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Archives de Catégorie: société ouverte

Novlangue de bois, désinformation et bourrage de crâne

(suite du ch. 3)

« L’objectif visiblement poursuivi par l’establishement politico-médiatique étant de faire communier tout le monde dans la révérence aux deux articles de foi « citoyens » – l’islam est forcément une « religion d’amour, de paix et de tolérance » et l’immigration est non moins forcément « une chance pour la France – toute une stratégie d’occultation des faits dérangeants et de manipulation du langage s’est mise en œuvre qui, dans ses pires aspects, n’est pas sans évoquer une version soft du 184 de George Orwell. »

La dissimulation consiste d’abord dans une autocensure que pratiquent sans complexes et par conviction idéologique la plupart des journalistes. (Robert Solé, premier médiateur au Monde : « Au Monde aussi, reconnaissons-le, une sorte de tabou interdisait de parler de certaines choses.« )
Le voile commence à être levé aujourd’hui sur l’importance réelle des flux migratoires, sur les tendances à occulter le patronyme des auteurs d’agressions, de braquages ou de vandalisme provenant de « quartiers sensibles » ou la surdélinquance de bandes de « jeunes » observable en ces lieux. Il aura fallu attendre l’épisode des émeutes de novembre 2005 pour apprendre de source officielle que chaque nuit ordinaire des centaines d’incidents de même type se produisaient.

La manipulation du langage

« La langue française a été soumise depuis un quart de siècle à une vaste opération de purification du langage. » (Taguieff).
Il existe des interdits sémantiques. Chirac de dire lui-même lors des « dérapages » de Sarkozy en 2005 (ce dernier a employé deux expressions qui vont provoquer un tollé dans la « police du langage » : nettoyer les banlieues au Karcher » et « la racaille ») : il y a des mots qu’on ne doit pas employer.
Cette manipulation du langage consiste donc à « substituer systématiquement des termes et expressions aussi lénifiants que trompeurs à tout ce qui se nomme sans fioriture le réel tel qu’il est. Afin de conjurer et transfigurer celui-ci, et en même temps conditionner les esprits à l’adoption d’une représentation rectifiée des choses. »

Deux objectifs donc : modifier le réel et conditionner les esprits.
Exemples de ces modifications de langage :

– au lieu de « bande de jeunes criminels d’origine immigrée » on dit : « des jeunes ».
– au lieu de « zone hors la loi où règne le terrorisme de rue » on dit : « quartier en difficulté ou cité sensible ».
– au lieu de « les actes de délinquances ordinaire » on dit : « incivilités ».
– au lieu de « émeutes ethniques » on dit : « émeutes urbaines ».
– au lieu de « la dispendieuse réparation des dégâts commis » on dit : « politique de la ville ».
– au lieu de « Gitan » on dit : « Communauté des gens du voyage ».

Des réflexes pavloviens font surgir au moindre énoncé des termes magiques : à la demande de mieux assurer la sécurité publique on répond : « sécuritaire! » A la critique des formes traditionnelles de l’islam on répond : « islamophobe ! » A la préoccupation de l’afflux migratoire on répond : « xénophobie! ».

De qui est constituée cette police du langage et de la pensée ? Des islamistes (traditionalistes ou intégristes radicaux) opérant localement ou depuis l’aire islamique et « de puissants relais » au sein même des sociétés qui « non contents d’en répercuter les fatwas, les anticipent docilement, capitulent d’avance par peur des menaces ou crainte de déplaire ou provoquer. »

Sur le Vieux Continent, les réflexes d’autocensure se développent surtout dans le champs artistique. La France, elle, n’est que « la pointe la plus avancée, celle où même le langage a déjà été perverti ». Exemples d’autocensure artistique : l’Opéra de Berlin déprogramme « l’Idoménée » de Mozart à cause de la scène finale où l’on doit brandir les têtes coupées de Jésus, Bouddha, Poséidon et … Mahomet.
Difficultés pour mettre le « Mahomet » de Voltaire à l’affiche, enfin aux Pays-Bas, le gouvernement a tenté d’interdire la diffusion sur internet du court-métrage « Fitna » et a interpellé le caricaturiste Gregorius Nekschott pour « incitation à la haine raciale. »

A suivre…

(Merci à ma chère épouse pour son aide précieuse dans la lecture et la synthèse du texte)

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Nouvelles censures, nouvelles inquisitions (ch.3)


Autocensure: le nouvel impératif catégorique

L’affaire des « caricatures de Mahomet ».
Le 12 septembre 2005, Fleming Rose, rédacteur en chef des pages culturelles du « Fyllands-Posten », publie douze dessins représentant Mahomet, demandés à une quarantaine d’illustrateurs de presse.
Objectif : tester la réalité et l’ampleur de l’auto-censure au Danemark. En effet, un journaliste de gauche, Kare Bluitgen, se heurte à de grandes difficultés pour illustrer un livre d’histoire pour ados sur « Le Coran et le Prophète Mahomet ». Après la parution du livre et des dessins, « la planète islamique s’embrase furieusement », jugeant les dessins « blasphématoires ».
La plupart des Etats membres de l’Union vont s’empresser de fournir de plates excuses et surtout de convenir à la limitation de la liberté d’expression dans le traitement des religions et autres cultures. Le principe suprême de la société ouverte est alors remis en question au nom de la « raison d’Etat ». En fait au nom d’une seule religion : l’islamisme.

Tous les gouvernements européens ont condamné ce manque de respect et de responsabilité du journal danois. Le Vatican aussi et pourtant, l’année suivante, le Pape Benoit XVI se fera « lyncher » par les musulmans à cause de son discours à Ratisbonne.

En France : « A l’inverse des voisins européens, aucun grand titre national ne reproduit les dessins. Seuls, l’Express et surtout France Soir s’y risquent- mais plus personne ne lit ce dernier, il va fermer boutique et son directeur est aussitôt renvoyé pour ce fait d’arme. Heureusement Charlie Hebdo vient à la rescousse et fait un tabac en les reproduisant à son tour une semaine plus tard. Le gouvernement, lui, déclare qu’il faut « exercer un esprit de responsabilité et éviter tout ce qui peut blesser les convictions d’autrui. »

Conclusion : l’islam est désormais au dessus des lois de la République et des principes de la société ouverte.

Au delà de l’autocensure, la censure s’annonce ouvertement

Deuxième affaire en France, l’affaire Robert Redeker
Dans le Figaro du 19 septembre 2006, un professeur de philosophie, Robert Redeker écrit un texte intitulé : « face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? Il répond aux condamnations musulmanes contre le discours du Pape à Ratisbonne et écrit notamment : « Il y a une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’Islam ». Selon lui, l’islam est « une religion qui, dans son texte sacré même autant que dans ses rites banals, exalte violence et haine » et Mahomet : « maître de haine ».

Cette affaire fait surgir de façon encore plus violente l’existence, en France, des maîtres de l’autocensure ou de la censure tout court.

Deux positions face à Redeker :
– La première souligne le caractère « ignoble » des idées du philosophe.
La Ligue des droits de l’homme juge ces « idées nauséabondes », le SNES « refuse de soutenir un collègue enseignant ». Les commissaires politiques à la répression idéologique de « l’islamophobie » (J. Bauberot, O. Roy et consorts) se livrent à un lynchage public.

– Deuxième position, plus perverse consiste à déclarer Redeker libre de sa pensée mais il aurait du en tout état de cause s’autocensurer. Une double fatwa a frappé Redeker : celle des tueurs qui l’ont désigné à la vindicte publique, celle de la bien-pensance qui a redoublé le verdict par un discrédit unanime.

L’impossibilité de critiquer l’islam en France a été confirmée par ces deux affaire mais aussi par des faits moins médiatiques : que l’on se rappelle le lynchage de Houellebecq en 2001(« la religion la plus con, c’est l’islam »), celui d’Oriana Fallaci à la sortie de son livre « La rage et l’orgueil » etc.

Peut-on malgré toutes ces avanies vraiment parler de censure ? Les victimes de ces « censeurs » ont pu malgré tout écrire et livrer leurs pensées. Et l’Etat n’est pas intervenu pour réprimer. Y a t-il donc vraiment censure et si oui, sous quelle forme ? Il s’agit en fait d’une forme sournoise de censure, une censure sociale et non légale, où l’enjeu est de salir un nom et une réputation, d’intimider, de pousser le libre penseur à dorénavant se taire – et tenter de créer une jurisprudence plus restrictive.

Le rôle joué par l’Etat

L’Etat joue un rôle dans cette nouvelle censure, de deux façons :
1° en essayant d’occulter les chiffres réels de l’immigration et de la délinquance dans les « quartiers sensibles »
2° et surtout par l’élaboration d’une « législation qui encadre toujours plus l’expression des opinions » et l’apport du « support juridique dont a besoin la machine à porter plainte des lobbies idéologiques du politiquement correct. »(cf. loi Gayssot, loi Taubira et loi Lellouche de février 2003).

Le professeur de droit Anne Marie le Pourhiet a fort bien établi le diagnostic sur « cette mise progressive de la liberté d’expression sous étroite surveillance idéologique étatique ».
Elle juge que « la responsabilité première de cette dérive incombe aux gouvernements successifs, de gauche comme de droite. »
Une limitation sociale ou étatique de la liberté d’expression contrecarre forcément les principes de la société ouverte, les fondamentaux de la démocratie libérale.
Au libre choix de croyances s’exposant sur la place publique doit normalement pouvoir correspondre un libre débat critique et public – sauf à conférer aux religions un exorbitant statut privilégié aux regard des autres types de convictions, philosophiques, idéologiques ou politiques.

A suivre…

(Merci à ma chère épouse pour son aide précieuse dans la lecture et la synthèse du texte)

La forfaiture morale et juridique des Etats (Ch. 2)


Selon Alain Laurent, la responsabilité de tous ces désordres et instabilités dans chaque pays ne doit pas être imputée aux migrants extra-occidentaux. « Il n’y a aucune fatalité à ce que sur le plan individuel un migrant de bonne volonté, fût-il pauvre, demeure sans emploi et devienne un assisté permanent, sombre dans la délinquance, se communautarise ou se mue en ennemi idéologico-culturel de la société ouverte. » Elle doit plutôt être imputée aux responsables politiques de ces pays qui n’ont jamais voulu voir la massification de cette immigration et qui n’ont jamais surtout vraiment tenté de faire connaître et de faire appliquer les principes de la société ouverte, principes auxquels à priori tous les migrants étaient favorables.

Une singulière version étatique du « laissez faire, laissez passer »

A priori en France, il existe un Etat de Droit commun applicable à tous, explicité dans les textes constitutionnels et législatifs. Dans ces textes on trouve l’assurance de la protection des biens et des personnes, la responsabilité de ses actes devant la justice et la libre circulation sur le territoire. On trouve aussi qu’une famille ne peut se composer de plus de deux parents et que pour entrer sur le territoire il faut un visa. Or nous assistons à une véritable forfaiture législative et morale en France.

Le cas de l’immigré clandestin est flagrant à cet égard : arrivé en France avec un visa tourisme, l’immigré clandestin devenu « sans-papier » (la proportion d’étrangers chez les SDF y est 4 fois plus forte que dans la moyenne nationale) obtient une existence administrative facilement. Attribution universelle d’une « aide médicale » sans cotisations en retour et scolarisation automatique des enfants qui reçoivent une aide spécifique. Le clandestin obtient sans difficultés le statut de clandestin « officiel » (terme du rapport de la Cour des Comptes en 2004), il peut manifester en public, obtenir un logement et être naturalisé bien avant le délai des 10 ans pour régularisation automatique. Cette forfaiture juridique et morale (l’Etat « récompense » ceux qui violent la loi) provoque évidemment la massification de l’immigration.

De plus, là où se concentre cette immigration extra-occidentale, se créent peu à peu des zones de « non-droit » ou « quartiers sensibles » où se développent toutes sortes de trafics mafieux et où l’étranger à ces quartiers ne peut absolument pas entrer sous peine de violences à son égard. Ceci vaut en particulier pour la police, les pompiers ou les éboueurs… Cette situation, bien que souvent occultée ou niée par l’Etat, est connue de tout le monde. Mais rien n’est vraiment fait pour circonvenir à ces « territoires perdus », au contraire les membres de ces zones bénéficient d’une très grande tolérance de la part de la justice ( « Une partie des magistrats professent ouvertement une idéologie qui excuse d’avance des délinquants promus en victimes de la « stigmatisation« … »).
L’intégration se trouve compromise avec cette démission étatique et cela donne surtout à la jeunesse un sentiment d’impunité très fort. L’Education Nationale participe aussi de cet état de fait. Certes, à sa décharge, les professeurs de ZEP pâtissent de ces désordres mais il n’empêche que cette Education Nationale qui prône une morale « sans sanction ni obligation » (J.M. Guyau) fait tout pour réduire à néant les chances d’intégration des élèves issus de l’immigration extra-occidentale.

Enfin, le non-respect, par défaut ou par laxisme, de certains points du droit constitutionnel rajoute à cette notion du « laissez faire, laissez passer » : « le regroupement familial repose sur des textes laissant place à une interprétation si laxiste qu’il a pu insidieusement s’étendre à une parentèle éloignée, polygamique ou douteuse… »

Dans tous les cas on constate une démission des pouvoirs publics, même si actuellement de timides réformes judiciaires concernant les mineurs et le regroupement familial voient le jour. Le droit du sol (toute personne née sur le territoire français est de facto naturalisé français), si cher aux principes d’une société ouverte, ajoute à la massification de l’immigration.

Grandes concessions à l’islam et petits arrangements avec l’islamisme.

La France est le pays de la laïcité qui « constitue la table de la loi républicaine ». Cette laïcité réside dans le respect de la liberté de tous les cultes et la non intrusion de ces cultes dans la sphère publique.

En 1989, le voile islamique, jusqu’alors très peu répandu en France va faire l’objet d’une capitulation de l’Etat concernant « l’affaire de Creil ». Comme ce voile n’est nullement prescrit de façon obligatoire dans le culte musulman, il était manifestement de nature idéologico-politique plus que confessionnelle, islamiste plutôt qu’islamique. A la suite de quoi le voile va se répandre discrètement, jusqu’en septembre 2001 où l’on constate sa prolifération ostentatoire. En 2003 est voté une loi destinée à mettre fin « à ces violations du principe de neutralité scolaire ». Mais cette loi vise ridiculement tous les cultes alors que seul l’islamisme était en cause. Même chose avec la loi (fin 2005) destinée à lutter contre les mariages forcés qui relève l’âge légal du mariage de 15 ans à 18 ans.

A l’école, le fameux rapport Obin sur « les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires » écrit en 2004 par des personnalités de gauche mais sorti seulement en 2006 sur initiative privée, montre à quel point les dérives islamistes sont allées loin : refus de parler des croisades ou de la Shoah, Molière, Voltaire, Rousseau Flaubert déclarés impies, comme la théorie de l’évolution ou les cours d’éducation sexuelle, apparition de tapis de prière dans les établissements, etc.

Dans les hôpitaux, les tensions se font sentir aussi avec une islamisation déferlante : refus d’être examiné par un médecin de l’autre sexe au nom de l’islam.

Enfin, dernière affaire en date : la justice qui dans un premier procès reconnaît la virginité comme « qualité essentielle » d’une personne pour un mariage…

Mais surtout « la forfaiture juridique… n’est jamais allée aussi loin que lorsque des islamistes ont pu pendant des manifestations publiques appeler ouvertement au meurtre d' »apostats » ou de juifs, sans que la moindre poursuite judiciaire ne soit engagée. » Cf. « l’affaire Rushdie » en 1989 et les manifestations anti-américaines en 2003.

A quoi il faut ajouter le financement des mosquées par des subventions publiques et le démantèlement insidieux de la laïcité au profit d’une « laïcité positive » dont on comprend bien que sa finalité est d’institutionnaliser un islam « collectif ».

Discrimination positive : l’ingénierie sociale contre la société ouverte

La République française donne depuis longtemps des aides spécifiques à ceux qui ont moins que d’autres. Ceci est conforme aux principes d’une société ouverte qui cherche à promouvoir l’accès à l’emploi, réduire les inégalités des chances sans contrevenir à ses principes juridiques.

Cependant, depuis la massification de l’immigration extra-occidentale « une partie s’est retrouvée de manière durable socialement sur la touche bien que bénéficiant largement de tout le dispositif d’assistance mentionné. » Et l’on a conclut à la causalité « raciste » de façon générale alors que cette causalité n’était que très épisodique ou réduite. On a commencé alors à mettre en oeuvre des dispositifs supplémentaires de « discrimination positive » applicables aux « minorités visibles », ce qui est contraire aux principes d’une société ouverte qui ne considère que les singularités individuelles et non les représentants d’une caractéristique ethnique ou autre. Une discrimination demeure quoiqu’il arrive. Une discrimination, c’est à dire « un opérateur de sélection à inévitable connotation péjorative puisque impliquant nécessairement la mise à l’écart de certains individus au profit d’autres. » Cette procédure ne peut qu’engendrer un nouveau type d’exclus.

Cette « ingénierie sociale » crée de l’injustice.

Rappel historique de la politique américaine d' »Affirmative Action » : cette politique avait pour but dans les années 60 (Johnson, démocrate) de réaffirmer l’égalité des droits sans référence à une appartenance raciale (projet conforme aux principes d’une société ouverte). Mais ce projet de la chasse aux discriminations négatives va « tourner » à la discrimination positive avec un recrutement préférentiel de Noirs « seulement en tant que membres d’un groupe ethnique, sans souci de compétences… » Bien évidemment des effets pervers de cette discrimination positive vont apparaître et ce sont d’ailleurs des intellectuels noirs ou issus de l’immigration non blanche qui les ont dénoncés avec le plus de force : Walter Williams, Dinesh D’Souza…
Ils soulignent tous que « l’émergence d’une classe moyenne noire n’est pas imputable à cette politique de discrimination à l’envers- qui l’aurait plutôt enrayée- mais à un processus social spontané. »
La Cour suprême en 2003 a cessé de cautionner toutes ces dispositions, en particulier en éliminant toute discrimination positive pour l’entrée dans les universités.

En ce qui concerne la France : on a pris en compte exclusivement les « minorités visibles » c’est à dire « un groupe à composition ethno-culturelle, parfois carrément raciale (retour de faciès!), ne reposant pas sur l’adhésion individuelle volontaire. Il faut que toutes ces « communautés » qui privilégient une origine ou une caractéristique d’appartenance soient « visibles » et donc représentées de façon proportionnelle dans tous les « champs sociaux » (scolarité, professions, vie politique, quartiers…). On peut se poser la question de savoir pourquoi il faudrait que tout ou presque dans une société soit soumis au principe de représentation démographique proportionnelle…

Dans une société réellement ouverte, ce sont les processus sociaux spontanés qui prévalent- les seules mesures à adopter consistent à proscrire les exclusions arbitraires d’individus uniquement pour cause d’appartenance à une catégorie déterminée quelle qu’elle soit. En viendra-t-on un jour à vouloir imposer la mixité sexuelle dans les quartiers « gays » (où la représentation hétérosexuelle est faible) ?

L’appareil d’Etat se met alors en branle pour une vaste opération de « restructuration sociologique » avec établissement de « quotas » et classement autoritaire des habitants d’un pays dans chaque catégorie sociale pour une représentativité égale de chacune de ces minorités. C’est la retribalisation des sociétés ouvertes. Ce fichage identitaire des individus dans une appartenance groupale sans leur consentement, appelle le déploiement d’une bureaucratie inquisitoriale et provoque comme conséquence immédiat un clientélisme éhonté ou un victimisme forcené.

Conclusion de Jean-François Revel : « La démocratie consiste à promouvoir l’égalité des chances, non à octroyer un traitement spécial à tel ou tel segment ethnique religieux ou géographique… » (Le Point, 12 décembre 2003).

A suivre…

(Merci à ma chère épouse pour son aide précieuse dans la lecture et la synthèse du texte)

De nouveaux ennemis pour la société ouverte ?

Prologue du livre d’Alain Laurent

L’intégration « citoyenne » est en crise (Ch. 1)

La forfaiture morale et juridique des Etats (Ch. 2)

Nouvelles censures, nouvelles inquisitions (ch.3)

Xénophobie, extrême droite : la mystification (ch.4)

Un nouveau combat pour la société ouverte (ch. 5)

Au-delà du « choc des civilisations » (ch. 6)

Le nouvel ennemi majeur de la société ouverte (Ch. 7)

Le multiculturalisme : une perversion du pluralisme (ch.7 suite)

La société ouverte (Épilogue)

L’intégration "citoyenne" est en crise (Ch. 1)



Si l’on s’en tient aux discours généraux français (médias ou politiques), l’immigration ne connaît pas de graves problèmes, et ces derniers seraient dus soit à un chômage persistant, soit à un passé colonial qui prouverait que les français sont des racistes plus ou moins conscients. Mais lorsqu’on procède à un état des lieux général des pays occidentaux (Europe, Amérique du Nord et Australie), on se rend compte que « l’immigration de masse et de peuplement d’origine extra-occidentale y est devenue un souci et un défi, parfois majeur ».

Que les sociétés soient à tradition assimilatrice ou au contraire multiculturaliste et communautariste, les faits sont là : une partie de l’immigration extra-occidentale se trouve sur-exposée dans les problèmes de délinquance ou d’aide sociale ou de chômage et une autre partie se referme dans des identités culturelles closes.

La tendance au durcissement des mesures restrictive quantitatives contre l’immigration extra-occidentale se fait aussi bien dans les pays à « passé colonial » que dans ceux qui n’ont pas de « tradition » coloniale. Dans les pays en proie à des soucis économiques et dans des pays plus prospères. Dans des pays socialistes ou dans des pays plus libéraux.

Comment interpréter ces faits ?

De deux façons :

Première hypothèse, ces sociétés ouvertes n’en sont plus (si tant est qu’elles n’aient jamais existé) et elles « révèlent leur vrai visage »xénophobe » qui n’ose pas dire son nom, la majorité de leurs citoyens sont devenus racistes. C’est la thèse des militants gauchistes mais aussi celle que les milieux bien-pensants ont réussi à instituer en idéologie dominante. »

Deuxième hypothèse : il y a une vraie menace culturelle contre les sociétés ouvertes qui correspond à l’afflux massif de l’immigration extra-occidentale et à un processus de réislamisation dans l’aire musulmane et la réponse (développée ci-dessus) correspond à cette menace….

Selon Alain Laurent, c’est cette seconde thèse qui objectivement s’impose.

A suivre…

Prologue du livre d’Alain Laurent


« Les sociétés ouvertes » qui caractérisent les démocraties occidentales se trouvent actuellement confrontées – toutes- à l’implantation d’un islamisme conquérant et à une immigration extra-occidentale de masse qui ne s’intègre pas. On a beau le nier plus ou moins, on a beau minorer ces problèmes, il s’agit d’une réalité qui touche toute l’Europe et pas que la République française.
« Une société ouverte ne peut-elle justement s’ouvrir tout en se maintenant en tant que telle que si y sont impérativement reconnues et pratiquées certaines règles et valeurs…? »

Définition de la société ouverte.

L’expression a été trouvée par Bergson et développée par Karl Popper (« la Société ouverte et ses ennemis ») : la société ouverte se caractérise par un nouveau principe d’organisation sociale basé sur « le primat de la responsabilité individuelle, du libre examen rationnel et critique, qui exige des efforts sur soi-même pour vivre en libre individu dans des rapports pacifiés et détribalisés aux autres.« 
Ce qui est très important c’est que cette société ouverte est fondée sur des valeurs communes, un socle de normes fondatrices et universelles (liberté, entraide, recherche de la vérité, responsabilité intellectuelle, tolérance). Ce socle permet de s’ouvrir à des opinions et croyances différentes qui peuvent cohabiter ensemble sans nier le fondement commun. Cette société ouverte est le fruit d’une longue et complexe évolution. D’ailleurs cette « libération » de la société occidentale demeure toujours inachevée et sans cesse remise en question. Ce qui est un risque à prendre pour l’homme, risque permanent et c’est ce qui explique la tentation de régresser vers l’état de société close qui est plus sécurisant. D’où la fin du titre de l’ouvrage de Popper : « et ses ennemis » qui témoigne des chocs que certains provoquent pour retourner au tribalisme (plus d’unité et de sécurité dans le tribalisme) ou société close.

Hayek va développer ce concept de société ouverte : »société ouverte d’individus égaux devant la loi ». Avec l’observation pour ses membres de « règles abstraites de conduite » (abstraites ne veut pas dire incompréhensibles ou éloignées du réel mais simplement règles de nature formelle, universelle, applicables à tout individu sans considération d’appartenance à un groupe particulier.). Ainsi, le membre de la société ouverte va t-il pouvoir jouir de sa liberté individuelle que s’il accepte ses règles du jeu (« rule of law ») et à condition, toujours, pour la sauvegarde de cette société, que ces « règles abstraites » soient bien comprises et acceptées.

Les nouveaux visages de l’adversité (ou « hostilité polymorphe ») Le nouvel adversaire de la société ouverte : « l’alterculturel » « qui mesure l’écart considérable entre des cultures à forte tradition patriarcale, communautaire, théocratique et la modernité détribalisée, égalitaire, sécularisée, privatisée des sociétés ouvertes. »

Envisager l’islam et l’immigration extra-européenne comme ennemis potentiels de la société ouverte est politiquement incorrect. Mais là n’est pas le problème. Le problème est de ne pas ériger en blocs monolithiques et menaçants l’islam et l’immigration extra-européenne . En effet, « ils ne peuvent en partie le devenir que mécaniquement, involontairement, dans certaines conditions : si les flux migratoires s’enflent au point d’excéder les capacités momentanées d’absorption qui ne sont pas infinies et s’il y a trop pour certains d’entre eux de distance culturelle, ce qui enraye le processus d’intégration et génère de multiples désordres. »

En ce qui concerne les musulmans : s’ils professent un islam radical qui les renvoient aux caractéristiques d’une société close, et bien « ceux-là sont culturellement de nouveaux ennemis potentiels ou agissants d’une société ouverte dont les règles du jeu ne sont ni négociables ni adaptables.« 

Les nouveaux ennemis concernent aussi des citoyens « historiques » ou « de souche » : les groupuscules d’extrême droite raciste et facistes, les héritiers idéologiques directs du marxisme recyclés en néo-communistes trotskistes ou altermondialistes devenus des activistes alliés à l’islamisme (…), les « idiots utiles » du droit de l’hommisme prétendument anti-racistes et immigrationnistes, les idolâtres multiculturalistes de « l’ Autre » qui militent pour une société hyperouverte à toutes les cultures… »

En résumé, cette nouvelle « hostilité polymorphe » qui s’attaque aux vraies sociétés ouvertes commence à être dénoncée et tout d’abord reconnue par une pensée résistante.
Exemple de critiques : « le multiculturalisme est un relativisme qui s’enferme dans le nihilisme » (Alain-Gérard Slama 2005); « l’hostilité que les fanatiques vouent au principe d’une société ouverte où l’égalité formelle est reconnue à tous » (Bruckner, 2006); « Ordre islamique et société ouverte » (chapitre d’un livre d’Alexandre del Valle, 2002).

La pensée de Jean-François Revel conduira cette réflexion sur la société ouverte et ses nouveaux ennemis car il a été un des premiers a dénoncer l’apparition de ce nouveau totalitarisme protéiforme : « L’esprit totalitaire peut donc resurgir un jour prochain dans une nouvelle incarnation initialement inoffensive et vertueuse, un travestissement inédit derrière lequel très peu de physionomistes identifieront de prime abord le vieux visage messianique et maléfique de l’idéologie ».

A suivre…

(Merci à ma chère épouse pour son aide précieuse dans la lecture et la synthèse du texte)


De nouveaux ennemis pour la société ouverte ?


Le philosophe Alain Laurent, vient de publier : « La société ouverte et ses nouveaux ennemis », un titre qui fait référence à l’ouvrage célèbre de Karl Popper : « The Open Society and Its Enemies« , publié à Londres en 1945.
Alain Laurent est l’auteur de nombreux livres touchant la philosophie libérale et il est un spécialiste des auteurs français ou américains qui ont participé à l’élaboration de cette philosophie depuis le XVIIIe siècle. Il a enseigné la philosophie en terminale.

« Les sociétés ouvertes » qui caractérisent les démocraties occidentales se trouvent actuellement confrontées à l’implantation d’un islamisme conquérant et à une immigration extra-occidentale de masse qui peine à s’intégrer. On a beau le nier plus ou moins, on a beau minorer ces problèmes, il s’agit d’une réalité qui touche toute l’Europe.

Selon Alain Laurent, cette situation critique résulte d’abord de la forfaiture morale et parfois juridique de politiques qui n’ont pas voulu faire respecter le droit commun démocratique. Mais, surtout et en amont, de l’emprise d’une idéologie prétendument « antiraciste », « sans-frontiériste » et acquise au relativisme multiculturel qui a perverti les valeurs de tolérance et d’ouverture : en elle se retrouvent les véritables et paradoxaux nouveaux ennemis de la société ouverte.

Alain Laurent défend 2 thèses dans son livre :

1° Le communautarisme est un néo-tribalisme et un collectivisme moral qui n’ont aucune place dans l’aspiration libérale à une société ouverte.


Le pluralisme inhérent à la logique libérale conduit à plus de privatisation de l’existence arrachée à la tutelle des Etats, des traditions et des groupes – et non pas à l’inscription institutionnelle des choix individuels dans la sphère publique.

A suivre…

Table des matières

REVISION DECHIRANTE DANS TOUTES LES NATIONS OCCIDENTALES
L’intégration  » citoyenne  » en crise générale
L’échec européen des solutions multiculturalistes
Amérique du Nord et Australie : d’autres failles dans le multiculturalisme

LA FORFAITURE MORALE ET JURIDIQUE DES ETATS
Une singulière version étatique du  » laissez faire, laissez passer  »
Grandes concessions à l’islam et petits arrangements avec l’islamisme
Discrimination positive : l’ingénierie sociale contre la société ouverte
Forfaiture morale sans frontières

NOUVELLES CENSURES, NOUVELLES INQUISITION
Autocensure : le nouvel impératif catégorique
 » Censure élargie  » : le retour
Novlangue de bois, désinformation (occultation) et bourrage de crâne

XENOPHOBIE, EXTREME DROITE : LA MYSTIFICATION
Une protestation non xénophobe
Vrai racisme et nouveaux vrais visages du fascisme

UN NOUVEAU COMBAT POUR LA SOCIETE OUVERTE
Un contre-discours de résistance intellectuelle affirmative
La pensée-Revel
Faux  » néo-réactionnaires  » et vrais défenseurs de la société ouverte
Une résistance pro-société ouverte à l’échelle européenne ?

LA VRAIE GUERRE CIVILE DANS L’ISLAM
L’heure des  » musulmanes libres  »
Moderniser l’islam : les ambiguïtés de l’exégèse
Une réislamisation massive, globalisée, conservatrice et offensive
Au-delà du  » choc des civilisations « , l’hostilité à la société ouverte

LE NOUVEL ENNEMI MAJEUR ET AUTOCHTONE DE LA SOCIETE OUVERTE
 » Sans frontiérisme « ,  » immigrationnisme  » et  » droit-de-l’hommisme  »
le bras armée de l’  » anti-racisme  » dévoyé
Le multiculturalisme : une perversion du pluralisme

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