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2 question à G. Gimenez-Roche, professeur d’économie

gabrielGabriel Gimenez-Roche, professeur d’économie au sein du groupe ESC Troyes, donnera une conférence le 31 janvier 2014 à Stanislas sur l’école autrichienne, d’économie : Keynes à l’épreuve de Hayek. Venez nombreux à cette soirée à partir de 18h au 6 rue du Montparnasse.

B.M. Vous avez toujours fait partie des hétérodoxes. L’école autrichienne d’économie, à laquelle vous vous associez, est assez éloignée du mainstream tel qu’on l’observe dans les universités ou dans les revues académiques. Pensez-vous que la crise a consolidé la domination des écoles de pensée mainstream – néokeynésiens, nouveaux classiques, etc. – ou qu’elle a permis aux alternatives de se faire entendre ?

G.G.R. En fait, les choses n’ont pas beaucoup changé dans le milieu académique économique. Le mainstream reste assez fort et il n’ouvre pas beaucoup ses revues et centres de recherche aux hétérodoxes. Or, avant même la crise, d’autres revues et centres académiques sont apparus et ont accueilli les hétérodoxes depuis le premier moment. Pendant et après la crise, la contestation au mainstream a vraiment augmentée en dehors du milieu académique économique, par exemple, dans la presse spécialisée et sur internet, particulièrement sur les réseaux sociaux. L’école Autrichienne a ainsi gagné un peu plus de notoriété, mais d’autres courants hétérodoxes aussi, comme les post-keynésiens avec les théories de Hyman Minsky, qui en fait sont très proches de la théorie des cycles de l’école Autrichienne. Malheureusement, les critiques de la science économique ont gagné beaucoup de terrain eux-aussi. Cependant, ils se trompent de cible en attaquant toute la science économique, quand en réalité leur cible devrait être le mainstream.

B.M. En quoi l’école autrichienne est-elle une alternative. Que propose-t-elle de différent ?

G.G.R. De mon point de vue, la grande contribution de l’école Autrichienne est la dimension entrepreneuriale qu’elle intègre dans ses analyses. L’école Autrichienne ne suppose pas que la croissance ou les cycles soient des réactions automatiques d’agents parfaitement rationnels — comme veulent les nouveaux classiques — ou complètement irrationnels — comme supposé par les keynésiens de tous bords. Chez les autrichiens, les agents sont imparfaitement rationnels ; ils sont créatifs et adaptables à un environnement qui changent tout le temps et pas uniquement avec un choc. En outre, pour l’école Autrichienne, ces agents sont aussi source des changements spontanés à cause de leurs actions et interactions. Ajoutons que pour l’école Autrichienne, les individus cherchent un gain personnel, mais ceci ne se limite pas à une dimension pécuniaire ; il peut être aussi « social », symbolique, entre autres. Ainsi, dans le cadre autrichien, il y a beaucoup d’espace pour les institutions, car étant donné la créativité et l’adaptabilité — même si imparfaite — des agents, des effets de masse ne peuvent être expliqués que par des normes et organisations institutionnelles qui orientent leurs actions avec des incitations d’un type ou d’un autre. Fait complètement absent ou alors trop simplifié chez le mainstream.

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