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Archives de Catégorie: Murray Rothbard

15 livres à lire pour se cultiver cet été

Je vais diviser mon choix en trois catégories :

5 grands classiques incontournables + 5 livres récents à découvrir + 5 livres majeurs de la bibliothèque numérique de l’Institut Coppet (téléchargeables gratuitement ou achetables en version papier)

A] Cinq grands classiques des 100 dernières années à relire

Ces cinq livres sont parmi les livres les plus éclairants que j’ai pu lire en version français (je laisse de côté les livres non traduits). Sauf exception, ils ne sont pas connus en France, en dehors d’un petit cercle d’initiés.

Vous pouvez cliquer sur l’image de chaque livre pour accéder directement à Amazon.fr

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Six mythes au sujet du libertarianisme

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Le libertarianisme est aujourd’hui le credo politique dont la progression est la plus rapide aux États-Unis. Le mot libertarianisme est un néologisme permettant d’éviter la confusion avec le « liberalism » américain qui est synonyme d’interventionnisme étatique. 

Dans une vidéo que nous avons ajoutée à la fin de l’article, Tom Woods évoque un auteur qui assimile le libertarianisme à une forme de matérialisme hédoniste. Woods montre simultanément pourquoi cette critique est fausse et pourquoi libertarianisme ne gagnera pas les esprits tant qu’il est sera « vendu » comme une idéologie classique.

En effet, le libertarianisme n’est pas une théorie classique, il s’agit d’une méta-philosophie qui défend les conditions de la vie bonne mais qui ne dit pas comment nous devons vivre. Ce n’est pas une morale, ce n’est pas une métaphysique, ce n’est pas une philosophie de la vie. Comme le dit Douglas Rasmussen, le libertarianisme est méta-normatif. Tel est également le propos de Murray Rothbard dans l’article qui suit. Lire la Suite →

Théorie de la propriété : droit naturel contre utilitarisme. Par Murray Rothbard

rothbard éthique libertéThéorie de la propriété : droit naturel contre utilitarisme

Murray Rothbard, L’éthique de la liberté, chapitre 9.  La propriété et l’agression

Résumé : Le droit de propriété n’est pas seulement un principe de liberté, c’est un principe fondamental de justice. Mais aucune propriété privée n’est juste en soi et par soi. Seule la propriété naturelle est légitime. C’est précisément ce que l’utilitarisme est incapable d’établir correctement.

Il n’est tout simplement pas possible de poser que le grand axiome normatif de la société libertarienne est la protection des Droits de propriété, point final. Car le voleur n’a absolument aucun Droit naturel de conserver la propriété qu’il a volée ; l’agresseur n’a aucun Droit de revendiquer la propriété acquise par voie d’agression. Nous devons donc modifier ou, à proprement parler, clarifier la règle fondamentale de la société libertarienne, pour dire : personne n’a le Droit de commettre une agression contre la juste ou légitime propriété d’autrui. Lire la Suite →

L’axiome de non-agression. Par Murray Rothbard

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L’axiome de non-agression

Extrait de For a New Liberty

Le Credo libertarien repose sur un axiome central : aucun individu ni groupe d’individus n’a le droit d’agresser quelqu’un en portant atteinte à sa personne ou à sa propriété. On peut appeler cela « axiome de non-agression », « agression » étant défini comme prendre l’initiative d’utiliser la violence physique (ou de menacer de l’utiliser) à l’encontre d’une autre personne ou de sa propriété. Agression est donc synonyme d’invasion, d’intrusion.

Si personne n’a le droit d’agresser quelqu’un d’autre, en bref, si chacun a le droit absolu d’être « libre » de toute agression, il s’ensuit immédiatement que le libertarien approuve pleinement ce qu’on appelle généralement les « libertés civiles » : liberté d’expression, de publication, d’association, liberté de « commettre » des délits sans victimes tels que la pornographie, les « déviations » sexuelles, la prostitution, (la drogue), toutes choses que le libertarien ne considère pas du tout comme des délits, puisqu’il ne s’agit pas d’agression à l’encontre d’une autre personne ou de sa propriété. En outre, il considère la conscription comme un esclavage à grande échelle. Et puisque la guerre, et plus particulièrement la guerre moderne, entraîne l’exécution massive de civils, le libertarien considère de tels conflits comme du meurtre de masse, et donc comme quelque chose d’absolument illégitime.

Tous ces points de vue sont considérés comme “de gauche” sur l’échelle idéologique contemporaine. D’autre part, le libertarien s’opposant à l’agression contre le droit de propriété privée, il s’oppose tout aussi vigoureusement à l’intrusion du gouvernement dans les droits de propriété et dans l’économie de marché au travers de contrôles, réglementations, subventions ou interdictions. Car si chaque individu a le droit de posséder et de ne pas être agressé et volé, alors il a aussi le droit de se défaire de sa propriété (par la transmission ou l’héritage) et de l’échanger contre la propriété d’autres personnes (liberté de contrat et économie de marché libre) sans subir d’intrusion. Le libertarien est donc en faveur d’un droit de propriété sans restriction et du libre échange, c’est-à-dire d’un système capitalistique de laissez-faire.

Le libertarien ne voit aucune incohérence à être « de gauche » dans certains domaines et « de droite » dans d’autres. Au contraire, il considère que sa position est virtuellement la seule qui soit cohérente du point de vue de la liberté individuelle.

S’opposant à toute agression individuelle ou en groupe contre les droits de la personne et les droits de propriété, le libertarien constate que, tout au long de l’histoire et aujourd’hui encore, il y a un agresseur central, dominant et prépondérant qui bafoue tous ces droits : l’Etat. Contrairement aux autres penseurs de gauche, de droite ou du centre, le libertarien refuse d’accorder à l’Etat le droit moral de commettre des actions que quiconque jugerait immorales, illégitimes et criminelles si elles étaient commises par une seule personne ou un groupe de personnes. Il insiste pour appliquer la règle morale générale à tous, et à ne faire aucune exception.

Si nous regardons l’Etat « tout nu », nous nous apercevons qu’il est autorisé (voire encouragé) à commettre toutes sortes d’actes que même les non libertariens s’accorderaient à juger comme des crimes ou délits répréhensibles. L’Etat est un habitué du meurtre de masse, qu’il appelle « guerre », parfois « répression de la rébellion ». Il fait de l’esclavage par la « conscription » dans ses forces militaires. Il vit et tire son existence de la pratique du vol sous la contrainte, qu’il appelle « fiscalité ». Le libertarien souligne que le fait que de telles pratiques soient approuvées ou non par une majorité de la population ne change rien à leur nature : sanctionnées ou non par le peuple, la guerre c’est bien le Meurtre de masse, la conscription, l’Esclavage, et la fiscalité, le Vol. Bref, le libertarien, comme l’enfant de la fable, s’obstine à répéter que « le roi est nu ».

Citations pour 2013 : Murray Rothbard

 

In memoriam James A. Sadowsky, sj. (1923-2012)

Le père James Sadowsky est mort à 89 ans le 7 septembre dans sa chambre à  l’infirmerie des Jésuites sur le campus de l’Université de Fordham, où il avait enseigné la philosophie à partir de 1960 jusqu’à sa retraite en 1998. Fondée en 1841, Fordham est l’université jésuite de New York, située dans le Bronx. Elle offre une éducation d’excellence, fondée sur la tradition jésuite et accueille plus de 15000 étudiants. 
James Sadowsky et Murray Rothbard étaient amis et on collaboré ensemble à partir du début des années 1960 jusqu’au décès de ce dernier en 1995. On peut dire qu’ils se sont largement influencés mutuellement.
Dans un entretien avec Martin Masse, il raconte : 

« Un jour, je suis allé à la bibliothèque et j’ai cherché des livres sur la dépression des années 30. J’ai regardé dans la section d’économie et un peu par hasard, j’ai choisi America’s Great Depression par Murray Rothbard. (…) Ensuite, j’ai découvert qu’il avait écrit d’autres choses, comme Man, Economy and State, que j’ai lu. J’ai été surpris parce que je pensais que l’économie était mathématique, mais il y avait relativement peu de maths dans les livres de Murray. Ensuite, je me souviens avoir lu cette brochure appelée État, qu’as-tu fait de notre monnaie ? et là j’ai vu qu’il vivait à Manhattan. Alors j’ai cherché Murray Rothbard dans l’annuaire téléphonique et lui a téléphoné. Et il m’a dit: pourquoi ne pas nous retrouver pour dîner quelque part ? Ce que j’ai fait. Nous avons donc parlé et… de là vient ma conversion à l’économie de marché ». 

Son article de 1966 sur la propriété (« Private Ownership and Collective Ownership« ) est devenu un classique. Il commence ainsi : 

« Je vous propose de tenter une justification de la propriété privée, puis d’analyser le terme « propriété collective ». J’espère montrer que ce dernier terme est dénué de sens. Malheureusement, il est souvent supposé avoir un sens et cela est souvent tenu pour acquis, même chez certains des défenseurs de la propriété individuelle ». 

La notion de droit s’applique à des individus et non à des collectivités. Or l’un de ces droits est le droit de s’approprier les biens qui sont sans propriétaire. Ce droit procède logiquement de la propriété de soi. Or, comme le montre Sadowsky, le déni de ce droit conduit à une contradiction. Il écrit : 

« Supposons maintenant que je déploie mon activité sur des marchandises n’appartenant à personne. De quel droit quelqu’un peut-il m’arrêter ? Il n’y a que deux justifications possibles : soit il a le droit de diriger mes activités en usant de violence (en d’autres termes, je suis son esclave), soit il est déjà propriétaire des biens matériels en question. Mais cela contredit les hypothèses que nous avons faites : que chaque être humain s’appartient lui-même en propre et que les biens matériels en question ne sont pas déjà possédés. La seule question ouverte est de savoir si l’autre homme avait acquis le terrain pacifiquement avant moi. Mais soulever cette question c’est déjà concéder le droit de propriété privée, que nous essayons de démontrer. »

En 1984, Sadowsky est devenu membre de la Société du Mont Pèlerin  fondée par Hayek en 1947 en Suisse. Et à l’invitation de Jacques Garello, il s’est rendu 15 années de suite à l’Université d’été de la nouvelle économie, dans les locaux de l’Université d’Aix. Dans les années 60, l’un de ses élèves s’appelait Mario Rizzo. Aujourd’hui ce dernier est professeur à NYU, et dirige le département d’économie autrichienne. Le père Sadowsky avait coutume d’enseigner la logique à partir du livre Principles of Logic, d’un autre jésuite : le père George Hayward Joyce (télécharger ce livre sur archive.org). 
Requiem aeternam dona ei, Domine, et lux perpetua luceat ei.


Interviews
Ethics and Capitalism, El Mercurio (Chili, 1987)
A Conversation with James Sadowsky, Philosopher of Freedom, Le Québécois Libre (Montréal, 2003)

Chroniques de Las Vegas – Murray Rothbard

Murray Rothbard, un « autrichien » américain à Las Vegas

(Article publié originellement sur 24HGold)

Impossible de parler de Las Vegas sans parler de Murray Rothbard, appartenant à l’école d’économie autrichienne, qui y fut professeur d’université de 1986 à 1991. Doug French, qui l’a bien connu, était à la FreedomFest. Il parle de sa rencontre avec Rothbard.

À l’automne 1990, Doug French travaillait dans les prêts immobiliers commerciaux à la Security Pacific Bank et poursuivait une maîtrise en économie à l’UNLV (Université du Nevada à Las Vegas). Il avait besoin d’un cours pour remplir une case de son emploi du temps, mais le seul cours disponible était celui enseigné par un excentrique (« kook »), selon l’expression d’un de ses camarades de classe.

C’est ainsi que French, sans le savoir, s’est inscrit au cours d’histoire de la pensée économique de Murray Rothbard. « Je suis allé au cours de Murray et j’ai été frappé par la foudre. Ma vie a changé à jamais », raconte French, qui est maintenant président de l’Institut Ludwig von Mises, un think tank libertarien basé à Auburn en Alabama.

Rothbard fut, dans l’après-guerre, l’un des plus éminents théoriciens américains de l’école autrichienne d’économie. Selon cette école de pensée, la liberté économique est la clé de la prospérité pour la simple raison que les individus sont les mieux placés pour connaître les opportunités permettant de créer de la richesse. À ceux qui pensent que la main de l’État est nécessaire pour dompter les passions du marché, assurer la justice sociale et guider le développement économique dans des directions souhaitables, les économistes de l’école autrichienne ont une réponse simple : comment diable pouvez-vous le savoir ?

Mises et Hayek ont démontré que la planification économique est une folie. La main de l’État ne peut que fausser le jeu naturel des choix individuels et des préférences.  Aucun expert ou comité d’experts ne devrait s’arroger le droit de piloter des processus naturels dont l’issue est inconnaissable. Rothbard a rendu compte en détail de ces questions dans son chef-d’œuvre, Man, Economy and State, rédigé tout au long des décennies 1950, 1960 et jusqu’en 1970.

Murray Rothbard est arrivé en 1986 à l’UNLV, après une carrière déjà longue et une célébrité bien acquise. Pour la première fois, on lui offrait un poste dans une grande université. À cette époque, le département d’économie avait un peu d’argent et le doyen était à la recherche d’un grand nom. Rothbard a voulu créer un département d’économie crédible qui soit complètement autrichien. Pour cela il a fait appel à un autre économiste de l’école autrichienne, d’origine allemande, Hans Herman Hoppe.

En quelques années, dans les milieux libertariens, l’UNLV a acquis la réputation d’être un véritable temple de l’école autrichienne d’économie. Tout le pays voulait suivre les cours de Rothbard et lui parler. En 1991, dans l’évaluation du corps professoral, les étudiants lui avaient donné des notes nettement au-dessus de la moyenne du département. Il a pourtant été remercié la même année.

En réalité, Rothbard et Hoppe, penseurs radicaux, étaient isolés dans leur département et aucun économiste autrichien n’est arrivé depuis dans leur sillage. Rothbard pestait contre la modélisation mathématique défendue par les économistes classiques. La Réserve fédérale était l’une de ses cibles favorites et il enseignait que les taux d’intérêt artificiellement bas dans les années 1920 avaient provoqué la Grande Dépression. Pour aggraver les choses il ne se privait pas de dire tout haut ce qu’il pensait de ses collègues keynésiens. Bref, il était trop « radical » pour l’université.

« L’État, qui subsiste grâce à la fiscalité, est une vaste organisation criminelle bien plus redoutable et efficace que n’importe quelle organisation privée dans l’histoire de la mafia », écrivait Murray Rothbard dans L’éthique de la liberté, republié aux éditions des Belles Lettres en 2011.

Rothbard est décédé en 1995 après avoir participé à la création de l’Institut Ludwig von Mises, pour la diffusion de la pensée de son maître. Il aura cependant marqué Las Vegas de son empreinte.

A lire sur le web :
Une rencontre avec Murray Rothbard à Las Vegas en 1989.
Entretien sur l’Ethique de la liberté de Rothbard (Damien Theillier et Jérémie Rostan)

Chroniques de Las Vegas, juillet 2011, Damien Theillier (Sur 24HGold)

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