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L’école autrichienne d’économie

Nommée ainsi du fait de la nationalité de ses fondateurs, l’école autrichienne d’économie a joué un rôle unique dans le développement de la doctrine économique au XXe siècle et dans la promotion de l’économie de marché au sein de la droite américaine d’après-guerre. Parmi les plus importantes contributions scientifiques de l’école autrichienne, on trouve l’impossibilité du calcul économique en régime socialiste, la théorie subjective de la valeur, la place centrale du coût d’opportunité dans les choix humains, l’importance du processus de la concurrence, la critique de l’approche macro-économique keynésienne, les origines  des cycles économiques et le rôle essentiel de la déduction logique dans la méthodologie des sciences sociales.

Sur les questions de politique, l’école autrichienne est surtout connue pour sa défense du libre marché contre toutes les interventions du gouvernement, sa défense d’une monnaie saine, du retour à l’étalon-or et des banques libres.

Outre les plus connus, Ludwig von Mises et Friedrich A. Hayek, les économistes dans la tradition autrichienne sont :  Carl Menger, Eugen von Böhm-Bawerk, Richard von Strigl, Wilhelm Ropke, Frank Fetter, Ludwig Erhard, Henry Hazlitt, Murray N. Rothbard, et Israel Kirzner. Le nombre d’économistes universitaires qui se considèrent comme proches de l’école autrichienne est important et croissant, bien que ces économistes restent une minorité dans la profession.

Selon Hayek, les derniers disciples de saint Thomas d’Aquin, les dominicains et jésuites espagnols du XVIe siècle (la scolastique tardive ou École de Salamanque) sont les vrais fondateurs de la théorie de l’ordre spontané : Vitoria, Suarez, Mariana ou Molina.

Bien que ses racines plongent dans la scolastique tardive, la tradition de l’école autrichienne commence avec la publication des Principes économiques de Carl Menger (1871), qui contribue à la «révolution marginaliste» dans l’économie. Dans ce texte, Menger s’oppose à la doctrine classique de la valeur et des prix, qui suppose que la valeur économique est intrinsèque à bien ou à un service et que le prix est déterminé par la quantité de main-d’œuvre nécessaire à sa production. Karl Marx a utilisé cette doctrine smithienne de la valeur travail comme fondement de sa propre théorie de l’exploitation. Menger soutien, en revanche, que la valeur économique ne réside pas dans le bien lui-même, mais dans l’esprit des individus qui agissent sur le marché.

L’une des caractéristiques de l’école autrichienne, c’est qu’elle fait appel au droit, à la philosophie et à l’histoire des institutions pour comprendre le fonctionnement du marché. Un passage de La Route de la Servitude, contient déjà toute la substance d’une pensée que Hayek mit plus de trente ans à développer et à préciser, jusqu’à la parution de sa grande synthèse Droit Législation et Liberté dans les années 70 :

« Il se peut que ce soit de loin la tâche à la fois la plus difficile, et aussi l’une des plus importantes, pour la raison humaine, que celle de saisir intellectuellement ses propres limites. Il est essentiel pour la croissance de la raison que nous devions, comme individus, nous incliner devant des forces et obéir à des principes que nous ne pouvons espérer comprendre complètement, et qui conditionnent, cependant, non seulement les progrès de la civilisation, mais sa survie » (La route de la servitude, 1944, p. 33).

Ce point de vue remet en question toutes les théories positivistes (ce que Hayek appelle « rationalisme constructiviste ») selon lesquelles l’homme, par son savoir, serait capable de maitriser le fonctionnement de la société et de la modifier comme une matière brute.

Pour en savoir plus, voir sur le site du professeur Guido Hülsmann, de l’université d’Angers : http://www.guidohulsmann.com/#recherche

Une conférence de Pascal Salin, ancien professeur d’économie à Dauphine : L’école autrichienne d’économie, l’aboutissement d’un voyage intellectuel

Université d’automne en économie autrichienne du 4 au 6 octobre 2013 à l’ESC Troyes

Voir aussi mes pages sur :

Ludwig von Mises

Friedrich A. von Hayek

Murray Rothbard

A lire aussi :

Les biens collectifs et les externalités par M. Rothbard

Hayek Mises et Bastiat pour les nuls

L’analyse économique de Hayek

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