduction à mon cours de philosophie. D’une année sur l’autre, je commence avec la question de base posée par Platon :

« Combien d’entre vous considèrent que toutes les opinions sont valides et donc, dignes de respect ? » Plus de 50% de mes étudiants répondent par l’affirmative, soucieux qu’ils sont de respecter leurs semblables. Cette louable intention les conduit à confondre la bonté des êtres humains avec la justesse de leurs opinions, ce qui les empêche de se demander si l’opinion est respectable en elle-même (en dehors de l’être humain qui l’a émise).

Après ce premier sondage, je poursuis : « Pensez-vous que l’opinion de Hitler sur le génocide est valide et digne de respect ? » « Pensez-vous que l’opinion de la Cour Suprême déclarant que les noirs sont des êtres inférieurs lors de l’affaire Dred Scott, est valide et doit être respectée ? » Tous répondent que non mais que ces exemples sont par trop évidents. C’est alors que je leur dis : « Exact, mais cela montre une chose : même si vous éprouvez le plus grand respect pour la personne qui exprime une opinion, vous devez garder vos distances vis-à-vis de cette opinion. Une opinion peut toujours être invalide et indigne de respect. » Cela provoque toujours la même réaction : « Comment faire la différence entre le contenu d’une bonne opinion et celui d’une mauvaise ? » et c’est alors que j’enchaîne : « Merci d’avoir posé la question. »

En bref, la réponse est la suivante : il y a trois méthodes essentielles pour vérifier la validité d’une opinion, (1) la quantité d ‘évidence (voir Principe 1, le principe de l’explication la plus complète), (2) la logique interne des arguments (voir Principe 2, le principe de non-contradiction) et (3) la qualité de l’évidence (voir Principe 3, le principe de l’évidence objective, de sa vérification possible par tous ). En règle générale, si une opinion apporte une explication à un maximum de données, se fonde sur l’évidence objective, aisément vérifiable et ne présente pas de contradictions internes, elle est forcément meilleure (plus vraie) qu’une opinion qui explique moins de données, n’est fondée que sur une évidence subjective, donc arbitraire et renferme des contradictions internes. Très peu nombreux sont les étudiants qui contestent la plus grande véracité d’affirmations concernant le plus grand nombre de données ou basées sur l’évidence objective et vérifiable. Parfois, l’un ou l’autre s’essaie à contester le principe de non-contradiction ; je lui réponds (avec les honneurs de la guerre !) en reprenant les arguments d’Aristote lui-même (voir ci-dessous, Principe 2).

Poursuivons maintenant par l’explication de ces trois principes :

Principe 1 : le principe de l’explication la plus complète

Principe 2 : Le Principe de non-contradiction

Principe 3 : Le principe de l’évidence objective

Source : d’après Robert Spitzer, Ten Universal Principles: A Brief Philosophy of the Life Issues

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :