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Machiavel sur la dépense publique

AVT_Nicolas-Machiavel_4782Par Jean-Marc Daniel.

Pour parvenir à une fiscalité légère mieux vaut avoir une dépense publique elle –même modérée. La question qui se pose en matière de dépense publiques est donc la suivante : comment bien dépenser et pour quoi ? Depuis l’origine, l’Etat défend son action en affirmant qu’il agit pour le bien de la collectivité. Cela a même un nom : le service public. Pourtant à chaque époque, le doute a existé sur la pertinence de ce genre de discours…

La preuve de ce doute est le fait que les premiers théoriciens de la politique ont recommandé aux dirigeants de se montrer économe. C’est le cas notamment de Machiavel. Dans son livre Le Prince. Paru en 1515, il donne des conseils de gouvernement d’un tel cynisme que certains ont affirmé qu’il avait agi plus en provocateur qu’en analyste politique. Il y recommande notamment aux dirigeants « l’avarice » plutôt que la « libéralité ».

Prenons un extrait du chapitre XVI du Prince : « si un prince veut se faire dans le monde une réputation de libéral, il faut nécessairement qu’il n’épargne aucune sorte de somptuosité ; ce qui l’obligera à épuiser son Trésor par ce genre de dépenses : d’ou il s’ensuivra que, pour conserver la réputation qu’il a acquise, il se verra enfin contraint à gréver son peuple de charges extraordinaires , à devenir fiscal et à faire en un mot, tout ce qu’on peut faire pour avoir de l’argent. Aussi commencera t-il bientôt à être odieux à ses sujets, et à mesure qu’il s’appauvrira, il sera moins bien considéré. »

Pour Machiavel, dépenser ne sert à rien car les bénéficiaires des dépenses publiques sont des ingrats !

(…) Depuis la révolution Française, L’Etat est devenu le grand bénéficiaire de la croissance. La richesse augmente mais les dépenses publiques encore plus, si bien que leurs poids dans le PIB est croissant. Au delà de 40 % de dépenses publiques avait déclaré Valéry Giscard d’Estaing ont change de société pour quitter la démocratie libérale est créer une société socialiste. Dans un premier temps, pour limiter les récriminations, on a déconnecté dépenses et prélèvements fiscal : charme de la dette qui permet de dépenser sans payer. Mais l’astuce a ses limites. La dette permet la dépense puis génère de la dépense : les intérêts – et étouffe l’état.

Aujourd’hui, l’heure de vérité est arrivée : en France, la fiscalité est suffisamment lourde pour qu’on cherche à la fuir, notamment à l’étranger, sans se sentir particulièrement coupable. La charge de la dette est le deuxième budget de l’Etat. Les dépenses représentent 56% du PIB. Leur décrue est donc à l’ordre du jour. Seulement, cela ne se fera pas sans douleur : certains « oisifs » ont une légitimité à l’être comme les personnes âgées. Pour d’autres, des questions se posent sur les raisons pour lesquelles la puissance publique les paie. Ceux là ne vont pas se laisser faire, ils affirment haut et fort leur mission de service public ;ils soulignent le rôle social d l’Etat et de ses dépenses. Ils parlent de Welfare pour mieux résister à ceux qui annoncent le nécessaire retour du workfare,
pourtant ce workfare va s’imposer.

Extrait de 8 leçons d’Histoire Economique, par Jean-Marc Daniel

1507-1

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