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Archives de Catégorie: morale

La redécouverte de la nature humaine par la biologie évolutionniste (2)

7764518549_najat-vallaud-belkacemSuite de l’article précédent

Alors que cinq cents entreprises ont été mises en demeure ces derniers mois pour n’avoir pas respecté l’égalité professionnelle hommes-femmes (communiqué du ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem), nous publions la seconde partie de notre article sur la négation de la nature humaine. Cette partie est consacrée au féminisme et à l’égalitarisme.

La « table rase », c’est l’idée que notre esprit serait vide de toute prédisposition, de toute organisation préétablie et qu’il n’y aurait pas de nature humaine. (Voir la première partie ici). Cette idée est contestée par les récentes recherches scientifiques en biologie et apparaît de plus en plus comme un mythe Quels sont donc les enjeux politiques et économiques d’une redécouverte de la nature humaine par la nouvelle biologie évolutionniste ?

L’impasse du féminisme

Si les enfants étaient des « tables rases » à la naissance, comme l’enseignent les sciences sociales, nous pourrions les modeler afin qu’ils soient conformes à nos projets. Mais si nous sommes nés avec certaines aptitudes physiques et mentales, les réformes sociales pourraient bien être des utopies. C’est le cas précisément de la parité. Les différences entre les sexes font que les mesures visant à instaurer une parité rigide entre les sexes dans tous les secteurs de la vie est une utopie féministe tout aussi néfaste qu’irréaliste. Lire la Suite →

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Doit-on obéissance aux lois de son pays ? Par Christian Michel

christian michel

(video sur youtube ici et lien pour télécharger le mp3 ici)

Christian Michel est un philosophe et un économiste d’une grande sagesse mais c’est aussi un remarquable pédagogue. Je le remercie de m’avoir autorisé à publier son texte. Merci aussi à SFL France (en particulier Marc Lassort) pour la vidéo.

Doit-on obéir à la législation de son pays ? Il y a quelques années, ma réponse à cette question était très indulgente : Si obéir à la législation vous fait plaisir, si vous avez l’impression que cette soumission favorise votre épanouissement personnel, il ne faut pas vous priver, mon ami. Respectez la loi.

Je dois ajouter qu’en ce qui me concerne, cette obéissance ne m’apporte aucune satisfaction. Au contraire. La législation des pays où j’ai résidé m’a toujours paru arbitraire, stupide, contradictoire, humiliante pour ceux auxquels elle s’appliquait et singulièrement partiale en faveur de ceux qui la faisaient. Lire la Suite →

#351

« Tant mieux si la démocratie est en crise. La démocratie est un système immoral. La préoccupation principale des libertariens doit être de réduire le rôle de l’État et d’éliminer les raisons de prendre des décisions collectives, non d’aider la clique de parasites étatiques à consolider son pouvoir sous prétexte de mieux refléter la volonté collective. »

— Martin Masse

Source : La Démocratie contre la Liberté , 2002

Du conservatisme culturel, distingué du conservatisme politique

Cher Kaplan

(suite du débat)

J’admets avec toi que la morale a souvent servi de prétexte à des intrusions inadmissibles dans la vie privée des individus. Mais je maintiens qu’il ne peut y avoir de droit sans morale. Un droit purement utilitariste est impossible. Tu reconnais d’ailleurs toi-même que le droit est « un système fondé sur un nombre aussi limité que possible de principe moraux, des idées suffisamment simples et consensuelles pour qu’elles puissent faire l’unanimité ». Cette idée d’un droit naturel comme seule base d’un système juridique me convient parfaitement.
Mais entendons-nous sur le concept de morale pour clarifier le débat et là peut-être aurons-nous quelques différents. Qu’est-ce que la morale ? Je considère, avec la tradition occidentale issue de la philosophie grecque, qu’il existe une rationalité morale et que le bien et le mal ne sont pas des notions arbitraires, relatives à l’opinion ou à l’époque. Étant donnée la nature même de l’homme : animal doué de raison, il y a des actes qui sont en eux-mêmes justes ou injustes et ceci de façon universelle. Ainsi l’initiative de la violence contre autrui est toujours moralement condamnable car elle détruit le fondement même de la rationalité : la discussion argumentée. Le viol détruit le principe du libre consentement, privilège des animaux doués de raison. Le vol détruit le principe de la propriété, fondée sur le travail c’est-à-dire sur le libre exercice de nos facultés.
En bref, la morale interdit de faire tout ce qui porte atteinte à l’intégrité physique et mentale. Elle condamne de ce fait l’injustice et prescrit la justice. Mais en dehors de ces grands principes généraux, auxquels tu adhères comme moi je pense et comme une très grande majorité d’êtres humains raisonnables, il y a aussi ce qu’on appelle la morale particulière ou l’application des principes généraux à des contextes particuliers. Elle concerne l’usage du corps, le mariage, la famille, le sexe et la religion. Et là, les choses deviennent beaucoup plus complexes… il y a sur ces questions des formes de justifications et de conceptions du bien tout à fait antagonistes et incompatibles.

En matière culturelle (non en matière politique), je suis conservateur. Je crois en la supériorité éthique des valeurs traditionnelles : le mariage entre un homme et une femme, la fidélité, l’éthique de la vertu et la croyance en Dieu. Je ne souscrit pas à l’idéologie collectiviste branchée des LGBT et des féministes, à la pseudo-théorie du gender, ni à l’athéisme militant, ni au nietzschéisme moral (bien que j’ai une grande admiration pour Nietzsche et un grand respect pour toutes les formes de vie, qu’elles soient athées ou homosexuelles). Tu trouveras mon point de vue sans doute très « old school » et peut-être que le tien est plus « rock’n roll ». Mais j’y reviendrai un peu plus loin.

Ceci posé, je reprends question du droit et de la loi. Car contrairement à la plupart des conservateurs, je ne demande pas à la loi d’imposer mes valeurs morales ou de combattre les valeurs de mes adversaires. En cela, je ne suis pas un conservateur politique.

Je m’explique :

Selon moi, la loi a pour unique rôle de faire respecter les contrats, par la force si nécessaire, et d’assurer la défense des personnes et des droits de propriété privés. Elle n’a pas pour objet de rendre les hommes vertueux ou sages. Elle n’a pas pour objet de faire le bonheur des gens. Cependant, comme nous l’avons déjà évoqué, elle a bien une dimension morale dans la mesure où elle a pour objet la justice dans la vie en société, au moins dans ses principes généraux.
Tout comportement qui viole le droit d’autrui devrait être déclaré illégal. L’esclavagisme, le kidnapping, le viol ou le meurtre sont des comportements criminels, parce que leur victime est brutalisée, dans son corps comme dans son esprit.
Partant de là, il faut en déduire logiquement que tout comportement qui ne viole pas le droit d’autrui devrait être légal, y compris les comportements jugés immoraux par la morale traditionnelle. Par exemple toutes les formes de négation de soi comme la bestialité et le sado-masochisme, la prostitution et la toxicomanie. Même si la raison peut réprouver ces comportements nihilistes, tant qu’ils n’impliquent pas l’usage de la force de coercition contre autrui, la loi n’a pas à leur opposer la force punitive : incarcération ou contravention. C’est le point de vue des libéraux classiques comme des libertariens.
Néanmoins, ce n’est pas parce que ces actions sont légales qu’on ne doit pas prendre position sur leur valeur morale ou qu’on ne doit pas les combattre. Ce n’est pas parce qu’on refuse de criminaliser les vices qu’on doit rester moralement neutres vis-à-vis de tels comportements. Tolérance légale oui, relativisme moral non. Je suis un partisan inconditionnel du libre marché. Mais je n’en conclus pas pour autant que l’accroissement des possibilités de consommation, permises par ce libre marché, nous oblige à adopter un mode de vie matérialiste ou libertin. (Attention : juger ce mode de vie comme étant déficient, ne veut pas dire que je méprise les personnes !).
Je te l’ai dit, je défends un conservatisme culturel et je ne crois pas qu’il soit incompatible avec une défense fondamentale de la liberté en toute chose. Je pense que l’homme, pour être heureux, a besoin d’élévation de l’âme mais aussi de respect de son propre corps. Il a besoin de valeurs spirituelles, d’une certaine noblesse de sentiments. Il faut donc dénoncer le nihilisme moral et le combattre, non par la force de la loi mais par l’éducation, la parole et le témoignage de sa propre vie.
La seule bonne façon de combattre ce nihilisme moral serait de faire davantage confiance aux institutions intermédiaires entre l’individu et l’État comme l’entreprise, le marché, la famille et les communautés religieuses, à condition qu’elles soient ouvertes au libre marché et à la concurrence.
Le nihilisme moral a parfois des conséquences coûteuses, pas seulement en termes financiers mais aussi en termes psychologiques ou sociaux : délinquance, toxicomanies, suicides. Bien entendu, ces phénomènes sont aussi à mettre au compte des effets pervers de l’interventionnisme étatique : déresponsabilisation, confiscation de l’épargne des ménages, éducation nationalisée, chômage de masse, etc. Aussi je n’attends absolument rien de l’État dans le domaine éducatif, ni sous forme de prévention, ni sous forme d’école publique obligatoire avec cours de morale et de propagande d’éducation civique.
Ce n’est pas non plus à l’État de prendre en charge les dégâts causés par la toxicomanie par exemple. Si la drogue est dépénalisée, que chacun prenne ses responsabilités et que ceux qui en consomment assument les conséquences de leur choix sans obliger les autres à payer pour les dégâts causés. La compassion est une vertu morale qui humanise la société mais pas la solidarité obligatoire, ni la redistribution forcée. Une société humaine se doit moralement de prendre en considération les plus faibles, ceux qui sont plus fragiles face à la vie. Mais la société, ce n’est pas l’État. Là encore, les familles, les communautés privées, religieuses ou non, seront toujours mieux à même d’accueillir la misère humaine et d’exercer la solidarité que n’importe quel appareil administratif d’État.
Tu l’auras compris, je ne suis pas de ces conservateurs, religieux ou républicains, qui sacralisent l’État et attendent de lui le salut. Je considère même que cette attitude est profondément contraire au christianisme authentique auquel je suis attaché. Malheureusement depuis longtemps, les catholiques se raccrochent à l’État et à la coercition dans l’espoir de sauver l’ordre social. Ils ne comprennent pas qu’ils accélèrent ainsi la décomposition de la société et leur propre disparition. Mais je ne suis pas non plus de ces libertariens libertins, qui s’imaginent naïvement que tout ce qui est légal est moral et qui invoquent la formule relativiste, « à chacun sa vérité », comme une vérité éternelle…

Bien amicalement !

ps : je n’ai pas voulu alourdir ce message par des considérations historiques. Mais pour ceux qui le souhaitent, j’ajoute que ma position s’inspire de celle des libéraux classiques français de Say à Molinari en passant pas Constant, Tracy ou Bastiat. Aujourd’hui aux Etats-Unis, on trouvera l’équivalent chez les paléo-libertariens : Murray Rothbard, Lew Rockwell, Walter Block, Thomas Woods, Hans Hermann Hoppe, Ron Paul et Rand Paul, proches du Mises Institute. On pourrait citer aussi bien le think tank Acton Institute ou le journal de Pat Buchanan : American Conservative.

Lire la réponse de Kaplan

#276

« De l’esclavage au servage au collectivisme, l’activité politicienne, aujourd’hui encore, est le combat opiniâtre, réactionnaire et obscurantiste contre toute nouvelle connaissance scientifique et morale. »

— Christian Michel

Source : Genève et sa leçon de morale (2002)

#260

« En ne voyant dans la liberté d’un être humain qu’un capital négociable comme n’importe quelle marchandise, la démocratie sociale retire à la vie de cet être humain toute dimension morale. »

— Christian Michel

Source : Pourquoi les libertariens défendent-ils la liberté ? (2002)

#232

« Non seulement l’action des gouvernements ne détourne pas les hommes du crime, au contraire, elle augmente la criminalité en perturbant et en abaissant toujours les normes morales de la société. »

— Leo Tolstoy

Source : The Meaning of the Russian Revolution (1906)

V.O. : « Not only does the action of Governments not deter men from crimes; on the contrary, it increases crime by always disturbing and lowering the moral standard of society. »

#229

« Toute tentative de fonder un ordre économique sur une morale beaucoup plus élevé que celle du commun des hommes doit finir dans la contrainte et l’intoxication organisée des masses par la propagande. »

— Wilhelm Röpke

Source : A Human Economy (1960)

V.O. : « Any attempt to base an economic order on a morality considerably higher than the common man’s must end up in compulsion and the organized intoxication of the masses through propaganda. »

#206

« La solidarité obligatoire, par mesure coercitive, est une régression morale ; car elle veut comprendre dans la loi des actes qui appartiennent à la morale ; et elle aboutit à remplacer le sentiment de la solidarité par deux autres sentiments : celui de la spoliation pour ceux qui veulent profiter des biens des autres ; celui de la révolte et de la dissimulation pour ceux qui sont menacés d’être dépouillés. »

— Yves Guyot

Source : La Démocratie individualiste (1907)

#163

« L’inflation est immorale, puisqu’elle frappe inéga­lement les habitants, sans aucun rapport avec leurs facultés ou avec leurs mérites. Elle constitue une expropriation sans indemnité de certaines catégories d’individus au profit de certaines autres catégories. »

— Louis Baudin

Source : La Monnaie (p. 104) (1947)

#60

« Une société qui ne reconnaît pas que chaque individu a ses propres valeurs qu’il a droit de suivre ne peut avoir aucun respect pour la dignité de l’individu et ne peut pas vraiment connaître la liberté. »

— Friedrich Hayek

Source : …

V.O. : « A society that does not recognize that each individual has values of his own which he is entitled to follow can have no respect for the dignity of the individual and cannot really know freedom. »

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