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Archives de Catégorie: violence

#368

« La guerre, et même une guerre défensive juste, n’est donc légitime que quand la violence s’exerce exclusivement contre les auteurs mêmes de l’agression. On laissera au lecteur le soin de déterminer combien de guerres ou de conflits dans l’histoire ont satisfait cette condition. »

— Murray N. Rothbard

Source : Des Relations entre Etats, in Ethique de la liberté

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#364

« L’idée d’une “association” entre un groupe privé et des personnages publics, entre l’entreprise et l’administration, entre l’activité productive et l’emploi de la force, est une corruption sémantique (un “anti-concept” typique d’une idéologie fasciste — d’une idéologie qui considère la violence comme l’élément fondamental et l’arbitre de dernier ressort de toutes les relations humaines. »

— Ayn Rand

Source : Le nouveau fascisme : le règne du “consensus”

#282

« Le capitalisme ne s’oppose pas au communisme. Le capitalisme s’oppose à la violence. »

— Christian Michel

Source : Communisme et Politique (2003)

#233

« Comprenez donc, vous tous, surtout les jeunes, que de vouloir imposer un mode de gouvernement imaginaire aux autres par la violence n’est pas seulement une superstition vulgaire, mais même une œuvre criminelle. Comprenez que ce travail, loin d’assurer le bien des hommes, n’est qu’un mensonge, une hypocrisie plus ou moins inconsciente, et cache toujours les plus basses passions. »

— Leo Tolstoy

Source : The Law of Love and the Law of Violence, chapitre XVIII (1908)

V.O. : « Understand then, all of you, especially the young, that to want to impose an imaginary state of government on others by violence is not only a vulgar superstition, but even a criminal work. Understand that this work, far from assuring the good of men, is only a lie, a more or less unconscious hypocrisy, and is always hiding the lowest passions. »

#201

« Le principe de base de l’éthique objectiviste est que personne n’a le droit de tirer de la valeur d’un autre être humain par l’usage de la violence physique – personne ni groupe humain n’a le droit d’initier la violence contre les autres. Les hommes ont le droit d’user de la violence que dans le cas de légitime défense seulement contra ceux qui l’ont initiée. Les hommes doivent vivre ensemble par l’échange volontaire, donnant de la valeur contre de la valeur, ils doivent le faire par un consentement mutuel libre pour obtenir un bénéfice mutuel. Le seul système social qui interdit l’usage de la violence dans les relations entre individus est le capitalisme de laissez faire. Le capitalisme repose sur la reconnaissance des droits individuels, compris le droit de propriété, dans lequel le rôle du gouvernement est de protéger les hommes de ceux qui initient la violence physique.  »

— Ayn Rand

Source : …

Insupportable…


Voir la vidéo complète ici
Un extrait ici

Que dire devant cette infamie ?

Qu’il faut d’urgence rétablir l’ordre au coeur même de Paris et dans toutes les banlieues, que la police a besoin pour cela d’un fichier des mineurs délinquants, ainsi qu’une extension de la vidéo surveillance. Certes la réponse policière n’est pas la panacée, mais elle permet au moins d’atténuer le sentiment d’impunité et de dissuader certains, donc de protéger le simple citoyen, qui paie ses impôts et qui a droit à la protection de l’Etat. Cela ne règle pas tout, je l’accorde.

Car le fond du problème, ce n’est pas l’immigration, c’est l’Etat-providence, qui enferme les populations dans l’assistanat : allocations, RMI et logement social… On rend les individus esclaves, irresponsables, en situation de tout attendre de l’Etat et rien d’eux-mêmes. La clé, comme disent mes amis américains c’est :

1° Less government
2° More individual responsibility.

On en est encore loin…

René Girard – Extraits de textes


Celui par qui le scandale arrive
Extraits

1
Ce débat est d’ailleurs légitime. La culture occidentale est ethnocentrique elle aussi, c’est bien évident, aussi ethnocentrique que toutes les autres et de façon plus cruellement efficace, bien entendu, à cause de sa puissance.
Il ne s’agit pas de nier cela mais pourquoi ne pas reconnaître en même temps une évidence historique irréfutable? À la différence de toutes les autres cultures, qui ont toujours été ethnocentriques tout de go et sans complexe, nous autres occidentaux sommes toujours simultanément nous-mêmes et notre propre ennemi. Nous sommes la Majesté suprême et l’opposition de Sa Majesté. Nous condamnons ce que nous sommes, ou croyons être, avec une ardeur peu efficace le plus souvent, mais au moins nous essayons. Ce qui se passe aujourd’hui est un exemple de plus de la passion pour l’auto-critique, qui n’existe que chez les êtres touchés par la civilisation judéo-chrétienne.
Celui par qui le scandale arrive, p. 9.

2
Avec la fin de la guerre froide, les risques de guerre cataclysmique ont diminué, et les pacifiques se sont réjouis, mais ce n’était que partie remise et on le pressentait. Depuis longtemps on annonçait, mais sans trop y croire, que le terrorisme allait relayer la guerre traditionnelle. On voyait mal comment il s’y prendrait pour se rendre aussi effrayant que la perspective d’un échange nucléaire entre superpuissances. Aujourd’hui on voit.
La violence semble prise dans un processus d’escalade qui rappelle la propagation du feu, ou celle d’une épidémie. Les grandes images mythiques ressurgissent comme si la violence retrouvait une forme très ancienne et un peu mystérieuse.
C’est comme un tourbillon au sein duquel les violences les plus violentes vont se rejoindre et se confondre. Il y a les violences familiales et scolaires, celles dont se rendent coupables ces adolescents qui massacrent leurs camarades dans des écoles américaines, et il y a les violences visibles dans le monde entier, le terrorisme sans limites ni frontières. Ce dernier se livre à une véritable guerre d’extermination contre les populations civiles. Il semble qu’on se dirige vers un rendez-vous planétaire de toute l’humanité avec sa propre violence.
Lorsque la globalisation se faisait attendre, tout 1e monde l’appelait de ses vœux. L’unité de la planète était un grand thème du modernisme triomphant. On multipliait en son honneur les «expositions internationales». Maintenant qu’elle est là, elle suscite plus d’angoisse que d’orgueil. L’effacement des différences n’est peut-être pas la réconciliation universelle qu’on tenait pour certaine.
Ibidem, p. 16-17.

3
En observant les hommes autour de nous, on s’aperçoit vite que le désir mimétique, ou imitation désirante, domine aussi bien nos gestes les plus infimes que l’essentiel de nos vies, le choix d’une épouse, celui d’une carrière, le sens que nous donnons à l’existence.
Ce qu’on nomme désir ou passion n’est pas mimétique, imitatif accidentellement ou de temps à autre, mais tout le temps. Loin d’être ce qu’il y a de plus nôtre, notre désir vient d’autrui. Il est éminemment social… L’imitation joue un rôle important chez les mammifères supérieurs, notamment chez nos plus proches parents, les grands singes ; elle se fait plus puissante encore chez les hommes et c’est la raison principale pour laquelle nous sommes plus intelligents et aussi plus combatifs, plus violents que tous les mammifères.
L’imitation, c’est l’intelligence humaine dans ce qu’elle a de plus dynamique ; c’est ce qui dépasse l’animalité, donc, mais c’est ce qui nous fait perdre l’équilibre animal et peut nous faire tomber très au-dessous de ceux qu’on appelait naguère « nos frères inférieurs ». Dès que nous désirons ce que désire un modèle assez proche de nous dans le temps et dans l’espace, pour que l’objet convoité par lui passe à notre portée, nous nous efforçons de lui enlever cet objet et la rivalité entre lui et nous est inévitable.
C’est la rivalité mimétique. Elle peut atteindre un niveau d’intensité extraordinaire. Elle est responsable de la fréquence et de l’intensité des conflits humains, mais chose étrange, personne ne parle jamais d’elle. Elle fait tout pour se dissimuler, même aux yeux des principaux intéressés, et généralement elle réussit.
Ibidem, p. 18-19.

4
Pour comprendre l’histoire actuelle, il faut d’abord regarder en nous tout autant qu’autour de nous. Notre monde est livré à la concurrence dans tous les domaines, à l’ambition frénétique. Chacun de nous est touché par cet esprit qui n’a rien de mauvais. L’esprit de concurrence, qui l’emporte depuis longtemps dans les rapports au sein des classes dominantes, s’est répandu dans toute la société et, de nos jours, il triomphe plus ou moins ouvertement sur toute la terre. Dans les nations occidentales, et surtout aux États-Unis, il anime non seulement la vie économique et financière, mais la recherche scientifique et la vie intellectuelle. En dépit de la tension et de l’agitation qu’il fait régner partout, les Occidentaux se félicitent, dans l’ensemble, de l’avoir adopté, car ses effets positifs sont considérables, à commencer par la richesse extravagante d’une grande partie de la population. Personne ou presque ne songe plus à l’abandonner, car il permet de rêver à un avenir plus brillant et plus prospère encore que le passé récent. Notre monde nous paraît être le plus désirable qui fut jamais, surtout lorsque nous le comparons aux régions du monde qui ne connaissent pas le même succès.
Il y a malgré tout quelque chose de négatif et de redoutable dans la situation actuelle, même pour ceux qui en profitent le plus et c’est l’attrait, bien dissimulé mais certain, qu’exerce « le modèle occidental » sur les foules misérables du tiers monde.
Ibidem, p. 22-23.

5
Toutes les sociétés humaines sans exception ont tendance à se détraquer sous l’effet de leur violence interne. Lorsque cela se produit, elles disposent d’un moyen de rétablissement qui leur échappe à elles-mêmes et que l’anthropologie n’a jamais découvert, la convergence spontanée, mimétique de toute la communauté contre une victime unique, le « bouc émissaire » originel sur lequel toutes les haines se déchargent sans se répandre catastrophiquement aux alentours, sans détruire la communauté.
Ibidem, p. 61-62.

Autres textes

« Pour sortir de la violence, il faut, de toute évidence, renoncer à l’idée de rétribution ; il faut donc renoncer aux conduites qui ont toujours paru naturelles et légitimes. Il nous semble juste, par exemple, de répondre aux bons procédés par de bons procédés et aux mauvais par de mauvais, mais cela, c’est ce que toutes les communautés de la planète ont toujours fait, avec les résultats que l’on sait… Les hommes s’imaginent que pour échapper à la violence, il leur suffit de renoncer à toute initiative violente, mais comme cette initiative, personne ne croit jamais la prendre, comme toute violence a un caractère mimétique, et résulte ou croit résulter d’une première violence qu’elle renvoie à son point de départ, ce renoncement-là n’est qu’une apparence et ne peut rien changer à quoi que ce soit. La violence se perçoit toujours comme légitime représaille. C’est donc au droit de représailles qu’il faut renoncer et même à ce qui passe, dans bien des cas, pour légitime défense. Puisque la violence est mimétique, puisque personne ne se sent jamais responsable de son premier jaillissement, seul un renoncement inconditionnel peut aboutir au résultat souhaité : Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs prêtent à des pécheurs pour en recevoir l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. »
Des choses cachées depuis la fondation du monde, éd. Grasset, pp.221-222.

« Les mythes débutent presque toujours par un état de désordre extrême. […] Toujours et partout on peut résumer la situation initiale en termes d’une crise qui fait peser sur la communauté et son système culturel une menace de destruction orale.
Cette crise est presque toujours résolue par la violence et celle-ci même si elle n’est pas collective a des résonances collectives. […]
Au paroxysme de la crise, la violence unanime se déclenche. Dans beaucoup de mythes qui nous paraissent les plus archaïques et qui, à mon avis, le sont effectivement, l’unanimité violente se présente comme une ruée en masse plus suggérée que vraiment décrite et qui se retrouve, très évi- dente, manifeste, dans les rituels. Ceux-ci visiblement reproduisent, nous soupçonnons déjà pourquoi, la violence unanime et réconciliatrice du mécanisme victimaire.
Le protagoniste dans les mythes archaïques, c’est la communauté entière transformée en foule violente. Se croyant menacée par un individu isolé, fréquemment un étranger, elle massacre spontanément le visiteur. On retrouve ce type de violence en pleine Grèce classique, dans le culte sinistre de Dionysos1.
Les agresseurs se précipitent comme un seul homme sur leur victime. L’hystérie collective est telle qu’ils se conduisent, littéralement, comme avidement les lourdes volutes blanches qui s’élevaient aussitôt.
comme un seul homme sur leur victime. L’hystérie collective est telle qu’ils se conduisent, littéralement, comme des bêtes de proie. Ils réussissent à déchirer cette victime, ils la déchiquettent littéralement avec leurs mains, avec leurs ongles, avec leurs dents comme si la colère ou la peur décuplait leur force physique. Parfois, ils dévorent le cadavre.
Pour désigner cette violence soudaine, convulsive, ce pur phénomène de foule, la langue française n’a pas de terme propre. Le mot qui nous monte aux lèvres est un américanisme, lynchage. »
Je vois Satan tomber comme l’éclair, Grasset 1999
LIENS

Mon article sur René Girard
On peut écouter les discours prononcés à l’occasion de la récéption de René Girard à l’Académie française ici.
Une conférence de Girard en vidéo ici

René Girard sous la coupole

Un philosophe vient d’entrer à l’Académie française. Il y a été reçu ce jeudi 15 décembre au 37e fauteuil, celui dont le second titulaire fut Bossuet.
Officiellement, René Girard fut professeur de littérature française et de civilisation mais sa compréhension novatrice du désir, de la violence et du religieux en fait l’un des grands philosophes de ce temps.
Reconnu tout d’abord comme un théoricien original de la littérature avec un essai remarqué (Mensonge romantique et Vérité romanesque, 1961) qui proposait notamment une lecture de Dostoïevski entre stylistique et psychanalyse, René Girard allait développer dans ses livres suivants (La Violence et le Sacré, 1972; Des choses cachées depuis la fondation du monde, 1978; Le Bouc émissaire, 1982) une analyse du phénomène de la violence par le désir mimétique, c’est-à-dire le désir par deux sujets d’une même chose. Quand le désir mimétique intervient, la violence émerge immanquablement, il s’agit d’un mécanisme inhérent à l’homme. A cause de l’omniprésence de ce désir, simple, universel et unique, la violence est partout et sans fin. Selon Girard, le sacré a toujour eu pour fonction de résoudre ce drame par la mise en place du sacrifice de boucs-émissaires. Mais ce mécanisme victimaire est pervers car il proclame la culpabilité de la victime et masque ainsi sa propre violence. Seule la Bible, contrairement aux mythes, renonce à la violence et prend le parti des victimes reconnues dans leur innocence.

Prenons par exemple, le mythe d’Oedipe. Parce qu’il a tué son père et couché avec sa mère, les hommes rendent Oedipe responsable de la peste qui sévit dans la ville. Faux, écrit René Girard, les hommes ont besoin d’un bouc émissaire pour trouver une explication à cette peste. Oedipe est expulsé. La Bible ne prend pas ces accusations au sérieux. Ainsi, dans l’histoire de Joseph, la foule des frères a tort d’expulser Joseph. Par la suite l’innocence de Joseph apparaît au grand jour. Ces deux histoires sont analysées et commentées par Girard dans « J’ai vu Satan tomber comme l’éclair », l’un des livres les plus clairs et les plus lisibles de l’auteur. Dans le même livre, Girard félicite Nietzsche d’avoir mis en évidence la singularité de la Bible qui défend la victime. C’est ce que Nietzsche a appelé la « morale des esclaves ». Mais pour Girard il ne s’agit pas d’une morale de la foule des faibles contre l’élite des forts. La victime est révélée comme elle est réellement: innocente et le mensonge de la foule qui l’accuse est dévoilé.

J’ai commencé à entendre parler de Girard quand j’avais à peine 12 ans, dans les années 80. Un ami de mes parents partait aux USA faire une thèse de doctorat avec lui. Depuis il est devenu son assistant à Standford pendant quelques années avant de s’installer là-bas définitivement.
Comme Dantec, mais dans un autre genre, Girard est un exilé. Il a quitté la France pour les USA et y a fait toute sa carrière, devenant l’un des français les plus connus dans ce pays, avec Foucault, Derrida et Michel Serres. Il faut dire que la « French Theory » a toujours beaucoup de succès auprès des américains. Pourtant Girard est un penseur atypique, loin des modes et du prêt-à-penser médiatique.
Michel Serres, qui a enseigné aussi de longues années dans les universités américaines, a salué en lui lors de sa réception à l’Académie, rien de moins que « le nouveau Darwin des sciences humaines ».

Sebastien Lapaque résume bien l’homme et l’oeuvre dans Le Figaro du 16 septembre :

« Anthropologue, philosophe franc-tireur aux hardiesses de théologien, René Girard est, depuis quarante ans, l’un des hommes dont les travaux ont le plus complètement renouvelé le ciel des idées. Depuis Mensonge romantique et Vérité romanesque, La Violence et le Sacré et Le Bouc émissaire, ses livres ont refondé l’idée que l’on se faisait de la violence et de ses représentations avant de déboucher sur une défense anthropologique du christianisme. Nous sommes quelques-uns à lui devoir beaucoup : le goût de l’exercice de la pensée véritable, la passion de l’aventure intellectuelle au sens plein. Tournant le dos aux prétentions scientifiques de son siècle et aux doctrines occupées à «tuer le sujet», René Girard s’est employé à démontrer que les Evangiles étaient une théorie de l’homme avant d’être une théorie de Dieu. Quand ses contemporains cherchaient la vérité sur l’origine des institutions humaines chez Marx et Freud, il s’est obstiné à la trouver dans les Ecritures, lues et relues avec les grands romans du XIXe siècle non pas interprétés comme «contenants» à déconstruire comme un Mécano, mais comme «contenus» faisant sens. En plein triomphe du relativisme et de la french theory, il a eu l’audace de proposer une nouvelle théorie générale. C’est ainsi que l’écrivain a expliqué la violence du monde en décortiquant le mécanisme du désir mimétique. «C’est toujours en imitant le désir de mes semblables que j’introduis la rivalité dans les relations humaines et donc la violence.»
Par le mécanisme de la rivalité mimétique, l’adversaire se transforme en modèle et le cycle de la vengeance déroule ses maléfices en spirale infinie. Ce mouvement premier de l’imitation comme coïncidence des opposés avait déjà été observé par saint Augustin, chez qui le penseur avoue volontiers retrouver les trois quarts de ses conclusions. De telles lectures et de telles positions lui ont longtemps valu le dédain d’une intelligentsia française fascinée par le structuralisme et la déconstruction. « 

Voir aussi Philippe Nemo, auteur de « Qu’est-ce que l’Occident ? » (2004) :

« L’œuvre fondamentale de René Girard a établi que la religion biblique, en retenant comme vérité religieuse la parole des victimes des mécanismes de bouc émissaire, et non le mythe, version donnée de ces mêmes phénomènes par la foule persécutrice, a brisé la vieille logique des sociétés magico-religieuses. Ces sociétés impliquaient l’unanimité et interdisaient la critique. Elles étaient incapables de toute innovation. C’est donc la compassion pour les victimes apportée par la nouvelle morale biblique qui a enrayé la production des cultures magico-religieuses fixistes et rendu possible l’apparition de sociétés désireuses et capables d’assumer le changement historique. La Bible, d’une manière plus radicale que la Cité grecque, a introduit le germe de la pensée critique dans l’Histoire. Elle a valorisé la dissidence individuelle contre le holisme des sociétés sacrales, ce qui devait être la cause évidente ou sous-jacente d’une cascade de transformations historiques. »

Enfin, Jean-Pierre Dupuy écrivait dans le Nouvel Observateur du 18/ 08/ 94 :

« Il y a un phénomène Girard. De par le monde, nombreux sont ceux qui le tiennent pour l’un des plus grands penseurs de notre temps, de la stature d’un Freud ou d’un Marx, avec la vérité en plus. Dans le petit cercle des spécialistes des sciences de l’homme, en revanche, il n’est pas rare de le voir traiter d’imposteur. Jamais sans doute un tel ostracisme de la part de ses pairs n’aura frappé un intellectuel. Je connais maints universitaires qui, bravant l’interdit et s’inspirant des idées de Girard, trouvent prudent de n’en rien dire. »

A lire :
Une bonne présentation de ses thèses sur le net
Une interview de Girard sur les attentats du 11 septembe 2001

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