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« Hayek : le gardien de la tradition libérale ». Par Pierre-Amaury Monard, TS5

f-a-von-hayekPierre-Amaury Monard Tale 5
Exposé en classe le lundi 13 janvier 2014

 

INTRODUCTION

       Friedrich August von Hayek (1899-1992) fut un économiste autrichien et un philosophe qui fréquenta le Cercle de Vienne mais qui s’inscrivit résolument dans la tradition libérale. Son œuvre entière fut une critique du socialisme. Selon lui le socialisme est la nostalgie de la société tribale où tous les biens acquis par les individus étaient mis en commun et partagés équitablement.

Tout d’abord, voici quelques points de repère qui permettront au lecteur de bien situer la doctrine de Hayek, d’un point de vue théorique. Il s’agit des grandes lignes directrices de sa pensée .

Dans un pays où l’initiative est libre, le progrès économique, social, culturel, et politique est toujours supérieur à celui d’une société dont l’économie est centralisée ou planifiée.

  • L’ordre spontané vaut mieux que l’ordre décrété.
  • Liberté et socialisme ne peuvent coexister

La maxime la mieux établie de la doctrine de Hayek est la suivante : « Toute croissance artificielle de l’économie mène inévitablement sur le long terme à la crise et à la récession. »

Tout État cherche à contrôler sévèrement l’offre de monnaie pour minimiser les perturbations monétaires et pour rester souverain dans son pays. Comme le disait si justement Mayer Amschel Rothschild : « Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’un pays, et je n’aurais plus à me soucier de ceux qui y font les lois. » Selon Hayek, l’inflation permet à l’État de confisquer les ressources et d’empêcher le mécanisme des prix de remplir efficacement son rôle de guide pour l’action.

La question à laquelle je vais tenter de répondre à travers cet exposé est la suivante : En quoi la doctrine de Hayek est, avant d’être une doctrine économique, une doctrine philosophique ? Pour ce faire je suivrai le plan suivant :

  1. L’homme derrière les idées
    1. Sa vie entre USA et Europe
    2. Son best-seller : « La route de la servitude » (1944)
  2. Ses concepts de philosophie sociale
    1. Démocratie
    2. Tradition
    3. Société Ouverte ou Grande Société
    4. Catallaxie ou jeu de l’économie

DÉVELOPPEMENT

(Toutes les citations sont de Hayek sauf mention contraire)

A. L’homme derrière les idées

  1. Sa vie

Friedrich August von Hayek est né à Vienne en 1899 d’une famille aisée. Combattant de réserve durant la Première Guerre Mondiale, il n’a jamais connu le front. Á son retour dans la capitale autrichienne, il découvrit une Vienne socialiste. De 1919 à 1934, Vienne est déchirée par les conflits intérieurs ; elle fut surnommée pour cela : la « Vienne Rouge ». Á partir de 1919, Hayek suivit des études de philosophie et de psychologie avant de se spécialiser dans l’économie. Il fréquenta le cercle de Vienne où il se forgea très tôt un esprit critique. Il y rencontra Ludwig Von Mises qui devint son maître et ami. Durant cette période, Hayek avait peur d’une dictature du prolétariat et avait la nostalgie des valeurs morales détruites par le socialisme. En 1928, invité par le directeur de la London School of Economics (LSE) à tenir une conférence, il rencontra John Maynard Keynes. La crise de 1929 ruina totalement sa famille, et les dirigeants socialistes de Vienne s’avérèrent incapables de gérer cette crise. De là vient peut-être sa rancœur pour le socialisme. En 1931, il fuit le nazisme et partit s’installer à la LSE où il obtint une chaire d’économie. Il resta à la LSE jusqu’en 1948. La Les lui servit de port d’attache pour développer et propager sa pensée. Hayek rencontra Karl Popper en 1938. Ensemble ils critiquèrent le marxisme (notamment à cause sa vision histoire et du prolétariat).

C’est en 1944 à Cambridge qu’il écrivit son best-seller La Route de la Servitude («The Road to Serfdom ») dans lequel il critiqua le gouvernement de Grande Bretagne des États-Unis. Hayek les accusa de s’enfoncer dans le totalitarisme (qu’ils étaient justement censés combattre) au nom de l’effort de guerre.  Voici un court descriptif des mesures prises per ces deux gouvernement durant la Deuxième guerre Mondiale :

« On conscrit non seulement les soldats, mais aussi la main d’œuvre. Les bureaucrates remplacèrent les marchés dans l’allocation des matières premières ; les besoins de l’effort de guerre, et non ceux des consommateurs, déterminèrent ce qui devait être produit et en quelle quantité. On instaura un contrôle des salaires, tout comme des prix et des profits. Les grèves ne furent plus tolérées. Les produits essentiels furent rationnés. Les médias se mirent de connivence avec les agents gouvernementaux pour diffuser la propagande de guerre dans le but de soutenir le moral de la population. » (Extrait du livre :  Les grands économistes : Hayek).

Il est amusant de constater que ces mesures liberticides ressemblent fortement à celles prises dans l’œuvre d’Ayn Rand :  Atlas Shrugged.

Hayek s’installa à l’université de Chicago en 1950. Les années 60 sont improductives. Auteur pourtant prolifique, Hayek n’écrivit quasiment rien durant cette période. En 1973 paraît le premier volume de Droit, Législation et Liberté, le chef-d’œuvre de sa carrière. Les deux autres volumes furent édités en 1976 et 1979. Mais 1974 marque son retour sur la scène internationale grâce à l’obtention du prix Nobel d’économie pour avoir prédit dès les années 30 la situation économique (appelée « stagflation ») des années 70.

En 1898 est édité son dernier livre : La présomption fatale : les erreurs du socialisme. Friedrich August von Hayek s’est éteint le 23 mai 1992 à Fribourg à l’âge de 98 ans.

               II. « La Route de la Servitude »

Hayek appartient à l’École autrichienne d’économie. Celle-ci se démarque des autres écoles de la manière suivante : pour elle le recours à la modélisation mathématique n’est pas le meilleur moyen pour « faire » de l’économie. En effet pour l’École autrichienne, l’homme est trop complexe pour être ramené à une équation mathématique.  « La Route de la Servitude » est le livre de Hayek qui reflète le mieux ses idées et qui s’inscrit dans l’École autrichienne.

« Peu de gens sont prêts à reconnaître que l’ascension du nazisme a été non pas une réaction contre les tendances socialistes de la période antérieure, mais un résultat inévitable de ces tendances » (Extrait du début de La Route de la Servitude).

Ce livre paraît en 1944 dans un contexte politique intéressant. Les intellectuels du monde entier s’interrogent sur les bienfaits du communisme. Ils se demandent s’il ne serait pas une meilleure solution que le capitalisme. En effet, l’URSS a été totalement épargnée par la crise de 1929. Le but de Hayek ans ce livre est de fournir un argumentaire à destination du grand public qui expliquerait en quoi le socialisme (et la planification de l’économie en générale) est une fausse bonne idée.

Le postulat du livre est le suivant : la liberté individuelle est et doit toujours être supérieure à la liberté de l’État. Pour faire simple, si une somme d’individus peut faire « plus » que chacun de ces individus séparément, c’est qu’il y a un problème. La Route de la Servitude montre que le socialisme est incompatible avec la démocratie car en supprimant les libertés économiques, il supprime également les libertés civiques.

Chapitre 1 :   Hayek montre son inquiétude vis-à-vis du recul du libéralisme face à une volonté de planification. En effet, il était de bon dans les milieux intellectuels de l’époque de penser qu’en planifiant on pourra maîtriser nos actes. Autrement dit, les dirigeants de l’époque croyaient pouvoir supprimer le gaspillage du capitalisme par la planification (centralisée) de l’économie. Il s’agissait pour Hayek d’une utopie car l’homme trop complexe pour être absolument prévisible. L’exemple du socialisme en Allemagne a montré que celui-ci était incompatible liberté. N’oublions pas qu’Hitler était le chef du NASDAQ : le National Sozialistische Deutsche Arbeit Partei. Cela se passe de traduction.

Chapitre « Institutions et collectivisme » : Hayek expose deux caractéristiques liberticides du socialisme :

– sa finalité : la justice sociale
– son moyen : l’économie planifiée

Ce qui oppose libéraux aux socialistes, ce sont les moyens plus que les fins. Si les socialistes pensent que la concurrence est aveugle (donc injuste) et qu’il importe à eux de rectifier les torts, les libéraux quant à eux se demandent si l’état saurait mieux que les individus ce qu’ils veulent et ce qui est bon pour eux. Toutefois, Hayek ne tombe pas dans le laisser-faire dogmatique :

« Le libéralisme est basé sur la conviction que la concurrence est le meilleur moyen de guider les efforts individuels » et pour cela « une armature juridique soigneusement construite est nécessaire ».

Concrètement c’est l’interdiction de vendre à perte car cela détruirait la concurrence. Or la concurrence est le moteur de l’économie. Il n’y a aucun exemple, dans l’histoire du commerce, d’économie non concurrentielle qui ne se soit pas effondrée (ou sur le point de s’effondrer).

Chapitre 4 et 5 : Que le lecteur qui vit dans un système d’économie planifiée se rassure : Hayek démontre dans ce chapitre que le planisme n’est pas irréversible. On ne sous-estime que trop les effets bénéfiques de la concurrence. Celle-ci est et restera toujours le moyen le moins coûteux de coordonner les actions des hommes vers la prospérité économique, et ce grâce à un système de prix qui incite perpétuellement les acteurs du marchés (id est les entrepreneurs, les banques et les rentiers) à modifier leur comportement.

Il existe en économie deux grands pouvoirs. Celui de réglementer et celui de diriger. Ces deux pouvoirs sont concentrés dans l’État dans le cas d’un régime planiste. Un tel état de fait rend possible les lois de circonstances c’est-à-dire des lois créées uniquement dans l’intérêt d’une minorité de la population (celle qui joue au golf avec M. le Ministre) au détriment du reste de la population qui souffre réellement.

Voici un exemple concret. En France, le gouvernement (qui n’est depuis longtemps plus les représentants de la population) réglemente arbitre les conflits en économie (monopole de la justice) et c’est bien normale. Or c’est le même gouvernement qui change le code du travail tous les 6 mois. La France est-elle un régime planifiée ? Oui, et depuis longtemps puisque 40% de l’économie est nationalisée. Il y a-t-il des lois de circonstances ? Bien sûr : à partir du 1er janvier 2014, les Voitures de Tourisme avec Chauffeur (VTC) ont l’obligation d’attendre 15 minutes avant de prendre un client. Il s’agit d’une loi passée sous la pression de la corporat… du syndicat des chauffeurs de taxis qui vise à torpiller les VTC et à préserver le monopole des taxis… ce qui leur permet de fixer les prix qu’ils veulent.

Cela prive la population de choisir le service qu’elle veut.

Hayek reste pragmatique devant ce genre de situations ; il ne croît pas au dirigeant parfaitement intègre. Comme toute politique redistributive va contre la liberté individuelle en favorisant une catégorie de personnes, l’égalité formelle devant la loi est incompatible avec l’égalité matérielle.

Chapitre onze « la fin de la vérité » : C’est pourquoi Hayek conclut son ouvrage en traitant l’impact que peut avoir l’État quand il devient planiste. La perte du contrôle de la propriété privée par chacun au profit de l’État est la voie ouverte au totalitarisme. En effet, l’intervention de l’État est par nature partiale et imparfaite. De plus, toute intervention de celui-ci dans la sphère économique perturbe le calcul des besoins de l’individu et limite sa marge de liberté. Plus l’économie est détraquée, plus une intervention de l’État se justifie, le planisme appelle le planisme et c’est en cela que l’État mène à la servitude.

B. Concepts de philosophie politique

  1.  La Démocratie

Dans Droit, Législation et liberté, Hayek s’érige en sauveur de la liberté qu’il estime menacée. Là où certains proposent une origine de la loi dans la souveraineté du peuple selon le principe « vox populi, vox dei », les libéraux comme Hayek proposent une doctrine de ce que la loi doit être : respectueuse des libertés individuelles. Cette vision de la loi est à rapprocher de celle des penseurs du droit naturel comme Cicéron.  Pour les libéraux, la démocratie n’est que le moyen le plus efficace d’atteindre la prospérité économique. Mais elle n’est pas une fin en soi.

Comme Platon, Hayek ne considère pas qu’un gouvernement ne doit avoir qu’une borne : celle fixée par l’opinion majoritaire. Aucun régime ne peut tout légitimer. Cela implique que la souveraineté populaire  soit elle-même limitée, sinon le pouvoir devient l’enjeu de divers intérêts particuliers. La souveraineté doit être bornée par quelque chose que l’on a appelé droit naturel ou droit de l’Homme. C’est l’acceptation de ses principes qui fait une communauté. Pour durer, la démocratie doit se convaincre qu’elle n’est pas « la source même de toute justice ». Hayek ne croyait pas en l’idée d’une souveraineté populaire sacrée.

Il reconnaît simplement qu’en cas de désaccord il faut se soumettre à la majorité pour éviter les conflits. Mais cela ne veut nullement dire qu’elle a raison. L’idéal serait que la minorité puisse convaincre la majorité.

C’est pourquoi les opinions doivent se former sans être soumises à l’influence de la majorité. Le gouvernement ne doit aucun cas se charger de diffuser les opinions car il serait alors soumis à des conflits d’intérêts. Doit-il diffuser une réalité qui pourrait empêcher sa réélection ou bien aller dans le sens de la majorité car c’est de là qu’il tire son pouvoir ? Concrètement, Hayek veut la dénationalisation des chaînes d’informations. Le rôle du penseur/philosophe (qui –rappelons le- n’a jamais produit de richesse) est d’éclairer la population et de lui apprendre à juger et à penser par elle-même.

Hayek place donc la démocratie au service du libéralisme, ce qui en relativise sa valeur.

« Une dictature qui s’autolimite délibérément peut être plus libérale dans sa politique économique qu’une démocratie qui n’a pas de limite. » (Phrase prononcé par Hayek au Chili en 1981 dans un contexte politico-économique non dénué d’ironie).

             II. La Tradition

La tradition est un concept de grande importance pour Hayek. L’homme se distingue par sa capacité à transmettre ce qu’il a appris. La tradition est tout ce qui est transmis. L’idée de Hayek est qu’il existerait une forme de sélection naturelle de la tradition qui s’effectuerait d’une génération à une autre c’est-à-dire que les us et coutumes les plus enrichissants pour l’esprit seraient plus transmis que les autres.

La tradition a un rôle primaire (au sens de premier) dans la représentation que se fait l’homme de son environnement. Elle lui permet d’anticiper des évènements à venir. Elle permet l’apparition de la raison et fait le lien entre culture et raison. Ainsi le procès intenté par Les Lumières au nom de la raison repose sur un malentendu :

« Ce qui a rendu l’homme bon, ce n’est ni la nature ni la raison mais la tradition. »

Hayek n’est pas conservateur pour autant, il est ouvert progrès. Dans l’épilogue de Droit, Législation et Liberté, il montre que la tradition n’est pas immuable : ce qui a assuré le succès de la horde n’est pas ce qui assurera le succès de la Société ouverte.

            III. La Société ouverte ou Grande Société

Hayek rejoint Karl Popper pour décrire un passage graduel (une « émergence évolutionnaire ») d’une petite bande ou Société close vers la Société ouvert ou Grande Société. La horde est mue par la recherche de résultats visibles. La survie du groupe prime. C’est une téléocratie (teleos, la fin et cratos, le régime). Dans une horde tous les individus se connaissent et sont très solidaire entre eux. L’étranger est vu comme un intrus où un ennemi dont il faut se méfier. C’est une société qui est méfiante vis-à-vis de tout ce qui ne fait pas partie de la horde. On dit aussi que c’est une société de face à face. La Société ouverte est soudée par des règles arbitraires. C’est une nomocratie (nomos, la loi). Elle est née du développement du troc et est fondée sur une immense division du travail. Chacun est libre d’exercer son talent dans le métier qu’il veut.

Ce passage de la horde à la grande Société est lié au choix de traiter tout individu comme un être humain et non pas selon une classification ami/ennemi. Cela demande à ce que les loyalismes traditionnels (allégeance au chef, à une religion, à un groupe communautaire) s’effacent devant la loi conçue comme l’application sanctionnée de règles de conduite. Avec la Société Ouverte émergent les concepts de morale et de justice.

C’est également l’émergence de l’autonomie, aussi bien celle de l’individu que celle de la société. D’une société hétéronome (soumise à une loi extérieure) émerge peu à peu une société autonome (qui se donne elle-même sa loi). L’individu recherche désormais son bien-être, tout seul, avant celui de sa société. Donner de l’argent aux pauvres devient moins louable que de le réinvestir dans l’économie où il contribuera à la prospérité générale… permettant peut-être aux pauvres d’obtenir un emploi. Le passage vers la Grande Société n’est pas seulement une modification sociale, c’est aussi une évolution des valeurs morales. On assiste à une réduction des obligations spécifiques à l’égard des autres personnes dues à l’appartenance à un même groupe.

L’apparition du troc va de pair avec l’apparition de la Société ouverte. Le troc nécessite de savoir ce qui est à chacun (notion de droit de propriété) et de connaître les règles de l’échange (notion de transfert de la propriété). En revanche il importe peu de savoir ce que fera l’autre avec ce qu’il aura obtenu de moi.

Ceci nous permet d’affirmer la principale différence entre les deux sociétés : la Grande Société (contrairement à la Société close) n’a pas de buts communs concrets. Ses individus n’avancent pas tous d’un même bloc et dans la même direction ; ils s’éparpillent, chacun à la recherche de son propre bonheur.

L’idée même de solidarité en tant qu’union de tous les hommes autour de buts définis, survivance de la société tribale est incompatible avec la Grande Société ; d’où l’échec persistant du socialisme. Le ciment de nos sociétés ce sont les relations économiques. De là résulte l’importance que revêt aux yeux de Hayek l’ordre du marché ou Catallaxie.

             IV. La Catallaxie

La Catallaxie est le mot employé par Hayek pour désigner l’économie. La Catallaxie est un réseau de nombreuses économies en relations mutuelles qu’il appelle aussi ordre du marché ou ordre spontané. L’ordre est spontané parce qu’il vient de l’ajustement mutuel et non concerté de ces nombreuses économies qui font le marché.

Pour Hayek, le marché est un jeu, un jeu créateur de richesses parce que les joueurs s’échangent des informations à travers les prix qu’ils auraient ignorées autrement.

Le hasard a un rôle à jouer. Certain joueurs perdent malgré toutes les précautions qu’ils ont pu prendre. Mais aucune injustice n’est commise car il n’y a pas d’intention délibérée (sauf si l’on croit à la théorie du complot). L’État n’a donc pas le droit de renflouer les perdants, comme le fait l’État américain avec les banques de Wall Street, au risque de léser les autres joueurs. De plus cela détruirait la notion de gain, de risque et de responsabilité dans la prise de décision.

Dans ce jeu, l’échec est bénéfique car il permet l’apprentissage. En effet, l’échec ou le risque d’échec incite les joueurs à analyser longuement les informations qui leur sont fournies et à en tirer le meilleur parti du jeu.

L’interventionnisme c’est la protection des perdants. Il fausse les mécanismes de marché et est véritablement injuste pour tous ceux qui ont respecté les règles et gagné de l’argent de leurs efforts. Toute tentative pour corriger des effets jugés néfaste du jeu catallactique ne pourra que nuire à l’ensemble des acteurs du marché. Voilà ce qu’avait prédit Hayek dans les années trente à propos des pays socialistes et qui s’est avéré juste à la date annoncée (les années 70). Cela a valu à Hayek un prix Nobel.

Par conséquent, les règles du jeu ne doivent pas garantir aux joueurs la valeur marchande de leurs propriétés, mais seulement protéger le droit de disposer librement de ces propriétés. Voilà ce qu’est le libéralisme.

CONCLUSION

Pour en finir avec cette première approche de la pensée de Hayek, voici trois objections à sa doctrine.

Sa vision de la liberté est purement négative id est sans coercition. Hayek ne s’intéresse qu’aux libertés économiques. Quid des libertés concrètes comme la liberté de participer à la vie politique ? Entre un régime autoritaire répressif mais ultralibéral et une démocratie socialiste, il préfèrerait le premier régime.

Hayek recule également devant la question des relations internationales qui soulève deux problèmes. Premièrement il n’y a pas de lois au dessus des lois et auxquelles les États devraient se soumettre. Á l’échelle internationale le pouvoir des lois s’effacent devant le vrai pouvoir. Le pays le plus puissant s’impose. Deuxièmement, l’ordre spontané résulte de l’existence de règles communes aux acteurs économiques. Quand est-il du marché mondialisé ou d’une Société Ouverte avec plusieurs sphères culturelles dont les règles ne sont pas les mêmes ?

Enfin, Hayek justifie la liberté par les bienfaits qu’elle apporte, par un progrès qu’il définit comme prospérité, c’est-à-dire satisfaction des besoins des individus. Toute la pensée de Hayek repose sur cette prémisse : la prospérité est la valeur ultime. Les restrictions de la liberté individuelle à laquelle chaque individu consent librement pour former une société ne peut se justifier qu’en démontrant cette prémisse… Cela reste l’impensé et surtout l’indémontré de la pensée d’Hayek.

Pour clore cet exposé, il me paraît utile de rappeler que selon Aristote, le Bonheur que tout homme recherche ne peut exister sans la prospérité économique. Or la prospérité économique vient de la concurrence qui est en corrélation avec la possibilité qu’a l’homme d’agir souverainement avec les biens dont il est le souverain.

La liberté selon Hayek découle du droit de propriété. Si l’homme est libre c’est qu’il en a le droit. Un droit qu’il n’a reçu de personne. Un droit inhérent à sa personne. Un droit naturel. Et c’est en cela que la doctrine de Friedrich August von Hayek est dans son fondement une doctrine philosophique.

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Une Réponse

  1. Les tarifs des taxis sont fixés par arrêtés préfectoraux et non par les corporations de taxis. Le prix de vente des licences de taxis sont, en revanche, librement fixé par chaque artisans taxis mais proportionnellement à leurs chiffres d’affaires.

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