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schopenhauer
L’injustice, ou l’injuste, consiste par suite à faire du tort à autrui. Donc la notion d’injustice est positive, et celle du juste, qui vient après, est négative, et s’applique seulement aux actes qu’on peut se permettre sans faire tort aux autres, sans leur faire injustice. […] Déjà, on voit assez combien la notion de droit est négative, et celle de tort, qui lui fait pendant, positive, par l’explication que donne de cette notion Hugo Grotius, le père de la philosophie du droit, au début de son ouvrage : « […] Le mot droit ici signifie simplement ce qui est juste, et a un sens plutôt négatif que positif : en sorte que le droit, c’est ce qui n’est pas injuste ».
Une autre preuve du caractère négatif qui, malgré l’apparence, est celui de la justice, c’est cette définition triviale : « Donner à chacun ce qui lui appartient. » Si cela lui appartient, on n’a pas besoin de le lui donner ; le sens est donc : «  Ne prendre à personne ce qui lui appartient.  » — La justice ne commandant rien que de négatif, on peut l’imposer : tous en effet peuvent également pratiquer le « neminem laede (ne nuis pas) ». (1)
Arthur SCHOPENHAUER, Le Fondement de la morale, Première vertu : la justice (éditions poche p. 166-167)

(1)  Pour Schopenhauer le meilleur principe moral est Neminem laede, imo omnes, quantum potes, juva : Ne fais de tort à personne, et quand tu peux, aide.

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