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Qu’est-ce que l’économie de marché (libre) ?

cherlonneixDans cette longue note, l’économiste et professionnel de la finance Bernard Cherlonneix, à qui je dois ma formation économique initiale, propose une remarquable synthèse des principes fondamentaux du marché libre. Ce document peut servir de supplément à un cours d’économie et il s’adresse donc particulièrement à tous ceux qui font des sciences économiques au lycée ou en classes prépas.

Voici quelques extraits avec le plan. Vous pourrez lire l’intégralité (avec les schémas) en téléchargeant le document pdf : L’économie de marché – Bernard Cherlonneix.

– comment fonctionnent des économies que personne (aucune administration centrale en particulier) n’est censé diriger ?
– comment s’orientent les entreprises, les banques dans une économie dirigée par le marché ?
– et subsidiairement, dans un contexte d’économie de marché, que doivent faire les administrations centrales, les entités publiques, en général ?

Cette note abordera successivement:

1. Trois définitions de l’économie de marché
2. Les fonctions des marchés
3. Le fonctionnement concret de l’économie de marché
4. Les théorèmes de l’économie de marché
5. Le rôle de l’État en économie de marché

1. TROIS DÉFINITIONS DE L’ÉCONOMIE DE MARCHÉ
1.1 – L’économie de marché envisagée ici est une « économie de marché libre »

On est en économie de marché dès lors que les producteurs cessent de produire essentiellement pour eux-mêmes et produisent leurs produits (biens et services) pour des consommateurs. Ceux-ci d’ailleurs ne peuvent consommer que parce qu’ils sont aussi des producteurs3 et échangent contre de l’argent leur production, afin de pouvoir ultimement échanger cet argent contre des biens de consommation. Ce système dit « de la dépendance universelle réciproque » (selon l’expression de Hegel) a été parfaitement illustré par l’adage romain : « do ut des, facio ut facias » Je donne afin que tu donnes, je fais afin que tu fasses).
Ainsi l’économie centralement planifiée, caractérisée par l’extrême concentration de la production et l’octroi à des entreprises d’état ou à des coopératives de monopoles de production et de distribution, est aussi une économie de marché, une économie de marché centralisée et totalement dirigée par l’État.

Le modèle théorique alternatif est celui d’une économie de marché « pure » (qui ne se confond pas avec l’économie réelle des principaux pays développés occidentaux tous marqués au XXème siècle par une forte étatisation de leurs structures, notamment financières) c’est-à-dire l’économie de marché libre (free market economy), en réalité dirigée par les consommateurs, c’est-à-dire régulée de manière décentralisée.

L’économie de marché libre est l’économie dans laquelle les producteurs et les consommateurs décident eux-mêmes de ce qu’ils vont offrir et demander, sans interférence (mais non sans un rôle essentiel) de l’État dans cette décision de produire et de consommer. L’initiative y est libre et personnelle. Elle vient du bas (non du haut) et de la périphérie (non du centre). L’économie de marché libre est un modèle de responsabilité « remontante » et non « descendante ». Elle répond au principe dit de subsidiarité.

Économie » signifiant étymologiquement administration de la maison comme en témoignent encore les termes en usage d’économe ou d’économat, certains auteurs ont préféré qualifier de catallaxie (du grec catallato ; échanger) l’objet propre de la discipline économique. La catallaxie serait ainsi le système d’échanges entre des cellules « économiques ». Le choix de cette expression revient à Ludwig von Mises in Human Action (1ère édition Yale University Press, 1949) L’action humaine, PUF, Libre Echange, 1985, traduction de Raoul Audoin.

Note : la définition du travail par Adam Smith, reprise par Ricardo et Marx, est à la base d’un malentendu

Réfutant Quesnay qui voyait dans les agriculteurs la seule classe productive (les artisans, les manufacturiers et les commerçants appartenaient tous à la classe stérile selon les physiocrates) et dans le travail de la terre le seul travail véritablement productif, Adam Smith a défini plus généralement le travail comme transformation de la matière, en incluant ainsi le travail agricole dans sa définition du travail, mais en maintenant à l’écart du « travail », les commerçants, les transporteurs, les assureurs, les banquiers, les professions libérales etc.
C’est cette définition plus large, mais encore trop étroite (parce que trop liée à une forme extérieure de travail) qui allait servir de fondement à la théorie de la plus-value et par conséquent de la lutte des classes de Marx. Seuls les ouvriers, les cols bleus travaillent véritablement et tout le revenu qui leur échappe correspond à une exploitation des capitalistes. On voit par cette postérité inattendue d’un des fondateurs de l’école libérale, l’importance des définitions et l’influence majeure que peut exercer dans l’histoire une erreur théorique relativement mince dans son point de départ. Il faudra attendre Jean-Baptiste Say et Frédéric Bastiat pour parvenir à une définition mûre du travail, comme service rendu par l’homme à d’autres hommes quelle que soit la forme extérieure (valeur ajoutée par le travail à une matière première ou service direct) revêtue par ce travail.

1.2 – Diverses définitions de l’économie de marché (libre)

Le marché est une démocratie économique permanente. La démocratie économique ne consiste pas en une élection des dirigeants de l’entreprise par ses salariés, comme une approche myope l’a parfois laissé entendre, mais en une élection des entreprises par les consommateurs. Dirigeants, salariés et actionnaires sont sur le même bateau, soumis au caprice des consommateurs sur le vaste océan de la concurrence. Le suffrage de la démocratie économique vient des consommateurs.

On peut définir l’économie de marché, ou le vaste marché que forment les économies, comme une démocratie économique dans laquelle l’homme politique est l’entrepreneur, le programme politique le produit, l’électeur le consommateur et le bulletin de vote la monnaie (ou l’argent comme l’on dit communément). Elle se distingue de la démocratie politique sur deux points essentiels, qui en font si l’on veut un type de démocratie
supérieur :

– l’élection économique ne suppose ni majorité absolue ni majorité relative. Il suffit que le nombre de bulletins de vote soit suffisant pour rentabiliser les moyens mis en oeuvre par l’entreprise en vue d’un profit. C’est ainsi que beaucoup d’entreprises et de banques sont à la recherche de « niches » de profitabilité suffisante sur les marchés qu’elles abordent;

– l’élection économique est permanente. La démagogie n’y résiste pas. L’entreprise est rapidement contrainte « à se soumettre ou à se démettre » face au diktat des consommateurs, versatiles souverains.

On peut enfin définir plus académiquement l’économie de marché comme un système d’activités humaines d’initiative personnelle, dont la coordination est assurée de manière décentralisée par les offreurs et les demandeurs, qui se rencontrent librement sur les marchés pour échanger des biens et des services contre de la monnaie avec un profit mutuel.
Ainsi, par cette coopération décentralisée, régulée par la concurrence, l’économie de marché ou les marchés, c’est-à-dire les hommes, résolvent quotidiennement, au travers d’une quantité infinie de décisions responsables, bon nombre de questions auxquelles un planificateur omniscient chercherait en vain les solutions. Le marché procède en effet à cette division des tâches qui optimise les limites du savoir, et du savoir-faire de chaque homme et de chaque entreprise, en recourant à la complémentarité nécessaire et en déterminant le niveau de centralisation optimum selon le type d’activité.

Nourrir quotidiennement l’agglomération parisienne est en soi un immense problème. Il est pourtant résolu chaque jour silencieusement par des milliers de commerçants qui ont intérêt à approvisionner au mieux leurs étalages pour gagner leur propre vie. Chacun conçoit son achalandage en fonction de sa clientèle qu’il est le seul à connaître précisément et dont il est le seul capable d’interpréter les goûts en matière de produits, de marques, de qualités, de quantités et de prix. Personne ne le force à se lever le matin de bonne heure (parfois 3 ou 4 heures du matin) pour aller s’approvisionner au centre de Rungis, marché de gros des produits alimentaires et véritable cité du commerce (qui s’est substitué aux Halles que Zola appelait le ventre de Paris).
C’est ainsi que le marché résout, de manière apparemment miraculeuse, par la division et la décentralisation des problèmes, des questions qu’une gestion administrative posera inévitablement, si elle s’y substitue.

2. LES FONCTIONS DU MARCHÉ
2.1 – Qu’est-ce que le marché ?

Le marché peut être considéré à partir de trois points de vue :
1) du point de vue du consommateur ou de la ménagère, qui fait son « marché » en « allant au marché ».
2) du point de vue du producteur, qui sollicite le client ou le consommateur en allant à sa rencontre sur les divers marchés de l’économie (ou catallaxie).
3) du point de vue de l’observateur, badaud ou économiste, qui considère la rencontre et l’échange sur le marché, et s’efforce de dire ce qui s’y passe, d’en rechercher le pourquoi, le comment, les conditions et les conséquences en société, car l’économie n’est qu’un point de vue sur l’action et l’interaction des hommes en société, c’est-à-dire une observation de la vie humaine en tant que vie sociale. C’est ce point de vue que nous adopterons dans cette note.

2.1.1 – Le marché du point de vue du consommateur

II n’est donc pas nécessaire de satisfaire aux conditions de la concurrence pure et parfaite pour que le consommateur obtienne une satisfaction raisonnable de ses besoins sur le marché. Poser des conditions aussi strictes revient d’ailleurs à identifier le marché à une quasi-utopie qui nécessiterait à son chevet un bricolage administratif permanent pour pouvoir enfin prétendre à une existence effective conforme au modèle proposé.
II suffit, pour qu’une économie de marché fonctionne normalement, c’est-à-dire pour le plus grand profit du consommateur, que la libre entrée des producteurs soit assurée dans la branche de production à laquelle il adresse sa demande. Au cas où un seul vendeur paraîtrait être en mesure d’assurer la rentabilité de son activité dans tel ou tel secteur d’activité, la simple contestabilité de son marché par un concurrent potentiel est en principe suffisante pour le dissuader d’abuser de son monopole de fait. Ainsi le monopole de fait dans le cadre institutionnel de la libre concurrence (nationale et internationale) n’est pas nuisible et il n’est pas nécessaire de le contrôler: un concurrent, au moins potentiel, s’en charge, prêt à venir s’installer sur un marché où les marges s’accroîtraient excessivement. Seul le monopole de droit, imposé par voie de loi ou règlement est par conséquent à éviter, car lui seul est susceptible de limiter artificiellement la concurrence et de diminuer ainsi potentiellement la satisfaction du consommateur.

2.1.2 – Le marché dans l’optique du producteur
2.1.3 – Le marché du point de vue de l’économiste

Au fond le marché, dans son essence, c’est autrui, le marché c’est « les autres » … en face de moi et à côté de moi avec lesquels je coopère et rivalise simultanément. Le marché est une interaction permanente d’individus ou d’associations d’individus qui poursuivent un but personnel ou collectif et obtiennent un résultat en principe légèrement différent puisqu’il dépend aussi de l’action des autres. Le marché est une structure complexe et mouvante de coopération-rivalité dans le cadre d’une règle du jeu en principe connue d’avance.

Bien que les deux côtés du marché soient aussi importants l’un que l’autre et aussi nécessaire, l’un à l’autre (le consommateur ne peut pas plus consommer sans producteurs que le producteur ne peut produire sans consommateurs) l’un des deux est subordonné à l’autre comme le moyen à sa fin. On ne produit pas pour produire. On produit pour consommer. Ce sont les consommateurs, les clients qui gouvernent le marché dans l’économie de marché.

La coopération est une réalité du marché plus fondamentale encore que celle de la concurrence. La libre concurrence entre les vendeurs et les acheteurs est indispensable au bon fonctionnement de la coopération (par l’échange) vendeurs acheteurs, mais elle lui est subordonnée. Le fait majeur sur le marché, plus encore que la concurrence, est la coopération des hommes.

Enfin le marché est un phénomène social volontaire. Cette caractéristique essentielle est également trop souvent omise ou oubliée. La coopération, comme la concurrence, sur le marché proviennent de décisions personnelles d’êtres indépendants poursuivant leurs propres objectifs. Le succès et l’efficacité de l’économie de marché viennent de là.

2.2 – Les fonctions du marché
2.2.1 – Les consommateurs déterminent le quoi, ce qui est produit
2.2.2 – Les consommateurs déterminent le qui, les entrepreneurs, leur nombre et, par conséquent leur taille
2.2.3 – Les consommateurs déterminent le « comment », l’intensité capitalistique et le degré de sophistication des méthodes de production
2.2.4 – Les consommateurs déterminent « pour qui » seront les revenus, la répartition et l’échelle des revenus dans la société

3. LE FONCTIONNEMENT CONCRET DE L’ÉCONOMIE DE MARCHÉ
3.1 – Le déroulement d’une séance de marché et son analyse
3.2 – Les effets de l’évolution des prix dans une branche industrielle
3.3 – Les effets du blocage du « mécanisme » des prix sur l’optimum social

4. LES THÉORÈMES FONDAMENTAUX DE L’ÉCONOMIE DE MARCHÉ

Les lois fondamentales de cette véritable cybernétique sociale qu’est l’économie de marché, mue par les volontés humaines coopérant et rivalisant pacifiquement, sont des lois naturelles et observables de la société humaine. Pour cette raison et afin d’en souligner à la fois la nécessité et la rigueur on peut bien les appeler théorèmes fondamentaux de l’économie de marché. ils sont au nombre de deux: l’un est le théorème de la main invisible d’Adam Smith qui exprime la résultante sociale de la logique de l’intérêt individuel; l’autre est la loi des débouchés de Jean Baptiste SAY qui exprime la nécessité de l’équilibre économique global instantané et inter temporel, statique et dynamique.

4.1 – Le théorème de la main invisible d’Adam Smith

La poursuite par chacun de son intérêt propre et , par conséquent, la liberté de le faire, sont d’intérêt général. La liberté économique est le fondement de la prospérité des nations. Telle est au fond la portée de l’argument, qui résume bien « l’enquête sur les causes de la richesse des nations », souvent perçue comme le point de départ de l’économie politique moderne.

La recherche de son intérêt, la poursuite d’un revenu est la manière sociale la plus courante de servir autrui. Ordinairement, nous dit Adam Smith, et chacun peut l’observer, le profit est le but de l’activité (ce but n’étant pas en soi exclusif d’autres buts plus désintéressés) et, dans des circonstances normales de fonctionnement de la vie sociale, le service d’autrui en est la condition. L’enrichissement individuel est conditionné par la satisfaction préalable d’autrui. C’est l’intérêt de chacun de servir autrui. Chacun, sur le marché, est forcé de passer sous les fourches caudines d’autrui. Ainsi la liberté de poursuivre son intérêt est socialisatrice et sociabilisante.

Voici le secret de l’économie fondée sur l’initiative privée : chacun a intérêt à produire, à travailler. L’intérêt en est le ressort psychologique, la liberté économique la gâchette institutionnelle. En même temps s’explique l’adaptabilité du système productif en économie de marché: là où existent des besoins insatisfaits, il y a une source potentielle de profit pour ceux qui sont les premiers à répondre à cette demande qui attend de s’exprimer et que l’offre d’un chercheur de profit va révéler.

4.2 – Le théorème de Jean-Baptiste Say : la loi des débouchés

C’est l’offre qui crée la demande, et cette loi est le fondement de tout ordre social et économique durable. Cette loi de Say a son corollaire, qui permet un usage plus facile de la loi elle-même : chacun, sur le marché, ne peut demander qu’à concurrence de ce qu’il a offert.

A partir de la formulation de la loi des débouchés, toute la vie économique peut être exprimée en termes d’offre(s) et de demande(s) sur les marchés. Comment, sur cette base l’offre peut-elle créer sa propre demande et en quel sens ? L’offre crée sa propre demande directement et indirectement. Directement parce que l’offreur cherche le demandeur, s’efforce de répondre par son offre à une demande potentielle comme on l’a vu.

Cette loi de Say explique et résume la vision classique de l’économie, tourneboulée par l’approche keynésienne qui a incité à une vision inversée de l’économie, qui perturbe encore l’analyse économique contemporaine.

5. LE RÔLE DE L’ÉTAT DE DROIT EN ÉCONOMIE DE MARCHÉ

5.1 – Ce que l’État ne doit pas faire pour respecter les principes de fonctionnement de l’économie de marché

S’il intervient réglementairement pour déterminer les conditions de l’offre sur un marché (comme dans le secteur du bâtiment ou dans le secteur agro-alimentaire) et si son action
fiscale a un impact sur la demande, il doit laisser le marché tirer les conséquences de ces interventions et trouver les nouveaux prix d’équilibre qui sont fonction de ces conditions. Ceci vaut en principe pour tous les prix: prix de marchandises ou d’immeubles, loyers, salaires etc.
Par conséquent la législation d’un salaire minimum est incompatible avec la recherche d’un équilibre sur le marché du travail. Cela veut dire que si le gouvernement d’un pays veut
réellement résorber un chômage endémique, alors il doit savoir que le salaire minimum est un obstacle sur son chemin.

L’État n’a pas à soutenir telle entreprise plutôt que telle autre, tel secteur plutôt que tel autre, par des réglementations particulières, des subventions directes, ou une orientation politique de ressources à des conditions privilégiées. L’allocation des ressources se fait naturellement en fonction de l’intensité des besoins sociaux exprimés par les différents niveaux de profit et les évolutions des profits par branche et par entreprise. Tout ce qui politise cette allocation aboutit à une allocation sous optimale des ressources réelles et financières de l’économie au détriment du niveau de vie et de la croissance économique future.
Cette conclusion est une application directe du principe de la libre concurrence. Elle est, en principe, rarement appliquée dans son intégralité dans les économies occidentales.

L’Etat, qui a un devoir d’assurer la continuité de la fourniture d’un certain nombre de services et de biens publics, n’a pas, en principe, à participer directement à la production de ces services ou de ces biens. Il peut par les concessions de services publics à des organismes privés, ses contrats ou l’édiction de cahier des charges, et le contrôle des prestations et des coûts, vérifier, que les objectifs « publics » qui sont les siens sont bien atteints par les structures privées auxquelles ils sont confiés.

Enfin, d’une manière générale, l’Etat ne doit pas créer des conditions générales de production et de taxation des revenus trop onéreuses par rapport à celles offertes par les pays voisins ou lointains d’un niveau de développement comparable, sans risquer de s’exposer à la fuite des capitaux et à l’exode des cerveaux. Les capitaux et les hommes, a-t-on pu observer, fuient les zones à haut potentiel fiscal et réglementaire pour aller vers les zones de basse pression fiscale et réglementaire.

5.2 – Ce que l’État doit faire

Deux images peuvent aider à préciser le rôle essentiel de l’État pour le bon fonctionnement courant de l’économie de marché: celle de « l’arbitre » et celle du « code de la route ».

En tant qu’État de droit, il doit lui-même être soumis au droit et au respect du droit, respecter par exemple les délais de paiement, lui qui en impose de très stricts aux contribuables, avec pénalisation en cas de dépassement. Il doit assurer l’égalité des citoyens devant la loi et le règne du droit (the ruIe of law) le respect des procédures garantissant effectivement les droits des personnes.

En complément lire aussi : http://bernardcherlonneix.wordpress.com/2013/06/04/etalon-or-relique-barbare-ou-garde-fou/

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7 Réponses

  1. les idées développées dans cette note sont assez intéressantes et même semblent plutôt vraies. Mais dans quelles mesures sont-elles applicables ? En effet, maintenant que l’Etat est rentré dans la machine économique, pensez-vous qu’il est possible aux hommes de retrouver leur indépendance ?

    1. Merci pour cette excellente question cher ami. Vous avez raisons, l’Etat ne sortira pas de la machine aussi facilement qu’il y est entré. Cela s’est déjà vu à plusieurs reprises mais c’était en Suisse, en Grande Bretagne et aux USA, dans les années 80 et malheureusement la France a suivi le chemin inverse (voir ici : https://nicomaque.com/2014/02/13/la-nouvelle-lutte-des-classes). Il est tout de même possible de s’inspirer des exemples que je viens de citer. Notamment car la révolution est venue des idées et de la culture, c’est-à-dire d’en bas, de la société civile. Les politiques ne sont que la face visible de l’iceberg. Derrière Thatcher ou Reagan, il y Hayek et Bastiat. Il y a une myriade d’organisations culturelles, de sociétés de pensée et donc de livres, de conférences et de formations intellectuelles qui ont permis ce changement des mentalités, puis l’arrivée au pouvoir de politiques qui reprennent ces idées. En démocratie toute vraie réforme de fond ne peut venir que d’en-bas. Les politiques sont des hommes comme les autres. Ils n’échappent pas au marché : ils veulent essentiellement satisfaire la demande de leurs électeurs. Donc si les électeurs demandent plus de protection, de sécurité, d’égalité, les lois vont se multiplier en ce sens.
      Aucun changement ne sera possible donc sans une profonde révolution intellectuelle, qui doit passer par la diffusion des idées de liberté dans le grand public. Des auteurs comme Ayn Rand, qui sont en même temps des écrivains populaires, dont les livres sont portés à l’écran, sont des clés du succès. Des hommes publics aussi, comme Ron Paul aux US (il n’y a pas d’équivalent en France hélas) sont des porte-paroles puissants des idées de liberté et de paix. J’admire beaucoup ce que fait l’association étudiante Students for Liberty dans le monde aujourd’hui. Ils implantent dans les campus des groupes de lecture et de parole, avec un message clair et attirant pour les jeunes (voir ici : https://nicomaque.com/2014/02/07/why-liberty). C’est un peu ce que nous essayons de faire avec l’Institut Coppet : montrer aux Français qu’ils ont une tradition intellectuelle authentique de liberté, qui n’est pas importée de l’étranger mais qui correspond bien à notre histoire et je dirais presque à nos gènes.

  2. Note très bien rédigée. Quelle référence utiliser si l’on veut la citer dans un travail? Merci

  3. Bernard Cherlonneix, L’économie de marché, http://www.nicomaque.com.

  4. […] cette analogie vous plaît, allez lire l’explication détaillée qu’en donne un économiste sur cette page riche et […]

  5. […] lors d’une entrevue. Plusieurs vignerons préfèrent se frotter à la concurrence dans un marché libre plutôt que d’être dépendants d’un programme qui peut être supprimé à tout moment. […]

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