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Archives de Catégorie: education

Bac de philo 2016 : comment parler de la liberté en philosophie ?

applicoursdephiloPar Damien Theillier, professeur de philosophie, auteur du blog : nicomaque.com

Le bac de philo approche. Chaque année, sont donnés au programme un certain nombre de notions ainsi qu’une liste d’auteurs académiques, de Platon à Sartre, pour résumer.

C’est un programme éclectique, qui laisse au professeur une grande marge de manœuvre pour faire les choix qui conviennent à son cours. La contrainte étant de donner aux élèves un aperçu suffisamment complet des grandes écoles de pensée, afin qu’ils puissent traiter les sujets du bac sans faire de récitation, mais en exerçant leur jugement et leur raisonnement.

Plutôt que de confiner le libéralisme dans l’étude de quelques auteurs canoniques, anciens ou modernes, il m’a toujours semblé plus utile de montrer que des philosophies comme celles d’Aristote, de S. Thomas, de Descartes, de Spinoza, de Schopenhauer, d’Alain, de Nietzsche ou même de Freud, comportent de nombreuses affinités avec la pensée libérale, telle qu’on la trouve formulée chez les auteurs estampillés « officiellement » comme libéraux dans les manuels, comme Smith, Locke, Tocqueville, ou Constant. Lire la Suite →

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Théorie du genre à l’école : réalité ou propagande ?

GenderSurprise130x97dPar Guy Schart pour Nicomaque

Voir aussi cet article et celui-ci (la redécouverte de la nature humaine I et II).

Le ministère a décidé de lancer en 2013 une mobilisation pour « l’égalité entre les filles et les garçons à l’école », rendue impérative par le fait que « la construction, dès le plus jeune âge, dès la maternelle, d’une éducation qui porte et transmet la culture de l’égalité entre les sexes est un impératif républicain ». « Elle définit trois grands axes d’action : la transmission d’une culture de l’égalité entre les sexes, l’engagement pour la mixité dans toutes les filières de formation, la promotion du respect mutuel entre les sexes. »

Nous n’évoquerons pas ici la mixité dans les filières de formation (bien qu’il y ait beaucoup à dire sur l’intérêt d’orienter des jeunes hommes en CAP fleuriste  et les jeunes filles en BEP mécanique au nom de l’égalité) et nous concentrerons donc sur les deux autres axes : la transmission d’une culture de l’égalité et  la promotion du respect mutuel. Lire la Suite →

La redécouverte de la nature humaine par la biologie évolutionniste (1)

comprendre-la-nature-humaineCertains scientifiques aujourd’hui avancent que des comportements culturels complexes comme la famille, le langage ou les normes morales ne seraient pas des constructions sociales arbitraires mais des réponses biologiques adaptatives qui ont émergées lentement au cours du temps au point de constituer des invariants naturels et universels. Une accumulation de preuves empiriques tous azimuts vient désormais à l’appui de cette idée que tout n’est pas acquis et que la part de l’inné serait bien plus grande qu’on ne pensait.

Pour de nombreux philosophes et chercheurs, pourtant, tout comportement humain est compris comme « socialement construit », c’est-à-dire déterminé par des normes culturelles modelant le comportement après la naissance. Selon eux, l’esprit au départ serait semblable à une feuille blanche ou à une « table rase » et ne se construirait ensuite qu’à travers l’expérience, l’histoire, le vécu. Qui considère encore aujourd’hui le comportement comme fondé sur la nature plutôt que sur la culture ?

Pourtant, s’il n’existe pas quelque chose comme une nature humaine stable pour sous-tendre le comportement social, alors peut-il exister un quelconque critère permettant de juger une politique donnée ? Certaines institutions sont adaptées à la nature humaine et d’autres non. Pour en juger il faut disposer d’un concept de nature humaine. Pour fonder un ordre social juste et durable, il faut être capable de déterminer un certain nombre de traits universels et intrinsèques propres à l’homme. Lire la Suite →

#309

« Les hommes naissent ignorants, mais non stupides. Ils deviennent stupides suite à l’enseignement. »

— Bertrand Russell (1872 – 1970)

Source : ??? (19??)

V.O. : « Men are born ignorant, not stupid. They are made stupid by education. »

#185

« Laissons les choses et éduquons les hommes. Les peuples ont la monnaie qu’ils méritent. »

— Louis Baudin

Source : La Monnaie (p. 238) (1947)

#176

« De tous les monopoles, le pire c’est celui de l’enseignement. »

— Frédéric Bastiat

#173

« En somme, l’éducation ne doit se soucier que de former des hommes, et non tel ou tel type de citoyen. Il faut avant tout veiller à donner l’éducation la plus libre, qui se préoccupe le moins possible de préparer à la citoyenneté. L’homme qui a reçu ce type d’éducation devrait ensuite s’intégrer à l’État et mettre en quelque sorte la constitution à l’épreuve par lui-même. »

— Wilhelm Von Humboldt

#69

« Un système éducatif obligatoire et financé par l’impôt est le modèle complet de l’Etat totalitaire. »

— Isabel Paterson

Source : …

V.O. : “A tax-supported, compulsory educational system is the complete model of the totalitarian state.”

#19

« Juste en général, aucun gouvernement au travers de l’histoire n’a vraiment voulu que son peuple soit éduqué parce qu’alors, il ne pourrait pas le contrôler aussi facilement. »

— Maynard James Keenan

Source : …

V.O. : « Just in general, any government throughout history hasn’t really wanted its people to be educated, because then they couldn’t control them as easily. »

Quelle éducation donner aux enfants en matière d’instruction civique ?

Par Pierre-Guy Veer (*) source : Le Québécois Libre

Les enfants sont des êtres curieux. Chaque jour, ils veulent connaître quelque chose de nouveau. Il se pourrait même qu’ils vous questionnent sur le gouvernement. Si cela arrive, plutôt que de vous fier aux contes de fées créés par les bureaucrates, agissez exactement comment agirait un politicien au pouvoir.
Pour les tout jeunes, commencez par leur apprendre à jouer à la Bataille. Après quelques tours, ils auront compris que les cartes les plus fortes ont le dessus. Après, apprenez-leur à jouer au Gouvernement. Dans ce jeu, peu importe les cartes jouées par les enfants, vous gagnerez. Ils risquent de se lasser très vite, mais ils auront au moins appris une leçon très importante pour la vie.
Lorsque les enfants voudront obtenir plus de responsabilités, vous pourrez en profiter pour leur enseigner le système fiscal. Laissez-les tondre le gazon en leur promettant, disons, 10 $. Lorsqu’ils ont terminé, ne leur remettez que cinq dollars. Après des protestations prévisibles, expliquez-leur que c’est de l’impôt. Donnez un dollar à leur frère cadet sous prétexte que c’est plus «juste» ainsi; le reste servira aux coûts administratifs de cette division de l’argent. Après les avoir laissé crier à l’injustice, accusez-les copieusement d’égoïsme et d’avarice. Ils vous en remercieront plus tard.
Pour tous les âges, créez autant de règle que possible aux justifications aussi obscures que possible. Appliquez-les arbitrairement et accusez vos enfants de les briser même s’ils n’en ont jamais entendu parler. Faites en sorte qu’ils aient le sentiment que les règles sont totalement irrationnelles. Cela les préparera à vivre sous un gouvernement démocratique.
Promettez-leur souvent des sorties (cinéma, parc), mais à l’heure promise, installez-vous confortablement dans votre fauteuil devant la télévision en déclarant que vous avez changé d’idée. Devant les protestations de bris de promesse, expliquez que ce n’était qu’une promesse électorale.
Lorsqu’ils auront grandi encore plus, ils seront prêts à apprendre le fonctionnement du système judiciaire. Annoncez-leur une heure de coucher et exigez, une heure avant, qu’ils aillent au lit. Devant les accusations de bris de règlements, défendez-vous en affirmant que les règles peuvent être interprétées de façon différente selon le moment de la journée. Ils seront ainsi prêts à accepter l’idée que la Constitution est un «document vivant» qui change de sens selon les époques, comme le croient les juges qui siègent à la Cour suprême du Canada et des États-Unis.
De temps à autre, et sans crier gare, frappez vos enfants. Précisez immédiatement que c’est de la défense; vous devez toujours être prudent afin de contrôler un ennemi potentiel avant qu’il ne devienne trop puissant et vous fasse mal. Vos enfants apprécieront ce geste; peut-être pas tout de suite, mais plus tard dans la vie.
Évidemment, devant un tel traitement, vos enfants seront mécontents de vos méthodes d’éducation. Ils pourraient même souhaiter vivre dans une autre famille. Pour minimiser cette réaction, dites-leur qu’ils sont chanceux de vivre avec les parents les plus aimants et indulgents du monde. N’oubliez pas de mentionner les histoires d’horreur d’autres parents dont vous avez entendu parler. Ils vous seront ainsi loyaux et, plus tard, ils seront réceptifs aux affirmations voulant que le Canada (ou n’importe quel autre pays industrialisé) et son État-providence représentent un summum de liberté.
Enfin, n’oubliez pas la règle d’or pour élever des enfants: mentir. Mentez constamment à vos enfants. Enseignez-leur que les mots ne veulent rien dire, ou plutôt que les mots «évoluent». Ainsi, un mot ayant certaine définition aujourd’hui pourrait en avoir une diamétralement opposée demain.
Certains lecteurs pourraient être choqués par mes suggestions; d’autres pourraient même m’accuser d’encourager la violence envers les enfants. C’est exactement l’intention: c’est le meilleur cadeau que vous pouvez leur offrir. Ils seront ainsi bien mieux préparés, une fois adulte, à affronter la réalité et à accepter avec sérénité notre forme actuelle de gouvernement.
—-
(*) Ce texte est inspiré de «Teach Your Children Well» de Joseph Sobran

Stop à l’arnaque du bac


De retour de vacances, je ne résiste pas au plaisir d’évoquer ici la parution du pamphlet de Jean-Robert Pitte, président de Paris IV Sorbonne (ma chère université) : Stop à l’arnaque du bac.
Ce sorbonnard incorrect explique que beaucoup de bacheliers qui entrent à l’université sont incapables de s’exprimer correctement et de manier une idée théorique. Le taux d’échec en première année est de l’ordre de 70 % à Paris-IV. Pour J.-R. Pitte l’imposture du bac consiste à faire croire que le niveau monte puisque le taux de réussite augmente chaque année (83,3 % cette année).
Selon lui, on confond démocratisation et massification de l’enseignement, on donne le bac à de plus en plus de jeunes en augmentant artificiellement les notes, sans que cela corresponde à un véritable socle de connaissances.
Devant la faillite du système et la nullité du diplôme, il réclame tout simplement la suppression du bac et son remplacement par un contrôle continu.
Quelles solutions d’avenir propose-t-il ? Les solutions commencent à l’école maternelle : il faut retrouver un souci d’exigence, la dictée quotidienne, la rédaction hebdomadaire, l’obligation de lire et d’apprendre par coeur certains grands textes à l’école primaire. Bref transmettre un socle commun de connaissances fondamentales au lieu d’initier les enfants à Google et à Greenpeace…

  • Hier il débattait sur France Inter avec un syndicaliste du SNES. Ecouter ici (clic droit pour télécharger)
  • Lire aussi cet entretien dans l’Express :

«Le bac ne vaut strictement rien» par Laurence Debril L’Express du 30/08/2007

Votre livre s’appelle Stop à l’arnaque du bac, mais il aurait pu se nommer «Un homme en colère»: tout le monde en prend pour son grade, les syndicats, les parents, les ministres, la presse…

Ces convictions sont les miennes depuis très longtemps. Face au blocage complet du système éducatif français et aux inepties que j’ai entendues au moment du CPE, j’ai décidé de m’exprimer. Il faut expliquer que le bac (qui coûte 200 millions d’euros chaque année…) ne vaut strictement rien et est l’aboutissement d’un système périmé et laxiste. Rappeler que l’on trouve dans certaines copies des phrases telles que «La Suisse est une fée des nations» ou «On voit qu’un pays est riche ou pauvre à son BNP». Dire que l’université est la voiture-balai de l’enseignement supérieur, les autres formations sélectives faisant leur marché auprès des meilleurs élèves.

Vous évoquez les inspecteurs qui incitent à gonfler les notes. Pourquoi un tel acharnement à donner le bac?

Parce que c’est le souhait de la société: personne ne veut affronter l’échec. Quand j’entends le ministre de l’Education se réjouir du taux de réussite global au bac 2007 de 83,3% d’admis, soit 1,4 point de plus qu’en 2006, j’avoue ne pas comprendre. Certains affirment que se focaliser sur les points-virgules et le passé simple est dépassé. La maîtrise de la langue est au contraire un des moyens, assez juste, de recrutement des jeunes par l’entreprise. Si un élève n’est pas au niveau, il faut le lui dire, pas le bercer dans l’illusion égalitaire, car l’écrémage interviendra plus tard.

Vous pensez qu’il faut une sélection à l’entrée à l’université?

Bien sûr. L’échec de la tentative de réforme menée par Devaquet, en 1986, a tout bloqué depuis et rendu tabous deux points essentiels: la sélection et le financement. Nous avons à la Sorbonne un taux de réussite en première année de 28% seulement! J’évoque le cas d’une bachelière d’un bac technologique qui s’est inscrite en philosophie – matière qu’elle n’avait jamais suivie au lycée – car elle voulait «avoir de la conversation». C’est touchant, poignant et pathétique. J’estime que 50% des étudiants n’ont pas leur place ici. Mais ils l’ont sans doute ailleurs: nous devrions, comme aux Etats-Unis, promouvoir beaucoup plus les formations courtes, professionnalisantes, efficaces. Je vais proposer la création d’un IUT tertiaire à Paris-Sorbonne, pour montrer que l’une des universités qui a la meilleure réputation en France se préoccupe aussi de ces étudiants qu’elle estime ne pas être au niveau pour une licence.

Vous écrivez «Toute la société a basculé vers un égalitarisme auquel je suis totalement allergique». Vous ne craignez pas qu’on vous traite de réac?

Cela ne me gêne pas, si cela veut dire «qui réagit»: je suis contre le laisser-aller actuel, tant pis si ça fait vieux schnock! Il faut poser des barrières. Il manque à l’Education nationale une Françoise Dolto, porteuse d’un discours à la fois de générosité et d’exigence. Evidemment, cette dernière ne s’apprend pas à l’université, mais dès la maternelle, et, avant cela, à la maison. C’est donc l’ensemble de la société qui doit porter cette idée. L’enfant roi aux caprices duquel on cède toujours, qu’on laisse pousser sans terreau, coûte finalement très cher au système.

Vous-même venez d’un milieu modeste. Une telle ascension est-elle encore possible aujourd’hui?

Je l’espère. Quand les parents sont déficients, faute d’argent ou de bagage intellectuel, c’est à l’école de faire le boulot. Pour cela, elle doit être irréprochable.


Pour finir, il faut lire aussi cet article de Jacques Marseille :
Education : la tragédie nationale

L’école de la République est devenue une fiction dont le symbole est le baccalauréat. Le corporatisme enseignant et la lâcheté des politiques ont eu raison du modèle scolaire français, qui est aujourd’hui moins efficace, plus inégalitaire et plus coûteux que celui de nombre de pays d’Europe. Enquête sur un désastre national.

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