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Archives de Catégorie: Schopenhauer

Comment gagner une controverse selon Schopenhauer

SchopenhauerDans son petit livre, L’art d’avoir toujours raison ou Dialectique éristique, publié en 1864 à Leipzig, Arthur Schopenhauer nous propose un véritable manuel d’auto-défense intellectuelle ou de communication de crise. Que faire lorsque l’on est à court d’argument ? Voici dix stratagèmes parmi les 38 que suggère Schopenhauer, ainsi que sa conclusion finale.

L’auteur commence par distinguer la logique et la dialectique. La logique est la science des principes de la démonstration.
Elle concerne la recherche de la vérité objective. La science de la dialectique, dans le sens que lui donne Schopenhauer, a pour principal but d’établir et d’analyser les stratagèmes malhonnêtes afin qu’ils puissent être immédiatement identifiés dans un débat réel, et écartés. « C’est ainsi que l’on peut voir la dialectique : comme l’art de l’escrime mental, et ce n’est qu’en la considérant ainsi que l’on peut en faire une discipline à part entière ». Elle est l’art de se défendre contre tout type d’attaque, et l’art d’attaquer toute thèse adverse sans se contredire soi-même. Lire la Suite →

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Bac de philo 2016 : comment parler de la liberté en philosophie ?

applicoursdephiloPar Damien Theillier, professeur de philosophie, auteur du blog : nicomaque.com

Le bac de philo approche. Chaque année, sont donnés au programme un certain nombre de notions ainsi qu’une liste d’auteurs académiques, de Platon à Sartre, pour résumer.

C’est un programme éclectique, qui laisse au professeur une grande marge de manœuvre pour faire les choix qui conviennent à son cours. La contrainte étant de donner aux élèves un aperçu suffisamment complet des grandes écoles de pensée, afin qu’ils puissent traiter les sujets du bac sans faire de récitation, mais en exerçant leur jugement et leur raisonnement.

Plutôt que de confiner le libéralisme dans l’étude de quelques auteurs canoniques, anciens ou modernes, il m’a toujours semblé plus utile de montrer que des philosophies comme celles d’Aristote, de S. Thomas, de Descartes, de Spinoza, de Schopenhauer, d’Alain, de Nietzsche ou même de Freud, comportent de nombreuses affinités avec la pensée libérale, telle qu’on la trouve formulée chez les auteurs estampillés « officiellement » comme libéraux dans les manuels, comme Smith, Locke, Tocqueville, ou Constant. Lire la Suite →

Schopenhauer et l’art d’avoir toujours raison

Un bel exposé en classe par nos deux dialecticiens Hugues et William (TS) :

L’art de la controverse selon Arthur Schopenhauer

gravure_de_m._lammelDans son petit livre, L’art d’avoir toujours raison ou Dialectique éristique, publié en 1864 à Leipzig, Schopenhauer nous propose un véritable manuel d’auto-défense intellectuelle ou de communication de crise.

L’auteur commence par distinguer la logique et la dialectique. La logique est la science des principes de la démonstration. Lire la Suite →

schopenhauer
L’injustice, ou l’injuste, consiste par suite à faire du tort à autrui. Donc la notion d’injustice est positive, et celle du juste, qui vient après, est négative, et s’applique seulement aux actes qu’on peut se permettre sans faire tort aux autres, sans leur faire injustice. […] Déjà, on voit assez combien la notion de droit est négative, et celle de tort, qui lui fait pendant, positive, par l’explication que donne de cette notion Hugo Grotius, le père de la philosophie du droit, au début de son ouvrage : « […] Le mot droit ici signifie simplement ce qui est juste, et a un sens plutôt négatif que positif : en sorte que le droit, c’est ce qui n’est pas injuste ».
Une autre preuve du caractère négatif qui, malgré l’apparence, est celui de la justice, c’est cette définition triviale : « Donner à chacun ce qui lui appartient. » Si cela lui appartient, on n’a pas besoin de le lui donner ; le sens est donc : «  Ne prendre à personne ce qui lui appartient.  » — La justice ne commandant rien que de négatif, on peut l’imposer : tous en effet peuvent également pratiquer le « neminem laede (ne nuis pas) ». (1)
Arthur SCHOPENHAUER, Le Fondement de la morale, Première vertu : la justice (éditions poche p. 166-167)

(1)  Pour Schopenhauer le meilleur principe moral est Neminem laede, imo omnes, quantum potes, juva : Ne fais de tort à personne, et quand tu peux, aide.

Schopenhauer : la doctrine juridique et politique (II)

schopenhauer“L’Etat n’est que la muselière  dont le  but est de rendre inoffensive  la bête carnassière, l’homme, et de faire en sorte qu’il ait  l’aspect d’un herbivore”.

Voir ici le premier article : Schopenhauer, l’anthropologie et la morale

Le principe de non-agression, seul principe de législation

La doctrine du droit chez Kant contient une grave erreur, nous dit Schopenhauer. Sa construction de l’État se déduit de l’impératif catégorique et devient un devoir de moralité. Elle a donné naissance à d’étranges doctrines, comme l’idée que l’État est un moyen de nous élever à la moralité, qu’il naît d’une aspiration à la vertu. Or ce n’est pas du tout l’égoïsme que l’État doit combattre, mais seulement les conséquences funestes de l’égoïsme, selon Schopenhauer. Une théorie non moins fausse est celle de Hegel, qui fait de l’État la condition de la liberté et, par là même, de la moralité. Lire la Suite →

Schopenhauer : l’anthropologie et la morale (I)

Arthur-Schopenhauer-Quotes-3Par Damien Theillier*

Arthur Schopenhauer est un contemporain de Kierkegaard, le philosophe danois, et de Hegel qu’il méprise et qualifie d’« écrivailleur d’absurdités et détraqueur de cervelle », bref de charlatan. Il se définira lui-même comme un héritier critique de Kant dont il dénonce la sécheresse. Sa rupture avec l’idéalisme classique allemand suscitera la plus vive admiration chez des auteurs comme Nietzsche et Bergson. Lire la Suite →

Citations pour 2013 : Nietzsche et Schopenhauer

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