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L’identité de la personne

Ten-Universal-PrincipesL’homme est-il un être purement matériel ou bien un être doué d’un principe spirituel que les traditions anciennes appellent âme ? Comment définir l’identité de la personne humaine ?

Le matérialisme réductionniste, assimile l’intelligence humaine avec l’intelligence animale et renie la capacité humaine à la transcendance. Cette conception est-elle cohérente ?

Le terme de « personne » a été introduit en anglais dès avant l’an 1200 et dérive probablement du français, « persone/persoune » qui signifiait « être humain ». Ce mot venait du latin « persona » qui signifiait « être humain, individu ». A noter : la plupart des dictionnaires aujourd’hui proposent « être humain » comme définition de « personne ». Aucune évidence linguistique n’autorise à soutenir qu’un être d’origine humaine ne soit pas une personne. En revanche, l’étude de la langue montre que, tout au long de son histoire, le mot « personne » a eu un sens ontologique, qui définit la nature des choses. Ainsi, « personne » était inséparable de « un être humain vivant individuel ».

Peut-on définir objectivement la « personne » ? La thèse développée ici est qu’il est arbitraire d’ajouter d’autres critères au seul essentiel : « un être d’origine humaine, porteur d’un génome complet ». Par exemple, nous ne pouvons pas spécifier « pleinement développé » parce ce serait subjectif. Parlons-nous d’un foetus de six mois ou plus ? D’un enfant d’un an ? De dix ans ? D’un adulte ? Si le plein développement n’intervient qu’à un certain âge, est-ce à dire que les êtres encore en voie de développement ne sont pas des « personnes » ?

 L’identité ontologique : un génome humain complet constitue un être humain unique et différent.

Un séquenceur d’ADN fut élaboré dans les années 80, ce qui permit au Dr. Lejeune et à d’autres de mettre en évidence la présence d’un génome humain complet dans un zygote. Le Professeur Lejeune a montré qu’un zygote humain unicellulaire (même non implanté) possédait un génome complet. La présence de ce génome dans le zygote (cellule à l’origine d’un nouvel organisme issu de la reproduction sexuelle) généralement indique que cette cellule deviendra un être humain complet parfaitement viable s’il n’est pas soumis à des conditions défavorables à son développement que ce soit du fait de la nature ou provoquées artificiellement.

Il faut préciser que la seule présence d’un génome complet ne constitue pas un être humain. Ce génome peut être présent dans toute cellule somatique du corps humain. Une cellule somatique compose un organisme ; ce peut être une cellule de peau ou d’os ; ce ne sont pas des zygotes qui, eux, sont formés de cellules-mères constituant un nouvel être humain en puissance. Une cellule de peau ou d’os ne deviendra jamais un être humain mais la présence d’un génome complet dans un zygote laisse à penser qu’il se développera pour former un être humain unique et viable si les conditions le permettent. C’est la raison pour laquelle le Pr. Lejeune estimait qu’un zygote humain, implanté ou non, était un être humain.

Il a démontré l’exactitude de sa thèse par vérification accessible à tous au moyen d’un séquenceur automatique d’ADN (évidence a posteriori). Toute personne désirant vérifier ses dires pouvait utiliser ce séquenceur ou le sien propre et obtenir les mêmes résultats. Il a pu ainsi affirmer en toute objectivité qu’un zygote unicellulaire était un être humain. Utilisant les mêmes moyens, il a ensuite montré que le zygote était porteur d’un matériel génétique venant de la mère et du père mais qu’il était un être différent du fait de la combinaison génétique. De nouveau, quiconque le souhaitait pouvait se servir du séquenceur en question ou d’un autre et parvenir à la même conclusion objective. Le Pr. Lejeune a ensuite affirmé que ce zygote, dans des conditions normales, deviendrait un être humain, unique et parfaitement développé sur la base du code génétique présent dans la cellule d’origine. Tous ceux disposant d’un séquenceur pouvaient vérifier cette affirmation. Ceci lui a permis de conclure que non seulement un être humain était présent dans le zygote, mais encore, un être unique qui, dans la plupart des cas parviendrait à maturité. Si donc, nous définissons une personne comme un être humain en cours de maturation, alors, un zygote unicellulaire doit être considéré comme une personne.

Important : si nous ne précisons pas le caractère de potentiel de maturation dans notre définition de la personne, tout être humain, incomplètement développé pourrait être considéré comme une non-personne. Ce qui poserait problème car il est difficile de déterminer le stade auquel un être humain a atteint la totalité de son potentiel. Du point de vue biologique, ce pourrait être le stade auquel le cerveau, les os, les tissus, les muscles ont atteint leur plein développement, plus ou moins entre 12 et 22 ans suivant l’individu. Qui plus est, après 22 ans, on commence à perdre un peu de la plénitude du potentiel atteint à cet âge. En conséquence, « la complète maturation » ne peut servir de critère à la définition de la personne humaine : par trop arbitraire. Est-il utile de préciser que penser développement partiel serait également arbitraire ? Qui peut dire quelle proportion de développement fait d’un être humain une personne ? (Serait-ce 30, 40 ou 50%? Cela ne dépendrait que d’une évaluation subjective.)

Comment alors parvenir à une définition objective (non-arbitraire, vérifiable par tous) de la personne humaine ? En enlevant tout ce qui est arbitraire ? Soit. Mais si nous faisons cela, il ne nous reste qu’un seul critère non-arbitraire pour qualifier la personne : la présence d’un génome complet dans un organisme humain qui peut, éventuellement atteindre son plein développement.  Redisons qu’un génome humain complet constitue un être humain unique et différent dont l’identité et l’ADN ne sont pas réductibles à celles de la mère.

Ainsi donc, toute considération d’identité de personne doit être fondée sur un critère objectif à savoir : un être d’origine humaine, porteur d’un génome complet. C’est ce que signifie l’identité ontologique, point de départ de toute considération d’identité morale et légale. Une fois établi qu’un certain être est un être humain, on considère que cet être a une identité ontologique dont découle l’identité morale. Celle-ci exige qu’on applique le principe de non-malfaisance à une personne ontologique, c’est-à-dire, un être humain. Si nous reconnaissons l’identité morale d’un être, nous devons aussi reconnaître son identité légale parce que la loi ne peut pas porter atteinte au plus important des principes moraux sans se détruire elle-même.

Source : d’après Robert Spitzer, ancien professeur de philosophie à Gonzaga University, auteur de Ten Universal Principles

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