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Archives de Catégorie: etat

Parution de mon anthologie de Frédéric Bastiat : L’Etat ou la grande illusion

Frédéric Bastiat

L’ÉTAT OU LA GRANDE ILLUSION

Préface de Damien Theillier

Editions Arfuyen (sortie le 7 septembre 2017)

1° LE LIVRE

Chacun se plaint de la bureaucratie et de la monarchie présidentielle. La France est malade de centralisme et d’étatisme. Mais à chaque élection, on propose plus d’État et plus de règles…

Déjà de son vivant Bastiat dérangeait. Chef d’entreprise, journaliste, parlementaire, redoutable satiriste, où le classer ? Son indépendance, son humour déconcertent. À l’Assemblée nationale, il siège à gauche. Il combat la peine de mort, l’esclavage, le colonialisme. Il défend le droit de grève, les caisses mutuelles, la liberté de la presse. « Il y a trop de législateurs, organisateurs, conducteurs de peuples, pères des nations, écrit-il. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter. »

Bastiat est l’un des pères de l’économie moderne, mais c’est en France qu’il semble le plus oublié. Présenté par l’un des meilleurs connaisseurs de sa pensée, les quatre textes courts et brillants que rassemble ce petit livre (« L’État », « Justice et fraternité », « À MM les Électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever », « Pétition des fabricants de chandelles… ») incitent à repenser la place centrale de l’État dans notre organisation politique.

2° L’AUTEUR

Frédéric Bastiat est né en 1801 à Bayonne. Fils d’un négociant aisé, très tôt orphe- lin de père et de mère, il est élevé par ses grands-parents paternels. À 17 ans, il quitte l’école pour rejoindre le commerce familial où il expérimente les mécanismes du mar- ché. Il entre dans la franc-maçonnerie. À partir de 1844, il collabore au Journal des économistes et développe une pensée fondée sur la défense de l’individu et l’opposition à l’étatisme, au protectionnisme et au colonialisme.

Élu député des Landes en 1848 à l’Assemblée constituante puis à l’Assemblée Nationale en 1849, il devient vice-président de la commission des finances. Siégeant à gauche, il vote tantôt avec les conservateurs, tantôt avec les socialistes, son critère majeur étant la défense des libertés. Durant son tour de France pour promouvoir ses idées libérales, il contracte la tuberculose. Il part se soigner en Italie et meurt à Rome le 24 décembre 1850. Il repose en l’église Saint-Louis-des-Français, à Rome.

3° CITATION

« L’ÉTAT ! Qu’est-ce ? où est-il ? que fait-il ? que devrait-il faire ? Tout ce que nous en savons, c’est que c’est un personnage mystérieux, et assurément le plus sollicité, le plus tourmenté, le plus affairé, le plus conseillé, le plus accusé, le plus invoqué et le plus provoqué qu’il y ait au monde.

« Car, Monsieur, je n’ai pas l’honneur de vous connaître, mais je gage dix contre un que depuis six mois vous faites des utopies ; et si vous en faites, je gage dix contre un que vous chargez l’État de les réaliser « L’ÉTAT, c’est la grande fiction à travers laquelle TOUT LE MONDE  s’efforce de vivre aux dépens de TOUT LE MONDE. »

4° POINTS FORTS

  • La collection « La faute à Voltaire » veut donner la parole à des écrivains et penseurs capables de nous aider aujourd’hui à comprendre les problèmes de la cité et à surmonter la crise du politique.
  • Face aux problèmes politico-économiques actuels, l’État semble toujours et encore le seul recours. Chacun se plaint de la multiplication des normes, des réglementations et des taxes. Mais, presque toutes, les solutions proposées passent par leur renforcement.
  • Grand connaisseur de la philosophie des Lumières et de l’école libérale française, Damien Theillier enseigne la philosophie. Il est le fondateur de l’Institut Coppet mais aussi de l’École de la liberté.
  • Que veut dire le mot État ? Comment le définir ? Bastiat nous permet de repenser ce qui n’est qu’une évidence trompeuse.

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Collection « La faute à Voltaire »
11 euros – 160 pages
Sortie 7 septembre 2017
ISBN 978-2-845-90260-2
Distribution SODIS/Diffusion SOFÉDIS
contact@arfuyen.com

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#381

« On a maintenant tâté de toutes les variantes de l’étatisme et elles ont toutes échoué. »

— Murray N. Rothbard

Source : La stratégie de la liberté, in Ethique de la liberté

#378

« Dans une société vraiment libre, une société où les Droits de la personne et de la propriété seraient protégés, l’Etat ne pourrait donc que cesser d’exister. »

— Murray N. Rothbard

Source : La stratégie de la liberté , in Ethique de la liberté

#371

« L’expérience de l’histoire montre sans l’ombre d’un doute qu’aucun Etat n’est longtemps demeuré limité. Et il existe d’excellentes raisons pour croire qu’aucun Etat ne le sera jamais. »

— Murray N. Rothbard

Source : Les contradictions internes de l’Etat, in Ethique de la liberté

#368

« La guerre, et même une guerre défensive juste, n’est donc légitime que quand la violence s’exerce exclusivement contre les auteurs mêmes de l’agression. On laissera au lecteur le soin de déterminer combien de guerres ou de conflits dans l’histoire ont satisfait cette condition. »

— Murray N. Rothbard

Source : Des Relations entre Etats, in Ethique de la liberté

Christianisme et antiétatisme

Pie IX
Peut-on être chrétien et antiétatiste en France aujourd’hui ? La question pourrait surprendre un catholique, habitué à une défense traditionnelle de l’État par le magistère de l’Eglise. Mais les temps changent. Et le contexte actuel de la sociale-démocratie oligarchique, oblige à repenser les choses. Il est temps que les catholiques et les chrétiens en général, comprennent que soutenir l’État aujourd’hui signifie alimenter le processus même qui les détruit. 

A une époque, l’État était peut-être la réponse au chaos généré par les guerres et les prédations. Mais surtout, gouverner était une activité privée et l’État était la propriété d’une dynastie, qui exerçait la responsabilité à long terme de faire fructifier son royaume. Le roi devait laisser à son successeur un royaume prospère et paisible, dans une logique patrimoniale. 
Ce qu’on peut notamment regretter, c’est qu’à cette époque l’État employait souvent son pouvoir pour imposer la foi et la morale, détenues en commun par une communauté majoritaire. Or dans nos sociétés mondialisées, le pluralisme religieux est irréversible et il n’y a plus aucune justification d’un tel autoritarisme. Mais le problème c’est que l’État social laïque est devenu lui-même paternaliste et autoritaire, sous des apparences de légitimité démocratique. En réalité, le régime oligarchique de la social-démocratie ne supporte aucun véritable pluralisme idéologique, et ne parlons même pas des libertés économiques. 

Cela a été bien montré par Philippe Nemo dans son dernier livre : La France aveuglée par le socialisme. Dans un chapitre intitulé : La regression intellectuelle de la France, Philippe Nemo montre comment les libertés d’expression et d’opinion sont réduites par la multiplication des tabous et des interdits à caractère magico-religieux. Au Moyen-âge, les théologiens scolastiques, à la suite d’Abélard et de S. Thomas, avaient établi la distinction fondamentale entre le péché, qui relève de Dieu seul, et le crime, qui relève de la justice humaine. Or en rétablissant le délit d’opinion, (c’est-à-dire en criminalisant la parole, qui relève en fait du péché seulement, par exemple une parole haineuse ou mensongère), via la Halde, la loi Gayssot ou la loi Taubira, la France a fait retour vers la pensée magico-religieuse archaïque. 
Comme l’écrit aussi Yvan Blot :  « la démocratie représentative pure est devenue un régime oligarchique gouverné par des gérants irresponsables : politiciens mais aussi hauts fonctionnaires des finances, dirigeants de syndicats et associations irresponsables, dirigeants des médias, etc. » Ces gestionnaires, non-propriétaires, agissent avec l’argent des autres, dans une perspective à court-terme qui est d’assurer leur propre carrière. Et la préférence pour l’immédiat entraîne une série d’effets pervers bien connus : accroissement de l’endettement public, inflation monétaire, inflation législative, enfer fiscal, crise démographique et j’en passe… 

Pour revenir aux chrétiens, au lieu de rêver naïvement au retour de la chrétienté médiévale (même si j’ai de l’admiration pour cette période de notre histoire), ou de rêver à la christianisation de l’État social, ils devraient envisager une autre perspective, plus réaliste, à la fois sur le plan historique et philosophique. Elle a été bien résumée par John Zmirak (biographie ici), un catholique américain, auteur de Wilhelm Röpke: Swiss Localist, Global Economist, dont je traduis ici un texte :
Il semble clair que la sphère publique en Occident est irrémédiablement antichrétienne. Donc, la seule réponse logique des chrétiens doit être d’essayer de la réduire. Au lieu d’essayer de baptiser un Léviathan qui nous anéantit depuis longtemps, nous ferions beaucoup mieux de le mettre cage et d’affamer la bête. 

Nous devrions favoriser les impôts les plus faibles possible, quelle que soit la « bonne » utilisation que les politiciens nous promettent. Nous devrions nous opposer à presque tous les programmes que le gouvernement vise à atteindre, quels que soient leurs buts. Nous pouvons faire des exceptions ici et là : Nous pouvons favoriser la protection des vies innocentes, soutenir des mesures comme décider de l’emplacement des feux de circulation et jeter les criminels en prison. Mais c’est à peu près tout. 

Une politique publique d’inspiration chrétienne devrait se concentrer non pas sur la capture du pouvoir de l’État, mais sur sa diminution, au strict minimum nécessaire pour faire respecter les droits individuels. De même, la part de notre richesse saisie par l’État doit être radicalement réduite, afin de permettre les initiatives privées et les organismes de bienfaisance, à la place des institutions bureaucratiques qui sont sans âme et inefficaces, comme l’État-providence. 

Au lieu de demander l’aumône pour nos écoles, sous la forme de subventions, nous devrions plaider pour la privatisation des écoles publiques qui, par leur nature même, dans l’Occident post-chrétien d’aujourd’hui, sont des moteurs de la laïcité intolérante. Et ainsi de suite pour presque toutes les institutions de l’État centralisé, qui a détourné les activités légitimes de la société civile et des églises et qui, chaque année, vole tellement de notre richesse pour la gaspiller, que nous pouvons à peine nous permettre d’avoir des enfants.

En conclusion, John Zmirak rappelle son soutien à Ron Paul (voir ici ma traduction d’un article de Walter Block sur Ron Paul et les catholiques). Et il écrit : « Nous n’avons pas plus de raison de coopérer avec l’Etat laïque que les Irlandais ont de faire confiance à la Couronne britannique. Et c’est ainsi que je concilie Ron Paul avec Pie IX ».

Ceci avait déjà été fortement affirmé, avec plus d’un siècle d’avance, par le Cardinal Newman et Lord Acton en Angleterre, par Charles de Montalembert et Anatole Leroy-Beaulieu en France, ou bien par le prêtre et philosophe Antonio Rosmini en Italie. A l’époque, ce dernier avait été condamné au silence par les jésuites pour ses thèses. Il fut pourtant béatifié en 2007 par Benoît XVI. Les temps changent…

A lire : 

Bac philo 2012 : serions-nous plus libres sans État ?

Décidément, les sujets du bac de philosophie offrent parfois de belles surprises. L’an dernier, nous avions en série ES : L’égalité est-elle une menace pour la liberté ?  Cette année en S, un sujet sur la liberté sans l’État. Le corrigé que nous proposons ici n’est pas une thèse doctorale qui prétendrait faire avancer la recherche fondamentale sur le sujet. Il s’agit de pistes de réflexions, rédigées dans l’esprit du baccalauréat. L’agencement des diverses parties dans une dissertation a nécessairement un caractère artificiel. Aucun plan ne s’impose et aucun auteur n’est véritablement incontournable. Il s’agit plutôt d’apporter un point de vue à la fois personnel et argumenté sur une question classique. C’est un exercice académique qui reste difficile à maîtriser pour les élèves, au terme d’une courte année de découverte de la philosophie. Mais c’est aussi un exercice qui oblige à penser, à penser rigoureusement et qui ne peut donner de bons résultats qu’à ce prix-là.
Introduction
L’État peut être défini comme une instance séparée de la société civile, chargée d’administrer la société. Or si l’État semble nécessaire, c’est que la liberté des uns est menacée par l’agression des autres. Mais le paradoxe est que si l’État exerce un pouvoir intrusif, au nom même de la liberté, il devient lui-même liberticide. Si l’État est fort, il nous écrase, s’il est faible, nous risquons de périr. L’État est-il alors la solution ou le problème ? Serions-nous plus libres sans l’État ?
Nous présenterons successivement trois grandes figures de l’État et leurs conséquences pour la liberté. L’État social est d’abord envisagé comme le mieux à même de remédier à la violence naturelle de l’homme. La suppression de l’État, considéré comme un bandit, est envisagée dans une seconde partie. Enfin nous montrerons que, si l’État est un mal nécessaire, la réduction de son emprise sur les individus et l’autonomisation de la société est, à tout le moins, souhaitable.
1° Thèse : nous serions esclaves sans l’État (l’État social)
L’homme est un être de passions, animé de tendances contradictoires. Cependant il est nécessaire de trouver des principes régulateurs de ces passions afin d’éviter les dérives anarchiques et les violences qu’elles entraînent. L’institution du politique par le biais d’un contrat juridique apparait comme la solution la plus classique de ce problème.
Hobbes, à la suite de Machiavel, est convaincu que « l’homme est un loup pour l’homme ». Il écrit : « Aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tient en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, la guerre de chacun contre chacun » (Léviathan, 1651, trad. F. Tricaud, Éd. Sirey, 1971, p. 124). Logiquement, il imagine un État-Léviathan capable de faire peur aux hommes, afin d’éviter le retour de la guerre civile, qui caractérise l’état de nature. Le Léviathan est un homme ou une assemblée d’hommes qui, par un contrat passé entre tous les membres de la société, est entièrement souverain sur la société. Le contrat fonde ainsi un régime autoritaire : le souverain domine la société, et il a pour charge de garantir l’ordre, y compris par la peur. En faisant respecter l’ordre, il apporte la sécurité et donc la possibilité d’entreprendre de réelles actions. Le Léviathan est donc une entité autoritaire et qui tire sa légitimité du contrat passé entre tous les hommes pour établir leur sécurité.
Chez Rousseau, le postulat anthropologique est à l’exact opposé du précédent : dans l’état de nature, l’homme est bon. L’homme est naturellement bon, et il est bon parce qu’il est asocial. Dans l’état de nature, l’homme vit seul, libre et égal aux autres puisqu’il est indépendant d’eux. Il ne rencontre que très rarement ses semblables. Avec le passage à la société et la vie en commun, l’homme naturel a été totalement perverti. Les deux maux de l’humanité sont apparus : la servitude et l’inégalité. Dès lors, comment concevoir un état de la société qui permettrait de retrouver la liberté et l’égalité ? Par quel moyen atteindre une société où les hommes seraient, dans leur être social, comme dans l’état de nature ?
Continuant son raisonnement, Rousseau pense qu’il faudrait une société où les hommes participent équitablement au gouvernement, en vue du bien commun. Le but final de la politique, qui n’a plus rien à voir avec l’impératif de sécurité de Hobbes, serait l’égale participation à la vie publique des citoyens. Ainsi les hommes seraient libres car autonomes. Ils n’obéiraient qu’à la volonté générale, c’est-à-dire à eux-mêmes.
Sur le plan social, Rousseau pense également que « tout est source de mal au-delà du nécessaire physique. La nature ne nous donne que trop de besoins ; et c’est au moins une très haute imprudence de les multiplier sans nécessité, et de mettre ainsi son âme dans une plus grande dépendance ». Par conséquent, selon lui : « l’une des fonctions les plus importantes du gouvernement est de prévenir l’extrême inégalité des fortunes. » Les impôts devront être conçus de manière à construire une société juste à travers l’éradication de la consommation superflue.
Transition 
Au fond, Rousseau ne fait que substituer le pouvoir absolu de la majorité ou du peuple, au pouvoir absolu du Prince. Le modèle contractualiste absolutiste de Hobbes, a simplement été aménagé par Rousseau. Le seul État légitime, est un État démocratique lequel le pouvoir du peuple est absolu. Ce modèle s’est historiquement incarné, selon des modalités diverses, aussi bien dans le jacobinisme républicain que dans le socialisme. Dans les deux cas, si le peuple est le seul souverain légitime, il est habilité à organiser la société et à régir les libertés individuelles, au nom de la vertu ou bien au nom de l’égalité. Le problème est qu’alors, sous prétexte de la libérer, l’État absorbe la société et ainsi la détruit. La société n’est-elle pas libre qu’à condition de se débarrasser de l’État ? Telle est la solution préconisée par les anarchistes.
2° Antithèse : c’est l’État qui nous rend esclaves (l’État bandit)
A l’origine de tout État, selon les anarchistes, il y a une usurpation de la souveraineté des individus par une bande de brigands qui se font passer pour des bienfaiteurs de l’humanité. L’État dispose d’un appareil idéologique capable de faire passer son agression pour de la protection. L’État, c’est une organisation criminelle qui a réussi en réprimant violemment toute concurrence émergente. Ainsi Lysander Spooner au XIXe siècle écrit : « L’État est une association secrète de voleurs et d’assassins dont la législation est une usurpation et un crime » (Outrage à chefs d’Etats). Le philosophe et économiste américain Murray Rothbard au XXe siècle affirme que « L’État substitue à la lutte pacifique pour le service mutuel, la lutte à mort d’une compétition darwiniste pour les privilèges politiques » (Éthique de la liberté). On trouverait facilement des formules équivalentes chez les européens Joseph Proudhon, Max Stirner ou Mikhail Bakounine, les trois grands anarchistes du XIXe siècle. Mais développons l’argumentation de Rothbard, le plus contemporain et sans doute du plus original de tous, grand admirateur du Discours de la servitude volontaire de La Boétie.
Les théoriciens de l’État social expliquent que l’impôt est volontaire : c’est un contrat passé entre l’État et le peuple. Dans son livre, Rothbard conteste cette idée d’un consentement à l’impôt. L’impôt c’est le vol, car il n’est pas volontaire. En effet, écrit-il, « il suffit, pour réfuter cette thèse, de se demander ce qui arriverait si les hommes de l’État renonçaient à l’imposition et se contentaient de demander des contributions volontaires. Y a-t-il quelqu’un qui pense vraiment que le trésor public verrait toujours affluer des fonds comparables aux phénoménales recettes de l’État actuel ? »
De même, avant la naissance de l’État moderne, explique Rothbard, il existait des systèmes de justice privée fondés sur des pratiques commerciales. En cas de litiges, des arbitrages étaient rendus par des tribunaux privés au terme d’une négociation entre les parties. Or l’État s’est assuré le monopole de la justice, en absorbant ce qui était autrefois les systèmes de justice privés. Et pour masquer son immoralité, l’État a inventé de faux crimes :
– les crimes sans victime (drogues, jeux d’argent, pornographie…)
– les crimes contre la société (marché noir, évasion fiscale…)
En effet, un crime implique toujours la violation des droits d’une victime. Se faire du mal à soi-même est peut-être immoral mais ne peut être illégal. De même, la société n’existe pas en dehors des individus qui la composent, elle n’est donc pas un sujet de droit et ne saurait être une victime. Donc de telles notions sont contradictoires dans les termes car ce sont des crimes sans victime.
Toutefois, l’anarchisme n’est pas un retour au désordre. La thèse anarchiste, c’est l’ordre sans l’État, c’est-à-dire la liberté sans l’État. « La liberté est la mère et non la fille de l’ordre », disait Proudhon. Tout d’abord la raison en est que c’est l’État qui, en opprimant, est la source du désordre social. Par ailleurs l’anarchisme n’est pas l’anomie. Toute société a besoin de règles. La question est de savoir si ces règles doivent être imposées d’en haut par une autorité supérieure arbitraire ou si elles peuvent se déduire naturellement d’un principe éthique universel qui ne soit pas l’expression de privilèges ou de rapports de force politiques.
Bien sûr, les anarchistes répondront différemment, selon qu’ils sont collectivistes ou individualistes, communistes ou capitalistes. A cette question Murray Rothbard, dans son Éthique de la liberté a répondu que l’on pouvait déduire tout le système de règles du seul principe de non-agression. Le principe de non-agression n’est en fait que le négatif des droits naturels inaliénables. La seule chose qui puisse s’imposer à moi de façon absolue et inconditionnelle, c’est la liberté d’autrui, expression de sa dignité. Cette liberté-là m’interdit de faire usage de la force contre lui aussi longtemps qu’il ne fait pas usage de la force contre moi.
Transition 
En supprimant l’État, la société se libère mais ne se débarrasse pas pour autant du problème de la violence. En instaurant des agences de sécurité privées, les individus finissent par recréer inévitablement un État minimal, sorte d’agence centrale chargée de coordonner, au moindre coût, les actions de défense, de police et de justice. Finalement, ce à quoi s’opposent catégoriquement les anarchistes, c’est moins à l’État en tant que système de règles institutionnelles, qu’au gouvernement c’est-à-dire à la politique, comme intervention permanente de la puissance publique dans les choix particuliers des individus privés. Dès lors problème se repose : comment concilier la nécessaire indépendance des citoyens vis-à-vis de la puissance publique avec l’exigence de sûreté, elle-même nécessaire à la liberté ?
3° Synthèse : l’État et la société doivent se limiter réciproquement pour garantir davantage de liberté (l’État arbitre)
La racine de la violence n’est peut-être pas la méchanceté des hommes. Selon Adam Smith et les penseurs de l’économie politique classique, c’est la rareté des biens qui provoque la guerre, la spoliation et la plupart des conflits. Il existe alors un remède à ce problème : la propriété, la division du travail, la concurrence et les échanges, ce qu’on appelle le marché. Le marché peut réduire la pénurie et  subvenir aux besoins de chacun, mieux que n’importe quel système politique. Adam Smith considère alors que ce qui est le mieux à même de fonder la paix civile et donc la liberté, ce n’est pas la contrainte de la loi mais l’échange :
•       La relation humaine la plus originelle n’est pas la relation de commandement et d’obéissance, mais la relation économique et marchande.
•       De plus, la relation politique est par définition hiérarchique et inégalitaire, la relation économique est au contraire égalitaire et libre.
•       Enfin, dans l’une, la recherche de l’intérêt égoïste conduit à la violence et à la guerre, tandis que dans l’autre elle contribue à l’ordre et à la paix civile.
Dans cette perspective, la société s’auto-institue librement. Elle n’a pas besoin de tutelle pour exister. Toutefois Adam Smith admet que l’État puisse avoir un rôle auxiliaire à jouer : la protection des droits individuels par la répression des fraudes, des abus et des crimes, ainsi que la défense de la société contre un agresseur extérieur.
C’est ainsi que Locke attribue à l’État la mission de « défendre la propriété » individuelle, c’est-à-dire « la vie, la liberté et les biens » de chaque associé (Du gouvernement civil, § 87). Contrairement à Hobbes, l’état de nature chez Locke n’est pas un état de guerre, c’est un état de paix, de liberté et d’égalité, régi par la loi naturelle. Bien que la loi naturelle nous interdise de nuire à autrui, l’existence de « prédateurs », dit Locke, pose un problème. Si chacun est juge de sa propre cause, les conflits risquent de se transformer en vendetta généralisée. Il manque donc un arbitre impartial pour régler les conflits, c’est-à-dire des juges indépendant et des lois écrites.
Précisons encore : la politique ici n’est pas créatrice d’ordre social. L’ordre provient d’abord de la société elle-même. En effet, dans la tradition de l’économie politique, le marché est un ordre auto-organisé, qui permet à chacun de poursuivre son intérêt tout en contribuant à rendre des services aux autres. Fondé sur la réciprocité des intérêts et des besoins, l’échange n’est jamais un « jeu a somme nulle » mais un « jeu a somme positive », mutuellement bénéfique. Toutefois, si la politique ne crée pas l’ordre, elle a pour tâche de le maintenir, au besoin par la menace et l’usage de la force. Si la violence des uns est le principal obstacle à la liberté des autres, l’État sera toujours un mal nécessaire. Mais ce mal, s’il ne peut être supprimé, doit néanmoins être strictement encadré et contrôlé.
En effet l’État n’a pas à intervenir dans les affaires privées des individus, sans quoi il trahirait sa mission et deviendrait despotique. De plus, en entravant la loi du marché par ses interventions, l’État favorise toujours les intérêts particuliers des groupes les mieux organisés et contribue ainsi à la violence légale.
Le problème de la liberté devient donc le problème de la limitation du pouvoir de l’État. Selon Benjamin Constant, la liberté des Anciens consistait à s’affranchir de la vie privée afin de participer à la vie politique (voire impérativement le lien avec le travail, et la notion de travail). C’est une liberté qui a donc un contenu concret : la participation collective à la citoyenneté. Être libre, c’est pouvoir exercer ses droits de citoyens, débattre, voter, participer à la vie politique de la Cité. C’est cette liberté là que Rousseau a voulu instaurer avec son fameux Contrat Social. Mais cette liberté collective se paie par le sacrifice de la liberté individuelle.
La liberté des modernes consiste au contraire à ne pas être empêché de rechercher le bonheur comme on l’entend. Il faut donc instituer une frontière entre la vie publique et la vie privée et s’affranchir de la contrainte collective, pour être libre de participer à la vie privée et s’y épanouir. Chaque fois que l’État sort de son rôle et franchit cette ligne il devient insupportable.
Conclusion 

« Que l’État se borne à être juste, nous nous chargeons de notre bonheur » écrit Benjamin Constant.  L’État arbitre serait donc un État qui prendrait en compte les exigences de la sûreté mais qui ne prétendrait pas faire le bonheur des hommes en leur imposant ses directives. Si l’État est un mal, il reste néanmoins un mal nécessaire : limiter les prétentions arbitraires d’un individu sur un autre individu. Mais comment limiter l’État lui-même ? Tel est le défi à relever pour garantir la liberté. Selon Benjamin Constant et Alexis de Tocqueville, c’est le rôle de la constitution, de la presse et des associations civiles, que de limiter le pouvoir politique à ses fonctions d’arbitre en vue de la protection des libertés. Encore faudrait-il que la presse et les associations soient réellement indépendantes et que la constitution ne soit pas manipulée au gré des opinions fluctuantes. Et l’auteur de la Démocratie en Amérique conclut ainsi son livre : « Les nations de nos jours ne sauraient faire que dans leur sein les conditions ne soient pas égales ; mais il dépend d’elles que l’égalité les conduise à la servitude ou à la liberté, aux lumières ou à la barbarie, à la prospérité ou aux misères. »
A consulter :
le cours de philosophie de Damien Theillier (manuel complet d’initiation, livre+DVD)
L’État, textes choisis et présentés par Atila Ozer, GF Flammarion, collection Corpus. (Un excellent petit livre avec une introduction fort bien pensée et des textes de Hayek, Buchanan, Popper, Nozick ou Rothbard).
A lire pour compléter, sur Nicomaque :
Sur les sujets du bac philo 2012, l’analyse de 3 professeurs de philo

Hegel et la divinisation de l’État

Par Damien Theillier*

Le XXe siècle fut le siècle de la croissance ininterrompue de l’État. Mais pour comprendre ce phénomène, il est nécessaire de regarder un peu en arrière. C’est en effet à partir de la Révolution Française qu’on trouve les grands théoriciens de l’État moderne. Et Hegel fait partie de ceux-là.
Dans La société ouverte et ses ennemis (1945), Karl Popper range la pensée hégélienne, avec celle de Platon, au nombre des ennemis de la société ouverte. Selon lui, les idées principales du totalitarisme au XXe siècle sont presque toutes directement inspirées de Hegel : nationalisme, marxisme, fascisme. Pour notre part, nous nous contenterons de souligner l’apport original de Hegel à deux grandes idées constitutives de la pensée moderne et contemporaine, de droite comme de gauche : l’historicisme et l’étatisme.
L’historicisme
L’historicisme est une doctrine philosophique qui affirme que les connaissances, les courants de pensée ou les valeurs d’une société sont le reflet d’une situation historique contextuelle. Karl Popper compte parmi ses principaux critiques (Voir son livre : Misère de l’historicisme). Popper reproche en effet aux historicistes de présupposer l’existence d’une loi de l’évolution du monde, une prétendue détermination de l’histoire : ainsi pour Hegel, nous avançons progressivement vers une étape ultime de l’humanité, guidés par une certitude semblable à celle que nous donnerait une loi de la nature. Ce but de l’histoire, c’est le développement de l’Esprit ou de la Raison à travers les peuples.
Hegel affirme tout d’abord « la conviction générale que la Raison a régné et règne dans le monde aussi bien que dans l’histoire ». L’Histoire, selon lui, n’est pas autre chose que l’Absolu en devenir. L’Absolu n’est pas transcendant, mais immanent et l’Histoire est Dieu en marche.
Avec sa théorie de « la ruse de la raison », Hegel pose que dans l’histoire « tout s’est déroulé rationnellement », y compris ce qui semble irrationnel et absurde (passions, guerres, ce que Hegel appelle « le négatif »). Dans cette perspective, le cours de l’histoire est nécessaire, rendant impossible la distinction entre être et devoir-être car « l’histoire du monde est le tribunal du monde ». Tout ce qui arrive devait arriver de toute éternité. L’historicisme est donc la réduction du droit au fait, la négation de toute norme transcendante pour juger le réel puisque toutes les normes sont à penser comme historiques et relatives. À chaque époque particulière, un État peut devenir le véhicule privilégié de l’Absolu. Cet État est reconnu par sa position dominante dans l’arène des nations. Cette nation a un droit absolu sur toutes les autres, y compris le droit de provoquer des guerres. Pour Hegel, les guerres entre les nations sont des étapes inévitables et saines de l’évolution de l’Absolu. La nation qui gagne les guerres pendant une période donnée est une incarnation plus parfaite de la Raison du monde que les autres. 
Au XXe siècle, la gauche marxiste substitue la guerre des classes à la guerre hégélienne des nations, la droite lui substitue la guerre des races. Mais le principe reste le même : l’histoire justifie tout.
L’étatisme
Pour Hegel, l’État est la plus haute réalisation de l’idée divine sur terre et le principal moyen utilisé par l’Absolu pour se manifester dans l’histoire. Il est la forme suprême de l’existence sociale et le produit final de l’évolution de l’humanité. En effet, l’État hégélien n’est pas un simple pouvoir institutionnel, c’est une réalité spirituelle. Pour Hegel, l’Esprit s’incarne dans l’État, rejoignant ainsi l’idée du « Léviathan » de Hobbes, qui identifie le divin et l’État. « Il faut donc vénérer l’État comme un être divin-terrestre », écrit-il dans Les principes de la philosophie du droit (Principes de la philosophie du droit, § 272, add.).
Bien entendu, Hegel distingue l’État comme réalité spirituelle des États historiques qui n’en sont que des manifestations imparfaites. Il reste que l’État n’est pas considéré comme un moyen d’être libre mais comme une fin en soi. Il est la liberté. 

« Si l’on confond l’État avec la société civile et si on lui donne pour destination la tâche de veiller à la sûreté, d’assurer la promotion de la propriété privée et de la liberté personnelle, c’est l’intérêt des individus comme tels qui est le but final en vue duquel ils se sont unis et il s’ensuit qu’il est laissé au bon vouloir de chacun de devenir membre de l’État. Mais l’État a un tout autre rapport avecl’individu ; étant donné que l’État est Esprit objectif, l’individu ne peut avoir lui-même de vérité, une existence objective et une vie éthique que s’il est membre de l’État ». (Principes de la philosophie du droit, § 258, Rem.) 

L’État n’est pas un simple instrument qui permettrait à la société civile de mieux se gérer elle-même, il est ce par quoi l’individu se réalise, moralement et spirituellement. L’obéissance à la volonté de l’État est la seule façon pour un homme d’être fidèle à son moi rationnel, parce que l’État est le vrai soi de l’individu.
Dans les Principes de la philosophie du droit, Hegel écrit encore : « L’État est la réalité en acte de la liberté concrète » ou encore « l’Esprit enraciné dans le monde » (§260, §270). « Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État » disait Benito Mussolini à la Chambre des députés en 1927, faisant ainsi écho à Hegel.
Hegel vs. Adam Smith
L’idée hégélienne d’un développement spontané de l’Esprit dans l’histoire rejoint, à certains égards, l’idée d’ordre auto-organisé, à la racine de la « main invisible » de Smith. Ce dernier, dans Les recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) développait l’idée d’une harmonie naturelle des individus guidés par leur intérêt : « Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il [l’individu] travaille de manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler »
Mais la théorie hégélienne de l’histoire est aux antipodes de celle de Smith. Selon Hegel, le développement historique est l’œuvre de la Raison, entendue comme un processus supra-individuel. Dans ce processus, les libres initiatives des individus ne jouent aucun rôle créatif. Les initiatives individuelles se juxtaposent mais ne créent pas un ordre. La Forme est uniquement l’œuvre de la Raison.
Du point de vue de la Raison, la volonté individuelle n’existe pas. C’est une abstraction qui ne se réalise que dans les collectivités (les peuples, les nations, l’État). « Les individus disparaissent devant la substantialité de l’ensemble et celui-ci forme les individus dont il a besoin. Les individus n’empêchent pas qu’arrive ce qui doit arriver. (…) Il est fort possible que l’individu subisse une injustice – mais cela ne concerne pas l’histoire universelle et son progrès, dont les individus ne sont que les serviteurs, les instruments. » (La Raison dans l’histoire). Les souffrances individuelles ne sont que les nécessaires dégâts collatéraux de la Raison en marche. Le vrai sujet de l’Histoire est pour Hegel les peuples en lesquels, à chaque époque, s’incarne l’Esprit.
Hegel admirait Napoléon comme celui qui avait su restaurer l’État comme puissance absolue après la Révolution. Il voyait dans la victoire de Napoléon à Iena en 1806, « l’Esprit du monde à cheval ». Plus réaliste, Germaine de Staël voyait en Napoléon un « Robespierre à cheval ». En déclarant que « l’État est l’Idée divine telle qu’elle existe sur terre » (Leçons sur la philosophie de l’Histoire, p.46), Hegel n’a pas voulu les sombres événements du XXe siècle, certes, mais il n’est pas dénué de toute responsabilité intellectuelle. Il n’a pas prôné toutes les mesures sociales, économiques et politiques prises par les partis uniques du XXe siècle, mais il a réduit à rien, philosophiquement, les valeurs et les principes de la société de droit.

#302

‎ »L’État n’est pas une construction divine dotée du don d’ubiquité et d’infaillibilité. C’est une organisation humaine, où les décisions sont prises par des êtres humains comme les autres, ni meilleurs ni pires, eux aussi susceptibles de se tromper. »

— Henri Lepage

Source : Demain le capitalisme (1978)

#297

‎ »Il y a un paradoxe : un pays peut être énormément étatisé sans être gouverné. La France est un pays sur-étatisé mais sous-gouverné. »

— Jean-François Revel

Source : La France est sur-étatisée mais sous-gouvernée (1996 ?)

#291

« Je suis complètement pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mon idée, c’est que ces deux institutions nous baisent assez par elles-mêmes, alors les deux ensemble, c’est la mort assurée. »

— George Carlin (1937 – 2008)

Source : ??? (19??)

V.O. : « I’m completely in favor of the separation of Church and State. My idea is that these two institutions screw us up enough on their own, so both of them together is certain death. »

#257

« Forcer un homme à payer pour la violation de sa propre liberté c’est en effet ajouter l’insulte au préjudice. Mais c’est exactement ce que fait l’Etat. »

— Benjamin Tucker

Source : Address before the Unitarian Ministers’ Institute, Salem, Massachusetts (14 octobre 1890)

V.O. : To force a man to pay for the violation of his own liberty is indeed an addition of insult to injury. But that is exactly what the State is doing.

#186

« Toutes les turpitudes de notre régime, j’en ai toujours trouvé la source dans des interventions de l’État. »

— Jacques Rueff

Source : Pourquoi, malgré tout, je reste libéral (8 mai 1934)

#178

Il y a la spoliation extra-légale et la spoliation légale (…) Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières; de là une multitude infinie de plans d’organisation: tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme.

— Frédéric Bastiat

#177

« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. »

— Frédéric Bastiat

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