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Friedrich Hayek et le cerveau collectif, par Matt Ridley


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Matt Ridley, le 23 Mars 2017

Source : https://capx.co/friedrich-hayek-and-the-collective-brain/

Traduction par Damien Theillier

On croit souvent qu’Hayek défend l’égoïsme et l’individualisme. Cela est faux. Ce que Hayek défend, c’est que la collaboration humaine est nécessaire pour le développement de la société ; que la grande caractéristique du marché est de nous permettre de travailler les uns pour les autres, non seulement pour nous-mêmes ; et la gouvernance autoritaire de haut en bas, n’est pas la source de l’ordre ni des progrès, mais son obstacle.

Je vais plus loin, et j’ajoute qu’il n’y a rien de plus antisocial (ou appauvrissant) que la recherche de l’autosuffisance.

Ces idées de Hayek ne sont pas des idées conservatrices ou réactionnaires : au contraire la société fonctionne mieux grâce au partage égalitaire et au service mutuel, plutôt que par contrôle de l’État, la hiérarchie et la planification.

Le point de vue de Hayek dans son célèbre essai de 1945, « L’utilisation de la connaissance dans la société », est que la planification centrale ne peut pas fonctionner, car elle tente de substituer une intelligence omnisciente à un système distribué et fragmenté avec des connaissances localisées mais reliées.

C’est par essence de l’anti-élitisme, et – oserais-je dire – du populisme, que d’accuser Internet d’appauvrir la société humaine.

Selon les termes de Hayek, « c’est un avantage considérable de connaître les hommes, les conditions locales et les circonstances particulières… mais la méthode par laquelle une telle connaissance peut être mise à disposition de manière aussi étendue que possible est précisément le problème auquel nous devons trouver une solution. » (Note du traducteur, voir ici : http://www.revue-lebanquet.com/lutilisation-de-la-connaissance-dans-la-societe/)

Sa réponse, bien sûr, était le mécanisme des prix. (Note du traducteur : j’ajouterais aussi le Droit en complément des prix, comme le dit souvent Hayek)

En revanche, le commerce crée un cerveau de résolution collective des problèmes aussi grand que le réseau commercial lui-même. Il se fonde sur la connaissance dispersée et fragmentée pour créer des choses que personne ne peut même comprendre, des totalités plus complexes que la somme de leurs parties individuelles.

Aucun autre animal ne présente cette qualité. Il y a échange et spécialisation au sein des familles, même les familles énormes telles que les colonies de fourmis, ce qui donne une colonie de fourmis, intelligence collective considérable. Mais au sein d’une parenté. Les échanges entre les étrangers est une caractéristique unique des hominidés modernes. Comme Adam Smith le dit :

« aucun homme n’a jamais vu un chien faire délibérément l’échange d’un os avec un autre chien ».

L’échange, tel qu’il est pratiqué par des personnes pour environ les 100.000 dernières années (mais peut-être pas par les Néandertaliens) est un surgénérateur, une réaction en chaîne. Plus vous échangez, plus il est payant de se spécialiser, et plus vous vous spécialisez, plus il est payant d’’échanger. Il y a une boucle de rétroaction positive.

Comme Hayek l’a dit (note du traducteur : il s’agit d’une citation de La Route de la Servitude),

« si la division du travail a atteint le degré qui rend la civilisation moderne possible, c’est parce qu’on n’a pas eu besoin de la créer consciemment, et parce que l’homme a rencontré par hasard une méthode qui permet de porter la division du travail beaucoup plus loin qu’on n’aurait pu le faire de propos délibéré ».

L’invention de l’échange a eu le même impact sur la culture humaine que le sexe a eu sur l’évolution biologique, elle l’a rendue cumulative. Ainsi, le progrès technologique humain ne dépend pas de l’intelligence individuelle, mais de l’échange collectif des idées.

Le « Cloud », le crowd-sourced, n’est pas une idée nouvelle du tout. C’est la source de toute invention humaine au long de l’histoire. Voilà pourquoi toutes les technologies auxquelles vous pouvez penser sont des combinaisons d’autres technologies.

C’est pourquoi le développement d’Internet est passionnant. Pour la première fois, l’humanité n’a pas seulement quelques grands cerveaux collectifs (appelés réseaux commerciaux), mais un espace très vaste où presque tout le monde peut échanger et où la distance est pas un obstacle.

En outre, contrairement au système industriel, Internet nous permet de contribuer en tant que producteurs plutôt que simplement comme consommateurs. L’Internet est à la radio ce qu’une conversation est à une conférence.

Hayek nous a appris à nous méfier de l’idée de mettre les gens à la charge d’autres personnes. Si le gouvernement a été le moyen par lequel les gens ont commis des horreurs indescriptibles encore et encore et encore, de Néron et Attila à Hitler et Mao, pourquoi les gens sont-ils si indulgents envers l’État et sont-ils méfiant envers le marché ?

Nous vivons dans un monde rempli de merveilles technologiques et culturelles, parce que nous avons mis en réseau nos esprits en tant que cerveau collectif. C’est l’échange et la spécialisation qui nous ont permis de le faire. C’est la grande découverte de Hayek.

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Frédéric Bastiat, l’intellectuel libéral du 19e siècle dont nous aurions tant besoin aujourd’hui

Entretien avec Damien Theillier

Atlantico

Frédéric Bastiat reste toujours un intellectuel de premier plan pour comprendre notre monde. Que ce soit sur l’Etat, l’Education nationale ou la collectivité, sa pensée reste pointue et pertinente.

1° Bastiat présente l’Éducation nationale comme auto-légitimation du « pouvoir d’illusion » qu’est l’État. Avec une Éducation nationale plus omniprésente que jamais, qu’est-ce que Frédéric Bastiat peut apporter à ce sujet ? Quels bons conseils peut-il souffler à l’oreille de Jean-Michel Blanquer ?

Frédéric Bastiat était célèbre au XIXe siècle dans notre beau pays. Mais il a été enterré par le XXe siècle, le siècle du communisme en Europe. Et nous avons hérité de ce siècle obscur un certain nombre de dogmes dont on commence à peine à faire la critique.

Ainsi l’éducation a été nationalisée, mise sous tutelle de l’État, avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui. Mais « détruire la concurrence, disait Bastiat, c’est tuer l’intelligence ». La logique du progrès scientifique implique le pluralisme. L’État n’est pas plus compétent pour décider des critères de la vérité scientifique que pour décider des bonnes méthodes à mettre en place pour l’apprentissage de la lecture ou des mathématiques. L’État n’est pas compétent de manière générale dans le domaine de la pensée, que ce soit dans les sciences dures ou dans les sciences humaines. Chaque fois qu’il veut enseigner des vérités, il risque de se tromper et donc d’enseigner dogmatiquement des erreurs.

En effet, une vérité ne peut être imposée par la loi sans devenir immédiatement un dogme est une vérité figée, rendue immobile, incontestable et donc dogmatique. La vérité doit être débattue librement pour apparaître et se développer. Elle ne peut émerger que d’hypothèses librement testées, de la confrontation de points de vue. Pour cela, il faut que l’école dispose d’une autonomie, d’une liberté d’expérimentation et d’innovation pédagogique la plus complète possible.

En 1850, Bastiat avait soumis à l’Assemblée un amendement ayant pour objet la suppression des grades universitaires. Il écrivait :

« Les grades universitaires ont le triple inconvénient d’uniformiser l’enseignement (l’uniformité n’est pas l’unité) et de l’immobiliser après lui avoir imprimé la direction la plus funeste. » Et il concluait : « L’enseignement par le pouvoir, c’est donc l’enseignement par un parti, par une secte momentanément triomphante; c’est l’enseignement au profit d’une idée, d’un système exclusif[1]. »

Les programmes du Baccalauréat, comme ceux des concours du Capes et de l’Agrégation, demeurent situés à l’intérieur d’un paysage intellectuel entièrement stérilisé car entièrement délimité par les bureaucrates qui gouvernent la machine dans les ministères et les syndicats. Il est donc bien clair que la mainmise de l’État nuit au fonctionnement de la science elle-même, à son progrès. Laissons les écoles se créer librement et redonnons de l’autonomie aux proviseurs. Voilà ce que Bastiat dirait aujourd’hui à notre ministre.

2° L’État est-il le pouvoir d’illusion de l’homme politique contemporain ? Quel modèle d’homme politique défend Bastiat ?

Nous sommes aujourd’hui en panne d’imagination. Les experts et chefs de partis se disputent sur les chiffres et les réformettes : un peu plus de CSG, un peu moins d’ISF… Mais on est loin des vrais problèmes qui préoccupent les gens.

Justement, Bastiat ne propose pas un modèle économique mais bien un modèle institutionnel. Il fait œuvre de  philosophe du droit, de philosophe moral et politique. Or l’augmentation massive de la dépense publique aboutit selon Bastiat à deux phénomènes remarquables par leur actualité : la montée des groupes de pression et le climat de révolution permanente qui règne dans les démocraties modernes.

En effet, il s’attache à montrer que le droit, en tant qu’institution humaine, peut être perverti par ceux qui l’utilisent à d’autres fins que la défense de la liberté et de la propriété. Et quand la loi est pervertie, il s’ensuit une haine inexpiable entre les spoliés et les spoliateurs.

Ainsi lorsque la loi, au nom d’une fausse philanthropie, se met à distribuer des avantages sociaux par la fiscalité, les prestations sociales et autres subventions, elle devient l’enjeu d’une lutte entre les groupes d’intérêts pour s’assurer un maximum de profits immérités. C’est alors un jeu à somme nulle. Ce que les uns gagnent, les autres le perdent. Le sentiment d’inégalité et d’injustice ne peut alors que s’accroître et générer des conflits. « Vous ouvrez la porte à une série sans fin de plaintes, de haines, de troubles et de révolutions », écrit Bastiat. Si la loi promet de répondre à toutes les attentes, il est probable qu’elle échoue et qu’au bout de chaque déception, il y ait  une révolution.

« Il y a trop de législateurs, organisateurs, conducteurs de peuples, pères des nations, écrit-il. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter » (La loi).

3° « Le droit collectif tient sa légitimité dans le droit individuel » : l’État confisque-t-il au nom de l’égalitarisme, la nature libre de l’homme à exercer son droit ? Quel modèle propose Bastiat pour garantir le droit collectif ?

Votre question pose avec justesse le problème du bien commun. Or il est particulièrement incohérent d’alléguer, comme le font certains, que Bastiat ignorerait le « bien  commun ». Au contraire il répète sans cesse que le bien commun serait mieux servi si la loi protégeait la liberté et la propriété et si elle restait dans son rôle. « C’est sous la Loi de justice, sous le régime du droit, sous l’influence de la liberté, de la sécurité, de la stabilité, de la responsabilité, que chaque homme arrivera à toute sa valeur, à toute la dignité de son être ». Loin d’avoir  renoncé au bien commun, il le définit négativement comme l’absence de spoliation et  d’oppression et positivement comme la paix publique qui résulte du respect du droit et de la justice. « Quels sont les peuples les plus heureux, les plus moraux, les plus paisibles ? Ceux où la loi intervient le moins dans l’activité privée », dit Bastiat. En revanche, la spoliation légale, fondée sur des motifs philanthropiques, est une perversion du bien commun et finalement sa destruction.

Jean-Claude Michéa, l’auteur contemporain à  succès  que tous les anti-libéraux adorent, consacre dans un de ses livres un passage à Bastiat. Il lui reconnaît un « esprit original » et le mérite d’avoir pris au sérieux les objections des socialistes de son époque. Comme l’écrit Michéa, « loin de défendre l’égoïsme calculateur dénoncé par les ‘Écoles socialistes’, Bastiat partage pour son compte personnel le même idéal d’une communauté solidaire et décente que celui de ses adversaires » (Jean-Claude Michéa, L’empire du moindre mal. Essai sur la civilisation libérale, Paris, Flammarion/ Coll. Climats, 2007).

Mais plus loin, il ajoute que pour Bastiat, « la libéralisation intégrale des échanges économiques (…)  en  plaçant la société juste sous la figure tutélaire des lois de l’offre et de la demande, va se charger elle-même par un processus purement mécanique, d’engendrer cette communauté  à  la fois pacifique et  solidaire ».  Michéa  conclut  alors : pour les libéraux, « la croissance est bien l’énigme résolue de l’Histoire » (Ibid.).

Malheureusement, c’est très clair, Michéa n’a pas bien lu Bastiat ou ne l’a pas compris. Pour ce dernier, comme je le disais plus haut, ce n’est pas la croissance économique qui est le problème, c’est la propriété et le rôle que la loi joue dans la protection ou la restriction de la propriété. La clé du problème est de nature institutionnelle et non économique. Dès lors, la critique de Michéa tombe complètement à plat.

En réalité, un certain nombre d’effets pervers attribués par Michéa au libéralisme, sont directement attribuables à la perversion de la loi dans la démocratie, à son détournement par  des  groupes  de  pression,  à  des  fins de  spoliation.

Ce que Bastiat nous montre dans son ouvrage La Loi, c’est que le suffrage universel et la règle majoritaire ne suffisent pas à garantir que les allocations du marché politique soient plus justes que celles qui résultent du libre fonctionnement du marché économique. À moins que la loi se contente de réprimer les atteintes au droit. Mais le paradoxe c’est que la démocratie sans la liberté, c’est-à-dire sans le respect intégral du droit de propriété, tend à se détruire elle- même par l’accroissement exponentiel des réglementations et des dépenses publiques.

[1] Frédéric Bastiat, Baccalauréat et Socialisme

Source : Atlantico le 22/10/17

Alimentation de l’esprit : un peu de lecture | Hashtable

DSC_0487Parfois, il faut faire une petite pause, notamment pour se sustenter. Dans un premier temps, il faudra le faire pour l’esprit, bien sûr. Et pour cela, je ne peux que vous encourager à vous procurer « L’Etat ou la grande illusion », le dernier livre produit par Damien Theillier qui nous permet de retrouver de succulents textes de Frédéric Bastiat dont la prose se fait tous les jours plus indispensable à mesure que le pays s’enfonce dans un socialisme douillet mais mortifère. Cette réédition rafraîchit la lecture d’un de nos grands économistes, malheureusement méconnu que vous pourrez vous procurer pour un prix très modique en cliquant sur l’image et en tombant sur Amazon.

Source : Alimentation du corps et de l’esprit : un peu de lecture | Hashtable

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Parution de mon anthologie de Frédéric Bastiat : L’Etat ou la grande illusion

Frédéric Bastiat

L’ÉTAT OU LA GRANDE ILLUSION

Préface de Damien Theillier

Editions Arfuyen (sortie le 7 septembre 2017)

1° LE LIVRE

Chacun se plaint de la bureaucratie et de la monarchie présidentielle. La France est malade de centralisme et d’étatisme. Mais à chaque élection, on propose plus d’État et plus de règles…

Déjà de son vivant Bastiat dérangeait. Chef d’entreprise, journaliste, parlementaire, redoutable satiriste, où le classer ? Son indépendance, son humour déconcertent. À l’Assemblée nationale, il siège à gauche. Il combat la peine de mort, l’esclavage, le colonialisme. Il défend le droit de grève, les caisses mutuelles, la liberté de la presse. « Il y a trop de législateurs, organisateurs, conducteurs de peuples, pères des nations, écrit-il. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter. »

Bastiat est l’un des pères de l’économie moderne, mais c’est en France qu’il semble le plus oublié. Présenté par l’un des meilleurs connaisseurs de sa pensée, les quatre textes courts et brillants que rassemble ce petit livre (« L’État », « Justice et fraternité », « À MM les Électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever », « Pétition des fabricants de chandelles… ») incitent à repenser la place centrale de l’État dans notre organisation politique.

2° L’AUTEUR

Frédéric Bastiat est né en 1801 à Bayonne. Fils d’un négociant aisé, très tôt orphe- lin de père et de mère, il est élevé par ses grands-parents paternels. À 17 ans, il quitte l’école pour rejoindre le commerce familial où il expérimente les mécanismes du mar- ché. Il entre dans la franc-maçonnerie. À partir de 1844, il collabore au Journal des économistes et développe une pensée fondée sur la défense de l’individu et l’opposition à l’étatisme, au protectionnisme et au colonialisme.

Élu député des Landes en 1848 à l’Assemblée constituante puis à l’Assemblée Nationale en 1849, il devient vice-président de la commission des finances. Siégeant à gauche, il vote tantôt avec les conservateurs, tantôt avec les socialistes, son critère majeur étant la défense des libertés. Durant son tour de France pour promouvoir ses idées libérales, il contracte la tuberculose. Il part se soigner en Italie et meurt à Rome le 24 décembre 1850. Il repose en l’église Saint-Louis-des-Français, à Rome.

3° CITATION

« L’ÉTAT ! Qu’est-ce ? où est-il ? que fait-il ? que devrait-il faire ? Tout ce que nous en savons, c’est que c’est un personnage mystérieux, et assurément le plus sollicité, le plus tourmenté, le plus affairé, le plus conseillé, le plus accusé, le plus invoqué et le plus provoqué qu’il y ait au monde.

« Car, Monsieur, je n’ai pas l’honneur de vous connaître, mais je gage dix contre un que depuis six mois vous faites des utopies ; et si vous en faites, je gage dix contre un que vous chargez l’État de les réaliser « L’ÉTAT, c’est la grande fiction à travers laquelle TOUT LE MONDE  s’efforce de vivre aux dépens de TOUT LE MONDE. »

4° POINTS FORTS

  • La collection « La faute à Voltaire » veut donner la parole à des écrivains et penseurs capables de nous aider aujourd’hui à comprendre les problèmes de la cité et à surmonter la crise du politique.
  • Face aux problèmes politico-économiques actuels, l’État semble toujours et encore le seul recours. Chacun se plaint de la multiplication des normes, des réglementations et des taxes. Mais, presque toutes, les solutions proposées passent par leur renforcement.
  • Grand connaisseur de la philosophie des Lumières et de l’école libérale française, Damien Theillier enseigne la philosophie. Il est le fondateur de l’Institut Coppet mais aussi de l’École de la liberté.
  • Que veut dire le mot État ? Comment le définir ? Bastiat nous permet de repenser ce qui n’est qu’une évidence trompeuse.

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Collection « La faute à Voltaire »
11 euros – 160 pages
Sortie 7 septembre 2017
ISBN 978-2-845-90260-2
Distribution SODIS/Diffusion SOFÉDIS
contact@arfuyen.com

Pourquoi le Bitcoin est et restera la crypto-monnaie d’avenir

keep-calm-and-use-bitcoin-6« Hard Fork » sur le Bitcoin cet été. Faut-il s’en inquiéter ou bien s’en réjouir ?

Transactions rapides, peu chères et quasi anonymes : tels sont les atouts du Bitcoin par raport aux monnaies légales depuis sa création. Bien sûr, avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs, des limites sont vite apparues.

Pourtant, avec des enjeux financiers aussi importants pour tous, ne peut-on pas espérer que tous les acteurs économiques de cette monnaie (mineurs, échangeurs, utilisateurs) arrivent à s’entendre ?

Eh bien c’est justement ce qui est arrivé ! Au cours du mois de juin, un consensus majoritaire s’est clairement exprimé à New-York lors d’une grande conférence pour faire sauter les limitations actuelles du protocole Bitcoin. C’est d’ailleurs pourquoi des améliorations sont en cours actuellement : la blockchain est en pleine mise à jour cet été et jusqu’en novembre 2017.

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Alors pourquoi avons-nous eu un « Hard Fork », c’est-à-dire une division de la blockchain en deux crypto-monnaies concurrentes : BTC et BCH ?

Certains articles de journaux en ont fait leurs gros titres : « guerre civile dans la crypto » ou bien « La communauté Bitcoin explose »…

20 mn

Tout cela est mal informé, grossier.

Selon moi, le fait qu’une minorité d’acteurs veuille faire sécession avec la création du Bitcoin Cash (BCH) n’est pas un problème en soi. En effet, Bitcoin n’est ni une démocratie ni une dictature. Si un consensus ne peut être trouvé auprès de certains acteurs, ces derniers ont le droit de « faire sécession » en splittant (ou scindant) la blockchain en deux, ce qui équivaut à créer un nouveau bitcoin en plus de l’existant. Chacun peut ensuite choisir sur quelle blockchain il veut continuer à travailler.

Mais on entend encore beaucoup de bêtises à propos du Bitcoin.

Parmi les fausses rumeurs entendues le plus souvent, il y a cette idée que la crypto-monnaie n’est qu’une bulle parmi d’autres qui va vite se dégonfler et donc une arnaque de plus dans l’univers de la finance.

D’abord Bitcoin n’est pas de la monnaie “virtuelle”. C’est une monnaie électronique certes, mais avec laquelle on peut faire de vrais achats. Avec UN seul Bitcoin, vous pouvez faire beaucoup de choses. Au lieu de vous demander combien coûte une chose en monnaie “virtuelle”, demandez-vous ce que vous pourriez acheter avec UN seul Bitcoin.

Illustration :

Avec le cours du Bitcoin à 3 000 €, et le litre de gazole à 1.12 € (chiffres actuels), vous pouvez vous offrir 3360 litres de carburant. De quoi rouler pendant 56 000 km avec une consommation moyenne en diesel de 6 litres pour 100 kilomètres. Rendez-vous compte, vous avez de quoi faire plus d’un tour du monde à l’équateur (40 000 km) !!

tourdumonde

Donc avec UN Bitcoin, vous faites le tour du monde dans votre véhicule diesel !

Prenons un autre exemple :

Avec UN Bitcoin à 3 000€, vous pouvez vous acheter 400 Big Mac Maxi Best Of (au prix en France de 7,5 €). Soit plus d’1 par jour pendant 1 an !!

maxibestof

Rendez-vous compte : un Big Mac Best Of acheté par jour pendant 1 an avec un seul Bitcoin !!

Beaucoup pensent qu’ils ont raté leur chance avec le Bitcoin et ont peur qu’il soit trop tard…

C’est faux là aussi. Le potentiel de croissance de cette monnaie numérique est très puissant.

Et je veux vous en donner 3 raisons :

1° Pour la première fois cette année, le cours du bitcoin a dépassé celui de l’once d’or. Bien sûr la capitalisation du Bitcoin est encore toute petite comparée à celle de l’or. En effet, la valeur totale des réserves d’or équivaut à 200 fois la valeur totale des bitcoins en circulation. Mais justement, la croissance du Bitcoin est exponentielle à mesure que les populations partout dans le monde se mettent à l’utiliser. Tandis que la capitalisation de l’or est en baisse. C’est un indice très important.

2° Les États-Unis ont abandonné l’étalon or en 1973. Désormais, c’est le dollar qui est la monnaie de référence. Problème : les gouvernements peuvent facilement diminuer la valeur d’une monnaie en imprimant de plus en plus de billets. En revanche la masse monétaire de Bitcoin est limitée mathématiquement à 21 millions d’unités. L’une des règles de base de l’économie est la suivante : lorsqu’il y a un stock limité d’un bien et que la demande augmente, le prix augmente également. Le Bitcoin est comme de l’or numérique. Une excellente réserve de valeur par les temps qui courent.

3° Enfin la protection de la vie privée est incontestablement un droit humain. Mais c’est un droit menacé. Au moment même où les États organisent une surveillance généralisée et obligent les banques à dévoiler toutes les opérations de leurs clients, le Bitcoin permet de retrouver un peu de cette liberté à laquelle tout le monde aspire légitimement.

Bref, nous commençons tout juste à comprendre les bouleversements que cette innovation peut engendrer.

Mais à ceux qui sont encore sceptiques, je veux dire ceci :

J’ai vu personnellement des gens acheter du bitcoin très bon marché, pour 20 € il y a quelques années. Aujourd’hui ils ont perdu de l’argent parce qu’ils ont vendu leurs BTC à 40 ou 50 €. Tandis que d’autres qui ont acheté du bitcoin à un prix 100 fois plus élevé il y a quelques mois, ont déjà fait un profit spectaculaire, rien que par leur achat, sans chercher à trader.

Donc prenez-en maintenant et attendez. Ou bien faites travailler vos Bitcoins. Grâce à Internet, il y a de nombreuses possibilités pour placer et faire fructifier vos Bitcoins. Contactez-moi pour en savoir plus ou bien regardez ici

La découverte étonnante d’un analyste financier à Wall Street

Cette histoire n’est pas inventée, elle est parfaitement véridique. Ronnie Moas travaille depuis des années à Wall Street comme analyste financier et sa réputation n’est plus à faire, il suffit d’aller voir sur youtube. Il est souvent interviewé sur de grandes chaînes de télévision comme Bloomberg ou CNBC, sur laquelle il est régulièrement invité comme spécialiste des valeurs technologique : Apple, Tesla, Amazon (voir encore ici ou ici).

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Cet homme n’est pas un professionnel du Bitcoin, il est même a priori très méfiant. Après l’incroyable arnaque financière de Bernie Sanders en 2008, Ronnie Moas s’attend à tout et reste extrêmement vigilant. Mais il décide tout de même d’aller voir de plus près. Et pas seulement par curiosité. Car en tant qu’analyste, il considère comme relevant de sa responsabilité d’essayer de comprendre les nouvelles tendances qui émergent et comment elles pourraient un jour impacter les marchés et toute l’économie.

De plus, il se sentait frustré :

« J’ai vu le Bitcoin depuis le banc de touche pendant des années, comme un voyageur qui arrive trop tard et regarde le train quitter la gare » écrit Moas.

Il se lance alors dans les recherches et passe plusieurs mois à creuser le sujet. Fin juillet 2017, il publie un rapport de 122 pages tout à fait surprenant. La chaîne américaine d’informations CNBC en a même fait une vidéo.

Que dit-il dans ce rapport ? Je vous résume rapidement le propos :

Le marché du Bitcoin représente 41 milliards de $ et l’ensemble des crypto-monnaies 80 milliards de $. Ce qui est absolument minuscule à côté de la masse gigantesque que représente l’ensemble des monnaies et des actifs en circulation, 83 600 millards de $.

capitalisation

Mais pour les raisons que j’ai invoquées plus haut, il est convaincu que les cryptomonnaies soutiendront leurs performances et voleront des parts de marché aux autres actifs comme les actions, les obligations, les monnaies fiat et les métaux précieux.

Dans quelques années, dit-il, les graphiques du Bitcoin ressembleront à ceux d’Amazon, Apple, Tesla, Netflix, Google et Facebook aujourd’hui.

Ronnie Moas voit le prix du Bitcoin monter à 5000 $ en 2018 et à 50 000 $ en 10 ans.

Et je lui laisse la conclusion de cet article :

« Je pense que nous sommes encore dans la première phase d’un match à quatre temps et que même si j’ai manqué des gains importants entre 2014 et 2016, il n’est pas trop tard pour entrer. »

Pour un nouveau modèle politique : le vrai sens de la liberté

16174774_1207403509375136_2054596698085536950_nLe vrai sens de la liberté

La liberté individuelle (propriété de soi) ne signifie pas le « droit » au travail, à l’éducation, aux soins de santé, au logement ou à quelque autre bien, étant donné que ces « droits » impliquent pour les autres le devoir de fournir ces prestations. Si une personne est obligée de se sacrifier pour les autres, ce n’est pas la liberté, mais l’esclavage. La liberté signifie que chacun a le droit de faire ce qu’il souhaite avec sa vie et ses biens, tant qu’il n’interfère pas avec la vie et la propriété d’autrui. La propriété de soi, c’est le droit que chaque individu a sur ses propres facultés, sur sa vie, et donc sur les fruits de son travail. Cela s’appelle l’auto-gouvernement.

Au contraire, ce que l’on voit aujoud’hui dans nos démocraties, c’est que les gens décident, par le vote, de la vie et du travail des autres. Une telle situation est injuste. Les individus n’ont aucune obligation de se sacrifier pour le collectif, comme c’est le cas dans les systèmes socialistes, fascistes ou sociaux-démocrates.

Dans une société libre, le vote est un mécanisme approprié pour la sélection de ses représentants politiques mais non, comme le veut la démocratie actuelle, de ses principes éthiques et politiques. Il faut donc limiter le pouvoir du gouvernement à une seule fonction : la protection des droits individuels. C’est le vrai sens de la liberté, tel qu’il a été si bien compris et exposé par Frédéric Bastiat au XIXe siècle.

Une alternative crédible à la sociale-démocratie ?

Ce que veulent les gens, c’est reprendre le contrôle de leur propre existence. Ce chemin de la liberté passe par l’autonomie maximale et l’auto-gouvernement c’est-à-dire par la décentralisation et la multiplication de petites unités administratives, conçues par les gens eux-mêmes. Bien sûr, la sécession ne peut pas nécessairement conduire immédiatement à l’autonomie administrative complète. Mais, ce qui y conduit, c’est de privilégier toute forme de décentralisation qui transfère certaines responsabilités du gouvernement central vers un gouvernement local. Les décisions doivent être prises localement, au niveau administratif le plus bas possible, jusqu’au quartier. Cela pourrait être une forme réaliste de transition entre la situation actuelle et la sécession complète. L’État-nation et la sociale-démocratie sont des institutions du XXe siècle, pas du XXIe siècle. Le chemin vers l’autonomie et l’auto-gouvernement continuera, mais il ne passera pas par les larges démocraties redistributives. Il passera par la décentralisation et par l’organisation des personnes en plus petites unités administratives, conçues et gérées par les gens eux-mêmes.

Une alternative crédible à la démocratie, serait donc un système politique basé sur l’autodétermination de chaque individu, caractérisé par la décentralisation, la gestion locale et la diversité. Dans une société libre, la règle principale serait de ne commettre ni fraude, ni violence, ni vol. Tant que les gens s’en tiennent à cette règle, ils pourraient offrir tous les services, y compris ceux qui sont aujourd’hui considérés comme des « services publics ». Ils pourraient également créer comme ils l’entendent leurs propres communautés — monarchiste, communiste, conservatrice, religieuse ou même autoritaire, pour peu que leurs « clients » adhérent volontairement et pour peu qu’ils laissent les autres communautés tranquilles. En fait, une société idéale et libre serait semblable au modèle sur lequel est basé Internet et le Bitcoin. Avec ce modèle, seules quelques règles s’appliquent. Elles sont simples à respecter. Pour le reste, chacun peut participer à sa guise.

Concrètement à quoi ressemblerait cette alternative ?

Nous devrions mettre fin à notre modèle d’Etat jacobin et bonapartiste, et revenir à un mode d’administration plus local et plus dynamique. Les grandes organisations gouvernementales seraient démantelées. Il n’y aurait plus de ministères de l’Éducation, de la Santé, des Affaires sociales, des Affaires économiques, de l’Agriculture, des Affaires étrangères, des Finances et de l’Aide au développement. Seuls des services publics essentiels pour assurer l’ordre public et pour faire face aux enjeux environnementaux seraient tolérés.

L’État-providence serait converti en un régime d’assurance privé ou en coopératives. Cela offrirait liberté et sécurité aux citoyens. Ils seraient en mesure de choisir eux-mêmes une assurance, soit individuellement soit collectivement, par les syndicats ou les entreprises pour lesquelles ils travaillent.

Le contrôle de l’État sur notre système financier serait aboli afin que les gouvernements ne puissent plus éroder la valeur de notre monnaie et provoquer des cycles économiques. De cette façon, un marché financier international équitable serait créé, ayant cessé d’être manipulé par les États et les institutions financières reliées aux gouvernements.

Enfin, les citoyens qui voudraient des gouvernements forts, paternalistes et coûteux (qu’ils soient de gauche ou de droite) pourraient les avoir sans les imposer à tout le monde. Il est parfaitement vain d’essayer de convaincre ces gens-là qu’ils ont tort. Encore une fois, la seule solution c’est de multiplier les unités administratives. Les citoyens pourront ainsi se détourner eux-mêmes des gouvernements autoritaires et mal gérés et rejoindre ceux qui produisent les meilleurs services au plus bas coût. De même, chaque politicien et chaque haut fonctionnaire sera incité par la concurrence à rendre son gouvernement aussi efficace et utile que possible.

Utopie ?

Bien sûr que non, cette solution existe dans beaucoup de pays, c’est la c’est la fédéralisation. L’idéal serait de faire de chaque département un Etat fédéré, et de reléguer à Paris un gouvernement qui se devrait de respecter le principe de subsidiarité. Pourquoi le département plutôt que la région ? Parce que c’est la plus ancienne de nos divisions territoriales, et il a de ce fait une légitimité historique plus importante. Bien sûr, il conviendrait de supprimer les préfets, ces agents du gouvernement central qui évoquent au sein du pays les gouverneurs coloniaux agents de la métropole.

Cela permettrait de mettre fin au socialisme territorial, dont le dernier exemple en date en a été donné par le redécoupage régional : la fusion des régions a permis de maquiller la carte de l’endettement des régions : la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc affiche 70% d’endettement, au lieu de 28% et 118% ; Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine affiche 97%, au lieu de 78%, 101% et 108%. La manœuvre redistributive pénalise les territoires bien gérés au profit de ceux où a sévi la gabegie ; un véritable darwinisme au profit des incompétents, des irresponsables et des clientélistes.

Ensuite, les vrais libéraux n’attendent pas d’un gouvernement qu’il instaure le libéralisme, ce qui est une sorte d’étatisme à l’envers tout à fait contradictoire et nocif. Les vraies réformes libérales sont négatives. Les seules décisions que devrait prendre un gouvernement libéral sont des suppressions de réglementations existantes, de barrières bureaucratiques, de restrictions fiscales et monétaires, qui sont autant de rentes cachées pour certaines catégories de citoyens.

Les avantages de cette mutation seraient multiples.

Ils apporteraient, d’abord, tous les bienfaits connus du gouvernement local : une réactivité accrue, une démocratie plus réelle.

Une fédéralisation de la France permettrait de restaurer la responsabilité des administrations locales, et une sélection des meilleurs. Une compétition de la saine gestion résulterait de la fédéralisation, qui pousserait chaque Etat fédéré à la réforme, sous peine d’être déclassé par rapport à ses voisins, plutôt que de baigner tous ensemble, comme aujourd’hui, dans un bain de médiocrité socialiste.

Elle donnerait également la liberté de redéfinir à l’échelon local, le cadre juridique qui correspondrait le mieux aux convictions de chacun, permettant ainsi un vrai pluralisme, que ce soit sur le plan sociétal : statut matrimonial, statut de l’embryon, adoption, etc. ; ou sur le plan du travail : flexibilité à l’entrée et à la sortie, statut des travailleurs indépendants, travail le dimanche, âge de la retraite, etc.

Enfin, cette France de départements/Etats-fédérés permettrait de libérer les énergies créatrices dans le pays : les gens qui, faute de parler une langue étrangère ou de vouloir quitter leur pays, sont aujourd’hui condamnés à rester soumis à l’Etat français, pourraient aller chercher à deux départements du leur un Etat fédéré où la fiscalité, par exemple, serait vraiment plus favorable, et non pas marginalement, comme aujourd’hui où la fiscalité est si largement nationale. La mobilité permettrait à nos compatriotes entreprenants d’aller s’exprimer ailleurs, sans pour autant quitter le pays.

(Merci à Philippe Fabry pour sa contribution à cet article)

Découvrir l’école libérale classique française en vidéo

Benoît Malbranque réédite les écrits des économistes français dans les collections de l’Institut Coppet.

Avec l’Ecole de la Liberté, il propose une série de vidéos sur « la politique du Laissez-Faire », une tradition française qui remonte aux Lumières. Il transmet avec pédagogie un savoir oublié et pourtant si précieux encore de nos jours.

En réaction aux idées et aux institutions de l’Ancien régime, s’est développée en France, à partir du début du XVIIIème siècle, une grande tradition intellectuelle autour d’une notion centrale : le laissez-faire. C’est un marchand, dit-on, qui prononça le premier cette formule, quand le ministre Colbert vint lui demander : « Qu’est-ce que l’État peut faire pour vous aider ? ». Il répondit : « Nous laisser faire ». Dès lors, un grand nombre d’auteurs sont venus expliquer les mérites de cette politique. L’État, considéraient-ils, se doit de rester en recul, d’assurer le respect des droits, mais non d’intervenir dans les affaires économiques, sous peine de tout secouer et de tout détruire.

Dès lors, un grand nombre d’auteurs sont venus expliquer les mérites de cette politique. L’État, considéraient-ils, se doit de rester en recul, d’assurer le respect des droits, mais non d’intervenir dans les affaires économiques, sous peine de tout secouer et de tout détruire. Il doit d’abord lever l’impôt de manière égalitaire et juste (Vauban, Boisguilbert). Il doit ensuite se garder de jouer avec la monnaie, en abaissant sa valeur pour se financer à bas prix (Cantillon après le désastre John Law ; Dupont de Nemours avant celui des Assignats). Il doit garantir la liberté du travail, supprimer les corporations et les règlements tatillons sur l’industrie et le commerce, qui entravent le progrès économique (d’Argenson, Gournay, les Physiocrates, Turgot).

Enfin, l’État doit autoriser la libre circulation des marchandises – ce pour quoi à laissez-faire, d’aucuns ont ajouté laissez-passer –, permettant aux consommateurs d’acheter au meilleur prix, et assurant la paix et la fraternité entre les nations (Quesnay et les Physiocrates, abbé de Saint-Pierre). En défendant cet idéal du laissez-faire, les économistes français du XVIIIème siècle ont posé les bases de la science économique. Après avoir dominé leur époque, ils peuvent guider la nôtre.

A consulter sur le site de l’Ecole de la liberté (il faut s’enregistrer pour suivre le MOOC complet avec les ressources en ligne)

A consulter sur Youtube
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15 livres à lire pour se cultiver cet été

Je vais diviser mon choix en trois catégories :

5 grands classiques incontournables + 5 livres récents à découvrir + 5 livres majeurs de la bibliothèque numérique de l’Institut Coppet (téléchargeables gratuitement ou achetables en version papier)

A] Cinq grands classiques des 100 dernières années à relire

Ces cinq livres sont parmi les livres les plus éclairants que j’ai pu lire en version français (je laisse de côté les livres non traduits). Sauf exception, ils ne sont pas connus en France, en dehors d’un petit cercle d’initiés.

Vous pouvez cliquer sur l’image de chaque livre pour accéder directement à Amazon.fr

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Frédéric Bastiat, le MOOC complet par Damien Theillier

 

Frédéric Bastiat et le miracle du marché libre

a119c-chienbastiatUn miracle, le libre marché ? N’est-ce pas très légèrement exagéré, une louange un tantinet idéologique…?

Eh bien, à y réfléchir correctement, comme le fait ici Damien Theillier, non.

Le libre marché permet la coopération décentralisée de millions ou de milliards de personnes qui ne se connaissent pas, et ce de manière décentralisée, pour produire des millions de services, sans qu’un manager – ou un dictateur – ne soit aux commandes. Voilà qui est plutôt intéressant, n’est-ce pas ? Notamment en ce qui concerne le développement.

Ressources :

Le marché libre expliqué : Bastiat, Hayek et Friedman

Contre l’économie d’État. Par Frédéric Bastiat

La main invisible du marché

Les nouvelles objections contre le marché

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Le témoignage d’André Maurois sur son professeur de philo Alain

emile-chartier-alainPhilosophe français, Émile-Auguste Alain — pseudonyme d’Émile Chartier — est né à Mortagne-au-Perche (Orne) le 13 mars 1868. Il est mort le 2 juin 1951, à l’âge de 83 ans. Alain est d’abord un professeur de philosophie. Et il le restera toute sa vie. Ses écrits ne sont pas ceux d’un spécialiste. Il sait s’adresser au non-philosophe pour le conduire au choc de la pensée critique. Sa pensée est nourrie de Platon, d’Aristote et surtout d’Emmanuel Kant en qui il voit un « irréprochable maître d’école ». Partant de faits divers, d’expériences personnelles ou de lectures, il tient une chronique quasi quotidienne dans un journal local. Il en publiera plus de trois mille au total. Ce sont les Propos d’un Normand. En 1926, il publie Le Citoyen contre les pouvoirs. Le titre résume à lui tout seul sa doctrine.

André Maurois, né le 26 juillet 1885 à Elbeuf et mort le 9 octobre 1967 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain et biographe français qui fut l’élève d’Alain au lycée de Rouen.

ANDRÉ MAUROIS

MÉMOIRES, chapitre IV, La rivière de la Flèche, p. 49-64

L’année de philosophie était dans la vie d’un jeune Français, au moment de mon adolescence, l’année de la puberté intellectuelle. On voit dans les Déracinés de Barrès ce que signifia pour lui et pour ses camarades la rencontre du philosophe Burdeau, dans les biographies de Proue, le rôle qu’a joué le philosophe Darlu pour la formation de la doctrine proustienne. Pendant dix ans toute notre attention d’enfants, puis de jeunes hommes, avait été braquée sur des questions de forme, de grammaire, de style. Soudain le fond s’illuminait. Epictète et Epicure, Platon et Aristote, Descartes et Spinoza, Locke et Kant, Hegel et Bergson, se disputaient le contrôle de nos esprits. Les métaphysiciens dissipaient l’univers en transparentes nuées ou dilataient l’individu jusqu’à le faire coïncider avec le monde. Les moralistes proposaient des doctrines contradictoires pour justifier des vertus immuables. Étourdi et grisé, ivre de puissance, ébloui, le jeune homme se laissait emporter par le tourbillon des idées. Lire la Suite →

Frédéric Bastiat, les deux morales

bastiat-2-moralesQu’est-ce que la morale ? N’y a-t-il qu’un type de morale ? Dans cette quatorzième session sur l’apport de Frédéric Bastiat, Damien Theillier rappelle la différence entre morale philosophique ou religieuse et morale économique, c’est-à-dire la morale du coeur et la morale de l’intelligence. La morale économique nous équipe pour mieux comprendre les conséquences « inattendues » de décisions politiques et le risque d’abus et de spoliation.

L’impôt est-il toujours juste ? Sert-il toujours la dépense réellement « commune ». Frédéric Bastiat en doutait fortement et voyait déjà la manipulation fiscale que les gouvernements pouvait entreprendre, comme le montre Damien Theillier dans cette treizième session sur Bastiat.

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Frédéric Bastiat expliqué. Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Par Damien Theillier

captureDans cette onzième session Damien Theillier expose la grande leçon de Frédéric Bastiat, selon laquelle en économie politique il y a « ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas ».

Cliquez ici pour accéder directement à la vidéo sur youtube

 

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L’école de la liberté : découvrir Frédéric Bastiat en vidéo

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bastiat-intro

Session 1 – Introduction (1) : Bastiat, ce génie méconnu
Session 2 – Introduction (2) : La vie et le contexte historique
I) Les influences
Session 3 – Adam Smith et Jean-Baptiste Say
Session 4 – Antoine Destutt de Tracy
Session 5 – Charles Comte et Charles Dunoyer
Session 6 – Cobden et la Ligue
II) Les adversaires
Session 7 – Rousseau
Session 8 – L’éducation classique
Session 9 – Le protectionnisme et le socialisme
Session 10 – Proudhon
III) Les sophismes économiques
Session 11 – Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas
Session 12 – La pétition des fabricants de chandelles
Session 13 – La spoliation par l’impôt
Session 14 – Les deux morales
IV) Les harmonies économiques
Session 15 – Le miracle du marché
Session 16 – La liberté et la responsabilité sont la clé du problème social
Session 17 – La puissance de la responsabilité
Session 18 – Vraie et fausse solidarité
V) La loi
Session 19 – Le droit de propriété
Session 20- La spoliation légale : une perversion de la loi
Session 21 – Le rôle de la loi et de l’État
Conclusion :
Session 22 – La postérité de Frédéric Bastiat

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A lire :

Frédéric Bastiat, La loi, précédée d’une introduction par Damien Theillier : « La Loi de Bastiat en cinq thèses fondamentales » (pdf). Acheter sur Amazon

Sur le magazine Contrepoints : Contre le conformisme éducatif, l’école de la liberté !

Un article du bloggeur H16 sur l’Ecole de la Liberté :

hastable

Les grandes thèses de la philosophie thomiste (livre à télécharger)

xijrPrésentation par A.-G. Sertillanges du système thomiste et de ses rapports avec l’augustinisme et l’aristotélisme.

Cliquez ici, format epub

Au XVIIIe siècle, la philosophie scolastique, par incompréhension de la science moderne, semble défunte.

Unir les penseurs catholiques dans une confrontation avec la pensée moderne, tel est, semble-t-il, le dessein de l’Église à la fin du XIXe siècle en ressuscitant le thomisme afin de concilier tradition et progrès au sein de la doctrine scolastique (encyclique Æterni Patris du pape Léon XIII, 1879).

On peut distinguer dans le néo-thomisme trois tendances :

a) L’école historique, qui considère le système en soi comme événement remarquable du passé (les scolastiques se rapprochent des historiens de la philosophie médiévale) ;

b) L’école critique, qui considère quelques-unes des vingt-quatre thèses comme opinions probables seulement ou discute la thèse de l’unité de forme et celle de la distinction réelle entre essence et existence ;

c) L’école progressiste qui applique les principes du thomisme aux problèmes nouveaux, se proposant de les renouveler. C’est l’approche du Père Sertillanges pour qui la réflexion thomiste se répand dans l’ensemble des domaines, de la politique à la métaphysique, de la morale à l’épistémologie. Le néothomisme réactualise le réalisme en philosophie.

***
Antonin-Dalmace Sertillanges [1863-1948], en religion Antonin-Gilbert Sertillanges, est un prêtre dominicain français, philosophe moraliste de renom. En 1893, il fonde la Revue thomiste.
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