Frédéric Bastiat. Le plus illustre des enfants de Bayonne.

Frédéric Bastiat.

Le plus illustre des enfants de Bayonne.

Par Jacques de Guenin.

bastiat dessinCet article a pour objet de présenter la contribution de Frédéric Bastiat à la science économique et à la philosophie de l’homme en société, puis de révéler l’immense notoriété que ses travaux lui ont valu … à l’étranger. Nous rappellerons d’abord quelle fut sa vie, car si Bastiat était incontestablement un enfant de Bayonne, il est considéré dans les Landes comme un landais. Nous ne prendrons pas parti sur ce point, laissant au lecteur le soin de se faire sa propre opinion.

La famille de Frédéric Bastiat était originaire de Laurède, une petite commune du département des Landes. L’arrière grand-père de Frédéric s’établit dans la ville voisine de Mugron, pour y fonder un négoce. Il aura neuf enfants. L’un d’entre eux, Pierre, le grand père de Frédéric, alla s’établir à Bayonne pour y ouvrir une succursale de la maison landaise. Il s’y maria en 1770, et il eut 8 enfants. Il donna une grande extension à la maison Bastiat, expédiant en Hollande des vins français et espagnols, et faisant commerce de la laine avec l’Espagne et le Portugal. Mais il se créa une résidence secondaire près de Mugron. Ce domaine, comprenait une belle maison de maître et plusieurs métairies. Son fils aîné, qui s’appelait  Pierre lui aussi, travaillait dans l’affaire familiale avec l’un de ses frères et l’un de ses beaux frères. Il se maria vers 1800 avec une jeune fille de Bayonne. De cette union va naître Frédéric, en 1801, puis une sœur qui mourra en bas âge. Mais les parents de Frédéric sont atteints de tuberculose, maladie qui avait fait et fera des ravages dans cette famille. Sa mère meurt en 1808, alors que Frédéric n’a que 7 ans. Son père est malade. En 1810, il perd sa grand mère. Son grand père se retire alors avec sa fille Justine dans la maison de Mugron, emmenant avec lui Frédéric et son père, qui va mourir à son tour la même année. A l’âge de neuf ans, Frédéric Bastiat se retrouve donc orphelin de père et de mère. Il va être élevé par son grand père, et surtout par sa tante, Mlle Justine Bastiat, une femme bonne, intelligente, et dévouée, qui va lui servir de mère.

Elle l’envoie pendant un an au collège de St-Sever, puis, en 1814, dans une des écoles les plus prestigieuses de France, l’école de Sorèze, dans le Tarn. L’école accueillait des catholiques et des protestants et chose rare à l’époque, elle abritait un aumonier catholique et un aumonier protestant. Les langues vivantes occupaient plus de place que les langues mortes, et les élèves devaient apprendre l’Anglais, l’Allemand, l’Italien et l’Espagnol! Les matières scientifiques occupaient une place prépondérante : au bout de quatre ans de mathématiques, on abordait le calcul intégral. Mais on faisait aussi de la comptabilité, moyen concret d’aborder le raisonnement économique. En philosophie, on habituait les élèves au débat d’idées, en favorisant à la fois le respect d’autrui et l’agilité intellectuelle. Le sport occupait une grande place. On apprenait l’équitation et la natation. On y faisait aussi de la musique.

Bastiat fera des études secondaires brillantes à Sorèze, mais appelé à aider son oncle dans son affaire de Bayonne, il en partira à 17 ans, sans avoir passé le baccalauréat. Il écrit bien, il parle couramment au moins l’anglais et l’espagnol. Il monte parfaitement à cheval. C’est un sportif accompli. Un jour de fête à Mugron il descendra dans l’arène pour sauter une vache de course à pieds joints! Il adore la musique. Il joue du violoncelle, hobby qu’il gardera toute sa vie.

Pendant les quelques années qu’il va passer à Bayonne, il adhère à une loge maçonnique dont il franchit rapidement les échelons. A cette époque, un grand spiritualisme régnait dans les loges. On y promouvait la vertu, la tolérance, et pour tout dire, un grand libéralisme. En dehors du bureau et de la loge, Frédéric mène une vie relativement austère pour un garçon de son âge. Il lit énormément. Il réfléchit sur le sens de la vie et sur la religion.

En 1825, alors qu’il a 24 ans, son grand-père meurt. Il hérite de sa maison de campagne et de 3 métairies. Pendant quelques années, il va s’y consacrer entièrement. Dans un premier temps, il décida d’enlever du domaine dix hectares de terre pour y faire des cultures expérimentales. Mais ces expériences se soldèrent par un échec, et il laissa ses métayers s’occuper tous seuls de leurs terres.

A partir de là, il va consacrer énormément de temps à la lecture, la réflexion, la discussion avec son ami Félix Coudroy, un avocat, le plus souvent au cours de longues promenades dans la campagne.

Bastiat était sans aucun doute un intellectuel doué et avide de tout savoir. Il écrira par exemple deux articles sur la langue basque. Mais c’était aussi un actif infatigable.

En Juillet 1930, à la chute de Charles X, il va à Bayonne qui hésite sur le parti à prendre. Il propose au général Lamarque de soulever le Béarn et les Landes en faveur de la république, et fait hisser le drapeau tricolore.

L’année suivante il agrandit son domaine, il se marie, et il est nommé juge de paix du canton. Il n’a que 29 ans! Il conservera cette fonction jusqu’en 1846. Il s’en acquitte avec une compétence et une efficacité surprenante pour quelqu’un qui n’avait pas fait d’études de droit.

Le Juge Bastiat était rapide et équitable. Il aplanissait les difficultés et rapprochait les prétentions des plaideurs, le plus souvent en une seule séance. Sa réputation était si grande, qu’on lui soumettait parfois des affaires qui sortaient de sa compétence (notamment géographique), les plaideurs s’en remettant d’avance à son jugement.

En 1833, il est élu conseiller général du canton de Mugron. Il le restera jusqu’à sa mort. Il s’intéresse à un projet de canal latéral à l’Adour sur lequel il publie cinq articles. Il lutte contre l’imposition excessive des boissons.

En 1840, Il va en Espagne dans l’espoir de fonder une compagnie d’assurances, noue des amitiés au Portugal, rentre en France par le Havre et Paris.

A cette époque, Mugron était un port assez actif, et il y avait une bourgeoisie instruite dont certains membres aimaient à se retrouver dans un cercle philosophique pour discuter. Dans ce cercle, Bastiat rompait des lances avec ses amis, dont la plupart étaient anglophobes. Un jour de 1844, l’un des membres du cercle l’aborde d’un air furieux en brandissant un journal qui contenait la traduction d’un discours de Robert Peel, le premier ministre anglais, à la chambre des communes. Elle se terminait ainsi : « Si nous adoptions ce parti, nous tomberions, comme la France, au dernier rang des nations. » Très surpris qu’un ministre anglais tienne à la chambre des propos aussi gratuits, il se fit abonner à un journal anglais en demandant qu’on lui envoie les numéros du mois écoulé. Quelques temps après, Bastiat pouvait lire dans « The Globe and Traveller » le discours de Peel. Les mots « comme la France » n’y figuraient pas!

Pour scandaleuse que fut cette manipulation d’information, elle choqua moins Frédéric Bastiat que la désinformation que lui révéla cet abonnement : la presse française ne mentionnait point l’existence en Angleterre d’un vaste mouvement animé par Cobden en faveur de la liberté du commerce!

Fortement impressionné par ce qu’il lit sur ce mouvement, Frédéric Bastiat rédige un long article : « De l’influence des tarifs français et anglais sur l’avenir des deux peuples ». On ne sait s’il faut en admirer davantage l’érudition ou la rigueur. La conclusion est lumineuse : la France, engoncée dans le protectionnisme, va être dépassée par l’Angleterre, libre-échangiste. Dans le milieu des économistes, le succès est immédiat. Encouragé par ce succès, Frédéric Bastiat écrit à Cobden qui l’invite à venir en Angleterre. A son retour, il écrira un livre, « Cobden et la ligue » pour faire connaître en France ce mouvement extraordinaire.

Au début de l’année 1845, il s’installe provisoirement à Paris pour le lancement de ce livre. Maintenant très apprécié des plus grands économistes français de l’époque, il est poussé à publier dans leur journal. Il publie alors la série de pamphlets connus sous le nom de Sophismes économiques..

En 1846 il fonde à Bordeaux une association pour la promotion du libre échange, dont il espère qu’elle connaîtra le même développement que la ligue de Cobden. Il est élu à l’Académie des Sciences morales et politiques, soutenu par Guizot. Il se fixe à Paris où il fonde un journal (éphémère) : « La République Française ». Il coopère à la rédaction de plusieurs journaux. Il fait des conférences à Lyon, Marseille, Le Havre, etc…

En 1848, la révolution chasse Louis-Philippe. Frédéric Bastiat revient à Mugron pour se présenter à la Constituante. Il est élu. A l’Assemblée, ses pairs l’élisent vice-président du Comité des Finances.

En 1849, il est élu à l’Assemblée Législative. Il écrit. Il se démène  pour défendre les Libertés contre l’emprise croissante de l’Etat, et contre toutes les utopies plus ou moins totalitaires de l’époque. Il utilise ses moments de loisir à écrire « Harmonies Economiques », monumentale synthèse en dix chapitres publiée début 1850.

Au printemps de l’année 1950, il sentit s’aggraver la tuberculose qui le tourmentait déjà depuis plusieurs années, cette maladie qui avait décimé tant de personnes de sa famille. Il toussait, avait de la fièvre, il se sentait faible, il souffrait. Il dût se mettre en congé de l’Assemblée et se retirer dans les Landes. Malgré la maladie, mais peut-être aussi grâce à la tranquillité qu’elle exigeait, les mois qui suivirent furent extraordinairement prolifiques puisqu’il écrivit entre février et septembre un certain nombre de pamphlets dont deux chefs d’œuvre éternels, Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, et La Loi. Il préparera en outre une deuxième édition très augmentée des Harmonies économiques, mais il ne put achever ce travail, qui fut cependant édité tel quel après sa mort.

En septembre, ses médecins lui enjoignirent d’aller passer l’hiver en Italie. Après un long voyage et un séjour à Pise, il atteint Rome épuisé. Il y expire le 24 décembre 1850, à l’âge de 49 ans.

Ainsi, la carrière politique de Frédéric Bastiat n’aura duré que trois ans, et encore fut-elle terriblement handicapée par la maladie, qui l’empêchait de parler longtemps à la tribune. Aussi, lorsqu’un sujet lui paraissait particulièrement important, il distribuait à ses collègues, avant la séance, un pamphlet sur la question.

A la chambre il siégeait à gauche, mais il votait tantôt à droite et tantôt à gauche. « …avec la droite contre la gauche quand il s’est agi de résister au débordement des fausses idées populaires – …avec la gauche contre la droite quand les griefs légitimes de la classe pauvre et souffrante ont été méconnus », écrivit-il lui-même à ses électeurs. Il ajoutait « en agissant ainsi je ne me suis pas dissimulé les inconvénients personnels d’une telle conduite. Pour réussir en politique, il faut s’attacher à un parti, et si l’on peut, au parti le plus fort. – Voter consciencieusement tantôt avec la droite, tantôt avec la gauche, c’est s’exposer à être abandonné de tous deux.. Mais avant d’arriver ici j’avais pris la résolution de ne consulter jamais que mon jugement et ma conscience ».

Que d’hommes politiques pourraient méditer utilement cette leçon!

*    *

Qu’a donc apporté Frédéric Bastiat pour jouir de la notoriété qui n’a jamais cessé d’être la sienne dans le monde. Economiste d’une grande clarté et d’un humour dévastateur, il a renouvelé l’Economie Politique en la traitant du point de vue du consommateur; Philosophe, il a été l’apôtre de la liberté et de la responsabilité individuelles; Juge de paix, il a été un modèle d’efficacité et d’équité; Homme politique, il s’est battu pour les libertés individuelles, contre le gaspillage des deniers publics, les expéditions coloniales, l’esclavage, la peine de mort, les lois interdisant les coalitions ouvrières. Il a milité pour la séparation des fonctions de ministre et de député, et la participation des femmes à la vie politique. Il doit sa notoriété à ses contributions à la Science économique, à sa contribution à la philosophie politique, à la pérennité de ses idées et à  la clarté avec laquelle il les a exprimées.

L’économiste.

Nous traiterons en détail – quoique de manière accessible aux non spécialistes – de la contribution de Bastiat à la science économique lors de la conférence que nous avons prévu de donner à l’université de Bayonne le 11 février prochain (voir l’annonce à la fin de cet article). Donnons en simplement ici les grandes lignes.

– Il a montré les vertus du libre-échange et les méfaits du protectionnisme.

– Il a été un précurseur de la théorie générale de l’équilibre, développée plus tard par Walras, Pareto, Allais, Debreu. Il a montré le rôle de coordination et d’optimisation du marché.

– Pendant que Marx dénonçait ce qu’il croyait être l’antagonisme fondamental du capital et du travail, Bastiat démontrait qu’au contraire ces intérêts étaient harmoniques. Il a montré que dans une économie concurrentielle le coût du capital ne pouvait aller qu’en diminuant, l’accumulation du capital augmentait la productivité marginale du travail et donc le niveau des salaires. De plus elle diminuait le coût des biens de consommation, ce qui était aussi bénéficiaire pour les travailleurs.

– Comme les économistes autrichiens, Bastiat voyait dans l’économie « La science des échanges », dans laquelle les satisfactions ne peuvent être mesurées ou comparées. La valeur est subjective, et la seule façon d’appréhender les préférences des individus est à travers leurs comportements sur un marché libre. L’échange volontaire ne peut être que mutuellement avantageux, sans cela il ne se ferait pas.

Il s’agissait là d’une importante innovation, car jusque là, même les meilleurs économistes anglais étaient tombés dans le raisonnement fallacieux de la valeur travail.

– Il a établi que la concurrence dans un marché libre était un processus de découverte dynamique. Toute forme d’intervention détruit ce processus car lorsque une loi est promulguée, les individus perdent leur liberté de discuter, comparer, entreprendre.

– Il a fait reposer sa défense de la liberté des marchés sur les droits naturels de l’homme plutôt que sur des considérations utilitaristes. Pour Bastiat, il existe des droits naturels antérieurs à toute législation et que les lois devraient seulement « exprimer ». La liberté, la responsabilité et la propriété forment l’essentiel de ces droits, qui ne sont d’ailleurs pas indépendants les uns des autres.

– Il a démontré par l’absurde l’inanité du concept de balance du commerce. Dans un apologue célèbre, il explique qu’il a exporté pour 50 francs de vin en Angleterre. Il a converti cet argent en charbon qu’il a revendu 90 F à Bordeaux. Cet échange est évidemment avantageux. Mais comme la France a ainsi importé plus qu’elle n’a importé, sa balance était donc « défavorable » au sens classique.

Mais il va plus loin : « j’envoie une cargaison en Angleterre, mais une tempête coule le bateau dans la Manche. Les douanes du port ont noté une exportation, ce qui a amélioré la balance du commerce! » Il conclut que les tempêtes étant aléatoires, le gouvernement devrait, pour vraiment améliorer la balance, couler tous les bateaux marchands qui quittent le port!

– Il a expliqué que si l’on augmente le taux d’une taxe au delà d’une certaine valeur, le produit total de la taxe décroît. C’est, avec un siècle d’avance, la fameuse « courbe de Laffer ». Il l’a illustrée au moyen d’exemples concrets tirés de la fiscalité réelle, en France et en Angleterre.

– Dans sa correspondance avec Proudhon, Bastiat a donné une explication exhaustive du phénomène de l’intérêt, et a dissipé nombre d’erreurs sur le sujet.

– Il s’est montré un extraordinaire précurseur à la fois de la théorie de l’économie du risque et de la théorie de la firme.

– Enfin, en de multiples endroits de son œuvre, Bastiat développe des idées qui en font un précurseur de la théorie des choix publics, théorie développée ces dernières années en un tout cohérent par James Buchanan et Gordon Tullock, et qui valut le prix Nobel au premier.

Le philosophe politique.

Pour Frédéric Bastiat l’homme est libre et responsable de ses actes. Chacun peut penser et faire ce qu’il veut, mais à condition de respecter la même liberté chez les autres. On peut essayer de convaincre les autres, s’associer avec eux selon des règles convenues librement, mais jamais obtenir quelque chose d’un autre par la coercition ou la violence. Comme l’Etat détient le monopole légal de la coercition, il faut limiter très strictement les pouvoirs de l’Etat.

La responsabilité, c’est ce qui permet à l’homme de progresser. Pour cela, il faut qu’il subisse les conséquences de ses actions, les bonnes comme les mauvaises.

L’homme ne peut survivre que par une interaction active avec les autres. « Alors même qu’ils ne sont mûs que par leur intérêt personnel, les hommes cherchent à se rapprocher, à combiner leurs efforts, à unir leurs forces, à travailler les uns pour les autres, à se rendre des services réciproques, à socier, ou s’associer. Il ne serait pas exact de dire qu’ils agissent ainsi malgré l’intérêt personnel; non, ils agissent ainsi par intérêt personnel. Ils socient parce qu’ils s’en trouvent bien. S’ils devaient s’en mal trouver, ils ne socieraient pas ». [Harmonies Economiques (p. 420)]

Frédéric Bastiat a montré comment la coopération fondée sur l’échange volontaire propageait la prospérité. Mais il a aussi montré que la nature de l’homme le poussait à éviter l’effort nécessaire à l’acquisition de richesses par ce moyen lorsqu’il pouvait le faire par la coercition, notamment en utilisant le pouvoir politique pour faire voter des lois à son avantage. C’est pourquoi Bastiat pensait que l’Etat devait se borner à assurer les libertés et la sécurité, à faire respecter les droits de chacun, et notamment ceux du faible contre les spoliations du fort. Ces conditions étant remplies, il valait mieux laisser tout le reste à la société civile, c’est à dire à la libre association d’individus.

Il disait : « La fonction publique, la fonction privée, ont toutes deux en vue notre avantage. Mais leurs services diffèrent en ceci que nous subissons forcément les uns et agréons volontairement les autres; d’où il suit qu’il est raisonnable de ne confier à la première que ce que la seconde ne peut absolument pas accomplir » (A MM les électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever)

« …Si toutes les forces du gouvernement étaient appliquées à prévenir et à réprimer les dols, les fraudes, les délits, les crimes, les violences, il est à croire qu’elles atteindraient d’autant mieux ce but qu’elles ne seraient pas disséminées, comme aujourd’hui, sur une foule d’objets étrangers à leurs attributions essentielles ». (Justice et Fraternité)

« …Le pouvoir, vaste corps organisé et vivant, tend naturellement à s’agrandir. Il se trouve à l’étroit dans sa mission de surveillance. Or, il n’y a pas pour lui d’agrandissements possibles en dehors d’empiétements successifs sur le domaine des facultés individuelles… Le pouvoir sort de sa mission, quand, par exemple, il impose une forme de culte à nos consciences, une méthode d’enseignement à nos esprits, une direction à notre travail et nos capitaux, une impulsion envahissante à nos relations internationales, etc ».  (A MM les électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever).

Quant à la fraternité, Bastiat, qui était bon et généreux, la pratiquait naturellement, mais il considérait comme une supercherie la « solidarité » imposée par les politiciens avec l’argent des autres.

La pérennité de ses idées.

La pérennité des idées de Bastiat ne peut être mieux appréciée que par cet éloge qui figure en tête d’une édition américaine récente de « la Loi » :

« Quand un critique veut rendre un hommage particulier à un livre, il prédit que ce livre sera encore lu dans un siècle. « La Loi », publié pour la première fois en 1850, a déjà nettement plus d’un siècle. Mais comme ses vérités sont éternelles, cet ouvrage sera encore lu dans un siècle d’ici… »

Bastiat s’est révélé un extraordinaire visionnaire. Il a prédit beaucoup de choses, et tout ce qu’il a prédit a fini par arriver.

  • Il avait prévu que l’esclavage engendrerait une guerre civile aux Etats-Unis.
  • Seul à la Chambre des Députés contre la gauche et la droite réunies, il avait décrit les dangers que présentaient les expéditions coloniales.
  • Il avait anticipé la séparation de l’Eglise de l’Etat, qui était à ses yeux une condition préalable à l’œcuménisme, qu’il appelait de ses vœux.
  • Il avait prévu que l’Etat finirait par s’emparer des mutuelles pour en faire un organisme unique. Il avait donc prévu la Sécurité sociale, mais aussi le déficit permanent de ladite Sécurité sociale.
  • Marx et Bastiat, qui étaient contemporains, avaient vu tous les deux l’importance de l’accumulation du capital, et la tendance de certains hommes a exploiter les autres. Mais il n’en n’ont pas tiré les mêmes conclusions. Marx a prédit une paupérisation croissante des masses dans les pays capitalistes. Bastiat pensait que le capitalisme engendrerait une prospérité sans précédent dans toutes les classes, et le développement d’une classe moyenne de plus en plus importante. C’est effectivement ce qui s’est passé, même dans les pays qui ne respectent pas les libertés individuelles.
  • Marx avait prédit que la rentabilité du capital serait condamnée à décroître, et que la lutte pour les nouveaux marchés entraînerait des guerres. Bastiat pensait qu’un véritable libre-échange entre les nations éliminerait peu à peu le risque de guerre, ce dont la Communauté européenne a donné une confirmation éclatante.

En politique, il a exprimé un certain nombre de souhaits, et la plupart de ses souhaits ont fini par se réaliser.

  • Il avait souhaité une participation plus grande des femmes à la vie politique.
  • Il s’est battu pour l’incompatibilité entre les fonctions de ministre et de député, plus d’un siècle avant qu’elle ne soit inscrite dans notre constitution.
  • Il avait plaidé pour le principe de subsidiarité, plus d’un siècle avant que quelques hommes politiques ne commencent à le prendre au sérieux.

La clarté avec laquelle il s’est exprimé.

C’était un pédagogue génial, et il utilisait souvent l’humour. On en trouvera un exemple dans l’encadré. Il y en a bien d’autres. Ils illustrent sa façon originale et dévastatrice de démolir les sophismes éternellement remis sur le tapis par les hommes politiques de tout bord :

  • les catastrophes ou les guerre créent de l’activité;
  • le progrès technique entraîne le chômage;
  • les dépenses de l’Etat permettent de créer des emplois;
  • les colonies procurent des débouchés pour nos produits;
  • il faut harmoniser les coûts du travail entre les régions;
  • il faut limiter les importations pour rétablir la balance des paiements;
  • il faut aider les industries en difficulté par des subventions, etc…

Utilisant tour à tour la satire, l’ironie, l’humour, le raisonnement par l’absurde, il parvient à tourner tous ces sophismes flous en ridicule, dans une langue claire, concise, implacable.

Pétition des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l’éclairage. [Extrait]
 À MM. les Membres de la Chambre des Députés
 
 « Nous subissons l’intolérable concurrence d’un rival étranger placé, à ce qu’il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu’il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit; car, aussitôt qu’il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s’adressent à lui, et une branche d’industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n’est autre que le soleil, nous fait une guerre si acharnée, que nous soupçonnons qu’il nous est suscité par la perfide Albion (bonne diplomatie par le temps qui court!), d’autant qu’il a pour cette île orgueilleuse des ménagements dont il se dispense envers nous. »
« Nous demandons qu’il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contrevents, volets, rideaux, vasistas, œils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d’avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd’hui à une lutte si inégale. »
« Veuillez, Messieurs les députés, ne pas prendre notre demande pour une satire, et ne la repoussez pas du moins sans écouter les raisons que nous avons à faire valoir à l’appui. »
« Et d’abord, si vous fermez, autant que possible, tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le besoin de lumière artificielle, quelle est en France l’industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée? »
« S’il se consomme plus de suif, il faudra plus de bœufs et de moutons, et, par suite, on verra se multiplier les prairies artificielles, la viande, la laine, le cuir, et surtout les engrais, cette base de toute richesse agricole. »
« S’il se consomme plus d’huile, on verra s’étendre la culture du pavot, de l’olivier, du colza. Ces plantes riches et épuisantes viendront à propos mettre à profit cette fertilité que l’élevage des bestiaux aura communiquée à notre territoire. »
« Nos landes se couvriront d’arbres résineux. De nombreux essaims d’abeilles recueilleront sur nos montagnes des trésors parfumés qui s’évaporent aujourd’hui sans utilité, comme les fleurs d’où ils émanent. Il n’est donc pas une branche d’agriculture qui ne prenne un grand développement. »
« Il en est de même de la navigation: des milliers de vaisseaux iront à la pêche de la baleine, et dans peu de temps nous aurons une marine capable de soutenir l’honneur de la France et de répondre à la patriotique susceptibilité des pétitionnaires soussignés, marchands de chandelles, etc. »
« Mais que dirons-nous de l’article Paris? Voyez d’ici les dorures, les bronzes, les cristaux en chandeliers, en lampes, en lustres, en candélabres, briller dans de spacieux magasins, auprès desquels ceux d’aujourd’hui ne sont que des boutiques. »
« Il n’est pas jusqu’au pauvre résinier, au sommet de sa dune, ou au triste mineur, au fond de sa noire galerie, qui ne voie augmenter son salaire et son bien-être. »
« Veuillez y réfléchir, Messieurs; et vous resterez convaincus qu’il n’est peut-être pas un Français, depuis l’opulent actionnaire d’Anzin jusqu’au plus humble débitant d’allumettes, dont le succès de notre demande n’améliore la condition. »

Cette pédagogie ressemblait parfois à de l’apostolat. Bastiat est l’un des rares économistes célèbres, peut-être même le seul, qui se soit donné autant de mal pour populariser les mécanismes économiques afin de lutter contre les idées démagogiques ou utopiques répandues par les politiciens.

Proudhon en fit l’expérience à ses dépens. Dans son journal « Le Peuple » (qui devint plus tard « La Voix du Peuple »), il attaquait la légitimité de l’intérêt du capital, et voulait créer une banque d’Etat qui distribuerait gratuitement le crédit aux ouvriers et aux artisans.

Bastiat jugeait ces idées fausses. En février 1848, il publia la brochure « Capital et Rente », adressée « aux ouvriers de Paris », pour expliquer la « productivité du capital » et son rôle dans le développement des richesses.

Cette brochure impressionna effectivement beaucoup d’ouvriers et certains socialistes, à tel point que « La Voix du Peuple » jugea nécessaire de la réfuter par la plume de l’un de ses rédacteurs. Bastiat obtint de pouvoir répondre, mais il fut prévenu que M. Proudhon lui-même se réservait le droit de lui répondre à son tour. La discussion s’étendit sur treize numéros, Proudhon devenant de plus en plus irrité et agressif, et déclarant le débat clos dans sa dernière lettre. Il fit une brochure des treize lettres et la publia sous le titre « Intérêt et Principal ». Bastiat écrivit alors une quatorzième lettre et publia le tout sous le titre « Gratuité du Crédit ».

Il n’avait pas travaillé pour rien. « Un matin, peu de jours avant la clôture du débat, il reçut la visite de trois ouvriers, délégués d’un certain nombre de leurs camarades, qui s’étaient rangés sous la bannière du Crédit gratuit. Ces ouvriers venaient le remercier de ses bonnes intentions, de ses efforts pour les éclairer sur une question importante. Il n’étaient point totalement convertis à la légitimité et à l’utilité de l’intérêt. Mais leur foi dans le principe du crédit gratuit était fort ébranlée et ne tenait plus qu’à leurs vives sympathies pour M. Proudhon. « Il nous veut beaucoup de bien, M. Proudhon, disaient-ils, et nous lui devons une grande reconnaissance. C’est dommage qu’il aille souvent chercher des mots et des phrases si difficiles à comprendre. » Finalement, ils émirent le voeu que MM Bastiat et Proudhon pussent se mettre d’accord et se déclarèrent prêts à accepter les yeux fermés une solution quelconque, si elle était proposée de concert par l’un et l’autre. »

Sa notoriété.

Bien des lecteurs trouveront extravagante le sous-titre de cet article, » le plus illustre des enfants de Bayonne », même s’ils savent qu’une rue de Bayonne porte son nom. Certains auront pu voir sur sa maison natale, 7 rue Victor Hugo, qu’il s’agissait d’un économiste et d’un humaniste, mais de là à affirmer qu’il est le plus illustre des enfants de Bayonne, voilà qui leur paraîtra un peu fort! Ses œuvres complètes sont introuvables depuis longtemps dans les librairies françaises. Seuls quelques recueils d’oeuvres choisies, au tirage modeste, ont été republiés par les soins de ses admirateurs. Certes il existe aussi une rue « Frédéric Bastiat » à Mont-de-Marsan, à Bordeaux et même à Paris. Mais si vous interrogez quelques passants, bien peu sauront vous dire de qui il s’agit. A Mugron, dans les Landes, où Bastiat a passé la plus grande partie de sa vie, il a bien une statue, mais peu de Landais savent qu’il a été leur député.

Et pourtant :

– Depuis 1950, « La Loi », son chef d’oeuvre, (en anglais « The Law »), est périodiquement réédité aux Etats-Unis et s’est vendu jusqu’ici  à près d’un million d’exemplaires.

– En 1986, le « Wall Street Journal » a publié, sur près d’une demi page, un de ses plus fameux pamphlets « Ce qu’on voit, et ce qu’on ne voit pas », dont on trouvera l’introduction dans l’encadré.

Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (Introduction)
Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n’engendrent pas seulement un effet, mais une série d’effets. De ces effets, le premier seul est immédiat; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas; heureux si on les prévoit.
Entre un mauvais et un bon économiste, voici toute la différence : l’un s’en tient à l’effet visible; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit, et de ceux qu’il faut prévoir. Mais cette différence est énorme, car il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice versa. – D’où il suit que le mauvais économiste poursuit un petit bien actuel qui sera suivi d’un grand mal à venir, tandis que le vrai économiste poursuit un grand bien à venir, au risque d’un petit mal actuel.

– Le même Wall Street Journal a publié vers 1993 « La pétition des marchands de chandelles », l’un des pamphlets les plus percutants et les plus spirituels de Bastiat dont nous avons donné un large extrait plus haut. Un demi million d’exemplaires en a été distribué dans les écoles par les soins de la « Foundation for Economic Education » (FEE), dont il est question ci-après.

– La FEE réédite périodiquement depuis 30 ans  4 livres contenant des œuvres choisies de Bastiat, son auteur mascotte. Depuis quelques années une autre fondation américaine, le « Liberty Fund » a entrepris de publier la totalité de son œuvre.

– Incroyable mais vrai, Ronald Reagan lui même, non seulement connaissait, mais encore a propagé la pensée de Frédéric Bastiat! En effet dans les années cinquante, la « General Electric » avait décidé d’organiser des cours d’économie pour ses cadres. Elle choisit comme enseignant Ronald Reagan, alors acteur de films de série B en attente de contrat, et elle le fit former à l’économie par la FEE en utilisant notamment des textes de Bastiat. Il faut croire qu’il en tira quelque bénéfice, car plus tard, Niskanen, qui fut président du « Comité des Conseillers Économiques du Président des Etats-Unis », écrira dans son livre « Reaganomics » que de tous les présidents qu’il avait connus ou étudiés, Reagan était le seul qui avait vraiment une culture et des idées personnelles en économie.

Le succès des cours de Reagan fut tel qu’il ne tarda pas à dépasser les limites de l’entreprise. En 1964, pour la campagne de Barry Goldwater contre Johnson, on lui demanda de faire un discours sur les idées qu’il avait développées au sein de la General Electric. Ce discours eut un tel succès que Reagan devint un orateur très sollicité par diverses sections du Parti Républicain. Puis on le poussa à se présenter comme gouverneur de la Californie. Il fut élu. En 1980, il fut élu président des Etats-Unis.

Lorsqu’il était interrogé sur les économistes qui l’avaient le plus influencé, il citait volontiers Cobden, Bastiat, Von Mises, Hayek. Mais pour le professeur Leonard Liggio, grand connaisseur de Bastiat, lorsqu’on lisait les discours de Reagan (qu’il écrivait lui-même la plupart du temps), ou lorsqu’on écoutait ses réponses aux journalistes, c’est l’influence de Bastiat qui apparaissait le plus clairement.

– L’économiste français Henri Lepage raconte qu’au cours d’un voyage aux Etats-Unis[1], ayant été présenté au fameux économiste américain Murray Rothbard[2], celui-ci lui demanda « Vous êtes Français? Donc vous connaissez Frédéric Bastiat… » Comme Lepage répondit par la négative, il eut droit, pendant deux heures à un cours sur Bastiat. Deux jours plus tard, il rencontra David Friedman (fils du prix Nobel Milton Friedman, et lui même économiste réputé) qui lui parla aussitôt de « La Loi »! « Comme je ne connaissais pas davantage cette oeuvre de Bastiat », dit Lepage, « j’eus un nouveau cours à son sujet ».

– Valery Giscard d’Estaing, raconte[3] qu’il s’était rendu à Londres pour tenter de persuader Madame Thatcher de rejoindre le système monétaire européen. Ils avaient parlé d’économie et elle lui fit de mémoire une longue citation de Frédéric Bastiat. Ceci était d’autant plus étonnant que Margaret Thatcher avait une formation de chimiste et non d’économie politique.

– Gilbert Founier, le créateur du premier Cercle Frédéric Bastiat qui aît existé en France (Fondé à Grenoble, dans les années 80), raconte qu’il a assisté un jour à une conférence donnée par M. Houchang Nahavandi, un ancien ministre du shah d’Iran, à l’issue de laquelle ce dernier a dédicacé des livres. M. Fournier lui demande une dédicace pour le Cercle Frédéric Bastiat. L’ancien ministre relève la tête et murmure: « l’économiste du XIXème siècle…mort en 1850…? » Mon ami sursaute : « Ah! vous connaissez? ». Aussitôt, haussant le ton comme s’il était offusqué, son excellence réplique: « mais, Monsieur, je le faisais enseigner à mes étudiants lorsque j’étais recteur de l’Université de Téhéran! ».

– L’association culturelle polonaise PAFERE (Polish-American Foundation for Economic Research and Education) a organisé à Varsovie un colloque consacré à Frédéric Bastiat pendant tout le week-end des 19 et 20 septembre 2009. Il y avait deux orateurs américains, huit orateurs polonais, dont cinq professeurs d’université et un orateur français, l’auteur de cet article. Il y avait une centaine d’auditeurs polonais de tous âges, avec toutefois une majorité de jeunes, pour la plupart étudiants. Le colloque se tenait en anglais et en polonais, avec traduction simultanée dans l’autre langue. Le degré d’intérêt du public, la profondeur des connaissances des orateurs sur Frédéric Bastiat était impressionnante. Il n’avait apparemment pas été difficile de trouver cinq universitaires capables de parler de Bastiat sans empiéter les uns sur les autres. D’après l’organisateur, son seul problème a été de choisir parmi tous ceux qui auraient pu le faire sans en vexer aucun.

On pourrait multiplier ce genre d’anecdotes, mais il est plus simple de dire que dans les trente dernières années, quelques uns des chefs-d’oeuvre de Bastiat ont été publiés ou republiés, non seulement dans les pays anglo-saxons, mais encore dans des pays aussi divers que la Chine, l’Inde, le Bengladesh, le Kenya, le Brésil, le Guatemala,  la Turquie, l’Allemagne, les Pays Bas, la Suède, la Norvège, la Lituanie, la Pologne, pour ne citer que ceux que nous avons eu effectivement entre les mains.

En France, l’influence de Bastiat n’a cessé de grandir jusqu’à la fin du 19ème siècle. Il a même inspiré le pape Léon XIII, l’auteur de l’encyclique « Rerum Novarum ». Puis la pensée libérale s’est étiolée au profit  d’une philosophie favorable à l’Etat, d’inspiration marxiste ou plus simplement dirigiste, et Bastiat est tombé peu à peu dans l’oubli. Aussi, le Cercle Frédéric Bastiat des Landes, l’Association pour la Liberté économique et le Progrès Social, et d’autres associations libérales françaises, s’efforcent de faire revivre sa mémoire depuis bientôt trente ans avec un certain succès.


[1] C’était aux alentours de 1975.

[2] A noter que Murray Rothbard, lorsqu’il était étudiant, dans les années 50, faisait partie d’un groupe de jeunes universitaires libéraux plein d’allant qui s’intitulait « The Circle Bastiat ».

[3] Aux « Rencontres de Sorèze » des 19 et 21 février 1987

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