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Citations pour 2013 : les classiques français

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12 ebooks à lire pour 2012

Vous avez besoin d’un petit coaching en philosophie sociale, politique et économique ? Voici 12 œuvres majeures de la tradition française d’économie politique, de 1786 à 1954, rééditées en ebooks par l’Institut Coppet. Des bouquins introuvables dans les librairies.
Des perles à lire sur Kindle (amazon), Sony Reader, Kobo (fnac), Cybook, Ipad ou smartphone. Amazon a explosé ses ventes avec quatre millions, au moins, d’appareils vendus durant les fêtes.
C’est peut-être le moment de vous lancer dans la lecture numérique ? Une liseuse tient dans la poche, elle pèse en moyenne 160 grammes et peut contenir 1 500 ouvrages. Au rythme d’une demi-heure de lecture par jour, la batterie peut tenir un mois. Sachez que la liseuse n’est pas un écran d’ordinateur rétroéclairé (ou une tablette) dont la lumière fatigue les yeux : comme avec un livre, on peut lire en plein soleil.
Vous voulez d’autres raisons ? Primo, le relèvement de 5,5% à 7% de la TVA sur les livres. Secundo, la baisse de 19,6% à 7% de la TVA sur le livre numérique, à compter de ce 1er janvier ! Tertio, tous les classiques sont gratuits et bien sûr tous les ebooks de l’Institut Coppet. Bref, ne ratez pas cette révolution.En 2012, remettez-vous à la lecture !

De 1786 à 1954, 12 œuvres rééditées en ebooks par l’Institut Coppet

Jean-Baptiste Say, Traité d’économie politique (1803)
Destutt de Tracy, Traité d’économie politique (1823)
Frédéric Bastiat, L’Etat (1848)
Molinari, Les soirées de la rue Saint-Lazare (1849)
Frédéric Bastiat, La Loi (1850)
Edmond About, ABC du travailleur (1868)
Gustave Le Bon, Psychologie du socialisme, (1898)
Frédéric Passy, Histoire d’une pièce de 5 francs (1909)
10° Yves Guyot, La démocratie individualiste (1907)
11° Louis Baudin, Précis d’Histoire des Doctrines Economiques (1942)
12° Daniel Villey, L’économie de marché devant la pensée catholique (1954)

Bastiat vivant (1) : apports conceptuels

Par Damien Theillier *

1° Apports conceptuels

Bastiat philosophe

Proudhon disait : « La propriété c’est le vol ». Tel n’est pas le point de vue de Bastiat pour qui la propriété possède un fondement philosophique légitime. Elle n’est pas une simple possession fondée sur la force comme chez Rousseau ou Hobbes, elle n’est pas un simple droit coutumier que la politique se contente de protéger, comme chez Montaigne ou Pascal. La propriété est un droit qui tient sa légitimité de son fondement moral.
Bastiat précise : « J’entends par propriété le droit qu’a le travailleur sur la valeur qu’il a créée par son travail » (Propriété et Loi). Il ne s’agit pas seulement de la propriété foncière.  La propriété est une conséquence nécessaire de la constitution de l’homme, de ses facultés et de ses besoins. Pour se conserver, l’homme doit travailler, user de ses facultés pour transformer la matière et l’adapter à ses besoins. « L’homme naît propriétaire, écrit Bastiat, parce qu’il naît avec des besoins dont la satisfaction est indispensable à la vie, avec des organes et des facultés dont l’exercice est indispensable à la satisfaction de ces besoins. Les facultés ne sont que le prolongement de la personne ; la propriété n’est que le prolongement des facultés » (Propriété et Loi). 
Pour comprendre le fondement moral de la propriété, il faut donc partir de ce principe que l’homme doit travailler pour vivre et que le fruit de son travail est le prolongement de ses facultés, c’est-à-dire de sa personne. Entendu en ce sens, le droit de Propriété fait partie de ces droits qui ne dérivent pas de la loi positive, mais la précèdent et sont sa raison d’être. En effet, « la loi est l’organisation collective du droit individuel de légitime défense » (La loi). Elle a pour mission de défendre la personne et ses biens.
Bastiat est ainsi conduit à opposer deux systèmes philosophiques antagonistes. Le premier système est celui de Rousseau, pour qui le législateur doit organiser la société, comme un mécanicien qui invente une machine à partir d’une matière inerte. « Celui qui ose entreprendre d’instituer un peuple, dit Rousseau, doit se sentir en état de changer, pour ainsi dire, la nature humaine, de transformer chaque individu qui, par lui-même, est un tout parfait et solitaire, en partie d’un plus grand tout dont cet individu reçoive en quelque sorte sa vie et son être ».
Le second système, le système de la liberté, est celui pour lequel la société, les personnes et les propriétés existent antérieurement aux lois. Dans ce système, ajoute Bastiat, « ce n’est pas parce qu’il y a des lois qu’il y a des propriétés, mais parce qu’il y a des propriétés qu’il y a des lois » (Propriété et Loi). 
Dans le premier système, celui de Rousseau, le législateur a pour mission d’organiser, modifier, supprimer même la propriété, s’il le trouve bon. Pour Rousseau, la propriété n’est pas naturelle mais conventionnelle, comme la société elle-même. Cette idée provient du droit romain, dont Rousseau était imbu. À son tour Robespierre pose le principe que « La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir et de disposer de la portion de biens qui lui est garantie par la loi ».
Dans le second système, celui de Turgot, Say et Bastiat, il existe donc une loi naturelle, indépendante du bon plaisir des législateurs. Elle est valable pour tous les hommes et antérieure à toute société. Ici Bastiat s’inscrit ici dans l’héritage des physiocrates, et par-delà, dans la tradition de la philosophie du droit de Cicéron et d’Aristote. La loi ne crée pas le droit. Elle a pour mission de le défendre.

Bastiat économiste


« S’il y a des lois générales qui agissent indépendamment des lois écrites et dont celles-ci ne doivent que régulariser l’action, il faut étudier ces lois générales. » Ainsi l’économie politique est la science qui étudie les lois de l’action humaine. « Si, au contraire, ajoute Bastiat, la société est une invention humaine, si les hommes ne sont que de la matière inerte, auxquels un grand génie, comme dit Rousseau, doit donner le sentiment et la volonté, le mouvement et la vie, alors il n’y a pas d’économie politique; il n’y a qu’un nombre indéfini d’arrangements possibles et contingents; et le sort des nations dépend du fondateur auquel le hasard aura confié leurs destinées. » (Chapitre I des Harmonies Économiques)

L’économie doit aussi décrire les effets des décisions politiques sur la société. Mais selon Bastiat, elle doit être attentive, non pas seulement à ses effets à court terme sur un groupe particulier mais plutôt à ses conséquences à long terme pour la société dans son ensemble. 
Bastiat écrit : « Entre un mauvais et un bon Économiste, voici toute la différence : l’un s’en tient à l’effet visible ; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir. Mais cette différence est énorme, car il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice versa. » Henry Hazlitt, un économiste américain disciple de Bastiat, précise : « L’art de l’économie consiste à identifier non seulement les effets immédiats, mais les effets à plus long terme de tout acte ou de toute décision politique, il consiste à identifier les conséquences d’une politique non seulement pour un groupe, mais pour tous les groupes » (Henry Hazlitt, L’économie en une leçon, 1946). 
Parce qu’identifier les effets cachés d’une décision politique exige un effort, les électeurs ne voient que les avantages immédiats valorisés par les politiciens et les médias. Souvent, ils ne peuvent pas mettre en relation les décisions du gouvernement avec les frais supplémentaires, générés indirectement par le ralentissement des échanges économiques ou directement par l’augmentation de l’inflation et des taxes. Les avantages temporaires de la promesse électorale l’emportent sur le coût d’une action pour la combattre. Le problème en démocratie, c’est que l’électeur n’a pas les moyens d’être un bon économiste.
Bastiat a illustré sa distinction entre ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas par un pamphlet appelé Le sophisme de la vitre cassée. Le garçon qui brise la fenêtre d’un voisin donne du travail au verrier. C’est ce qu’on voit. De même, dira Keynes, la destruction de la propriété, en forçant à la dépense, stimule l’économie et a un « effet multiplicateur » revigorant sur la production et l’emploi. 
C’est seulement ce qu’on voit. Mais ce qu’on ne voit pas, dit Bastiat, c’est ce que le propriétaire aurait acheté, mais auquel il doit renoncer, avec l’argent qu’il doit maintenant dépenser pour réparer sa fenêtre. Ce qu’on ne voit pas, c’est l’opportunité perdue du boutiquier. S’il n’avait pas eu à dépenser pour réparer la vitre, il aurait pu accroître son capital et ainsi employer du monde dans une action de création. Ou bien, le boutiquier aurait pu dépenser l’argent pour sa propre consommation, employant ainsi des travailleurs pour la production. Selon Bastiat, la destruction ne stimule pas l’économie comme le pensent aujourd’hui les keynésiens mais conduit à l’appauvrissement.

A suivre

* article publié sur 24HGold

#104

« Toute loi inutile est un mal par cela seul qu’elle est une restriction à la liberté, qui par elle-même est un bien. »

— Anne Robert Jacques Turgot

Source : …

V.O. : …

#103

« Comment se fait-il que vous soyez à peu près le premier parmi vos gens de lettres qui ayez donné des notions justes de la liberté et qui ayez fait sentir la fausseté de cette notion rebattue par presque tous les écrivains républicains, « que la liberté consiste à n’être soumise qu’aux lois », comme si un homme opprimé par une loi injuste était libre. Cela ne serait pas même vrai quand on supposerait que toutes les lois sont l’ouvrage de la nation assemblée; car enfin l’individu a aussi ses droits, que la nation ne peut lui ôter que par la violence et par un usage illégitime de la force générale. Quoique vous ayez eu égard à cette vérité, que vous vous en soyez expliqué, peut-être mériterait-elle que vous la développassiez avec plus d’étendue, vu le peu d’attention qu’y ont donné même les plus zélés partisans de la liberté. »

— Anne Robert Jacques Turgot

Source : lettre au docteur Price (22 mars 1778)

V.O. : …

Libéralisme et "Laissez-faire", la leçon de Turgot

Dans un entretien avec Jean-Louis Chambon sur radio Canalacadémie, Alain Laurent parle de son article consacré à la crise financière dans le livre collectif : Repenser la planète finance.

« Tout semble bel et bien s’être passé comme si une petite caste arrogante s’était enfermé dans la pire des bulles, celle qui isole du réel et déconnecte de ses contraintes et limites et faire perdre le sens le plus élémentaire de rationalité et de la responsabilité personnelle et comme si ses « élus » s’étaient comportés en prédateurs et exploiteurs du capitalisme à leurs profits exclusifs, donnant ainsi naissance à une sorte de chancre ou une prolifération de cellules cancéreuses n’ayant plus rien à voir avec le libre jeu financier, servant le capitalisme entrepreneurial dont ils ont déréglé l’autorégulation.« 

« Est-ce que les politiques sont pour autant mieux placés que d’autres pour instaurer une meilleure régulation, comme on voudrait tant le faire croire en proclamant qu’il faut refonder le capitalisme et que le moment est venu du retour de l’Etat ? Turgot et bien d’autres à sa suite l’avait bien pointé : dirigeants politiques et grands commis de l’Etat ne sont pas d’une extraction surnaturelle qui les rendraient mieux aptes que quiconque à discerner l’intérêt général. Eux aussi, tout en se parant de vertus et de l’onction électorale, cherchent à satisfaire leur intérêt particulier : clientélisme, idéologie, etc. Rien ne prouve qu’ils disposent de compétences surhumaines qu’il faudrait avoir pour prétendre réguler l’ordre hyper complexe du marché. »

Lire la retranscription de l’entretien avec Alain Laurent sur Catallaxia.net

Merci à La Crevette pour son travail de retranscription !

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