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La vérité

LA VÉRITÉ

I.   Y a-t-il une vérité ?

La thèse sceptique

Défendue dès l’Antiquité par PROTAGORAS (480-410 av. J.-C.) et par PYRRHON (365-375 av. J.-C.), reprise à l’époque moderne par MONTAIGNE (1532-1592), elle affirme que l’homme ne peut parvenir avec certitude à aucune vérité, qu’il est « condamné » à rester dans le doute. Les Sceptiques tirent argument :

  • des contradictions entre les opinions humaines qu’ils expliquent par leur relativité aux individus, aux groupes et aux époques qui les professent (cf. PROTAGORAS : « L’homme est la mesure de toute chose ») ;
  • de la faiblesse de l’esprit humain qui ne peut rien prouver, car toute preuve ou s’appuie sur des postulats invérifiables ou encore tourne au cercle vicieux (les propositions se prouvant les unes par les autres).

Critique :

Le doute est certainement nécessaire à la recherche de la vérité. Il est une preuve de santé de l’esprit, en nous mettant à l’abri du dogmatisme et du fanatisme. Pour autant, en rester au doute ne se justifie pas

Car le scepticisme tend lui-même à se contredire puisqu’il considère vraie la proposition selon laquelle il n’y a pas de vérité possible. En toute rigueur, il devrait s’en tenir à la question : que sais-je ? Il reconnaît ainsi lui-même qu’il existe en l’homme un besoin de vérité qui demande à être satisfait, même s’il doit par ailleurs être critiqué.

II.  Faut-il aimer la vérité ?

La thèse de Nietzsche

Nietzsche ne voit dans le désir de connaissance qu’une expression masquée et dégradée de la volonté de puissance. Celle-ci n’est pas désir de domination mais principe d’affirmation et de négation des valeurs. Or, selon lui, la valeur suprême qui doit nous servir de guide et de critère dans l’existence est la vie, dont émane la volonté de puissance. Dès lors, l’erreur et l’illusion sont préférables à la vérité du moment où elles sont susceptibles de nous permettre d’étendre et d’enrichir nos possibilités de vie. Ce qui revient à dire que le besoin de sens est plus essentiel que le besoin de vérité.

Critique :

Placer la vérité sur le même plan que l’erreur et l’illusion, faire de la volonté de puissance (même au sens où NIETZSCHE l’entend) et non pas de la vérité la mesure des discours et des pratiques, c’est créer les conditions de l’affrontement universel entre les hommes. Car chacun peut dès lors légitimement dire et faire ce que bon lui semble. L’avertissement de PLATON vaut toujours : le choix fondamental est pour les hommes entre la vérité et la violence.

En fait, la cause de la vérité et celle de la philosophie se confondent : refuser la recherche de la vérité, c’est refuser la philosophie.

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