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Pascal Lamy au tricentenaire de Boisguilbert

P_Lamy-2Intervention de Pascal Lamy, économiste et ancien directeur de l’OMC, au colloque « Boisguilbert aujourd’hui », le 7 octobre au Palais d’Iéna.

Par Gaspard Defferrière, élève de terminale ES1

Boisguilbert est à l’origine d’une œuvre multiple. Ses principaux écrits datent de la fin du règne de Louis XIV, ils sont les fruits de la misère dans une époque difficile. la politique de grandeur de Louis XIV a ruiné le royaume avec des politiques économiques changeantes. Les droits de douanes sont importants, les prix déprimés. la population est en baisse, les finances publiques aux abois. La population est écrasée sous les impôts. Le mercantilisme soutenait l’idée qu’il fallait contenir la demande de grains pour peser sur les prix à la baisse pour être plus compétitif. Boisguilbert était contre et a été poursuivi par les censeurs.

Il est un des pères de l’économie actuelle avant Adam Smith et d’autres. Son apport aux sciences économiques et sociales est l’identification de la notion de consommation et de revenu national. Il invente le concept de circuit, de flux, flux monétaires, de groupes sociaux. Il anticipe Malthus en établissant un lien entre croissance de la population et la quantité de matière. Il constate que la misère du peuple est une perte pour la richesse du roi. Trop d’impôts tuent l’impôt. Il découvre avant Ricardo la notion de rente. Il se représente la société divisée en classe.

« Boisguilbert, bien que l’intendant de Louis XIV, prenait parti pour les opprimés ». Marx

Il théorise la monnaie, dénonce la thésaurisation. Il dénonce les dangers liés à la liquidité. Il parle de la production et de la consommation dont il fait la théorie. Il cherchait à maintenir les grains à un bon prix. Un des bons moyens est la liberté d’exportation. France est excédentaire ce qui doit la pousser à exporter à des bons prix au profit de tous. Reproche à Colbert d’avoir trop négliger l’agriculture. Richesse d’un pays réside dans la production et l’échange et non dans la masse monétaire. « Des prix de proportions tels qu’ils laissent la marchand hors de pertes ». Opposé à l’intervention de l’état dans l’économie car cela était contraire aux lois de la nature. Il est « libéral » sur le plan économique. Il connaît une victoire posthume avec les mesures prises fin 18ème avec différents édits qui proclament la liberté du commerce du grain. Ce n’est qu’après la 1ère Guerre Mondiale qu’il sera vraiment reconnu. Il ouvre la voie au calcul du revenu national, aux analyses en matière de flux, invente l’effet multiplicateur, … il ouvre la voie à toute l’école de Keynes est de ses successeurs. Sa pensée tourne autour de la consommation des masses qu’il faut protéger voire restaurer. Idée d’un système fiscal et monétaire pour protéger la consommation.

Enfin il propose une réforme fondamentale : l’impôt du dixième qui devait remplacer d’autres impôts à la consommation. Prélever un dixième des revenus proportionnels. Idée totalement révolutionnaire, partagée avec Vauban. Cela lui vaudra la disgrâce du pouvoir royal. Il ne faut pas opprimer la consommation et met en exergue la notion de la propension à consommer. Il constate que la propension à consommer est supérieure chez les pauvres que chez les riches. Il revient à l’idée que la sous-consommation est un facteur de déséquilibre de l’économie. Il faut faire en sorte que la propension à consommer soit supérieure à la propension à épargner.

En conclusion les aspects les plus modernes dans sa pensée sont :

  • vertu de l’échange international (critique du mercantilisme) : « l’échange se fait à bénéfices réciproques ». Le protectionnisme ne marche pas. le mercantilisme nuit à la bonne division du travail. Parabole des trois personnages possédant chacun des biens différents. Idée que le protectionnisme ne marche pas est aujourd’hui encore plus évidente dans un monde globalisé car l’exportation génère le plus de revenus.
  • Boisguilbert serait l’ancêtre de l’économie sociale de marché. Économie sociale car l’économie doit répondre aux besoins de la population et par ce que la création de richesse doit précéder le partage. Économie de marché car il y a les facteurs de la concurrence. Les marchés sont des institutions qu’il faut construire et entretenir. Produire supposes des règles qui doivent être fixées en accord entre producteurs et consommateurs.
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