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Épistémologie

Qu’est-ce que l’épistémologie ?

Comment savons-nous ce que nous savons ? La raison est-elle une source fiable de connaissances, ou est-elle doit-elle être remplacée par la révélation mystique ou l’intuition émotionnelle ? Pouvons-nous avoir une connaissance certaine, ou devons-nous rester toujours dans le doute ?

De telles questions sont du ressort de l’épistémologie, la branche de la philosophie s’intéresse à la théorie de la connaissance. Elle est la science de la méthode appropriée d’acquisition et de validation du savoir. Une question centrale dans l’épistémologie est celle de la nature et de la validité des concepts. Si nos notions se réfèrent à des choses existant dans la réalité, alors notre connaissance est réelle et fiable. Si elles sont des constructions imaginaires adoptées par voie d’autorité ou par convention sociale, nos connaissances sont sans fondement et intrinsèquement peu fiables.

L’épistémologie est l’explication de la manière dont nous pensons. Elle est nécessaire pour être en mesure de déterminer le vrai du faux, par la définition d’une norme appropriée d’évaluation. Elle est nécessaire afin d’utiliser et d’acquérir la connaissance du monde qui nous entoure.

L’épistémologie existe parce que l’homme est un être faillible qui apprend par étapes et qui a besoin d’une procédure appropriée d’acquisition des connaissances pour agir, survivre et prospérer. Un homme n’a pas de connaissances innées ni d’instincts qui vont automatiquement et infailliblement promouvoir son bien-être. Il ne sait pas à l’avance ce qui va aider ou entraver sa vie. Il a donc besoin de savoir comment acquérir des connaissances fiables et objectives de la réalité.

La norme objective d’évaluation de nos jugements est la réalité

La réalité est la norme ultime de toute évaluation. En effet, toute connaissance est connaissance de la réalité. Les notions de vrai et de faux ne sont significatives que par référence à la réalité. Comparer nos jugements à la réalité est le seul moyen de déterminer la vérité objective.

Aristote définit le vrai de manière très simple dans sa Métaphysique : «  Dire de ce qui est qu’il est, et de ce qui n’est pas qu’il n’est pas, voilà le vrai [1] ».

L’objectivité consiste donc à référencer sa pensée à la réalité dans la détermination de la vérité. C’est l’acte de fonder ses connaissances sur la réalité, en y conformant sa pensée et ses idées. L’objectivité est le processus de comparaison actif de ses pensées à la réalité.

Les sceptiques disent que parce que nous sommes faillibles, nous devons douter de toutes nos croyances, y compris de l’existence d’une réalité. Mais cette affirmation est une contradiction en soi : le sceptique réclame une certitude au moins pour sa croyance en notre faillibilité.

Pour être objectif, il est aussi nécessaire de savoir comment définir les termes que l’on utilise (donc savoir de quoi l’on parle), de fonder toutes nos conclusions sur des faits observables (de sorte que nos croyances soient ancrées dans la réalité) et d’employer les principes de la logique.

La raison, faculté des concepts

« La raison est la faculté qui (…) identifie et intègre les éléments fournis par les sens. La raison intègre les perceptions de l’homme en formant des abstractions ou des concepts, élevant ainsi la connaissance de l’homme du niveau perceptif, qu’il partage avec les animaux, au niveau conceptuel, que lui seul peut atteindre. La méthode que la raison utilise dans ce processus est la logique et la logique est l’art de l’identification non contradictoire[2]. »

On peut distinguer 3 niveaux de conscience :

La sensation : réaction d’un organe à un stimulus extérieur.

La perception : faculté de retenir les sensations et de les associer dans des images concrètes.

La raison : faculté de saisir la réalité perçue par nos sens sous forme de concepts abstraits et de principes

Nos sens sont la seule façon d’obtenir des informations sur le monde. Mais la raison seule nous permet de comprendre la réalité. Il n’est pas nécessaire de savoir si ce que nous percevons est exact. La seule question est de savoir si l’on interprète correctement ce que nous percevons. Le moyen d’y parvenir passe par la raison.

Les concepts

A la différence des systèmes « sensoriels » ou « perceptifs » des plantes et des animaux, l’homme développe par sa conscience un système « conceptuel ».

Bien que les concepts et les définitions soient dans l’esprit, ils ne sont pas arbitraires, car ils reflètent la réalité, qui est objective. Les concepts ne sont ni des entités abstraites existant indépendamment de l’esprit humain, ni des produits de la conscience d’une personne, sans lien avec la réalité. Les concepts sont épistémologiquement objectifs en ce sens qu’ils sont produits par la conscience de l’homme en conformité avec la réalité. Les concepts sont des intégrations mentales des données factuelles. Ils sont le produit d’une classification dont le processus doit être effectué par un être humain, mais dont le contenu est déterminé par la réalité.

Les concepts sont des résumés détaillés et précis de la réalité. Le concept est donc « une abstraction représentant un nombre illimité de réalités concrètes d’un genre spécifique ».


[1] Artistote, Métaphysique, D, 7, 1011b.

[2] Ayn Rand, Philosophy, Who Needs It ?

Voir aussi :

Thonnard, F.-J. Précis de philosophie, Paris, Desclée, 1950.
Thonnard, F.-J. Précis d’histoire de philosophie, Paris, Desclée, 1966.

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