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Archives de l’Auteur Nicomaque

Pour un nouveau modèle politique : le vrai sens de la liberté

16174774_1207403509375136_2054596698085536950_nLe vrai sens de la liberté

La liberté individuelle (propriété de soi) ne signifie pas le « droit » au travail, à l’éducation, aux soins de santé, au logement ou à quelque autre bien, étant donné que ces « droits » impliquent pour les autres le devoir de fournir ces prestations. Si une personne est obligée de se sacrifier pour les autres, ce n’est pas la liberté, mais l’esclavage. La liberté signifie que chacun a le droit de faire ce qu’il souhaite avec sa vie et ses biens, tant qu’il n’interfère pas avec la vie et la propriété d’autrui. La propriété de soi, c’est le droit que chaque individu a sur ses propres facultés, sur sa vie, et donc sur les fruits de son travail. Cela s’appelle l’auto-gouvernement.

Au contraire, ce que l’on voit aujoud’hui dans nos démocraties, c’est que les gens décident, par le vote, de la vie et du travail des autres. Une telle situation est injuste. Les individus n’ont aucune obligation de se sacrifier pour le collectif, comme c’est le cas dans les systèmes socialistes, fascistes ou sociaux-démocrates.

Dans une société libre, le vote est un mécanisme approprié pour la sélection de ses représentants politiques mais non, comme le veut la démocratie actuelle, de ses principes éthiques et politiques. Il faut donc limiter le pouvoir du gouvernement à une seule fonction : la protection des droits individuels. C’est le vrai sens de la liberté, tel qu’il a été si bien compris et exposé par Frédéric Bastiat au XIXe siècle.

Une alternative crédible à la sociale-démocratie ?

Ce que veulent les gens, c’est reprendre le contrôle de leur propre existence. Ce chemin de la liberté passe par l’autonomie maximale et l’auto-gouvernement c’est-à-dire par la décentralisation et la multiplication de petites unités administratives, conçues par les gens eux-mêmes. Bien sûr, la sécession ne peut pas nécessairement conduire immédiatement à l’autonomie administrative complète. Mais, ce qui y conduit, c’est de privilégier toute forme de décentralisation qui transfère certaines responsabilités du gouvernement central vers un gouvernement local. Les décisions doivent être prises localement, au niveau administratif le plus bas possible, jusqu’au quartier. Cela pourrait être une forme réaliste de transition entre la situation actuelle et la sécession complète. L’État-nation et la sociale-démocratie sont des institutions du XXe siècle, pas du XXIe siècle. Le chemin vers l’autonomie et l’auto-gouvernement continuera, mais il ne passera pas par les larges démocraties redistributives. Il passera par la décentralisation et par l’organisation des personnes en plus petites unités administratives, conçues et gérées par les gens eux-mêmes.

Une alternative crédible à la démocratie, serait donc un système politique basé sur l’autodétermination de chaque individu, caractérisé par la décentralisation, la gestion locale et la diversité. Dans une société libre, la règle principale serait de ne commettre ni fraude, ni violence, ni vol. Tant que les gens s’en tiennent à cette règle, ils pourraient offrir tous les services, y compris ceux qui sont aujourd’hui considérés comme des « services publics ». Ils pourraient également créer comme ils l’entendent leurs propres communautés — monarchiste, communiste, conservatrice, religieuse ou même autoritaire, pour peu que leurs « clients » adhérent volontairement et pour peu qu’ils laissent les autres communautés tranquilles. En fait, une société idéale et libre serait semblable au modèle sur lequel est basé Internet et le Bitcoin. Avec ce modèle, seules quelques règles s’appliquent. Elles sont simples à respecter. Pour le reste, chacun peut participer à sa guise.

Concrètement à quoi ressemblerait cette alternative ?

Nous devrions mettre fin à notre modèle d’Etat jacobin et bonapartiste, et revenir à un mode d’administration plus local et plus dynamique. Les grandes organisations gouvernementales seraient démantelées. Il n’y aurait plus de ministères de l’Éducation, de la Santé, des Affaires sociales, des Affaires économiques, de l’Agriculture, des Affaires étrangères, des Finances et de l’Aide au développement. Seuls des services publics essentiels pour assurer l’ordre public et pour faire face aux enjeux environnementaux seraient tolérés.

L’État-providence serait converti en un régime d’assurance privé ou en coopératives. Cela offrirait liberté et sécurité aux citoyens. Ils seraient en mesure de choisir eux-mêmes une assurance, soit individuellement soit collectivement, par les syndicats ou les entreprises pour lesquelles ils travaillent.

Le contrôle de l’État sur notre système financier serait aboli afin que les gouvernements ne puissent plus éroder la valeur de notre monnaie et provoquer des cycles économiques. De cette façon, un marché financier international équitable serait créé, ayant cessé d’être manipulé par les États et les institutions financières reliées aux gouvernements.

Enfin, les citoyens qui voudraient des gouvernements forts, paternalistes et coûteux (qu’ils soient de gauche ou de droite) pourraient les avoir sans les imposer à tout le monde. Il est parfaitement vain d’essayer de convaincre ces gens-là qu’ils ont tort. Encore une fois, la seule solution c’est de multiplier les unités administratives. Les citoyens pourront ainsi se détourner eux-mêmes des gouvernements autoritaires et mal gérés et rejoindre ceux qui produisent les meilleurs services au plus bas coût. De même, chaque politicien et chaque haut fonctionnaire sera incité par la concurrence à rendre son gouvernement aussi efficace et utile que possible.

Utopie ?

Bien sûr que non, cette solution existe dans beaucoup de pays, c’est la c’est la fédéralisation. L’idéal serait de faire de chaque département un Etat fédéré, et de reléguer à Paris un gouvernement qui se devrait de respecter le principe de subsidiarité. Pourquoi le département plutôt que la région ? Parce que c’est la plus ancienne de nos divisions territoriales, et il a de ce fait une légitimité historique plus importante. Bien sûr, il conviendrait de supprimer les préfets, ces agents du gouvernement central qui évoquent au sein du pays les gouverneurs coloniaux agents de la métropole.

Cela permettrait de mettre fin au socialisme territorial, dont le dernier exemple en date en a été donné par le redécoupage régional : la fusion des régions a permis de maquiller la carte de l’endettement des régions : la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc affiche 70% d’endettement, au lieu de 28% et 118% ; Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine affiche 97%, au lieu de 78%, 101% et 108%. La manœuvre redistributive pénalise les territoires bien gérés au profit de ceux où a sévi la gabegie ; un véritable darwinisme au profit des incompétents, des irresponsables et des clientélistes.

Ensuite, les vrais libéraux n’attendent pas d’un gouvernement qu’il instaure le libéralisme, ce qui est une sorte d’étatisme à l’envers tout à fait contradictoire et nocif. Les vraies réformes libérales sont négatives. Les seules décisions que devrait prendre un gouvernement libéral sont des suppressions de réglementations existantes, de barrières bureaucratiques, de restrictions fiscales et monétaires, qui sont autant de rentes cachées pour certaines catégories de citoyens.

Les avantages de cette mutation seraient multiples.

Ils apporteraient, d’abord, tous les bienfaits connus du gouvernement local : une réactivité accrue, une démocratie plus réelle.

Une fédéralisation de la France permettrait de restaurer la responsabilité des administrations locales, et une sélection des meilleurs. Une compétition de la saine gestion résulterait de la fédéralisation, qui pousserait chaque Etat fédéré à la réforme, sous peine d’être déclassé par rapport à ses voisins, plutôt que de baigner tous ensemble, comme aujourd’hui, dans un bain de médiocrité socialiste.

Elle donnerait également la liberté de redéfinir à l’échelon local, le cadre juridique qui correspondrait le mieux aux convictions de chacun, permettant ainsi un vrai pluralisme, que ce soit sur le plan sociétal : statut matrimonial, statut de l’embryon, adoption, etc. ; ou sur le plan du travail : flexibilité à l’entrée et à la sortie, statut des travailleurs indépendants, travail le dimanche, âge de la retraite, etc.

Enfin, cette France de départements/Etats-fédérés permettrait de libérer les énergies créatrices dans le pays : les gens qui, faute de parler une langue étrangère ou de vouloir quitter leur pays, sont aujourd’hui condamnés à rester soumis à l’Etat français, pourraient aller chercher à deux départements du leur un Etat fédéré où la fiscalité, par exemple, serait vraiment plus favorable, et non pas marginalement, comme aujourd’hui où la fiscalité est si largement nationale. La mobilité permettrait à nos compatriotes entreprenants d’aller s’exprimer ailleurs, sans pour autant quitter le pays.

(Merci à Philippe Fabry pour sa contribution à cet article)

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Découvrir l’école libérale classique française en vidéo

Benoît Malbranque réédite les écrits des économistes français dans les collections de l’Institut Coppet.

Avec l’Ecole de la Liberté, il propose une série de vidéos sur « la politique du Laissez-Faire », une tradition française qui remonte aux Lumières. Il transmet avec pédagogie un savoir oublié et pourtant si précieux encore de nos jours.

En réaction aux idées et aux institutions de l’Ancien régime, s’est développée en France, à partir du début du XVIIIème siècle, une grande tradition intellectuelle autour d’une notion centrale : le laissez-faire. C’est un marchand, dit-on, qui prononça le premier cette formule, quand le ministre Colbert vint lui demander : « Qu’est-ce que l’État peut faire pour vous aider ? ». Il répondit : « Nous laisser faire ». Dès lors, un grand nombre d’auteurs sont venus expliquer les mérites de cette politique. L’État, considéraient-ils, se doit de rester en recul, d’assurer le respect des droits, mais non d’intervenir dans les affaires économiques, sous peine de tout secouer et de tout détruire.

Dès lors, un grand nombre d’auteurs sont venus expliquer les mérites de cette politique. L’État, considéraient-ils, se doit de rester en recul, d’assurer le respect des droits, mais non d’intervenir dans les affaires économiques, sous peine de tout secouer et de tout détruire. Il doit d’abord lever l’impôt de manière égalitaire et juste (Vauban, Boisguilbert). Il doit ensuite se garder de jouer avec la monnaie, en abaissant sa valeur pour se financer à bas prix (Cantillon après le désastre John Law ; Dupont de Nemours avant celui des Assignats). Il doit garantir la liberté du travail, supprimer les corporations et les règlements tatillons sur l’industrie et le commerce, qui entravent le progrès économique (d’Argenson, Gournay, les Physiocrates, Turgot).

Enfin, l’État doit autoriser la libre circulation des marchandises – ce pour quoi à laissez-faire, d’aucuns ont ajouté laissez-passer –, permettant aux consommateurs d’acheter au meilleur prix, et assurant la paix et la fraternité entre les nations (Quesnay et les Physiocrates, abbé de Saint-Pierre). En défendant cet idéal du laissez-faire, les économistes français du XVIIIème siècle ont posé les bases de la science économique. Après avoir dominé leur époque, ils peuvent guider la nôtre.

A consulter sur le site de l’Ecole de la liberté (il faut s’enregistrer pour suivre le MOOC complet avec les ressources en ligne)

A consulter sur Youtube
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15 livres à lire pour se cultiver cet été

Je vais diviser mon choix en trois catégories :

5 grands classiques incontournables + 5 livres récents à découvrir + 5 livres majeurs de la bibliothèque numérique de l’Institut Coppet (téléchargeables gratuitement ou achetables en version papier)

A] Cinq grands classiques des 100 dernières années à relire

Ces cinq livres sont parmi les livres les plus éclairants que j’ai pu lire en version français (je laisse de côté les livres non traduits). Sauf exception, ils ne sont pas connus en France, en dehors d’un petit cercle d’initiés.

Vous pouvez cliquer sur l’image de chaque livre pour accéder directement à Amazon.fr

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Frédéric Bastiat, le MOOC complet par Damien Theillier

 

Frédéric Bastiat et le miracle du marché libre

a119c-chienbastiatUn miracle, le libre marché ? N’est-ce pas très légèrement exagéré, une louange un tantinet idéologique…?

Eh bien, à y réfléchir correctement, comme le fait ici Damien Theillier, non.

Le libre marché permet la coopération décentralisée de millions ou de milliards de personnes qui ne se connaissent pas, et ce de manière décentralisée, pour produire des millions de services, sans qu’un manager – ou un dictateur – ne soit aux commandes. Voilà qui est plutôt intéressant, n’est-ce pas ? Notamment en ce qui concerne le développement.

Ressources :

Le marché libre expliqué : Bastiat, Hayek et Friedman

Contre l’économie d’État. Par Frédéric Bastiat

La main invisible du marché

Les nouvelles objections contre le marché

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Le témoignage d’André Maurois sur son professeur de philo Alain

emile-chartier-alainPhilosophe français, Émile-Auguste Alain — pseudonyme d’Émile Chartier — est né à Mortagne-au-Perche (Orne) le 13 mars 1868. Il est mort le 2 juin 1951, à l’âge de 83 ans. Alain est d’abord un professeur de philosophie. Et il le restera toute sa vie. Ses écrits ne sont pas ceux d’un spécialiste. Il sait s’adresser au non-philosophe pour le conduire au choc de la pensée critique. Sa pensée est nourrie de Platon, d’Aristote et surtout d’Emmanuel Kant en qui il voit un « irréprochable maître d’école ». Partant de faits divers, d’expériences personnelles ou de lectures, il tient une chronique quasi quotidienne dans un journal local. Il en publiera plus de trois mille au total. Ce sont les Propos d’un Normand. En 1926, il publie Le Citoyen contre les pouvoirs. Le titre résume à lui tout seul sa doctrine.

André Maurois, né le 26 juillet 1885 à Elbeuf et mort le 9 octobre 1967 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain et biographe français qui fut l’élève d’Alain au lycée de Rouen.

ANDRÉ MAUROIS

MÉMOIRES, chapitre IV, La rivière de la Flèche, p. 49-64

L’année de philosophie était dans la vie d’un jeune Français, au moment de mon adolescence, l’année de la puberté intellectuelle. On voit dans les Déracinés de Barrès ce que signifia pour lui et pour ses camarades la rencontre du philosophe Burdeau, dans les biographies de Proue, le rôle qu’a joué le philosophe Darlu pour la formation de la doctrine proustienne. Pendant dix ans toute notre attention d’enfants, puis de jeunes hommes, avait été braquée sur des questions de forme, de grammaire, de style. Soudain le fond s’illuminait. Epictète et Epicure, Platon et Aristote, Descartes et Spinoza, Locke et Kant, Hegel et Bergson, se disputaient le contrôle de nos esprits. Les métaphysiciens dissipaient l’univers en transparentes nuées ou dilataient l’individu jusqu’à le faire coïncider avec le monde. Les moralistes proposaient des doctrines contradictoires pour justifier des vertus immuables. Étourdi et grisé, ivre de puissance, ébloui, le jeune homme se laissait emporter par le tourbillon des idées. Lire la Suite →

Frédéric Bastiat, les deux morales

bastiat-2-moralesQu’est-ce que la morale ? N’y a-t-il qu’un type de morale ? Dans cette quatorzième session sur l’apport de Frédéric Bastiat, Damien Theillier rappelle la différence entre morale philosophique ou religieuse et morale économique, c’est-à-dire la morale du coeur et la morale de l’intelligence. La morale économique nous équipe pour mieux comprendre les conséquences « inattendues » de décisions politiques et le risque d’abus et de spoliation.

L’impôt est-il toujours juste ? Sert-il toujours la dépense réellement « commune ». Frédéric Bastiat en doutait fortement et voyait déjà la manipulation fiscale que les gouvernements pouvait entreprendre, comme le montre Damien Theillier dans cette treizième session sur Bastiat.

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Frédéric Bastiat expliqué. Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Par Damien Theillier

captureDans cette onzième session Damien Theillier expose la grande leçon de Frédéric Bastiat, selon laquelle en économie politique il y a « ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas ».

Cliquez ici pour accéder directement à la vidéo sur youtube

 

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L’école de la liberté : découvrir Frédéric Bastiat en vidéo

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Session 1 – Introduction (1) : Bastiat, ce génie méconnu
Session 2 – Introduction (2) : La vie et le contexte historique
I) Les influences
Session 3 – Adam Smith et Jean-Baptiste Say
Session 4 – Antoine Destutt de Tracy
Session 5 – Charles Comte et Charles Dunoyer
Session 6 – Cobden et la Ligue
II) Les adversaires
Session 7 – Rousseau
Session 8 – L’éducation classique
Session 9 – Le protectionnisme et le socialisme
Session 10 – Proudhon
III) Les sophismes économiques
Session 11 – Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas
Session 12 – La pétition des fabricants de chandelles
Session 13 – La spoliation par l’impôt
Session 14 – Les deux morales
IV) Les harmonies économiques
Session 15 – Le miracle du marché
Session 16 – La liberté et la responsabilité sont la clé du problème social
Session 17 – La puissance de la responsabilité
Session 18 – Vraie et fausse solidarité
V) La loi
Session 19 – Le droit de propriété
Session 20- La spoliation légale : une perversion de la loi
Session 21 – Le rôle de la loi et de l’État
Conclusion :
Session 22 – La postérité de Frédéric Bastiat

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A lire :

Frédéric Bastiat, La loi, précédée d’une introduction par Damien Theillier : « La Loi de Bastiat en cinq thèses fondamentales » (pdf). Acheter sur Amazon

Sur le magazine Contrepoints : Contre le conformisme éducatif, l’école de la liberté !

Un article du bloggeur H16 sur l’Ecole de la Liberté :

hastable

Les grandes thèses de la philosophie thomiste (livre à télécharger)

xijrPrésentation par A.-G. Sertillanges du système thomiste et de ses rapports avec l’augustinisme et l’aristotélisme.

Cliquez ici, format epub

Au XVIIIe siècle, la philosophie scolastique, par incompréhension de la science moderne, semble défunte.

Unir les penseurs catholiques dans une confrontation avec la pensée moderne, tel est, semble-t-il, le dessein de l’Église à la fin du XIXe siècle en ressuscitant le thomisme afin de concilier tradition et progrès au sein de la doctrine scolastique (encyclique Æterni Patris du pape Léon XIII, 1879).

On peut distinguer dans le néo-thomisme trois tendances :

a) L’école historique, qui considère le système en soi comme événement remarquable du passé (les scolastiques se rapprochent des historiens de la philosophie médiévale) ;

b) L’école critique, qui considère quelques-unes des vingt-quatre thèses comme opinions probables seulement ou discute la thèse de l’unité de forme et celle de la distinction réelle entre essence et existence ;

c) L’école progressiste qui applique les principes du thomisme aux problèmes nouveaux, se proposant de les renouveler. C’est l’approche du Père Sertillanges pour qui la réflexion thomiste se répand dans l’ensemble des domaines, de la politique à la métaphysique, de la morale à l’épistémologie. Le néothomisme réactualise le réalisme en philosophie.

***
Antonin-Dalmace Sertillanges [1863-1948], en religion Antonin-Gilbert Sertillanges, est un prêtre dominicain français, philosophe moraliste de renom. En 1893, il fonde la Revue thomiste.

Pourquoi aller voir Snowden ?

92d8f01faeec07db26f782d6c123fe77Pourquoi aller voir le dernier film d’Olvier Stone : Snowden ? Soyons clairs, ce n’est pas un chef-d’oeuvre artistique. Ne vous attendez pas non plus à vibrer, vous allez être déçus. Alors pourquoi voir ce film ? Tout simplement parce que ce film a une vertu pédagogique et éducatrice très forte et nous pousse hors de la caverne. Ce n’est pas seulement un reflet de notre époque, mais c’est un film qui nous ouvre les yeux sur des enjeux nouveaux, souvent cachés, avec un vrai héros, un cyber agent secret révolté, un lanceur d’alerte (« whistlebloewer ») courageux et  lucide.

Pour ceux qui ont déjà vu le documentaire de Laura Poitras, Citizen Four, le film de Stone fait un peu doublon. Mais il nous dévoile avec la magie du cinéma les facettes de l’époque dans laquelle nous vivons, le monde post 11-Septembre 2001.

1° La surveillance de masse

L’enjeu de la surveillance de masse, c’est la vie privée. Pourquoi vouloir protéger la vie privée ? Souvent ce sont les voyous et les crapules qui veulent défendre leur vie privée. On entend souvent dire, comme la petite amie de Snowden dans le film, je n’ai rien à cacher, pourquoi voudrais-je protéger ma vie privée ? C’est ce qu’on peut appeler l’argument : « rien à cacher ».

Or à cet argument, Snowden répond : « Arguing that you don’t care about the right to privacy because you have nothing to hide is no different than saying you don’t care about free speech because you have nothing to say. »

Et il ajoute :

« Même si vous ne faites rien de mal, vous êtes épiés et enregistrés. … ça en arrive au point où vous n’avez pas besoin de faire quelque chose de mal, il vous suffit d’être suspecté par quelqu’un, même par erreur, et alors ils peuvent utiliser ce système pour remonter dans le temps et examiner minutieusement chaque décision que vous avez prise, chaque ami avec lequel vous avez parlé, pour vous attaquer sur ces bases et extrapoler des soupçons à partir d’une vie inoffensive. »

De telles violations de notre vie privée  nous privent du pouvoir de dire non. L’esclavage commence quand il devient impossible de dire non à son maître, à son chef. C’est alors qu’il n’y a plus de place pour l’exploration et la créativité intellectuelles. Car en perdant l’anonymat, nous perdons notre capacité d’action, nous perdons la liberté elle-même car on ne se sent plus libre d’exprimer ce qu’on pense.

Glenn Greenwald, est le journaliste américain qui a travaillé avec Edward Snowden pour révéler le scandale des écoutes de la NSA. Dans un livre consacré à cette affaire, il écrit :

« La vie privée est essentielle à la liberté et au bonheur des hommes pour des raisons rarement abordées, mais qui sont pourtant irréfutables. Premièrement, quand les individus se savent observés, ils changent radicalement de comportement. Ils s’efforcent de faire ce qu’on attend d’eux. Ils veulent s’éviter toute honte et toute condamnation. Ils y parviennent en adhérant étroitement aux pratiques sociales couramment admises, en se cantonnant dans des limites acceptées, en évitant toute action susceptible de paraître déviante ou anormale. (…) C’est dans le domaine privé que la créativité, le dissentiment et les défis à l’orthodoxie peuvent germer. Une société où tout le monde sait qu’il peut être observé par l’État – où, dans les faits, le domaine privé n’existe plus – est une société où ces attributs sont perdus, tant au niveau collectif qu’individuel. » (Nulle part où se cacher, J.-C. Lattès, mai 2014).

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2° Le crime bureaucratique

Dans le film, un des agents de la NSA dit « si c’est le gouvernement qui le fait, ce n’est pas un crime ». On appelle cela la raison d’Etat. C’est vieux comme le monde. Rappelez-vous, Créon aussi invoquait la raison d’Etat pour persécuter Antigone. Aujourd’hui, l‘argument de la sécurité face au terrorisme ne tient pas. D’abord parce que la frontière qui sépare un groupe terroriste d’une opposition politique s’estompe assez facilement.

Ensuite parce que la sécurité totale (risque zéro) n’est ni possible, ni souhaitable. Car protéger la liberté en supprimant la liberté est un non-sens, une contradiction. La liberté est plus précieuse que la sécurité.

En effet, la liberté n’est pas définie par la sécurité. La liberté est définie par la capacité des citoyens à vivre sans subir l’interférence du gouvernement dans leur vie privée. Or une sécurité totale ne pourrait être mise en place sans un contrôle total sur la vie des citoyens. Seule une société totalitaire pourrait se vanter d’apporter la sécurité totale à son peuple. C’est pourquoi, le gouvernement ne peut pas nous protéger contre toute forme de violence. Il ne doit pas non plus nous protéger à n’importe quel prix.

Je cite encore une fois Snowden :

« La NSA dira que… à cause de la crise, des dangers auxquels nous devons faire face dans le monde, d’une nouvelle menace imprévisible elle a besoin de plus de pouvoirs, et à ce moment-là personne ne pourra rien faire pour s’y opposer. Et ce sera une tyrannie clé-en-main… Je pense qu’aujourd’hui, le plus grand danger pour notre liberté et notre mode de vie vient de ce que la peur raisonnable du pouvoir d’un État omniscient n’est contrôlée par rien de plus que par des textes d’orientation. »

C’est pourquoi nous sommes en droit d’exiger la transparence de l’État et de son gouvernement, ainsi que la protection de notre vie privée. Or c’est tout le contraire qui semble s’affirmer aujourd’hui : plus de transparence est exigée du citoyen et plus de secret pour les actions de l’État au nom de la sécurité. Si les actions des gouvernants qui nous dirigent demeurent secrètes, comment pourrons-nous leur demander des comptes ? Et si nos vie privées sont espionnées et risquent d’être dévoilées, comment pourrons-nous résister aux puissants qui nous gouvernent et exercer notre jugement critique en tout liberté ?

En conclusion, la droiture morale ne doit pas seulement être exigée de l’individu, elle doit l’être également de ceux qui exercent le pouvoir et surtout de ceux-ci, car ils ont plus que d’autres le pouvoir de nuire.

A lire également :
Edward Snowden, héros moderne de Ayn Rand
Socrate vs Snowden : suffit-il d’obéir aux lois de son pays pour être juste ?

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Faut-il avoir peur du bitcoin ?

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Selon David Thesmar, le bitcoin relance le débat sur la nature même de la monnaie.

Premièrement, la monnaie doit être une unité de compte : c’est ce qu’est le bitcoin dans son ADN même, puisqu’il est créé par un algorithme de certification des transactions.

Deuxièmement, la monnaie est une réserve de valeur, elle permet de stocker l’épargne de court terme, et elle doit donc avoir une valeur réelle (en termes de biens) à peu près stable. Or le système bitcoin est stabilisé par le fait que, plus le nombre de transactions augmente, plus la certification des transactions est consommatrice de capacité de calcul.

Plus il y a de bitcoins en circulation, plus il est difficile d’en fabriquer de nouveaux.

Enfin le bitcoin remet en question le monopole de l’Etat sur la création de monnaie. Un Etat que la crise financière semble avoir rendu de plus en plus intrusif.

Source : ‘Faut-il avoir peur du bitcoin ?’ par David Thesmar du Cercle des économistes

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Voir aussi les vidéos sous-titrées de Qi Log : Bitcoin est l’internet de la monnaie

1° La révolution des crypto-monnaies : Bitcoin vs. Pouvoir politique par Stefan Molyneux

2° Une illustration concrète des avantages de l’utilisation de Bitcoin en Ouganda

Comment gagner une controverse selon Schopenhauer

SchopenhauerDans son petit livre, L’art d’avoir toujours raison ou Dialectique éristique, publié en 1864 à Leipzig, Arthur Schopenhauer nous propose un véritable manuel d’auto-défense intellectuelle ou de communication de crise. Que faire lorsque l’on est à court d’argument ? Voici dix stratagèmes parmi les 38 que suggère Schopenhauer, ainsi que sa conclusion finale.

L’auteur commence par distinguer la logique et la dialectique. La logique est la science des principes de la démonstration.
Elle concerne la recherche de la vérité objective. La science de la dialectique, dans le sens que lui donne Schopenhauer, a pour principal but d’établir et d’analyser les stratagèmes malhonnêtes afin qu’ils puissent être immédiatement identifiés dans un débat réel, et écartés. « C’est ainsi que l’on peut voir la dialectique : comme l’art de l’escrime mental, et ce n’est qu’en la considérant ainsi que l’on peut en faire une discipline à part entière ». Elle est l’art de se défendre contre tout type d’attaque, et l’art d’attaquer toute thèse adverse sans se contredire soi-même. Lire la Suite →

Kant est-il un précurseur de la justice sociale et de l’État providence ?

Immanuel KantKant est souvent interprété par les philosophes comme un simple continuateur de Rousseau, dans la ligne d’un étatisme républicain et anti-libéral, devenu populaire en France au XXe siècle (et baptisé « liberalism » en Amérique par un curieux détournement de sens qui date du début du XXe siècle et dont John Rawls est l’héritier).

Mais il est une autre interprétation, celle que je défends, qui rattache Kant à la liberté négative. C’est d’ailleurs cette interprétation, qui a prévalu au XIXe siècle, par exemple chez Germaine de Staël et Wilhelm von Humboldt. Et c’est elle qu’on retrouve au XXe siècle chez des penseurs comme Isaiah Berlin, Ludwig von Mises ou Robert Nozick.

Dans la Doctrine du droit, Kant aborde le problème de la contrainte. Il écrit que la contrainte est justifiée contre toute action qui constitue une entrave à la liberté d’autrui[1]. Il pose le principe du respect pour la dignité des personnes comme un principe inconditionnel. Kant préconise que l’on traite sa propre personne aussi bien que les autres « toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen », ce qui interdit toute forme d’agression ou d’initiation de la force. C’est par rétorsion que la coercition étatique contre un criminel est justifiée : car il utilise sa liberté pour entraver la liberté d’un autre. L’utilisation de la coercition étatique sous forme de taxes est également légitime selon Kant, pour financer les institutions de défense du citoyen : la police et l’armée.

Mais peut-on en dire autant de la fiscalité redistributive ? Peut-on justifier la contrainte de l’impôt redistributif au nom d’une protection de la liberté d’autrui ? Oui selon certains interprètes de Kant qui se disent pourtant « libéraux » (Rawls, Dworkin, Van Parijs). Pour cela ils élargissent la notion de liberté afin d’y inclure la liberté positive. Ainsi, selon eux, les inégalités seraient une entrave à la liberté d’autrui en ce qu’elles empêcheraient les personnes les plus fragiles d’accéder à la propriété, à la santé, à l’éducation, au logement. Ils en arrivent ainsi à justifier la redistribution, au nom du kantisme.

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Une telle interprétation est contestable en ce qu’elle pervertit le concept de liberté, le confondant avec le concept de capacité économique ou sociale ou de pouvoir, ce que Kant ne fait jamais. Le point de vue d’Isaiah Berlin sur ce point est clair. Il écrit :

« c’est tolérer une confusion des valeurs que de prétendre renoncer à sa liberté [négative] afin de permettre l’accroissement d’un autre type de liberté [positive], “sociale” ou “économique” ».

En résumé, Kant n’a rien fait d’autre qu’élaborer une théorie de l’autonomie de l’individu, qui défend le pluralisme des fins et la responsabilité de chacun devant ses choix. Et la seule obligation de l’État selon lui est négative : protéger les libertés individuelles, à l’intérieur comme à l’extérieur. Kant sépare de surcroît les domaines de la morale et du droit, du vice et du crime. Là encore, il est sans ambiguïté : « il ne faut pas assigner au droit le but de rendre les hommes vertueux[2] ». C’est pourquoi le paternalisme est « le plus grand des despotismes », en « faisant de la vertu l’alibi de l’accroissement du pouvoir[3] ».

« La liberté en tant qu’homme, j’en exprime le principe pour la constitution d’une communauté dans la formule : personne ne peut me contraindre à être heureux d’une certaine manière (celle dont il conçoit le bien-être des autres hommes), mais il est permis à chacun de chercher le bonheur dans la voie qui lui semble, à lui, être la bonne, pourvu qu’il ne nuise pas à la liberté qui peut coexister avec la liberté de chacun selon une loi universelle possible (autrement dit, à ce droit d’autrui). Un gouvernement qui serait fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, tel celui du père envers ses enfants, c’est-à-dire un gouvernement paternel, où par conséquent les sujets, tels des enfants mineurs incapables de décider de ce qui leur est vraiment utile ou nuisible, sont obligés de se comporter de manière uniquement passive, afin d’attendre uniquement du jugement du chef de l’État la façon dont ils doivent être heureux, et uniquement de sa bonté qu’il le veuille également, – un tel gouvernement, dis-je, est le plus grand despotisme que l’on puisse concevoir (constitution qui supprime toute liberté des sujets qui, dès lors, ne possèdent plus aucun droit). »

Kant, Théorie et pratique (1793)


Le bois tordu de l’humanité

Il faut donc toujours rappeler avec Kant que c’est la liberté négative, et elle seule, qui permet non seulement l’harmonie des intérêts mutuels mais aussi l’éducation à la responsabilité qui en est la condition.

« Le pluralisme, écrit Isaiah Berlin, avec ce degré de liberté “négative” qu’il implique, me semble un idéal plus véridique et plus humain que l’idéal de maîtrise de soi “positive” des classes, des peuples ou de l’humanité tout entière que certains croient trouver dans les grands systèmes bien ordonnés et autoritaires. Il est plus véridique, parce qu’il reconnaît que les fins humaines sont multiples, pas toujours commensurables et en perpétuelle rivalité les unes avec les autres[4] ».

La raison donnée par Berlin est, in fine, anthropologique. À la suite de Kant, il est convaincu de cette vérité que « le bois dont l’homme est fait est si tordu qu’on ne voit pas comment on pourrait en équarrir quelque chose de droit »[5]. Autrement dit, il n’y a pas de monde idéal dans lequel les hommes seraient bons et rationnels et dans lequel il serait possible de parvenir à des réponses tranchées et certaines. D’où l’appel de John Stuart Mill en faveur de « nouvelles expériences de vie », avec le risque permanent de se tromper et de choquer. D’où l’importance d’une liberté d’expression véritable et d’un libre marché des idées [8]. Ceux qui, comme Helvétius, Fichte, Hegel, Saint Simon et de Maistre, aspirent à une solution définitive et à un système totalisant en sont pour leurs frais.

À lire pour compléter :

Deux conceptions de la liberté. Par Isaiah Berlin

Helvétius ou comment transformer les citoyens en esclaves

Henri Saint-Simon, apôtre de la technocratie

Joseph de Maistre, le précurseur du fascisme

Rousseau et la mythologie du moi véritable

Notes

[1] Kant, Métaphysique des mœurs.

[2] Kant, Religion dans les limites de la simple raison, l, § II.

[3] Kant, Théorie et pratique, II, 1.

[4] Berlin, Éloge de la liberté, Deux concepts de liberté, Calmann-Lévy.

[5] Phrase de Kant dans l’opuscule Idée d’une histoire. C’est aussi le titre d’un livre de Berlin : Le Bois tordu de l’humanité : Romantisme, nationalisme, totalitarisme, Albin Michel, 1992.

[6] Cf. mon chapitre dans Libéralisme et liberté d’expression, sous la direction d’Henri Lepage, Texquis, 2015.

S’armer intellectuellement contre les sophismes. Manuel d’auto-défense.

Cette série est une bonne introduction aux règles de la réfutation des sophismes. Les exemples donnés ici à titre d’illustration sont parfois contestables mais ils n’invalident pas les règles. A chacun de trouver les exemples qui lui semblent les plus probants ou convaincants. Dans mes prochains articles, je proposerai une série d’exemples.appel aux émotions

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