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Archives de Catégorie: Las Vegas

Que s’est-il passé à Las Vegas pour la FreedomFest 2014 ?

Las-Vegas-Strip-7884-TS-S1Du 9 au 12 juillet avait lieu à Las Vegas, la FreedomFest, la convention nationale annuelle des libertariens et des conservateurs fiscaux américains. Après « Are weRome ? » (Sommes-nous Rome ?) en 2013, le thème retenu pour 2014 était : « Is BigBrother here? » (Big Brother est-il parmi nous ?).

La FreedomFest est une occasion unique de célébrer les grands livres, les grandes idées et les grands penseurs, dans la cadre d’un forum indépendant et non partisan où se succèdent les tables rondes, les conférences et les rencontres autour d’une centaine d’exposants issus de tous les horizons de la sphère libertarienne, dans le décor baroque d’un grand hôtel-casino du Strip : le Planet Hollywood. Lire la Suite →

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L’avant-première d’Atlas Shrugged à Las Vegas

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Début juillet, juste après le bac, j’irai à la Freedomfest à Las Vegas. Sommes-nous à l’ère de Big Brother ? Tel est le thème de la rencontre cette année. La Freedomfest est le plus grand rassemblement libertarien au monde. C’est un festival culturel et indépendant de tout parti politique. Des centaines de think-tanks (sociétés de pensée) et d’instituts y sont représentés. Une conviction philosophique commune anime tous les participants de ce festival unique au monde : une société libre, prospère et pacifique doit être construite autour de l’échange volontaire plutôt que sur la relation inégale entre un pouvoir centralisé et des citoyens dépendants. Plus de responsabilité individuelle et moins d’État, tel est le « credo » des libertariens américains. Lire la Suite →

Las Vegas, temple du vice ?

En France, dans les milieux bien-pensants, il est de bon ton de railler Las Vegas, la ville du péché et de tous les excès, avec ses hôtels tape à l’œil, ses bars à striptease et ses machines à sous pour les accros du jeu. Profitant de quelques jours de vacances à Las Vegas en juillet pour la FreedomFest, j’ai voulu en savoir plus.
Las Vegas, c’est d’abord une partie du rêve américain. Du point de vue économique, c’est la ville qui a connu au cours de ces vingt dernières années, la croissance la plus rapide et la plus forte de tous les Etats-Unis. La population a été multipliée par trois et l’agglomération compte désormais près de deux millions d’habitants. L’attractivité de la ville s’explique notamment par une fiscalité quasiment nulle, des infrastructures de premier plan et des prix de l’immobilier raisonnables. Beaucoup de retraités s’y sont installés mais aussi beaucoup de latino-américains y ont trouvé du travail dans les industries de services peu qualifiés et la fabrication.
Certes, l’économie du jeu a connu un ralentissement pendant presque deux années de suite, en 2008 et 2009. Mais rien de comparable avec 2001-2002 où la ville a connu, après les attentats du 11 septembre, la pire crise de son histoire. La crise économique actuelle ne semble pas avoir affecté profondément Las Vegas. En 2010, les casinos du Strip, le boulevard central de Las Vegas, ont augmenté leur revenu de 33% en moyenne par rapport à 2009. Les meilleurs chiffres depuis 10 ans. 
Las Vegas, ce n’est pas seulement la capitale du jeu, c’est aussi la première ville hôtelière au monde avec 40 millions de visiteurs par an et 120.000 chambres. 20 des 25 plus grands hôtels du monde sont à Las Vegas. Le secteur du bâtiment continue à bien se porter. Les projets en cours de réalisation représentent un investissement de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Le nombre de chambres d’hôtel ne cesse d’augmenter, créant ainsi des emplois.
Il y a quelques années, Bernard-Henri Levy, dans American Vertigo, avait fait part de son aversion et de son dégoût pour Las Vegas. Francis Fukuyama lui avait répondu dans un article : « Howard Hughes a fondé le Las Vegas moderne en 1967 parce que, insomniaque reclus, il ne pouvait pas trouver d’endroit pour acheter un cheeseburger à Los Angeles à trois heures du matin. Il a créé toute une ville pour répondre à ce besoin. Cela n’avait rien à voir avec le péché ou le sexe, mais plutôt avec le désir perpétuel des américains de se réinventer un monde correspondant à leurs besoins. Aujourd’hui, le Bellagio, le Luxor et le MGM Grand ressemblent plus à des parcs à thèmes familiaux qu’à des salles de jeux. (…) Ce que vous voyez quand vous êtes debout devant un buffet dans un casino de Las Vegas c’est la vraie Amérique : le travail ordinaire des employés et la classe moyenne américaine, avec des enfants en poussette, qui veulent se divertir ».
Bien sûr il y a des SDF à Las Vegas et sans doute plus qu’ailleurs. Le 10 juillet, dans l’émission Sept à Huit, TF1 a diffusé un reportage sur les tunnels de Las Vegas. Joueurs ruinés, habitants expulsés de leur maison, victimes de la crise économique, toxicomanes, délinquants en cavale… des dizaines de personnes ont trouvé un refuge dans les 300 kilomètres de canalisations souterraines qui protègent Las Vegas contre les inondations. 
Documentaire sordide sur la misère humaine générée par l’égoïsme des riches me direz-vous ? Pas du tout, car on y voit ces SDF vivre comme des rois. Ils récupèrent les crédits laissés par les joueurs dans les machines à sous, ils utilisent des pass jetés par les clients qui les croient périmés et accèdent ainsi facilement aux piscines et aux restaurants des meilleurs hôtels du Strip. Ils passent inaperçus au milieu des touristes en short et en tongs. On les voit utiliser les douches des piscines, se prélasser dans les jacuzzis, se gaver dans les buffets, le tout sans gêner personne. Ceux qui font la manche profitent des gains des joueurs chanceux. L’un de ces SDF raconte qu’il a reçu 300 dollars d’un jeune homme sortant d’un casino avec une liasse de billets. Le soleil brille 310 jours par an, Las Vegas offre des spectacles gratuits toute l’année : fontaines géantes, batailles de pirates, éruption de volcans. Un SDF raconte : « J’ai choisi de vivre à Las Vegas parce qu’ici tout est gratuit ». Il suffit d’être malin et de se fondre dans la masse. 
Conclusion, mieux vaut être pauvre en Amérique, à Las Vegas en particulier, que pauvre en Afrique à Tombouctou ou à Tobrouk.

Chroniques de la Freedom Fest à Las Vegas

Chroniques de Las Vegas – Juge Napolitano

Article publié sur 24HGold

L’Amérique a-t-elle encore une Constitution ? C’est la question à laquelle le juge Andrew Napolitano, animateur truculent d’un talk-show sur Fox News, a répondu devant plus de 2000 participants à la FreedomFest à Las Vegas en juillet. (voir mes précédentes chroniques)

Napolitano est un ancien juge de l’État du New Jersey qui anime une émission libertarienne appelée Freedom Watch, diffusée sur la chaine de télévision Fox Business. Ses invités les plus fréquents sont Ron Paul, Peter Schiff et Lew Rockwell. Napolitano est surnommé le « Ayn Rand de Fox News » et a souvent encouragé ses téléspectateurs à la lecture de Friedrich Hayek, Milton Friedman et Ludwig von Mises.

La thèse qu’il a défendue à la FreedomFest est que les deux partis piétinent la Constitution fréquemment. Napolitano n’a épargné ni les républicains ni les démocrates. « Il n’y a pas deux partis dans notre pays, il n’y a qu’un seul parti : le parti de l’étatisme (big government). Les démocrates et les républicains ne sont chacun qu’une aile de ce parti » » a-t-il dit. « D’un côté, a-t-il ajouté, les républicains aiment les guerres, les impôts, les agressions contre les libertés civiles. De l’autre côté, les démocrates aiment la guerre, les impôts, les déficits et les agressions contre les libertés économiques ». Selon lui, le problème à Washington DC aujourd’hui, c’est un manque de candidats prêts à s’engager en faveur des principes de la liberté et du libre marché.

Le juge Napolitano s’en est pris alors au Patriot Act, la loi antiterroriste adoptée après les attentats du 11 septembre 2001, que les parlementaires républicains voulaient enchâsser de façon permanente. Les fouilles et les saisies ordonnées par ceux qui sont censés nous protéger ne sont pas légitimes. La tâche du président américain, a-t-il déclaré, est d’assurer notre sécurité. « Mais s’il nous rend esclaves pour notre sécurité, il ne fait pas son travail ». Pour l’orateur, la suppression des libertés dans le but de préserver la sécurité est en opposition directe avec les principes fondateurs de la république américaine et il a fustigé le parti républicain pour cette politique.

Il a également défendu l’idée philosophique que les droits naturels proviennent de notre condition d’être humain et non du gouvernement. Dans de nombreux pays, les droits sont accordés par la loi, selon le bon vouloir des gouvernants, pas en Amérique. C’est l’un des éléments différenciateurs de l’expérience démocratique américaine.

Un interlocuteur de l’auditoire lui a demandé s’il envisagerait de briguer la présidence. Il a répondu non, catégoriquement. Un autre lui a demandé qui, des candidats à la présidentielle, pourrait le nommer à la Cour suprême. Il a répondu que c’était aux candidats eux-mêmes de se prononcer.

Il a terminé sur une note d’espoir. « Aussi longtemps que nous aurons la liberté au cœur, a-t-il dit, nous ne serons pas sous la tyrannie ». Parmi les orateurs de la journée, Napolitano a reçu les applaudissements les plus nourris.

Chroniques de la Freedom Fest à Las Vegas par Damien Theillier, juillet 2011

A voir : Le juge Napolitano était l’invité de Jon Stewart sur Comedy Central la semaine dernière. Un débat passionnant en 3 parties :

Chroniques de Las Vegas – Peter Schiff

Article publié originellement sur 24HGold
Peter Schiff est un économiste de l’école autrichienne, diplômé de Berkeley, apparaissant régulièrement sur CNN, ​​CNBC ou Fox News. Il a été conseiller économique de Ron Paul lors de la campagne présidentielle en 2008. Il fut l’un des premiers à prédire la bulle immobilière et la crise des subprimes. En 2007, Peter Schiff a écrit un livre prémonitoire intitulé Crash Proof: How to profit From the Coming Economic Collapse (La preuve par le crash: comment tirer profit de l’effondrement imminent de l’économie). Il est le président de EuroPacific Capital,une société de courtage spécialisée dans les marchés et les titres étrangers (hors Amérique). 
Dans son intervention à La FreedomFest à Las Vegas, Peter Schiff a expliqué pourquoi les mesures actuelles, prises par les pouvoirs publics contre la crise, ne faisaient qu’aggraver la situation.

Madoff vs. Bernanke
 

Pour bien comprendre son propos, il faut se souvenir que la solution de Ben Bernanke, le président de la Réserve Fédérale américaine, pour lutter contre la récession, c’est de faire tourner la « planche à billets », via des achats de titres de dette publique. On appelle cela le Quantitative Easing : l’assouplissment monétaire quantitatif ou encore QE. Après QE1 en mars 2009 et QE2, en nombre 2010, Ben Bernanke a émis l’hypothèse d’un QE3 « si nécessaire ».

Or Peter Schiff a prédit devant l’auditoire de la FreedomdFest que si la Réserve Fédérale lançait un troisième programme de QE, l’or pourrait monter jusqu’à 10 000 dollars dans les cinq ans !  « Il n’y a pas de prix plancher pour le dollar, il n’y a donc pas de prix plafond pour l’or. Je ne sais pas à quel point l’imprudence et l’irresponsabilité de la Fed (la banque centrale américaine) et du Congrès américain sont possibles, mais ils peuvent surement aller assez loin pour faire monter le prix de l’or jusqu’à 10 000$. »

En effet, le gouvernement ne paie pas ses factures, il emprunte pour le faire. Mais s’il doit emprunter pour rembourser l’argent qu’il a déjà emprunté, c’est l’aveu que le gouvernement mène une « chaîne de Ponzi » (circuit financier frauduleux). Or Bernard Madoff a récemment lancé un appel de sa prison, expliquant que le gouvernement américain perpétuait la plus grande « chaîne de Ponzi » de l’histoire du monde. « Madoff a raison et nous devrions l’écouter », a dit Peter Schiff, ajoutant que Bernard Madoff – qui a été condamné pour avoir opéré justement une telle chaîne de Ponzi – avait certainement plus de crédibilité que Ben Bernanke en la matière.

Échec des plans de relance et de la réglementation étatique

Tout le monde semble savoir ce qui a provoqué l’effondrement économique récent. La crise aurait pu être évitée s’il y avait eu plus de règlementation de la finance et du marché, entend-on.

Mais selon Peter Schiff, cette vision des choses est totalement inexacte. La Réserve fédérale américaine et les politiciens du Congrès ont créé toutes sortes de distorsions dans le marché qui ont rendu l’effondrement financier quasiment inévitable. Deux ans après les plans de relance d’Obama, il faut bien se rendre à l’évidence : l’intervention du gouvernement ne fonctionne pas. Stimuler l’économie avec de l’argent bon marché n’a pour effet que de créer de l’inflation et des bulles. « Utiliser l’assouplissement quantitatif pour combattre la récession, c’est comme utiliser de l’essence pour éteindre un feu », a lancé Peter Schiff sous les applaudissements.

Hyperinflation et « big crash »

Le gouvernement nous dit que l’inflation est à son plus bas niveau depuis les années 1950. Pendant ce temps, les prix s’envolent. Selon Peter Schiff, l’augmentation du prix des matières premières est le résultat de l’assouplissement quantitatif. L’inflation se mesure aussi par la réduction de la qualité de nos produits. Peut-être que les prix n’ont pas augmenté, mais la réduction de notre qualité de vie est bien une réalité, selon lui.

Comme il le précise, certains iraient jusqu’à dire que nous aurions besoin d’une guerre pour aider à la relance de l’économie. Mais c’est une absurdité totale. « Depuis quand la destruction conduit-elle à la prospérité ? » s’est ainsi demandé Peter Schiff.

Ce dernier a également prédit que le dollar américain connaîtrait une dépréciation massive par rapport aux autres devises, entraînant un effondrement majeur de l’économie. La valeur du dollar deviendra presque nulle, correspondant à une hyperinflation et à des augmentations massives du prix des produits d’importation comme le pétrole, de nombreux aliments et la majorité des biens de consommation. Cette hyperinflation pourrait créer une situation en Amérique et en Europe comparable à ce qui est arrivé à l’Allemagne de Weimar après la Première Guerre mondiale ou à l’Argentine pendant la crise de 1999-2002. La dévaluation de la monnaie fut telle que tous les particuliers perdirent leur épargne placée dans les banques. C’est pourquoi Schiff encourage les Américains à s’approvisionner en biens de consommation non périssables (comme les vêtements, les chaussures et les piles) maintenant tant que leurs prix sont encore abordables.

Peter Schiff estime que la baisse soudaine du niveau de vie pourrait conduire à la violence civile et que le gouvernement américain pourrait instaurer un contrôle des prix sur les produits de base, recourant même à la confiscation de biens privés pour payer les dettes publiques et plaçant les mouvements de capitaux sous contrôle afin d’empêcher  les transferts d’argent hors du pays. Pour ces raisons, Schiff recommande fortement aux Américains de sortir leurs avoirs des États-Unis et d’investir à l’étranger.

L’épargne indispensable

« Nous avons besoin d’un plan qui stimule l’épargne et la production. Ce sont les emprunts et la surconsommation qui nous ont mis dans ce pétrin. »

La vérité brutale que personne n’ose reconnaître, selon Peter Schiff, c’est que nos problèmes économiques systémiques ne peuvent être résolus que par un changement de mode de vie, c’est-à-dire par une réduction des prêts à la consommation et une augmentation de l’épargne. Il faut cesser de vivre à crédit. Une récession douloureuse est la seule voie pour y parvenir. En interférant avec les tentatives du marché pour apporter les corrections nécessaires, toutes les propositions actuellement en provenance de Washington ou de leurs économistes, ne font qu’exacerber les déséquilibres  et causeront une crise encore plus grave dans l’avenir. Il est temps de réduire drastiquement l’intervention étatique dans l’économie et de mettre un terme aux énormes subventions accordées au système bancaire.

Selon Peter Schiff, la meilleure chose que nous puissions faire pour l’économie et pour les détenteurs d’obligations d’État américaines c’est de ne pas relever le plafond de la dette et de réduire coûte que coûte les dépenses du gouvernement.

Chroniques de Las Vegas, Damien Theillier, juillet 2011
A voir :

Chroniques de Las Vegas – L’école et l’Etat

 Peut-on séparer l’école de l’Etat ?

Article publié originellement sur 24HGold

Un sujet majeur de discussion lors de la FreedomFest cette année a été le mouvement pour le droit de choisir son école qui a fait une percée remarquable ces dernières années aux États-Unis. Dans un récent éditorial, le Wall Street Journal a fait de 2011 « l’année du choix de l’école ». Les parents et les législateurs qui les représentent, en particulier dans les écoles des quartiers défavorisés, sont las d’attendre les effets promis d’une énième « réforme de l’éducation » dans les écoles publiques de leurs enfants. Ces parents réclament un environnement éducatif favorable à un véritable apprentissage et se tournent alors vers des écoles indépendantes.

Selon le Wall Street Journal,  13 États auraient déjà adopté, sous une forme ou sous une autre, une législation favorable au choix de l’école et 28 États sont en instance d’adopter les mêmes lois : bourses et allègements fiscaux pour les écoles privées, crédits d’impôts pour les frais de scolarité, bons scolaires etc.

School Choice Week est venue à la FreedomFest délivrer son message. Il s’agit d’une organisation nationale qui veut promouvoir une éducation de qualité pour tous. School Choice Week avait réuni une table ronde composée de Lisa Graham Keegan, fondatrice et présidente de Education Breakthrough Network, Juan Williams, analyste politique sur Fox News, Michelle Bernard, analyste politique sur MSNBC et le consultant politique Dick Morris .

L’éducation doit faire parti de toutes les discussions politiques et sociales, a déclaré Williams. « Elle est au centre de l’agenda libertarien ». La thèse des conférenciers était que l’avenir économique et politique du pays est inextricablement lié au système d’éducation.

Mais aux États-Unis, comme en France, le système est actuellement dominé par les syndicats d’enseignants. Dick Morris a donc posé une question fondamentale Les écoles sont-elles un projet de services publics pour les enseignants ou existent-elles pour éduquer les enfants ? Cette question est l’un des défis majeurs que doit relever  l’enseignement public.

Les États-Unis sont emblématiques de la crise de l’éducation qui frappe la plupart des pays développés. Malgré des dépenses record et des initiatives de grande ampleur menées récemment pour sauver le système scolaire (par exemple, le No Child Left Behind Act de Georges Bush, lancé en 2002), le niveau des élèves américains est inférieur à celui de tous les pays européens et continue de s’affaiblir.

Pour les libertariens réunis à la FreedomFest, la liberté de choix en matière de scolarité signifie non seulement le droit de choisir la meilleure école pour chaque enfant, mais encore le droit de ne choisir aucune école. Le choix de l’enseignement à domicile (home schooling) semble à beaucoup le meilleur choix.

Aujourd’hui, entre 1,6 million et 2 millions de parents optent pour le home schooling, arrangement par lequel les parents font office d’enseignants et le domicile sert d’école. Le nombre de ceux qui adoptent ce mode d’éducation ne cesse de croître chaque année.

Les parents choisissent l’enseignement à domicile pour plusieurs raisons. Certains recherchent l’occasion de transmettre des valeurs philosophiques ou religieuses à leurs enfants. D’autres considèrent le home schooling comme un moyen de resserrer les liens familiaux, de favoriser la performance scolaire, de s’assurer d’un enseignement adapté aux besoins de l’enfant ou bien de mettre en pratique des approches éducatives non traditionnelles.

Malgré leur hétérogénéité, les parents qui favorisent cette façon d’instruire leurs enfants s’accordent généralement sur un de ses avantages  : la possibilité d’adapter le curriculum et l’enseignement aux besoins de chaque élève. Les chercheurs affirment d’ailleurs régulièrement que les élèves de familles mettant en pratique le home schooling obtiennent, dans l’ensemble, des résultats supérieurs et sinon au moins égaux à ceux d’élèves d’écoles traditionnelles en matière de tests standardisés. Ajoutons que ce type d’enseignement reviendrait à environ 700 dollars par an, soit un dixième du coût de l’élève à l’école publique.

Cette expérience américaine pourrait être une réelle source d’inspiration dans un pays comme la France qui souffre des mêmes maux avec des résultats médiocres des élèves français aux tests internationaux, alors que notre système englouti des milliards.

Chroniques de Las Vegas – Damien Theillier, juillet 2011

Chroniques de Las Vegas – Murray Rothbard

Murray Rothbard, un « autrichien » américain à Las Vegas

(Article publié originellement sur 24HGold)

Impossible de parler de Las Vegas sans parler de Murray Rothbard, appartenant à l’école d’économie autrichienne, qui y fut professeur d’université de 1986 à 1991. Doug French, qui l’a bien connu, était à la FreedomFest. Il parle de sa rencontre avec Rothbard.

À l’automne 1990, Doug French travaillait dans les prêts immobiliers commerciaux à la Security Pacific Bank et poursuivait une maîtrise en économie à l’UNLV (Université du Nevada à Las Vegas). Il avait besoin d’un cours pour remplir une case de son emploi du temps, mais le seul cours disponible était celui enseigné par un excentrique (« kook »), selon l’expression d’un de ses camarades de classe.

C’est ainsi que French, sans le savoir, s’est inscrit au cours d’histoire de la pensée économique de Murray Rothbard. « Je suis allé au cours de Murray et j’ai été frappé par la foudre. Ma vie a changé à jamais », raconte French, qui est maintenant président de l’Institut Ludwig von Mises, un think tank libertarien basé à Auburn en Alabama.

Rothbard fut, dans l’après-guerre, l’un des plus éminents théoriciens américains de l’école autrichienne d’économie. Selon cette école de pensée, la liberté économique est la clé de la prospérité pour la simple raison que les individus sont les mieux placés pour connaître les opportunités permettant de créer de la richesse. À ceux qui pensent que la main de l’État est nécessaire pour dompter les passions du marché, assurer la justice sociale et guider le développement économique dans des directions souhaitables, les économistes de l’école autrichienne ont une réponse simple : comment diable pouvez-vous le savoir ?

Mises et Hayek ont démontré que la planification économique est une folie. La main de l’État ne peut que fausser le jeu naturel des choix individuels et des préférences.  Aucun expert ou comité d’experts ne devrait s’arroger le droit de piloter des processus naturels dont l’issue est inconnaissable. Rothbard a rendu compte en détail de ces questions dans son chef-d’œuvre, Man, Economy and State, rédigé tout au long des décennies 1950, 1960 et jusqu’en 1970.

Murray Rothbard est arrivé en 1986 à l’UNLV, après une carrière déjà longue et une célébrité bien acquise. Pour la première fois, on lui offrait un poste dans une grande université. À cette époque, le département d’économie avait un peu d’argent et le doyen était à la recherche d’un grand nom. Rothbard a voulu créer un département d’économie crédible qui soit complètement autrichien. Pour cela il a fait appel à un autre économiste de l’école autrichienne, d’origine allemande, Hans Herman Hoppe.

En quelques années, dans les milieux libertariens, l’UNLV a acquis la réputation d’être un véritable temple de l’école autrichienne d’économie. Tout le pays voulait suivre les cours de Rothbard et lui parler. En 1991, dans l’évaluation du corps professoral, les étudiants lui avaient donné des notes nettement au-dessus de la moyenne du département. Il a pourtant été remercié la même année.

En réalité, Rothbard et Hoppe, penseurs radicaux, étaient isolés dans leur département et aucun économiste autrichien n’est arrivé depuis dans leur sillage. Rothbard pestait contre la modélisation mathématique défendue par les économistes classiques. La Réserve fédérale était l’une de ses cibles favorites et il enseignait que les taux d’intérêt artificiellement bas dans les années 1920 avaient provoqué la Grande Dépression. Pour aggraver les choses il ne se privait pas de dire tout haut ce qu’il pensait de ses collègues keynésiens. Bref, il était trop « radical » pour l’université.

« L’État, qui subsiste grâce à la fiscalité, est une vaste organisation criminelle bien plus redoutable et efficace que n’importe quelle organisation privée dans l’histoire de la mafia », écrivait Murray Rothbard dans L’éthique de la liberté, republié aux éditions des Belles Lettres en 2011.

Rothbard est décédé en 1995 après avoir participé à la création de l’Institut Ludwig von Mises, pour la diffusion de la pensée de son maître. Il aura cependant marqué Las Vegas de son empreinte.

A lire sur le web :
Une rencontre avec Murray Rothbard à Las Vegas en 1989.
Entretien sur l’Ethique de la liberté de Rothbard (Damien Theillier et Jérémie Rostan)

Chroniques de Las Vegas, juillet 2011, Damien Theillier (Sur 24HGold)

Leaving Las Vegas

17 juillet, après une semaine, je quitte Las Vegas.

Décollage de nuit, l’avion fait le tour de la ville en prenant de l’altitude, nous apercevons en bas la ville qui scintille. Au centre, le Strip avec ses hôtels aux couleurs barriolées : du bleu au rouge en passant par le jaune et le vert du MGM. Tout autour, des lumières à perte de vue, jusqu’aux montagnes qui cernent Las Vegas. Je m’endors vite pour oublier que je vais devoir prendre le RER B demain matin… le cauchemar !!

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Keep the revolution alive – FreedomFest 2011 à Las Vegas

Je suis en train de rédiger une dizaine d’articles pour le site 24h Gold. Dès qu’ils seront en ligne, je mettrai les liens. Mais voici déjà un aperçu général de la FreedomFest 2011 (voir mon précédent article sur le sujet ici et le site de l’événement ici).

Le thème : Keep the revolution alive, pouvait se ramener à la question suivante : comment
vivre en dehors de l’appareil de contrainte de l’Etat ? C’est-à-dire au fond : comment supplanter et remplacer l’anachronisme de l’Etat centralisé tel que nous le connaissons ?
C’est pourquoi de nombreuses séances de discussion étaient axées sur les nouveaux espaces de liberté : les médias numériques, les méthodes d’éducation alternatives, les nouveaux modes d’investissements, la recherche et l’application de nouvelles orientations dans les sciences, dans la culture, en politique ou dans l’entreprise. Bref un grand forum d’idées avant-gardistes et de solutions purement privée pour concurrencer le système étatiste. (Plus d’infos dans les articles à venir…)

Quelques sujets abordés :

– “Selfishness: Virtue or Vice?”
– “ObamaCare: Beginning or End of Good Living in America?”
– “Free Trade vs. Fair Trade”
– “To Vote or Not To Vote: You Decide”
– “Can Science Determine Human Values?”
– “The Growing Chinese Threat: Crisis and Opportunity”
– “From Good to Great: The Keys of Successful Leadership”
– « Vaccines: Good or Bad? »
– « The Future of the Middle East: Dictatorship? Democracy? Islamic Republics? »
– « Education in America: Are We Making Progress? »
– « Beating the Market with Hedge Funds »

En dehors des conférences, dans le grand hall des exposants, chaque association ou think tank avait son stand et proposait ses productions ou présentait ses projets. Le simple fait de se promener dans cette immense salle, de rencontrer les gens et de voir la façon dont ces organisations travaillent de l’intérieur, était déjà un enseignement en soi.

« Keep the REVOLUTION Alive » – Freedom Fest 2011 from FreedomFest on Vimeo.

Cartes postales de Vegas

 
 

Las Vegas, ville de lumière

Arrivée en fin de journée à Las Vegas.

L’approche est saisissante. L’avion survole des paysages de terre rouge, les Rocheuses, le Grand Canyon, avant de plonger au coeur de cette mégalopole, l’une des plus grandes des Etats-Unis, plantée au beau milieu du désert et encerclée de montagnes. L’aéroport McCarran est à 5 mn au sud du Strip, le grand boulevard hôtelier de Vegas, en plein centre de l’agglomération. 
Une fois l’avions posé, à travers le hublot, on aperçoit déjà le Luxor et le Mandalay Bay avec les reflets magiques du soleil couchant. Le trajet en taxi nous fait remonter une partie du Strip par la voie rapide extérieure. Nous accédons enfin au boulevard par le Mirage avant d’arriver au Bally’s, notre hôtel, en face du Bellagio et jouxtant le Paris-Las Vegas, avec sa tour Eiffel. C’est là qu’aura lieu dans 3 jours la FreedomFest, ce qui nous laisse le temps de nous amuser un peu.
Connaissant les américains et ce genre de meeting, ça ne rigole pas. Breakfast à 7h du matin, et juste le temps de se laver les dents avant d’enchaîner les conférences, les débats et les tables-rondes jusqu’à 17h. Une petit heure pour déjeuner à midi, pas plus.

Il fait nuit, la ville brille de tous ses feux et la chaleur du jour reste torride. Les écrans publicitaires géants diffusent leurs images, les fontaines du Bellagio jaillissent dans un bruit d’explosion formidable. Spectacle grandiose, démesuré.

A suivre…

  
 

Festival "FreedomFest" à Las Vegas

Je serai à la FreedomFest à Las Vegas la semaine prochaine. Je posterai ici mes photos. Qu’est-ce que la FreedomFest ?
FreedomFest est un festival annuel où « des esprit libres » se rencontrent pour célébrer les « grands livres, les grandes idées et les grands penseurs » dans une société ouverte. Ce festival est indépendant, non partisan et n’est affilié à aucune organisation religieuse ou politique ni à un groupe de réflexion particulier.
Fondé et produit par Mark Skousen depuis 2002, FreedomFest invite les « meilleurs et les plus brillants » esprits du monde entier à discuter, élaborer des stratégies, fraterniser, et célébrer la liberté. 

Depuis sa création, la FreedomFest a lieu à Las Vegas, la ville la plus libertarienne du monde. C’est le seul endroit au monde ou, après une longue journée d’apprentissage intellectuel et de débats, l’on peut voir un grand spectacle, manger dans un restaurant cinq étoiles, visiter un musée, profiter des animations, voir les sons et lumières, les grands hotels. Le tout pour un prix défiant toute concurrence. Las Vegas est la ville la moins chère du monde… si on ne joue pas au casino !)

Qui peut participer à la FreedomFest ? Le festival est ouvert à toute personne qui s’intéresse aux livres, à l’art, à la musique, au cinéma et au théâtre sur tous les sujets, y compris la science, la philosophie, l’économie, la santé, les sports, les technologies, le commerce, la religion, le droit et la politique.
La FreedomFest attire des gens de tous les horizons de la vie et du spectre politique pour apprendre, débattre en l’honneur des grands livres, des grandes idées, et des grands penseurs.
La FreedomFest c’est trois journées intenses. 
Sept sessions ont lieu simultanément, y compris des discussions et des débats sur la philosophie et l’histoire, les arts et le divertissement, la politique publique et la géopolitique, le droit et la religion, la science et la technologie, l’économie et les finances. (Pour ceux qui souhaitent assister à plus d’une session, tous les forums et les ateliers sont disponibles à la vente pendant le festival sous forme de cd ou dvd )
Il y a une salle de débat, où un nouveau sujet chaud est débattu à chaque heure, des séances générales où l’on entend des experts de renommée mondiale, et un moment privilégié d’une heure où l’on entend 6-7 « brillantes nouvelles stars ». 

Bastille day

Au programme cette année, une soirée spécial 14 Juillet, dans la salle Versailles à l’hôtel Paris Las Vegas. Un spectacle sera donné par John Mackey, Doug Casey, Tom Palmer, Sally Pipes et Frank Trotter sur le thème : « American revolution vs Révolution française »

Anthem Film Festival

Un festival du film se tiendra durant le meeting. On pourra y voir « Cool It! » le film de Bjorn Lomborg et une discussion sur le film « Atlas Shrugged » avec David Kelly (Atlas Society) et David Boaz (Cato Institute).
Laissez Faire Books
Cette librairie très connue aux Etats-Unis (et qui vend beaucoup de livres d’auteurs français du XVIIIe et du XIXe siècle, traduits en anglais) exposera ses livres et proposera des séances de dédicaces tous les jours.

Seront présents à cet évènement : Reason, Cato, Heritage, Fraser, Ludwig von Mises Institute, FEE, State Policy Network, Goldwater Sovereign Society, Universidad Francisco Maroquin, the Adam Smith Institute, Fox News, Newsmax, Human Events, Daily Bell, American Spectator, the Daily Caller, and C-SPAN. Liberty Fund, Laissez Faire Books, The Wall Street Journal, Barron’s, Investors Business Daily, Eagle Publishing….


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