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A PROPOS

damien-theillierDamien Theillier est professeur de philosophie, diplômé de la Sorbonne-Paris IV. Il enseigne en terminale et dans une école d’ingénieurs.

Il est l’auteur de Culture générale (Editions Pearson, 2009, 2013), d’un livre d’initiation à la philosophie (Editions Berg International, 2013, voir aussi http://cours-de-philosophie.fr) et il préside l’Institut Coppet (www.institutcoppet.org).

Pourquoi Nicomaque ?

1° Un hommage à la philosophie grecque en général : la vérité est ailleurs que dans l’apparence.

« Les Grecs nous ont appris l’attitude théorique : regarder, ne faire que cela. Theôrein, cela veut dire être au spectacle, comme au théâtre, où l’on ne fait que regarder sans intervenir. Plus exactement encore, c’est se déplacer pour aller voir quelque chose, mettons les Jeux olympiques. Pour voir de ce regard théorique, il faut se dépayser, quitter ses habitudes. Les Grecs ont compris que le monde est déjà là et ne dépend pas de nous. Pour nommer ce « déjà-là » qui n’a pas besoin de nous, ils ont forgé le mot phusis – nous disons « nature ». Cette nature, ils ont tenu à la voir par eux-mêmes, sans accepter de confiance ce qu’on leur racontait. D’habitude, nous demandons « Qu’est-ce que c’est ? » quand nous ne savons pas à quoi sert une chose et pour pouvoir nous en servir. Les Grecs ont continué à poser la question une fois que les choses furent devenues de simples objets à regarder. Elle prit alors un autre sens : « C’est quoi, vraiment, au fond ? » Ce qui veut dire que les choses ne sont peut-être pas ce qu’elles ont l’air d’être. Les apparences peuvent nous tromper. Il faut creuser plus profond. Nous sommes tous grecs dans la mesure où nous situons la vérité ailleurs que dans l’apparence immédiate. » Rémi Brague Professeur de philosophie à l’université Paris-I et à l’université de Munich.

Pour autant, les principales sagesses antiques sont avant tout des modes de vie. Pour ces philosophes, être « l’ami de la sagesse » ne consiste ni à accumuler les connaissances ni à construire, plus ou moins habilement, de savants édifices théoriques, moins encore à spéculer systématiquement : le but de la philosophie est l’amélioration et la réalisation de soi. Et c’est pour cela que ces sagesses nous parlent : parce qu’elles sont directement utiles, nous renvoyant au plus intime de notre vie et aux choix fondamentaux que nous devons faire pour exister. Philosopher, c’est donc aussi et surtout chercher des réponses pratiques aux questions de la vie concrète : trouver le bonheur dans la vérité.

Bien sûr, le monde des Anciens n’est plus le nôtre. Mais les questions qu’ils posaient n’ont guère changé :

Comment mieux vivre ?
Comment trouver le bonheur ?
Comment vivre en société ?
Bref : comment organiser sa vie ?

2° Un hommage à la philosophie d’Aristote en particulier, relue et corrigée dans une perspective libérale

Le libéralisme aristotélicien, dont s’inspire ce blog, est une tradition philosophique en plein essor. Elle puise aux sources du libéralisme classique, en particulier dans sa forme française (plus attachée au droit naturel), mais aussi aux sources de l’école autrichienne d’économie, fondée par un aristotélicien : Carl Menger. Elle affirme, comme Aristote, que la fin naturelle de l’homme est l’eudaÏmonia (le bonheur dans le sens de bien-vivre), que la vertu est constitutive de son propre épanouissement, mais qu’elle doit être librement choisie ; que l’homme est un être profondément social, mais que les individus sont des fins en eux-mêmes et non des moyens pour les fins des autres, que la liberté est un principe éthique méta-normatif nécessaire pour protéger la possibilité de toutes les formes d’accomplissement humain et un principe éthique de responsabilité. C’est une philosophie qui défend le libre marché et la libre entreprise, mais pas le capitalisme d’Etat qui est souvent confondu avec le libéralisme alors qu’il est le produit de son abandon. Elle critique radicalement l’Etat Leviathan moderne.

L’enseignement de la philosophie

Professeur est un métier, pas une fonction et je regrette que ce métier soit aujourd’hui contrôlé par l’Etat qui exerce un monopole et qui transforme les professeurs en fonctionnaires de la pensée, en bureaucrates de l’esprit.

En tant que professeur et philosophe, mon travail consiste, à ouvrir les intelligences de mes élèves à de nouvelles idées, y compris les plus dérangeantes. Mais le travail ne s’arrête pas là, il consiste aussi à leur donner les moyens de discerner le vrai et le faux. Bien sûr, il est important que les enseignants, en particulier les enseignants en philosophie, n’imposent pas leurs jugements à leurs élèves. À cette fin, je présente toujours un éventail de points de vue, souvent opposés et parfois controversés. Avec les outils de la philosophie réaliste, en particulier la logique, les élèves apprendront à évaluer ces idées et à former leur propre jugement.

Je ne crois pas du tout, en revanche, que nous leur rendions service en tentant de dissimuler ou de supprimer nos propres jugements sur les sujets que nous enseignons. La pseudo-neutralité est souvent une façon hypocrite d’orienter les élèves dans une direction, sans leur dire. Car elle est une déclaration implicite de relativisme et de nihilisme, sous couvert de science, ce qui est une escroquerie intellectuelle.

Murray Rothbard disait : « Ce n’est pas un crime d’être ignorants de l’économie, qui est, après tout, une discipline spécialisée et que la plupart des gens considèrent comme une «science lugubre». Mais il est totalement irresponsable d’avoir une opinion forte et bruyante sur des sujets économiques tout en restant dans cet état d’ignorance. » (Murray Rothbard, Making Economic Sense, 1995)

A sa suite, je dirais : « Ce n’est pas un crime d’être ignorants de la philosophie, qui est, après tout, une discipline spécialisée et que la plupart des gens considèrent comme absconse et de peu d’intérêt pour la vie. Mais il est totalement irresponsable d’avoir une opinion forte et bruyante sur des sujets philosophiques, tout en restant dans cet état ​​d’ignorance. »

L’homme a un choix fondamental à faire : penser ou non, et c’est la mesure de sa vertu morale. La perfection morale est indissociable de la rationalité — non par le degré de votre intelligence, mais par l’usage complet et déterminé de votre esprit, non par l’étendue de vos connaissances, mais par l’acceptation de la raison comme un absolu. Apprenez à distinguer la différence entre les erreurs de connaissance et les fautes morales. Une erreur dans la connaissance n’est pas une faute morale, pourvu que vous soyez disposé à la corriger. Mais un acte immoral est le choix conscient d’une action que vous savez être mauvaise, ou un refus de savoir intentionnel, une suspension du discernement et de la pensée. Ce que vous ignorez, n’est pas une charge morale contre vous ; mais si vous refusez de savoir, vous plantez la graine de l’infamie dans votre âme. Ayn Rand, Atlas Shrugged, 1957 (La Grève, 2012)

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Une Réponse

  1. Bonne année 2016 à Nicomaque II, blog de philo par un prof de philo !

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