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Archives de l’Auteur Nicomaque

Publication de mes vidéos sur Bastiat

Le journal en ligne Contrepoints publie mes vidéos tous les deux jours. Vous pouvez les trouver ici : https://www.contrepoints.org/author/damien-theillier

Il s’agit d’un MOOC réalisé avec l’Ecole de la Liberté : http://www.ecoleliberte.fr/cours-en-ligne/

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Stratégie pour le combat des idées. Par Ron Paul

Ce texte est librement adapté de divers discours de Ron Paul, ancien candidat à l’élection présidentielle américaine (2008 et 2012), aujourd’hui à la retraite. On me demande souvent s’il vaut la peine de s’impliquer en politique. Je réponds qu’il ne suffit pas de voter ou d’espérer gagner le pouvoir. L’enjeu est d’abord intellectuel et moral, avant d’être politique, au sens militant du terme. Il s’agit de formuler un ensemble de principes simples, applicables dans tous les domaines pour atteindre l’harmonie sociale, la prospérité et la justice. C’est un processus de réflexion qui a préoccupé les philosophes tout au long de l’histoire. Et certains y sont parvenus avec succès. De nos jours, s’il est un homme politique qui a su fonder son action sur ces principes, c’est Ron Paul. Il est pour moi, comme pour beaucoup, une source d’inspiration permanente. 

Ce que signifie vraiment la liberté

La majorité de nos concitoyens approuve l’idée fausse que le gouvernement est censé prendre soin de nous, qu’il est censé nous protéger et nous apporter le bien-être. Elle accorde sa confiance au gouvernement et lui délègue toutes ses responsabilités.

Pour quel résultat ? Nous avons un complexe militaro-industriel, un complexe médico-industriel, une industrie de la finance et une industrie de la communication. Ils contrôlent le gouvernement avec des centaines de millions de dollars. C’est un contrôle que je qualifie de forme douce, mais redoutable, de fascisme.

En apparence nous continuons à être riches parce que nous imprimons du papier-monnaie. Pourtant beaucoup commencent à se rendre compte que c’est le chemin le plus sûr vers la servitude.

Il est donc important que nous fassions comprendre exactement ce que signifie la liberté. La liberté est individuelle. Cela signifie que chacun doit être tenu pour responsable des ses actes. Vous avez droit à votre vie et aux fruits de votre travail. Vous pouvez les utiliser comme bon vous semble à condition d’en assumer personnellement les conséquences. En bref, vous êtes libre de mener votre vie comme vous le souhaitez si vous n’empêchez pas les autres de faire de même.

L’élément le plus important d’une société libre, où les droits individuels sont tenus en haute estime, est le rejet de l’initiation de la violence. Toute initiation de la force est une violation des droits de quelqu’un d’autre, qu’ils soient initiés par un individu ou l’État, au profit d’un individu ou d’un groupe d’individus. L’usage légitime de la violence ne peut être que celui qui est requis en légitime défense.

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Comment convaincre ?

Pour faire la différence il faut changer la mentalité du peuple. Dans une démocratie, c’est seulement par là que nous pouvons espérer, à terme, changer l’élite au gouvernement.

Nous devons convaincre les gens que c’est l’exercice de la responsabilité personnelle qui est dans leur intérêt. Or je suis convaincu que les gens votent avec leur ventre. Ils ne votent pas avec leur cœur ou leur cerveau. Ils votent avec leur ventre, parce qu’ils votent pour ce qu’ils pensent être dans leur intérêt économique.

Pour convaincre la majorité, il faut donc procéder en plusieurs temps. Il faut d’abord plaider en faveur de la liberté elle-même, c’est-à-dire en faveur de la primauté de l’individu sur l’Etat.  La liberté ainsi comprise est la réponse à nos problèmes car elle rend chacun responsable de ses propres choix et de ses conséquences.

Ensuite, il faut plaider en faveur de la plus grande prospérité pour le plus grand nombre de personnes, la classe moyenne. Et enfin nous pouvons plaider pour l’excellence dans la vertu.

Les gens se découragent parce qu’ils s’impliquent dans la politique mais en même temps ils se disent qu’un bulletin dans l’urne n’a aucune chance de changer les choses et qu’il y a trop de raisons de perdre courage. Mais la vérité est que nous n’avons pas à nous inquiéter du pourcentage d’opinions opposées à la liberté.

Ce qui compte beaucoup plus, c’est ce que les leaders d’opinion pensent : dans les universités, les médias, la culture, sur Internet. C’est à ce niveau-là qu’il faut agir. Si nous avons les bonnes personnes aux bons endroits, alors la majorité suivra… et les politiciens suivront la majorité.

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De la nécessaire tolérance dans une société libre

La liberté dans une société ne peut subsister sans tolérance à l’égard de la façon dont les gens font usage de cette liberté. Or il y a un problème avec ce concept. Nombreux sont ceux qui disent : « Je crois en la liberté tant que vous ne faites pas des choses stupides ou que vous ne faites pas des choses que je considère comme immorales ».

Toutefois la tolérance ne signifie pas nécessairement que vous approuviez les choix des autres, mais seulement que vous approuviez leur droit de faire ces choix. Si vous permettez à quelqu’un d’avoir un style de vie que vous désapprouvez, cela ne signifie pas que vous devez l’endosser. Beaucoup de gens sincères ne comprennent pas bien cela. Ils pensent que légaliser la liberté de choix signifie approuver ce que les gens font.

Inévitablement certaines personnes dépenseront leur argent d’une façon que nous désapprouvons. D’autres auront des habitudes sociales que nous condamnons. Mais la règle est que nous n’avons pas le droit d’agresser les autres, ni de les voler. Pour le reste, il faut laisser les gens libres d’opter pour le mode de vie qui leur convient. Le système de la liberté n’est pas parfait mais il est juste. Il y aura toujours des problèmes, il y aura toujours des défis mais je suis absolument convaincu qu’il y aura moins de pauvres et une plus grande paix sociale.

Les principes de non-agression et de tolérance doivent s’appliquer également aux relations internationales. En effet, les relations entre les Etats n’échappent pas aux principes éthiques qui s’imposent entre les individus. Une bonne politique étrangère doit être fondée sur la Règle d’Or : ne pas faire aux autres nations ce que nous ne voulons pas qu’elle nous fassent. Nous bombardons sans cesse des pays, nous chassons leurs dirigeants et nous nous demandons pourquoi ils se retournent contre nous ? Nous devons simplement cesser de prétendre dire au monde comment il doit vivre.

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La liberté personnelle et la liberté économique ne peuvent être séparées.

Le système à base d’argent papier de la banque centrale est la source majeure de nos soucis économiques. Il explique pourquoi le Congrès ne peut contrôler ses dépenses, pourquoi il peut financer ses guerres et l’État policier. Le monopole de l’argent papier fausse les signaux économiques, il crée des cycles de boums et d’effondrements. Il vole les citoyens avec cette taxe cachée qu’est l’inflation.

En manipulant la masse monétaire pour fixer les taux d’intérêt, la banque centrale est engagée dans la fixation des prix. Après tout, les taux ne sont rien de plus que le coût de l’argent. Comme tous les prix, ils communiquent aux acteurs des marchés des informations à propos des conditions économiques. Les tentatives de la banque centrale de remplacer les taux de marché par ses taux faussent les signaux envoyés aux entreprises, aux investisseurs et aux consommateurs. Le résultat de cette distorsion est une succession de pics et d’effondrements économiques.

Les contribuables et les épargnants sont ainsi pillés quotidiennement à des niveaux sans précédent pour maintenir en vie toute une série de banques zombies, des créances douteuses, un taux de chômage élevé, des faibles créations d’entreprises et un gouvernement en faillite. C’est pourquoi de nombreux jeunes n’ont aucun espoir pour leur avenir.

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Comment changer les choses ?

La monnaie doit être rendue au peuple des mains du gouvernement et de l’appareil de planification de la banque centrale. Malheureusement, mais sans surprise, de nombreux gauchistes qui critiquent les politiques économiques actuelles ne souhaitent pas un marché libre de la monnaie. Ils veulent plutôt une banque centrale plus démocratique. Ils pensent que le système des banques centrales pourrait fonctionner à coup de réglementations monétaires.

Ces gauchistes pensent que les classes moyennes et ouvrières bénéficieraient de politiques monétaires « stimulantes » (soit inflationnistes). Penser que l’inflation est positive pour le citoyen moyen est un déni de réalité. Ce sont les citoyens moyens qui souffrent le plus lorsque les bulles créées par les politiques inflationnistes de la banque centrale finissent inévitablement par éclater. Les véritables bénéficiaires de l’inflation sont les capitalistes de copinage et les politiciens dépensiers.

Au lieu de dépenser de l’énergie inutile à réformer la banque centrale, ceux qui souhaitent la restauration véritable des marchés libres, la réduction des inégalités et la promotion de la paix et de la prospérité, devraient œuvrer pour la suppression des banques centrales et la restauration d’une concurrence entre des monnaies privées.

Personne ne semble vouloir considérer la monnaie saine et le libre échange comme une alternative. Le système de la banque centrale et de la monnaie papier conduisent aux cycles économiques et au chômage. Ils nous apportent également des crises mondiales et des guerres. Pour atteindre la paix et la prospérité, il nous faut accepter l’idée de marché libre et de monnaie saine.

Toute intervention de l’Etat dans le commerce, tant intérieur qu’extérieur, doit être abolie, pour des raisons à la fois pratiques et morales. Même si d’autres pays maintiennent leurs barrières protectionnistes, nous se souffririons pas, mais bénéficierions, d’une suppression unilatérale des nôtres. Nous améliorerions notre productivité, transférerions les ressources vers les secteurs dans lesquels nous avons quelque avantage, nous deviendrions plus prospère et fabriquerions davantage de produits peu chers à notre population.

Et nous contribuerions ainsi à assurer la paix, tout en donnant un exemple au monde pour qu’il nous suive dans cette voie. « Quand les personnes et les biens traversent les frontières » aimait à dire Ludwig von Mises, « les armées ne le font pas. » Un commerce libre, étendu, et non subventionné, entre tous les peuples de la terre, diminuerait les tensions et nous rendrait tous plus prospères. Tant moralement qu’économiquement, c’est là la seule politique convenable.

Vidéos :

Les meilleures citations de Frédéric Bastiat

Sélection effectuée à partir de Frédéric Bastiat de A à Z : ses meilleures citations classées par thèmes (Institut Coppet, juin 2016).

COMMERCE INTERNATIONAL — La différence des coûts de production dans l’échange international : « — Si l’on vous dit : Les terres de Crimée n’ont pas de valeur et ne paient pas de taxes. Répondez : Le profit est pour nous qui achetons du blé exempt de ces charges. — Si l’on vous dit : Les serfs de Pologne travaillent sans salaire. Répondez : Le malheur est pour eux et le profit pour nous, puisque leur travail est déduit du prix du blé que leurs maîtres nous vendent. » IV, p.254

CYCLES ÉCONOMIQUES — À une première phase d’abondance anormale des capitaux succède un resserrement du crédit et une crise : « Sans doute, les quatre époques des grandes crises, semblables à celles dont nous sommes témoins aujourd’hui, sont celles où le mal se manifeste ; mais les trois époques de prospérité anormale sont celles où il se prépare. Dans celles-ci, l’énorme épargne, que le pays réalise dans l’achat des subsistances, accumule des capitaux considérables dans les banques et aux mains des classes industrielles.

Ces capitaux ne trouvent pas immédiatement un emploi profitable. De là un agiotage effréné, un téméraire esprit d’entreprise ; opérations lointaines et hasardeuses, chemins de fer, usines, tout se développe sur une échelle immense, et comme si l’état de choses actuel devait toujours durer. Mais les époques de cherté surviennent, et alors il se trouve qu’une grande partie du capital national a été aussi certainement englouti que si on l’eût jeté dans la mer. » II, p.56-57

« TOUT LE MONDE VEUT VIVRE AUX DÉPENS DE L’ÉTAT, ET ON OUBLIE QUE L’ÉTAT VIT AUX DÉPENS DE TOUT LE MONDE. »

DÉFICIT — Pourquoi y a-t-il un déficit permanent : « Pourquoi nos finances sont-elles dérangées ? » — « Parce que, pour les Représentants, il n’y a rien de plus facile que de voter une Dépense, et rien de plus difficile que de voter une Recette. » …. « J’en sais encore une raison. » « Tout le monde veut vivre aux dépens de l’État, et on oublie que l’État vit aux dépens de tout le monde. » V, p.447

DÉPENSES PUBLIQUES — Compatibilité avec la liberté : « Lourd budget et liberté sont incompatibles. » IV, p.153

DÉPENSES PUBLIQUES — On ne peut pas les diminuer sans heurter certains intérêts : « L’idée de réaliser des économies sans froisser personne implique contradiction. » V, p.440

« LE PLUS PRESSÉ, CE N’EST PAS QUE L’ÉTAT ENSEIGNE, MAIS QU’IL LAISSE ENSEIGNER. »

ÉDUCATION — Contre le monopole de l’enseignement : « Le plus pressé, ce n’est pas que l’État enseigne, mais qu’il laisse enseigner. Tous les monopoles sont détestables, mais le pire de tous, c’est le monopole de l’enseignement. » V, p.93

ÉTAT — Ce que veut dire la gratuité de l’État : « On parle beaucoup, depuis la République, de crédit gratuit,d’instruction gratuite. Mais il est clair qu’on enveloppe un grossier sophisme dans ce mot. Est-ce que l’État peut faire que l’instruction se répande, comme la lumière du jour, sans qu’il en coûte aucun effort à personne ? Est-ce qu’il peut couvrir la France d’institutions et de professeurs qui ne se fassent pas payer de manière ou d’autre ?

Tout ce que l’État peut faire, c’est ceci : au lieu de laisser chacun réclamer et rémunérer volontairement ce genre de services, l’État peut arracher, par l’impôt, cette rémunération aux citoyens, et leur faire distribuer ensuite l’instruction de son choix, sans exiger d’eux une seconde rémunération. En ce cas, ceux qui n’apprennent pas payent pour ceux qui apprennent, ceux qui apprennent peu pour ceux qui apprennent beaucoup, ceux qui se destinent aux travaux manuels pour ceux qui embrasseront les carrières libérales.

« L’INSTRUCTION EST GRATUITE. GRATUITE ! OUI, POUR QUELQUES-UNS DE CEUX QUI LA REÇOIVENT, MAIS NON POUR CEUX QUI LA PAYENT, SINON AU PROFESSEUR, DU MOINS AU PERCEPTEUR. »

C’est le Communisme appliqué à une branche de l’activité humaine. Sous ce régime, que je n’ai pas à juger ici, on pourra dire, on devra dire : l’instruction est commune, mais il serait ridicule de dire : l’instruction est gratuite. Gratuite ! oui, pour quelques-uns de ceux qui la reçoivent, mais non pour ceux qui la payent, sinon au professeur, du moins au percepteur. » VI, p.295 — « Il n’est rien que l’État ne puisse donner gratuitement à ce compte ; et si ce mot n’était pas une mystification, ce n’est pas seulement l’instruction gratuite qu’il faudrait demander à l’État, mais la nourriture gratuite, le vêtement gratuit, le vivre et le couvert gratuits, etc. Qu’on y prenne garde.

Le peuple en est presque là ; du moins il ne manque pas de gens qui demandent en son nom le crédit gratuit, les instruments de travail gratuits, etc., etc. Dupes d’un mot, nous avons fait un pas dans le Communisme ; quelle raison avons-nous de n’en pas faire un second, puis un troisième, jusqu’à ce que toute liberté, toute propriété, toute justice y aient passé ? Dira-t-on que l’instruction est si universellement nécessaire qu’on peut, en sa faveur, faire fléchir le droit et les principes ? Mais quoi ! est-ce que l’alimentation n’est pas plus nécessaire encore ? Primo vivere, deinde philosophari, dira le peuple, et je ne sais en vérité ce qu’on aura à lui répondre. » VI, p.295-296

« CE PAYS EST TROP GOUVERNÉ, VOILÀ LE MAL. »

ÉTAT — Le problème de la France est qu’il y a trop d’État : « Ce pays est trop gouverné, voilà le mal. Le remède est qu’il apprenne à se gouverner lui-même, qu’il apprenne à faire la distinction entre les attributions essentielles de l’État et celles qu’il a usurpées, à nos frais, sur l’activité privée. Tout le problème est là. » V, p.487-488

ÉTAT — S’il veut tout faire les finances publiques seront dans le rouge : « Les finances publiques ne tarderont pas d’arriver à un complet désarroi. Comment pourrait-il en être autrement quand l’État est chargé de fournir tout à tous ? Le peuple sera écrasé d’impôts, on fera emprunt sur emprunt ; après avoir épuisé le présent, on dévorera l’avenir. » IV, p.313

ÉTAT — Son intervention permanente trouble toute activité économique : « Je vous avoue que l’avenir m’inquiète beaucoup. Comment l’industrie pourra-t-elle reprendre, quand il est admis en principe que le domaine des décrets est illimité ? Quand chaque minute, un décret sur les salaires, sur les heures de travail, sur le prix des choses, etc., peut déranger toutes les combinaisons ? » VII, p.382

« L’ÉTAT POURRAIT ÊTRE EFFICACE DANS LA POLICE ET LA JUSTICE, S’IL NE S’OCCUPAIT PAS DE MILLE PRÉOCCUPATIONS ACCESSOIRES »

ÉTAT — L’intervention de l’État perturbe le signal des prix : « Sous le régime de la liberté, le résultat est là qui avertit à chaque instant si l’on fait ou non fausse route. Mais quand l’État s’en mêle, c’est tout différent ; car quoiqu’il ne puisse pas changer le résultat général et faire que la perte soit bénéfice, il peut fort bien altérer les résultats partiels et faire que les pertes de l’un retombent sur l’autre. Il peut, par des taxes plus ou moins déguisées, rendre une industrie lucrative aux dépens de la communauté, attirer vers elle l’activité des citoyens, par un déplorable déplacement du capital. » II, p.33-34

ÉTAT — Il pourrait être efficace dans la police et la justice, s’il ne s’occupait pas de mille préoccupations accessoires : « Je ne suis pas un profond jurisconsulte, mais je crois véritablement que si le gouvernement était renfermé dans les limites dont je parle, et que toute la force de son intelligence, de sa capacité fût dirigée sur ce point-là : améliorer les conditions de sécurité des hommes, je crois qu’on pourrait faire dans cette carrière des progrès immenses. » V, p.492

« DE TOUTES LES CLASSES D’HOMMES, LA PLUS BELLIQUEUSE C’EST CERTAINEMENT CELLE DES JOURNALISTES. ILS ONT LE BONHEUR DE NE LAISSER SUR LE CHAMP DE BATAILLE NI LEURS JAMBES, NI LEURS BRAS. »

FONCTIONNAIRES — Plus il y en a, plus la liberté est compromise : « On ne peut multiplier les fonctionnaires sans multiplier les fonctions. Ce serait trop criant. Or, multiplier les fonctions, c’est multiplier les atteintes à la liberté. » II, p.478

FONCTIONNAIRES — Tout ce qui devient à leur charge ne progresse plus : « Tout ce qui est tombé dans le domaine du fonctionnarisme est à peu près stationnaire ; il est douteux qu’on enseigne mieux aujourd’hui que du temps de François Ier ; et je ne pense pas que personne s’avise de comparer l’activité des bureaux ministériels à celle d’une manufacture. » VI, p.549

GUERRE — Tempérament belliciste des journalistes : « De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes, ni leurs bras ; c’est le paysan qui est la chair à canon, et quant à eux, ils ne contribuent aux frais de la guerre qu’autant que leur coûtent une fiole d’encre et une main de papier. Il est si commode d’exciter les armées, de les faire manœuvrer, de critiquer les généraux, de montrer le plus ardent patriotisme, la bravoure la plus héroïque, et tout cela du fond de son cabinet, au coin d’un bon feu ! » II, p.198

« IL EST MAUVAIS D’IMPOSER DES CHOSES PAR LA FORCE À D’AUTRES PEUPLES »

IMPÉRIALISME — Il est mauvais d’imposer des choses par la force à d’autres peuples : « Et puis, comment se fait-il qu’il n’y ait pas assez d’impartialité, au fond de notre conscience nationale, pour comprendre combien nos prétentions à imposer une idée, par la force, blessent au cœur nos frères du dehors ? Quoi ! nous, le peuple le plus susceptible de l’Europe ; nous, qui, avec raison, ne souffririons pas l’intervention d’un régiment anglais, fût-ce pour venir ériger sur le sol de la patrie la statue de la liberté, et nous enseigner la perfection sociale elle-même ; quand tous, jusqu’aux vieux débris de Coblentz, nous sommes d’accord sur ce point qu’il faudrait nous unir pour briser la main étrangère qui viendrait, armée, s’immiscer dans nos tristes débats, c’est nous qui avons toujours sur les lèvres ce mot irritant : prépondérance ; et nous ne savons montrer la liberté à nos frères, qu’une épée au poing tournée vers leur poitrine ! Comment en sommes-nous venus à nous imaginer que le cœur humain n’est pas partout le même ; qu’il n’a pas partout la même fierté, la même horreur de la dépendance ? » V, p.451-452

« QUE NOS IMPORTATIONS SONT INFINIES ET NOS EXPORTATIONS NULLES, JE VOUS DÉFIE DE ME PROUVER QUE NOUS EN SERONS PLUS PAUVRES. »

IMPORTATIONS — Peu importe si l’étranger nous « inonde » de produits : « Supposez, si cela vous amuse, que l’étranger nous inonde de toutes sortes de marchandises utiles, sans nous rien demander ; que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres. » IV, p.57

IMPÔTS — Au-delà d’un certain niveau d’imposition, augmenter les impôts provoque une baisse des recettes : « Si un impôt est graduellement et indéfiniment élevé, par cela même qu’à chaque degré d’élévation il restreint un peu plus la consommation ou la matière imposable, un moment arrive nécessairement où la moindre addition à la taxe diminue la recette. » II, p.189 — « On se rappelle que la taxe s’élevant sans cesse, et la consommation diminuant à mesure, il arriva un moment où, en ajoutant 5 p. % au taux de l’impôt, on eut 5 p. % de moins de recette. » II, p.225

« DIMINUER LES IMPÔTS, VOILÀ DONC LA PREMIÈRE MOITIÉ DU PROGRAMME FINANCIER RÉPUBLICAIN. »

IMPÔTS — Conséquence de l’excès d’impôts : « Un tel impôt serait de la confiscation, et voyez les conséquences. Si, en fait, toute propriété était confisquée à mesure qu’elle se forme, qui est-ce qui se donnerait la peine de créer de la propriété ? On ne travaille pas seulement pour vivre au jour le jour. Parmi les stimulants du travail, le plus puissant peut-être, c’est l’espoir d’acquérir quelque chose pour ses vieux jours, d’établir ses enfants, d’améliorer le sort de sa famille.

Mais si vous arrangez votre système financier de telle sorte que toute propriété soit confisquée à mesure de sa formation, alors, nul n’étant intéressé ni au travail ni à l’épargne, le capital ne se formera pas ; il décroîtra avec rapidité, si même il ne déserte pas subitement à l’étranger ; et, alors, que deviendra le sort de cette classe même que vous aurez voulu soulager ? » II, p.475

IMPÔTS — Diminuer les impôts est la première exigence : « Diminuer les impôts (ce qui ne veut pas toujours dire diminuer les recettes), voilà donc la première moitié du programme financier républicain. » V, p.438

« LA LIBERTÉ N’EXISTE PLUS QUAND LE PEUPLE EST SURTAXÉ »

IMPÔTS — La liberté n’existe plus quand le peuple est surtaxé : « Mais la question est précisément de savoir si un peuple surtaxé peut être libre, s’il n’y a pas incompatibilité radicale entre la liberté et l’exagération de l’impôt. Or, j’affirme que cette incompatibilité est radicale. » II, p.477

IMPÔTS — On ne peut pas réclamer beaucoup de l’État, et croire qu’il suffira de taxer les riches : « Imposer à l’État des attributions exorbitantes, et persuader qu’il pourra y faire face avec l’argent prélevé sur le superflu des riches, c’est donner au public une vaine espérance. » V, p.416 — « Mais lorsque l’État soutire à la nation le quart, le tiers, la moitié de ses revenus, il est réduit à agir de ruse, à multiplier les sources de recettes, à inventer les taxes les plus bizarres, et en même temps les plus vexatoires.

« ON A ESSAYÉ TANT DE CHOSES, QUAND EST-CE DONC QU’ON ESSAYERA LA PLUS SIMPLE DE TOUTES : LA LIBERTÉ ? »

Il fait en sorte que la taxe se confonde avec le prix des choses, afin que le contribuable la paye sans s’en douter. De là les impôts de consommation, si funestes aux libres mouvements de l’industrie. Or quiconque s’est occupé de finances sait bien que ce genre d’impôt n’est productif qu’à la condition de frapper les objets de la consommation la plus générale.

On a beau fonder des espérances sur les taxes somptuaires, je les appelle de tous mes vœux par des motifs d’équité, mais elles ne peuvent jamais apporter qu’un faible contingent à un gros budget. Le peuple se ferait donc complètement illusion s’il pensait qu’il est possible, même au gouvernement le plus populaire, d’aggraver les dépenses publiques, déjà si lourdes, et en même temps de les mettre exclusivement à la charge de la classe riche. » II, p.475-476

LIBERTÉ — Il est temps de l’essayer : « On a essayé tant de choses, quand est-ce donc qu’on essayera la plus simple de toutes : la Liberté ? La liberté de tous les actes qui ne blessent pas la justice ; la liberté de vivre, de se développer, de se perfectionner ; le libre exercice des facultés ; le libre échange des services. » VI, p.125

« MALHEUR DONC AUX PEUPLES QUI NE SAVENT PAS LIMITER LA SPHÈRE D’ACTION DE L’ÉTAT. »

LIBERTÉ — Il faut la conserver, sans quoi tout disparait : « Malheur donc aux peuples qui ne savent pas limiter la sphère d’action de l’État. Liberté, activité privée, richesse, bien-être, indépendance, dignité, tout y passera. » IV, p.141

LIBERTÉ — C’est le dada de Bastiat : « Nous avons tous une idée chérie, un dada, en style shandyen. Mon idée chérie, pourquoi ne l’avouerais-je pas ? c’est la LIBERTÉ » V, p.431

LIBERTÉ — Elle est la cause du peuple : « La liberté commerciale, comme les autres, est la cause du peuple. » II, p.132

LIBERTÉ — Pas de milieu entre liberté et non-liberté : « Entre Liberté et Contrainte je ne vois pas de milieu. » V, p.61

LIBERTÉ — Il faut la fixer comme principe de la politique intérieure : « Il ne nous reste qu’à proclamer, comme principe de notre politique intérieure, LA LIBERTÉ, la liberté des arts, des sciences, de l’agriculture, de l’industrie, du travail, de l’échange, de la presse, de l’enseignement ; car la liberté est le seul système compatible avec un budget réduit. Il faut de l’argent à l’État pour réglementer et opprimer. Point d’argent, point de réglementation. » V, p.465

PROBLÈME : LA FRANCE EST TROP HABITUÉE À ÊTRE BEAUCOUP GOUVERNÉE

LIBERTÉ — Problème : la France est trop habituée à être beaucoup gouvernée : « Nous sommes dans un pays habitué à être tellement gouverné qu’on ne peut s’imaginer qu’il puisse y avoir un peu d’ordre et de sécurité avec moins de réglementation. » V, p.489

LIBRE-ÉCHANGE — Si l’étranger paie moins d’impôts que nous, c’est une raison de plus d’ouvrir en grand nos frontières : « Mais je vais bien plus loin : je dis que, plus nos impôts sont lourds, plus nous devons nous empresser d’ouvrir nos ports et nos frontières à l’étranger moins grevé que nous. Et pourquoi ? Pour lui repasser une plus grande partie de notre fardeau.

N’est-ce point un axiome incontestable en économie politique, que les impôts, à la longue, retombent sur le consommateur ? Plus donc nos échanges seront multipliés, plus les consommateurs étrangers nous rembourseront de taxes incorporées dans les produits que nous leur vendrons. » IV, p.51

« AUJOURD’HUI ON DÉCRÈTE QUE LE SALAIRE DE TEL GENRE DE TRAVAIL SERA FIXÉ ; QUI PEUT PRÉVOIR LE DÉCRET DE DEMAIN, CELUI D’APRÈS-DEMAIN, CEUX DES JOURS SUIVANTS ? »

LOI — Elle est spoliatrice quand elle prend aux uns pour donner aux autres : « Comment reconnaître la spoliation ? C’est bien simple. Il faut examiner si la Loi prend aux uns ce qui leur appartient pour donner aux autres ce qui ne leur appartient pas. Il faut examiner si la Loi accomplit, au profit d’un citoyen et au détriment des autres, un acte que ce citoyen ne pourrait accomplir lui-même sans crime. » IV, p.354

LOI — L’inflation législative désordonnée empêche d’entreprendre : « Quel est en ce moment le hardi spéculateur qui oserait monter une usine ou se livrer à une entreprise ? Hier on décrète qu’il ne sera permis de travailler que pendant un nombre d’heure déterminé.

Aujourd’hui on décrète que le salaire de tel genre de travail sera fixé ; qui peut prévoir le décret de demain, celui d’après-demain, ceux des jours suivants ? Une fois que le législateur se place à cette distance incommensurable des autres hommes ; qu’il croit, en toute conscience, pouvoir disposer de leur temps, de leur travail, de leurs transactions, toutes choses qui sont des Propriétés, quel homme, sur la surface du pays, a la moindre connaissance de la position forcée où la Loi le placera demain, lui et sa profession ? Et, dans de telles conditions, qui peut et veut rien entreprendre ? » IV, p.287

« L’OBJECTIF DOIT ÊTRE DE CHANGER L’OPINION PUBLIQUE »

OPINION — L’objectif doit être de changer l’opinion publique : « Non, non, l’obstacle n’est pas au ministère, c’est tout au plus là qu’il se résume. Pour modifier la pensée ministérielle, il faut modifier la pensée parlementaire ; et pour changer la pensée parlementaire, il faut changer la pensée électorale ; et pour réformer la pensée électorale, il faut réformer l’opinion publique. » VII, p.37

POLITIQUE — Difficulté de convaincre en politique : « Bon Dieu ! que de peine à prouver, en économie politique, que deux et deux font quatre ; et, si vous y parvenez, on s’écrie : « c’est si clair, que c’en est ennuyeux. » — Puis on vote comme si vous n’aviez rien prouvé du tout. » V, p.347

POLITIQUE ÉTRANGERE — Principes sur la politique étrangère : « En abordant notre politique extérieure, je commencerai par établir nettement ces deux propositions, hors desquelles, j’ose le dire, il n’y a pas de salut. 1° Le développement de la force brutale n’est pas nécessaire et est nuisible à l’influence de la France. 2° Le développement de la force brutale n’est pas nécessaire et est nuisible à notre sécurité extérieure ou intérieure. De ces deux propositions, il en sort, comme conséquence, une troisième, et c’est celle-ci : Il faut désarmer sur terre et sur mer, et cela au plus tôt. » V, p.449

POLITIQUE ÉTRANGÈRE — Ce que le gouvernement devrait dire à son propos : « Oui, chacun chez soi, chacun pour soi, autant qu’il s’agit de force brutale. Ce n’est pas à dire que les liens des peuples seront brisés. Ayons avec tous des relations philosophiques, scientifiques, artistiques, littéraires, commerciales. C’est par là que l’humanité s’éclaire et progresse. Mais des rapports à coups de sabre et de fusil, je n’en veux pas.

Parce que des familles parfaitement unies ne vont pas les unes chez les autres à main armée, dire qu’elles se conduisent sur la maxime chacun chez soi, c’est un étrange abus de mots. D’ailleurs, que dirions-nous si, pour terminer nos dissensions, lord Palmerston nous envoyait des régiments anglais ? Le rouge de l’indignation ne nous monterait-il pas au front ? Comment donc refusons-nous de croire que les autres peuples chérissent aussi leur dignité et leur indépendance ? » V, p.467

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — C’est du communisme : « Mais le Communisme revêt une troisième forme. Faire intervenir l’État, lui donner pour mission de pondérer les profits et d’équilibrer les fortunes, en prenant aux uns, sans consentement, pour donner aux autres, sans rétribution, le charger de réaliser l’œuvre du nivellement par voie de spoliation, assurément c’est bien là du Communisme. Les procédés employés par l’État, dans ce but, non plus que les beaux noms dont on décore cette pensée, n’y font rien.

Qu’il en poursuive la réalisation par des moyens directs ou indirects, par la restriction ou par l’impôt, par les tarifs ou par le Droit au travail ; qu’il la place sous l’invocation de l’égalité, de la solidarité, de la fraternité, cela ne change pas la nature des choses ; le pillage des propriétés n’en est pas moins du pillage parce qu’il s’accomplit avec régularité, avec ordre, systématiquement et par l’action de la loi. » IV, p.515-516

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — C’est la chimère du jour : « La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres. » IV, p.355

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — Ces schémas sont oppressifs et gaspillent les richesses : « La loi, qui restreint le travail et les jouissances de tous au profit de quelques-uns, est une loi oppressive. Elle prend une certaine somme dans la poche de Jean pour la mettre dans la poche de Jacques, avec perte définitive d’une somme égale pour la communauté. » II, p.70

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — Cycle infernal de l’intervention de l’État dans les fortunes individuelles : « Aujourd’hui qu’on a admis en principe que l’État est institué pour distribuer la richesse à tout le monde, il est naturel qu’on lui demande compte de cet engagement. Pour le tenir, il multiplie les taxes et fait plus de misères qu’il n’en guérit.

Nouvelles exigences de la part du public, nouvelles taxes de la part de l’État, et nous ne pouvons que marcher de révolution en révolution. Mais s’il était bien entendu que l’État ne doit prendre aux travailleurs que ce qui est rigoureusement indispensable pour les garantir contre toute fraude et toute violence, je ne puis apercevoir de quel côté viendrait le désordre. » IV, p.309

RESPONSABILITÉ INDIVIDUELLE — Le problème des mesures socialistes est qu’elles l’attaquent : « Leur écueil naturel est dans le déplacement de la Responsabilité. Ce n’est jamais sans créer pour l’avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu’on soustrait l’individu aux conséquences de ses propres actes.

Le jour où tous les citoyens diraient : « Nous nous cotisons pour venir en aide à ceux qui ne peuvent travailler ou ne trouvent pas d’ouvrage », il serait à craindre qu’on ne vît se développer, à un point dangereux, le penchant naturel de l’homme vers l’inertie, et que bientôt les laborieux ne fussent réduits à être les dupes des paresseux. Les secours mutuels impliquent donc une mutuelle surveillance, sans laquelle le fonds des secours serait bientôt épuisé. » VI, p.459

SÉCURITÉ — C’est le plus grand bien : « Pour une nation, la Sécurité est le plus grand des biens. Si, pour l’acquérir, il faut mettre sur pied cent mille hommes et dépenser cent millions, je n’ai rien à dire. » V, p.340

SÉCURITÉ — La France n’a rien à craindre si elle est fidèle au libre-échange et à la non-intervention : « Avec ces trois choses : libre-échange, non-intervention, attachement des citoyens pour les institutions du pays, une nation de 36 millions d’âmes n’est pas seulement invincible, elle est inattaquable. » II, p.308

« PUISSENT-ILS SE PRÉSERVER LONGTEMPS DE CETTE PESTE DU SOCIALISME ! »

SERVICES PUBLICS — Par nature, ils sont inefficaces : « Quels sont les modes d’activité humaine qui offrent le spectacle de la stagnation la plus complète ? Ne sont-ce pas précisément ceux qui sont confiés aux services publics ? Voyez l’enseignement.

Il en est encore où il en était au moyen âge. Il n’est pas sorti de l’étude de deux langues mortes, étude si rationnelle autrefois, et si irrationnelle aujourd’hui. Non seulement on enseigne les mêmes choses, mais on les enseigne par les mêmes méthodes. Quelle industrie, excepté celle-là, en est restée où elle en était il y a cinq siècles ? » II, p.478

SOCIALISME. — La France et le socialisme : « Puissent-ils se préserver longtemps de cette peste du socialisme ! » I, p.88

SPOLIATION — Entourée de beaux slogans, elle se développera dans le futur : « Je le dis sincèrement : je crois que nous entrons dans une voie où, avec des formes fort douces, fort subtiles, fort ingénieuses, revêtues des beaux noms de solidarité et de fraternité, la spoliation va prendre des développements dont l’imagination ose à peine mesurer l’étendue. » IV, p.432

Sélection effectuée à partir de Frédéric Bastiat de A à Z : ses meilleures citations classées par thèmes (Institut Coppet, juin 2016). 

Friedrich Hayek et le cerveau collectif, par Matt Ridley


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Matt Ridley, le 23 Mars 2017

Source : https://capx.co/friedrich-hayek-and-the-collective-brain/

Traduction par Damien Theillier

On croit souvent qu’Hayek défend l’égoïsme et l’individualisme. Cela est faux. Ce que Hayek défend, c’est que la collaboration humaine est nécessaire pour le développement de la société ; que la grande caractéristique du marché est de nous permettre de travailler les uns pour les autres, non seulement pour nous-mêmes ; et la gouvernance autoritaire de haut en bas, n’est pas la source de l’ordre ni des progrès, mais son obstacle.

Je vais plus loin, et j’ajoute qu’il n’y a rien de plus antisocial (ou appauvrissant) que la recherche de l’autosuffisance.

Ces idées de Hayek ne sont pas des idées conservatrices ou réactionnaires : au contraire la société fonctionne mieux grâce au partage égalitaire et au service mutuel, plutôt que par contrôle de l’État, la hiérarchie et la planification.

Le point de vue de Hayek dans son célèbre essai de 1945, « L’utilisation de la connaissance dans la société », est que la planification centrale ne peut pas fonctionner, car elle tente de substituer une intelligence omnisciente à un système distribué et fragmenté avec des connaissances localisées mais reliées.

C’est par essence de l’anti-élitisme, et – oserais-je dire – du populisme, que d’accuser Internet d’appauvrir la société humaine.

Selon les termes de Hayek, « c’est un avantage considérable de connaître les hommes, les conditions locales et les circonstances particulières… mais la méthode par laquelle une telle connaissance peut être mise à disposition de manière aussi étendue que possible est précisément le problème auquel nous devons trouver une solution. » (Note du traducteur, voir ici : http://www.revue-lebanquet.com/lutilisation-de-la-connaissance-dans-la-societe/)

Sa réponse, bien sûr, était le mécanisme des prix. (Note du traducteur : j’ajouterais aussi le Droit en complément des prix, comme le dit souvent Hayek)

En revanche, le commerce crée un cerveau de résolution collective des problèmes aussi grand que le réseau commercial lui-même. Il se fonde sur la connaissance dispersée et fragmentée pour créer des choses que personne ne peut même comprendre, des totalités plus complexes que la somme de leurs parties individuelles.

Aucun autre animal ne présente cette qualité. Il y a échange et spécialisation au sein des familles, même les familles énormes telles que les colonies de fourmis, ce qui donne une colonie de fourmis, intelligence collective considérable. Mais au sein d’une parenté. Les échanges entre les étrangers est une caractéristique unique des hominidés modernes. Comme Adam Smith le dit :

« aucun homme n’a jamais vu un chien faire délibérément l’échange d’un os avec un autre chien ».

L’échange, tel qu’il est pratiqué par des personnes pour environ les 100.000 dernières années (mais peut-être pas par les Néandertaliens) est un surgénérateur, une réaction en chaîne. Plus vous échangez, plus il est payant de se spécialiser, et plus vous vous spécialisez, plus il est payant d’’échanger. Il y a une boucle de rétroaction positive.

Comme Hayek l’a dit (note du traducteur : il s’agit d’une citation de La Route de la Servitude),

« si la division du travail a atteint le degré qui rend la civilisation moderne possible, c’est parce qu’on n’a pas eu besoin de la créer consciemment, et parce que l’homme a rencontré par hasard une méthode qui permet de porter la division du travail beaucoup plus loin qu’on n’aurait pu le faire de propos délibéré ».

L’invention de l’échange a eu le même impact sur la culture humaine que le sexe a eu sur l’évolution biologique, elle l’a rendue cumulative. Ainsi, le progrès technologique humain ne dépend pas de l’intelligence individuelle, mais de l’échange collectif des idées.

Le « Cloud », le crowd-sourced, n’est pas une idée nouvelle du tout. C’est la source de toute invention humaine au long de l’histoire. Voilà pourquoi toutes les technologies auxquelles vous pouvez penser sont des combinaisons d’autres technologies.

C’est pourquoi le développement d’Internet est passionnant. Pour la première fois, l’humanité n’a pas seulement quelques grands cerveaux collectifs (appelés réseaux commerciaux), mais un espace très vaste où presque tout le monde peut échanger et où la distance est pas un obstacle.

En outre, contrairement au système industriel, Internet nous permet de contribuer en tant que producteurs plutôt que simplement comme consommateurs. L’Internet est à la radio ce qu’une conversation est à une conférence.

Hayek nous a appris à nous méfier de l’idée de mettre les gens à la charge d’autres personnes. Si le gouvernement a été le moyen par lequel les gens ont commis des horreurs indescriptibles encore et encore et encore, de Néron et Attila à Hitler et Mao, pourquoi les gens sont-ils si indulgents envers l’État et sont-ils méfiant envers le marché ?

Nous vivons dans un monde rempli de merveilles technologiques et culturelles, parce que nous avons mis en réseau nos esprits en tant que cerveau collectif. C’est l’échange et la spécialisation qui nous ont permis de le faire. C’est la grande découverte de Hayek.

Frédéric Bastiat, l’intellectuel libéral du 19e siècle dont nous aurions tant besoin aujourd’hui

Entretien avec Damien Theillier

Atlantico

Frédéric Bastiat reste toujours un intellectuel de premier plan pour comprendre notre monde. Que ce soit sur l’Etat, l’Education nationale ou la collectivité, sa pensée reste pointue et pertinente.

1° Bastiat présente l’Éducation nationale comme auto-légitimation du « pouvoir d’illusion » qu’est l’État. Avec une Éducation nationale plus omniprésente que jamais, qu’est-ce que Frédéric Bastiat peut apporter à ce sujet ? Quels bons conseils peut-il souffler à l’oreille de Jean-Michel Blanquer ?

Frédéric Bastiat était célèbre au XIXe siècle dans notre beau pays. Mais il a été enterré par le XXe siècle, le siècle du communisme en Europe. Et nous avons hérité de ce siècle obscur un certain nombre de dogmes dont on commence à peine à faire la critique.

Ainsi l’éducation a été nationalisée, mise sous tutelle de l’État, avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui. Mais « détruire la concurrence, disait Bastiat, c’est tuer l’intelligence ». La logique du progrès scientifique implique le pluralisme. L’État n’est pas plus compétent pour décider des critères de la vérité scientifique que pour décider des bonnes méthodes à mettre en place pour l’apprentissage de la lecture ou des mathématiques. L’État n’est pas compétent de manière générale dans le domaine de la pensée, que ce soit dans les sciences dures ou dans les sciences humaines. Chaque fois qu’il veut enseigner des vérités, il risque de se tromper et donc d’enseigner dogmatiquement des erreurs.

En effet, une vérité ne peut être imposée par la loi sans devenir immédiatement un dogme est une vérité figée, rendue immobile, incontestable et donc dogmatique. La vérité doit être débattue librement pour apparaître et se développer. Elle ne peut émerger que d’hypothèses librement testées, de la confrontation de points de vue. Pour cela, il faut que l’école dispose d’une autonomie, d’une liberté d’expérimentation et d’innovation pédagogique la plus complète possible.

En 1850, Bastiat avait soumis à l’Assemblée un amendement ayant pour objet la suppression des grades universitaires. Il écrivait :

« Les grades universitaires ont le triple inconvénient d’uniformiser l’enseignement (l’uniformité n’est pas l’unité) et de l’immobiliser après lui avoir imprimé la direction la plus funeste. » Et il concluait : « L’enseignement par le pouvoir, c’est donc l’enseignement par un parti, par une secte momentanément triomphante; c’est l’enseignement au profit d’une idée, d’un système exclusif[1]. »

Les programmes du Baccalauréat, comme ceux des concours du Capes et de l’Agrégation, demeurent situés à l’intérieur d’un paysage intellectuel entièrement stérilisé car entièrement délimité par les bureaucrates qui gouvernent la machine dans les ministères et les syndicats. Il est donc bien clair que la mainmise de l’État nuit au fonctionnement de la science elle-même, à son progrès. Laissons les écoles se créer librement et redonnons de l’autonomie aux proviseurs. Voilà ce que Bastiat dirait aujourd’hui à notre ministre.

2° L’État est-il le pouvoir d’illusion de l’homme politique contemporain ? Quel modèle d’homme politique défend Bastiat ?

Nous sommes aujourd’hui en panne d’imagination. Les experts et chefs de partis se disputent sur les chiffres et les réformettes : un peu plus de CSG, un peu moins d’ISF… Mais on est loin des vrais problèmes qui préoccupent les gens.

Justement, Bastiat ne propose pas un modèle économique mais bien un modèle institutionnel. Il fait œuvre de  philosophe du droit, de philosophe moral et politique. Or l’augmentation massive de la dépense publique aboutit selon Bastiat à deux phénomènes remarquables par leur actualité : la montée des groupes de pression et le climat de révolution permanente qui règne dans les démocraties modernes.

En effet, il s’attache à montrer que le droit, en tant qu’institution humaine, peut être perverti par ceux qui l’utilisent à d’autres fins que la défense de la liberté et de la propriété. Et quand la loi est pervertie, il s’ensuit une haine inexpiable entre les spoliés et les spoliateurs.

Ainsi lorsque la loi, au nom d’une fausse philanthropie, se met à distribuer des avantages sociaux par la fiscalité, les prestations sociales et autres subventions, elle devient l’enjeu d’une lutte entre les groupes d’intérêts pour s’assurer un maximum de profits immérités. C’est alors un jeu à somme nulle. Ce que les uns gagnent, les autres le perdent. Le sentiment d’inégalité et d’injustice ne peut alors que s’accroître et générer des conflits. « Vous ouvrez la porte à une série sans fin de plaintes, de haines, de troubles et de révolutions », écrit Bastiat. Si la loi promet de répondre à toutes les attentes, il est probable qu’elle échoue et qu’au bout de chaque déception, il y ait  une révolution.

« Il y a trop de législateurs, organisateurs, conducteurs de peuples, pères des nations, écrit-il. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter » (La loi).

3° « Le droit collectif tient sa légitimité dans le droit individuel » : l’État confisque-t-il au nom de l’égalitarisme, la nature libre de l’homme à exercer son droit ? Quel modèle propose Bastiat pour garantir le droit collectif ?

Votre question pose avec justesse le problème du bien commun. Or il est particulièrement incohérent d’alléguer, comme le font certains, que Bastiat ignorerait le « bien  commun ». Au contraire il répète sans cesse que le bien commun serait mieux servi si la loi protégeait la liberté et la propriété et si elle restait dans son rôle. « C’est sous la Loi de justice, sous le régime du droit, sous l’influence de la liberté, de la sécurité, de la stabilité, de la responsabilité, que chaque homme arrivera à toute sa valeur, à toute la dignité de son être ». Loin d’avoir  renoncé au bien commun, il le définit négativement comme l’absence de spoliation et  d’oppression et positivement comme la paix publique qui résulte du respect du droit et de la justice. « Quels sont les peuples les plus heureux, les plus moraux, les plus paisibles ? Ceux où la loi intervient le moins dans l’activité privée », dit Bastiat. En revanche, la spoliation légale, fondée sur des motifs philanthropiques, est une perversion du bien commun et finalement sa destruction.

Jean-Claude Michéa, l’auteur contemporain à  succès  que tous les anti-libéraux adorent, consacre dans un de ses livres un passage à Bastiat. Il lui reconnaît un « esprit original » et le mérite d’avoir pris au sérieux les objections des socialistes de son époque. Comme l’écrit Michéa, « loin de défendre l’égoïsme calculateur dénoncé par les ‘Écoles socialistes’, Bastiat partage pour son compte personnel le même idéal d’une communauté solidaire et décente que celui de ses adversaires » (Jean-Claude Michéa, L’empire du moindre mal. Essai sur la civilisation libérale, Paris, Flammarion/ Coll. Climats, 2007).

Mais plus loin, il ajoute que pour Bastiat, « la libéralisation intégrale des échanges économiques (…)  en  plaçant la société juste sous la figure tutélaire des lois de l’offre et de la demande, va se charger elle-même par un processus purement mécanique, d’engendrer cette communauté  à  la fois pacifique et  solidaire ».  Michéa  conclut  alors : pour les libéraux, « la croissance est bien l’énigme résolue de l’Histoire » (Ibid.).

Malheureusement, c’est très clair, Michéa n’a pas bien lu Bastiat ou ne l’a pas compris. Pour ce dernier, comme je le disais plus haut, ce n’est pas la croissance économique qui est le problème, c’est la propriété et le rôle que la loi joue dans la protection ou la restriction de la propriété. La clé du problème est de nature institutionnelle et non économique. Dès lors, la critique de Michéa tombe complètement à plat.

En réalité, un certain nombre d’effets pervers attribués par Michéa au libéralisme, sont directement attribuables à la perversion de la loi dans la démocratie, à son détournement par  des  groupes  de  pression,  à  des  fins de  spoliation.

Ce que Bastiat nous montre dans son ouvrage La Loi, c’est que le suffrage universel et la règle majoritaire ne suffisent pas à garantir que les allocations du marché politique soient plus justes que celles qui résultent du libre fonctionnement du marché économique. À moins que la loi se contente de réprimer les atteintes au droit. Mais le paradoxe c’est que la démocratie sans la liberté, c’est-à-dire sans le respect intégral du droit de propriété, tend à se détruire elle- même par l’accroissement exponentiel des réglementations et des dépenses publiques.

[1] Frédéric Bastiat, Baccalauréat et Socialisme

Source : Atlantico le 22/10/17

Alimentation de l’esprit : un peu de lecture | Hashtable

DSC_0487Parfois, il faut faire une petite pause, notamment pour se sustenter. Dans un premier temps, il faudra le faire pour l’esprit, bien sûr. Et pour cela, je ne peux que vous encourager à vous procurer « L’Etat ou la grande illusion », le dernier livre produit par Damien Theillier qui nous permet de retrouver de succulents textes de Frédéric Bastiat dont la prose se fait tous les jours plus indispensable à mesure que le pays s’enfonce dans un socialisme douillet mais mortifère. Cette réédition rafraîchit la lecture d’un de nos grands économistes, malheureusement méconnu que vous pourrez vous procurer pour un prix très modique en cliquant sur l’image et en tombant sur Amazon.

Source : Alimentation du corps et de l’esprit : un peu de lecture | Hashtable

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Parution de mon anthologie de Frédéric Bastiat : L’Etat ou la grande illusion

Frédéric Bastiat

L’ÉTAT OU LA GRANDE ILLUSION

Préface de Damien Theillier

Editions Arfuyen (sortie le 7 septembre 2017)

1° LE LIVRE

Chacun se plaint de la bureaucratie et de la monarchie présidentielle. La France est malade de centralisme et d’étatisme. Mais à chaque élection, on propose plus d’État et plus de règles…

Déjà de son vivant Bastiat dérangeait. Chef d’entreprise, journaliste, parlementaire, redoutable satiriste, où le classer ? Son indépendance, son humour déconcertent. À l’Assemblée nationale, il siège à gauche. Il combat la peine de mort, l’esclavage, le colonialisme. Il défend le droit de grève, les caisses mutuelles, la liberté de la presse. « Il y a trop de législateurs, organisateurs, conducteurs de peuples, pères des nations, écrit-il. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter. »

Bastiat est l’un des pères de l’économie moderne, mais c’est en France qu’il semble le plus oublié. Présenté par l’un des meilleurs connaisseurs de sa pensée, les quatre textes courts et brillants que rassemble ce petit livre (« L’État », « Justice et fraternité », « À MM les Électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever », « Pétition des fabricants de chandelles… ») incitent à repenser la place centrale de l’État dans notre organisation politique.

2° L’AUTEUR

Frédéric Bastiat est né en 1801 à Bayonne. Fils d’un négociant aisé, très tôt orphe- lin de père et de mère, il est élevé par ses grands-parents paternels. À 17 ans, il quitte l’école pour rejoindre le commerce familial où il expérimente les mécanismes du mar- ché. Il entre dans la franc-maçonnerie. À partir de 1844, il collabore au Journal des économistes et développe une pensée fondée sur la défense de l’individu et l’opposition à l’étatisme, au protectionnisme et au colonialisme.

Élu député des Landes en 1848 à l’Assemblée constituante puis à l’Assemblée Nationale en 1849, il devient vice-président de la commission des finances. Siégeant à gauche, il vote tantôt avec les conservateurs, tantôt avec les socialistes, son critère majeur étant la défense des libertés. Durant son tour de France pour promouvoir ses idées libérales, il contracte la tuberculose. Il part se soigner en Italie et meurt à Rome le 24 décembre 1850. Il repose en l’église Saint-Louis-des-Français, à Rome.

3° CITATION

« L’ÉTAT ! Qu’est-ce ? où est-il ? que fait-il ? que devrait-il faire ? Tout ce que nous en savons, c’est que c’est un personnage mystérieux, et assurément le plus sollicité, le plus tourmenté, le plus affairé, le plus conseillé, le plus accusé, le plus invoqué et le plus provoqué qu’il y ait au monde.

« Car, Monsieur, je n’ai pas l’honneur de vous connaître, mais je gage dix contre un que depuis six mois vous faites des utopies ; et si vous en faites, je gage dix contre un que vous chargez l’État de les réaliser « L’ÉTAT, c’est la grande fiction à travers laquelle TOUT LE MONDE  s’efforce de vivre aux dépens de TOUT LE MONDE. »

4° POINTS FORTS

  • La collection « La faute à Voltaire » veut donner la parole à des écrivains et penseurs capables de nous aider aujourd’hui à comprendre les problèmes de la cité et à surmonter la crise du politique.
  • Face aux problèmes politico-économiques actuels, l’État semble toujours et encore le seul recours. Chacun se plaint de la multiplication des normes, des réglementations et des taxes. Mais, presque toutes, les solutions proposées passent par leur renforcement.
  • Grand connaisseur de la philosophie des Lumières et de l’école libérale française, Damien Theillier enseigne la philosophie. Il est le fondateur de l’Institut Coppet mais aussi de l’École de la liberté.
  • Que veut dire le mot État ? Comment le définir ? Bastiat nous permet de repenser ce qui n’est qu’une évidence trompeuse.

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Collection « La faute à Voltaire »
11 euros – 160 pages
Sortie 7 septembre 2017
ISBN 978-2-845-90260-2
Distribution SODIS/Diffusion SOFÉDIS
contact@arfuyen.com

Pourquoi le Bitcoin est et restera la crypto-monnaie d’avenir

keep-calm-and-use-bitcoin-6« Hard Fork » sur le Bitcoin cet été. Faut-il s’en inquiéter ou bien s’en réjouir ?

Transactions rapides, peu chères et quasi anonymes : tels sont les atouts du Bitcoin par raport aux monnaies légales depuis sa création. Bien sûr, avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs, des limites sont vite apparues.

Pourtant, avec des enjeux financiers aussi importants pour tous, ne peut-on pas espérer que tous les acteurs économiques de cette monnaie (mineurs, échangeurs, utilisateurs) arrivent à s’entendre ?

Eh bien c’est justement ce qui est arrivé ! Au cours du mois de juin, un consensus majoritaire s’est clairement exprimé à New-York lors d’une grande conférence pour faire sauter les limitations actuelles du protocole Bitcoin. C’est d’ailleurs pourquoi des améliorations sont en cours actuellement : la blockchain est en pleine mise à jour cet été et jusqu’en novembre 2017.

segwit

Alors pourquoi avons-nous eu un « Hard Fork », c’est-à-dire une division de la blockchain en deux crypto-monnaies concurrentes : BTC et BCH ?

Certains articles de journaux en ont fait leurs gros titres : « guerre civile dans la crypto » ou bien « La communauté Bitcoin explose »…

20 mn

Tout cela est mal informé, grossier.

Selon moi, le fait qu’une minorité d’acteurs veuille faire sécession avec la création du Bitcoin Cash (BCH) n’est pas un problème en soi. En effet, Bitcoin n’est ni une démocratie ni une dictature. Si un consensus ne peut être trouvé auprès de certains acteurs, ces derniers ont le droit de « faire sécession » en splittant (ou scindant) la blockchain en deux, ce qui équivaut à créer un nouveau bitcoin en plus de l’existant. Chacun peut ensuite choisir sur quelle blockchain il veut continuer à travailler.

Mais on entend encore beaucoup de bêtises à propos du Bitcoin.

Parmi les fausses rumeurs entendues le plus souvent, il y a cette idée que la crypto-monnaie n’est qu’une bulle parmi d’autres qui va vite se dégonfler et donc une arnaque de plus dans l’univers de la finance.

D’abord Bitcoin n’est pas de la monnaie “virtuelle”. C’est une monnaie électronique certes, mais avec laquelle on peut faire de vrais achats. Avec UN seul Bitcoin, vous pouvez faire beaucoup de choses. Au lieu de vous demander combien coûte une chose en monnaie “virtuelle”, demandez-vous ce que vous pourriez acheter avec UN seul Bitcoin.

Illustration :

Avec le cours du Bitcoin à 3 000 €, et le litre de gazole à 1.12 € (chiffres actuels), vous pouvez vous offrir 3360 litres de carburant. De quoi rouler pendant 56 000 km avec une consommation moyenne en diesel de 6 litres pour 100 kilomètres. Rendez-vous compte, vous avez de quoi faire plus d’un tour du monde à l’équateur (40 000 km) !!

tourdumonde

Donc avec UN Bitcoin, vous faites le tour du monde dans votre véhicule diesel !

Prenons un autre exemple :

Avec UN Bitcoin à 3 000€, vous pouvez vous acheter 400 Big Mac Maxi Best Of (au prix en France de 7,5 €). Soit plus d’1 par jour pendant 1 an !!

maxibestof

Rendez-vous compte : un Big Mac Best Of acheté par jour pendant 1 an avec un seul Bitcoin !!

Beaucoup pensent qu’ils ont raté leur chance avec le Bitcoin et ont peur qu’il soit trop tard…

C’est faux là aussi. Le potentiel de croissance de cette monnaie numérique est très puissant.

Et je veux vous en donner 3 raisons :

1° Pour la première fois cette année, le cours du bitcoin a dépassé celui de l’once d’or. Bien sûr la capitalisation du Bitcoin est encore toute petite comparée à celle de l’or. En effet, la valeur totale des réserves d’or équivaut à 200 fois la valeur totale des bitcoins en circulation. Mais justement, la croissance du Bitcoin est exponentielle à mesure que les populations partout dans le monde se mettent à l’utiliser. Tandis que la capitalisation de l’or est en baisse. C’est un indice très important.

2° Les États-Unis ont abandonné l’étalon or en 1973. Désormais, c’est le dollar qui est la monnaie de référence. Problème : les gouvernements peuvent facilement diminuer la valeur d’une monnaie en imprimant de plus en plus de billets. En revanche la masse monétaire de Bitcoin est limitée mathématiquement à 21 millions d’unités. L’une des règles de base de l’économie est la suivante : lorsqu’il y a un stock limité d’un bien et que la demande augmente, le prix augmente également. Le Bitcoin est comme de l’or numérique. Une excellente réserve de valeur par les temps qui courent.

3° Enfin la protection de la vie privée est incontestablement un droit humain. Mais c’est un droit menacé. Au moment même où les États organisent une surveillance généralisée et obligent les banques à dévoiler toutes les opérations de leurs clients, le Bitcoin permet de retrouver un peu de cette liberté à laquelle tout le monde aspire légitimement.

Bref, nous commençons tout juste à comprendre les bouleversements que cette innovation peut engendrer.

Mais à ceux qui sont encore sceptiques, je veux dire ceci :

J’ai vu personnellement des gens acheter du bitcoin très bon marché, pour 20 € il y a quelques années. Aujourd’hui ils ont perdu de l’argent parce qu’ils ont vendu leurs BTC à 40 ou 50 €. Tandis que d’autres qui ont acheté du bitcoin à un prix 100 fois plus élevé il y a quelques mois, ont déjà fait un profit spectaculaire, rien que par leur achat, sans chercher à trader.

Donc prenez-en maintenant et attendez. Ou bien faites travailler vos Bitcoins. Grâce à Internet, il y a de nombreuses possibilités pour placer et faire fructifier vos Bitcoins. Contactez-moi pour en savoir plus ou bien regardez ici

La découverte étonnante d’un analyste financier à Wall Street

Cette histoire n’est pas inventée, elle est parfaitement véridique. Ronnie Moas travaille depuis des années à Wall Street comme analyste financier et sa réputation n’est plus à faire, il suffit d’aller voir sur youtube. Il est souvent interviewé sur de grandes chaînes de télévision comme Bloomberg ou CNBC, sur laquelle il est régulièrement invité comme spécialiste des valeurs technologique : Apple, Tesla, Amazon (voir encore ici ou ici).

ronnie

Cet homme n’est pas un professionnel du Bitcoin, il est même a priori très méfiant. Après l’incroyable arnaque financière de Bernie Sanders en 2008, Ronnie Moas s’attend à tout et reste extrêmement vigilant. Mais il décide tout de même d’aller voir de plus près. Et pas seulement par curiosité. Car en tant qu’analyste, il considère comme relevant de sa responsabilité d’essayer de comprendre les nouvelles tendances qui émergent et comment elles pourraient un jour impacter les marchés et toute l’économie.

De plus, il se sentait frustré :

« J’ai vu le Bitcoin depuis le banc de touche pendant des années, comme un voyageur qui arrive trop tard et regarde le train quitter la gare » écrit Moas.

Il se lance alors dans les recherches et passe plusieurs mois à creuser le sujet. Fin juillet 2017, il publie un rapport de 122 pages tout à fait surprenant. La chaîne américaine d’informations CNBC en a même fait une vidéo.

Que dit-il dans ce rapport ? Je vous résume rapidement le propos :

Le marché du Bitcoin représente 41 milliards de $ et l’ensemble des crypto-monnaies 80 milliards de $. Ce qui est absolument minuscule à côté de la masse gigantesque que représente l’ensemble des monnaies et des actifs en circulation, 83 600 millards de $.

capitalisation

Mais pour les raisons que j’ai invoquées plus haut, il est convaincu que les cryptomonnaies soutiendront leurs performances et voleront des parts de marché aux autres actifs comme les actions, les obligations, les monnaies fiat et les métaux précieux.

Dans quelques années, dit-il, les graphiques du Bitcoin ressembleront à ceux d’Amazon, Apple, Tesla, Netflix, Google et Facebook aujourd’hui.

Ronnie Moas voit le prix du Bitcoin monter à 5000 $ en 2018 et à 50 000 $ en 10 ans.

Et je lui laisse la conclusion de cet article :

« Je pense que nous sommes encore dans la première phase d’un match à quatre temps et que même si j’ai manqué des gains importants entre 2014 et 2016, il n’est pas trop tard pour entrer. »

Pour un nouveau modèle politique : le vrai sens de la liberté

16174774_1207403509375136_2054596698085536950_nLe vrai sens de la liberté

La liberté individuelle (propriété de soi) ne signifie pas le « droit » au travail, à l’éducation, aux soins de santé, au logement ou à quelque autre bien, étant donné que ces « droits » impliquent pour les autres le devoir de fournir ces prestations. Si une personne est obligée de se sacrifier pour les autres, ce n’est pas la liberté, mais l’esclavage. La liberté signifie que chacun a le droit de faire ce qu’il souhaite avec sa vie et ses biens, tant qu’il n’interfère pas avec la vie et la propriété d’autrui. La propriété de soi, c’est le droit que chaque individu a sur ses propres facultés, sur sa vie, et donc sur les fruits de son travail. Cela s’appelle l’auto-gouvernement.

Au contraire, ce que l’on voit aujoud’hui dans nos démocraties, c’est que les gens décident, par le vote, de la vie et du travail des autres. Une telle situation est injuste. Les individus n’ont aucune obligation de se sacrifier pour le collectif, comme c’est le cas dans les systèmes socialistes, fascistes ou sociaux-démocrates.

Dans une société libre, le vote est un mécanisme approprié pour la sélection de ses représentants politiques mais non, comme le veut la démocratie actuelle, de ses principes éthiques et politiques. Il faut donc limiter le pouvoir du gouvernement à une seule fonction : la protection des droits individuels. C’est le vrai sens de la liberté, tel qu’il a été si bien compris et exposé par Frédéric Bastiat au XIXe siècle.

Une alternative crédible à la sociale-démocratie ?

Ce que veulent les gens, c’est reprendre le contrôle de leur propre existence. Ce chemin de la liberté passe par l’autonomie maximale et l’auto-gouvernement c’est-à-dire par la décentralisation et la multiplication de petites unités administratives, conçues par les gens eux-mêmes. Bien sûr, la sécession ne peut pas nécessairement conduire immédiatement à l’autonomie administrative complète. Mais, ce qui y conduit, c’est de privilégier toute forme de décentralisation qui transfère certaines responsabilités du gouvernement central vers un gouvernement local. Les décisions doivent être prises localement, au niveau administratif le plus bas possible, jusqu’au quartier. Cela pourrait être une forme réaliste de transition entre la situation actuelle et la sécession complète. L’État-nation et la sociale-démocratie sont des institutions du XXe siècle, pas du XXIe siècle. Le chemin vers l’autonomie et l’auto-gouvernement continuera, mais il ne passera pas par les larges démocraties redistributives. Il passera par la décentralisation et par l’organisation des personnes en plus petites unités administratives, conçues et gérées par les gens eux-mêmes.

Une alternative crédible à la démocratie, serait donc un système politique basé sur l’autodétermination de chaque individu, caractérisé par la décentralisation, la gestion locale et la diversité. Dans une société libre, la règle principale serait de ne commettre ni fraude, ni violence, ni vol. Tant que les gens s’en tiennent à cette règle, ils pourraient offrir tous les services, y compris ceux qui sont aujourd’hui considérés comme des « services publics ». Ils pourraient également créer comme ils l’entendent leurs propres communautés — monarchiste, communiste, conservatrice, religieuse ou même autoritaire, pour peu que leurs « clients » adhérent volontairement et pour peu qu’ils laissent les autres communautés tranquilles. En fait, une société idéale et libre serait semblable au modèle sur lequel est basé Internet et le Bitcoin. Avec ce modèle, seules quelques règles s’appliquent. Elles sont simples à respecter. Pour le reste, chacun peut participer à sa guise.

Concrètement à quoi ressemblerait cette alternative ?

Nous devrions mettre fin à notre modèle d’Etat jacobin et bonapartiste, et revenir à un mode d’administration plus local et plus dynamique. Les grandes organisations gouvernementales seraient démantelées. Il n’y aurait plus de ministères de l’Éducation, de la Santé, des Affaires sociales, des Affaires économiques, de l’Agriculture, des Affaires étrangères, des Finances et de l’Aide au développement. Seuls des services publics essentiels pour assurer l’ordre public et pour faire face aux enjeux environnementaux seraient tolérés.

L’État-providence serait converti en un régime d’assurance privé ou en coopératives. Cela offrirait liberté et sécurité aux citoyens. Ils seraient en mesure de choisir eux-mêmes une assurance, soit individuellement soit collectivement, par les syndicats ou les entreprises pour lesquelles ils travaillent.

Le contrôle de l’État sur notre système financier serait aboli afin que les gouvernements ne puissent plus éroder la valeur de notre monnaie et provoquer des cycles économiques. De cette façon, un marché financier international équitable serait créé, ayant cessé d’être manipulé par les États et les institutions financières reliées aux gouvernements.

Enfin, les citoyens qui voudraient des gouvernements forts, paternalistes et coûteux (qu’ils soient de gauche ou de droite) pourraient les avoir sans les imposer à tout le monde. Il est parfaitement vain d’essayer de convaincre ces gens-là qu’ils ont tort. Encore une fois, la seule solution c’est de multiplier les unités administratives. Les citoyens pourront ainsi se détourner eux-mêmes des gouvernements autoritaires et mal gérés et rejoindre ceux qui produisent les meilleurs services au plus bas coût. De même, chaque politicien et chaque haut fonctionnaire sera incité par la concurrence à rendre son gouvernement aussi efficace et utile que possible.

Utopie ?

Bien sûr que non, cette solution existe dans beaucoup de pays, c’est la c’est la fédéralisation. L’idéal serait de faire de chaque département un Etat fédéré, et de reléguer à Paris un gouvernement qui se devrait de respecter le principe de subsidiarité. Pourquoi le département plutôt que la région ? Parce que c’est la plus ancienne de nos divisions territoriales, et il a de ce fait une légitimité historique plus importante. Bien sûr, il conviendrait de supprimer les préfets, ces agents du gouvernement central qui évoquent au sein du pays les gouverneurs coloniaux agents de la métropole.

Cela permettrait de mettre fin au socialisme territorial, dont le dernier exemple en date en a été donné par le redécoupage régional : la fusion des régions a permis de maquiller la carte de l’endettement des régions : la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc affiche 70% d’endettement, au lieu de 28% et 118% ; Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine affiche 97%, au lieu de 78%, 101% et 108%. La manœuvre redistributive pénalise les territoires bien gérés au profit de ceux où a sévi la gabegie ; un véritable darwinisme au profit des incompétents, des irresponsables et des clientélistes.

Ensuite, les vrais libéraux n’attendent pas d’un gouvernement qu’il instaure le libéralisme, ce qui est une sorte d’étatisme à l’envers tout à fait contradictoire et nocif. Les vraies réformes libérales sont négatives. Les seules décisions que devrait prendre un gouvernement libéral sont des suppressions de réglementations existantes, de barrières bureaucratiques, de restrictions fiscales et monétaires, qui sont autant de rentes cachées pour certaines catégories de citoyens.

Les avantages de cette mutation seraient multiples.

Ils apporteraient, d’abord, tous les bienfaits connus du gouvernement local : une réactivité accrue, une démocratie plus réelle.

Une fédéralisation de la France permettrait de restaurer la responsabilité des administrations locales, et une sélection des meilleurs. Une compétition de la saine gestion résulterait de la fédéralisation, qui pousserait chaque Etat fédéré à la réforme, sous peine d’être déclassé par rapport à ses voisins, plutôt que de baigner tous ensemble, comme aujourd’hui, dans un bain de médiocrité socialiste.

Elle donnerait également la liberté de redéfinir à l’échelon local, le cadre juridique qui correspondrait le mieux aux convictions de chacun, permettant ainsi un vrai pluralisme, que ce soit sur le plan sociétal : statut matrimonial, statut de l’embryon, adoption, etc. ; ou sur le plan du travail : flexibilité à l’entrée et à la sortie, statut des travailleurs indépendants, travail le dimanche, âge de la retraite, etc.

Enfin, cette France de départements/Etats-fédérés permettrait de libérer les énergies créatrices dans le pays : les gens qui, faute de parler une langue étrangère ou de vouloir quitter leur pays, sont aujourd’hui condamnés à rester soumis à l’Etat français, pourraient aller chercher à deux départements du leur un Etat fédéré où la fiscalité, par exemple, serait vraiment plus favorable, et non pas marginalement, comme aujourd’hui où la fiscalité est si largement nationale. La mobilité permettrait à nos compatriotes entreprenants d’aller s’exprimer ailleurs, sans pour autant quitter le pays.

(Merci à Philippe Fabry pour sa contribution à cet article)

Découvrir l’école libérale classique française en vidéo

Benoît Malbranque réédite les écrits des économistes français dans les collections de l’Institut Coppet.

Avec l’Ecole de la Liberté, il propose une série de vidéos sur « la politique du Laissez-Faire », une tradition française qui remonte aux Lumières. Il transmet avec pédagogie un savoir oublié et pourtant si précieux encore de nos jours.

En réaction aux idées et aux institutions de l’Ancien régime, s’est développée en France, à partir du début du XVIIIème siècle, une grande tradition intellectuelle autour d’une notion centrale : le laissez-faire. C’est un marchand, dit-on, qui prononça le premier cette formule, quand le ministre Colbert vint lui demander : « Qu’est-ce que l’État peut faire pour vous aider ? ». Il répondit : « Nous laisser faire ». Dès lors, un grand nombre d’auteurs sont venus expliquer les mérites de cette politique. L’État, considéraient-ils, se doit de rester en recul, d’assurer le respect des droits, mais non d’intervenir dans les affaires économiques, sous peine de tout secouer et de tout détruire.

Dès lors, un grand nombre d’auteurs sont venus expliquer les mérites de cette politique. L’État, considéraient-ils, se doit de rester en recul, d’assurer le respect des droits, mais non d’intervenir dans les affaires économiques, sous peine de tout secouer et de tout détruire. Il doit d’abord lever l’impôt de manière égalitaire et juste (Vauban, Boisguilbert). Il doit ensuite se garder de jouer avec la monnaie, en abaissant sa valeur pour se financer à bas prix (Cantillon après le désastre John Law ; Dupont de Nemours avant celui des Assignats). Il doit garantir la liberté du travail, supprimer les corporations et les règlements tatillons sur l’industrie et le commerce, qui entravent le progrès économique (d’Argenson, Gournay, les Physiocrates, Turgot).

Enfin, l’État doit autoriser la libre circulation des marchandises – ce pour quoi à laissez-faire, d’aucuns ont ajouté laissez-passer –, permettant aux consommateurs d’acheter au meilleur prix, et assurant la paix et la fraternité entre les nations (Quesnay et les Physiocrates, abbé de Saint-Pierre). En défendant cet idéal du laissez-faire, les économistes français du XVIIIème siècle ont posé les bases de la science économique. Après avoir dominé leur époque, ils peuvent guider la nôtre.

A consulter sur le site de l’Ecole de la liberté (il faut s’enregistrer pour suivre le MOOC complet avec les ressources en ligne)

A consulter sur Youtube
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15 livres à lire pour se cultiver cet été

Je vais diviser mon choix en trois catégories :

5 grands classiques incontournables + 5 livres récents à découvrir + 5 livres majeurs de la bibliothèque numérique de l’Institut Coppet (téléchargeables gratuitement ou achetables en version papier)

A] Cinq grands classiques des 100 dernières années à relire

Ces cinq livres sont parmi les livres les plus éclairants que j’ai pu lire en version français (je laisse de côté les livres non traduits). Sauf exception, ils ne sont pas connus en France, en dehors d’un petit cercle d’initiés.

Vous pouvez cliquer sur l’image de chaque livre pour accéder directement à Amazon.fr

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Frédéric Bastiat, le MOOC complet par Damien Theillier

 

Frédéric Bastiat et le miracle du marché libre

a119c-chienbastiatUn miracle, le libre marché ? N’est-ce pas très légèrement exagéré, une louange un tantinet idéologique…?

Eh bien, à y réfléchir correctement, comme le fait ici Damien Theillier, non.

Le libre marché permet la coopération décentralisée de millions ou de milliards de personnes qui ne se connaissent pas, et ce de manière décentralisée, pour produire des millions de services, sans qu’un manager – ou un dictateur – ne soit aux commandes. Voilà qui est plutôt intéressant, n’est-ce pas ? Notamment en ce qui concerne le développement.

Ressources :

Le marché libre expliqué : Bastiat, Hayek et Friedman

Contre l’économie d’État. Par Frédéric Bastiat

La main invisible du marché

Les nouvelles objections contre le marché

SUIVRE LE MOOC DE DAMIEN THEILLIER
Pour suivre ce MOOC en bénéficiant des ressources complémentaires, des quizz et d’un espace de discussion en ligne, inscrivez-vous : http://www.ecoleliberte.fr/inscription/

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Le témoignage d’André Maurois sur son professeur de philo Alain

emile-chartier-alainPhilosophe français, Émile-Auguste Alain — pseudonyme d’Émile Chartier — est né à Mortagne-au-Perche (Orne) le 13 mars 1868. Il est mort le 2 juin 1951, à l’âge de 83 ans. Alain est d’abord un professeur de philosophie. Et il le restera toute sa vie. Ses écrits ne sont pas ceux d’un spécialiste. Il sait s’adresser au non-philosophe pour le conduire au choc de la pensée critique. Sa pensée est nourrie de Platon, d’Aristote et surtout d’Emmanuel Kant en qui il voit un « irréprochable maître d’école ». Partant de faits divers, d’expériences personnelles ou de lectures, il tient une chronique quasi quotidienne dans un journal local. Il en publiera plus de trois mille au total. Ce sont les Propos d’un Normand. En 1926, il publie Le Citoyen contre les pouvoirs. Le titre résume à lui tout seul sa doctrine.

André Maurois, né le 26 juillet 1885 à Elbeuf et mort le 9 octobre 1967 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain et biographe français qui fut l’élève d’Alain au lycée de Rouen.

ANDRÉ MAUROIS

MÉMOIRES, chapitre IV, La rivière de la Flèche, p. 49-64

L’année de philosophie était dans la vie d’un jeune Français, au moment de mon adolescence, l’année de la puberté intellectuelle. On voit dans les Déracinés de Barrès ce que signifia pour lui et pour ses camarades la rencontre du philosophe Burdeau, dans les biographies de Proue, le rôle qu’a joué le philosophe Darlu pour la formation de la doctrine proustienne. Pendant dix ans toute notre attention d’enfants, puis de jeunes hommes, avait été braquée sur des questions de forme, de grammaire, de style. Soudain le fond s’illuminait. Epictète et Epicure, Platon et Aristote, Descartes et Spinoza, Locke et Kant, Hegel et Bergson, se disputaient le contrôle de nos esprits. Les métaphysiciens dissipaient l’univers en transparentes nuées ou dilataient l’individu jusqu’à le faire coïncider avec le monde. Les moralistes proposaient des doctrines contradictoires pour justifier des vertus immuables. Étourdi et grisé, ivre de puissance, ébloui, le jeune homme se laissait emporter par le tourbillon des idées. Lire la Suite →

Frédéric Bastiat, les deux morales

bastiat-2-moralesQu’est-ce que la morale ? N’y a-t-il qu’un type de morale ? Dans cette quatorzième session sur l’apport de Frédéric Bastiat, Damien Theillier rappelle la différence entre morale philosophique ou religieuse et morale économique, c’est-à-dire la morale du coeur et la morale de l’intelligence. La morale économique nous équipe pour mieux comprendre les conséquences « inattendues » de décisions politiques et le risque d’abus et de spoliation.

L’impôt est-il toujours juste ? Sert-il toujours la dépense réellement « commune ». Frédéric Bastiat en doutait fortement et voyait déjà la manipulation fiscale que les gouvernements pouvait entreprendre, comme le montre Damien Theillier dans cette treizième session sur Bastiat.

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Pour suivre ce MOOC en bénéficiant des ressources complémentaires, des quizz et d’un espace de discussion en ligne, inscrivez-vous : http://www.ecoleliberte.fr/inscription/

 

tartuffe

 

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